Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

15/10/2010

Une effarante stupidité

Les autorités travaillent bien, dans leur traque des mauvais plaisantins qui, dernièrement, par leurs fausses alertes à la bombe, ont semé pour rien la panique dans plusieurs endroits de Paris. Après l'arrestation, dont on a déjà parlé, de l'auteur de la fausse alerte ayant visé la gare Saint-Lazare, a été annoncé hier le placement en garde à vue d'un homme suspecté lui d'avoir commis rien moins que quatre fausses alertes. Les appels téléphoniques dont il est soupçonné ont visé deux fois la gare Montparnasse, ainsi que l'hôpital de l'Hôtel-Dieu et un grand magasin.

Si sa culpabilité est reconnue, il a franchi, selon nous, un pas supplémentaire dans la stupidité. Déjà, sans raison mettre les forces de l'ordre sur les dents – qui plus est en ce moment – et effrayer les touristes visitant la tour Eiffel ou les clients d'un grand magasin, c'est assez crétin. Mais là, s'attaquer à un hôpital, cela dépasse l'entendement. Effrayer pour rien des malades voire des mourants: dans les deux cas des gens qui souffrent, donc. Perturber encore un peu plus le travail d'un personnel soignant qui déjà n'en peut plus car il est notoirement débordé. Sans doute faut-il être soi-même un peu malade dans sa tête pour en arriver là.

Une stupidité consternante de cet acabit, cela dit, on l'a vue aussi à l'oeuvre récemment, dans notre onzième arrondissement et dans un domaine qui n'a rien à voir avec le terrorisme: la culture. C'était à l'occasion du «Génie des Jardins»: une manifestation qui invite le grand public à la découverte de la création contemporaine, via des interventions d'artistes disséminées dans des espaces verts. Des abrutis en ont profité pour saccager plusieurs installations artistiques. «Scandaleuse agression», s'est légitimement indignée la mairie, pour qui, si «l’expression artistique, quelle qu’elle soit, peut déranger, rien ne peut justifier un geste destructeur, qui réduit au silence celui qui s’exprime».

On a toujours trouvé minables les actes de vandalisme en général. Parce qu'ils sont le sommet de la vacuité: ne portent aucun message politique de fond mais disent juste: «Je suis passé ici, j'ai cassé, à vous de vous débrouiller». Et parce qu'ils sont le comble de l'égoïsme: quelques secondes d'adrénaline éprouvées par le casseur au moment de détruire passent avant l'embarras que son geste va causer auprès des innombrables usagers de l'infrastructure qu'il a vandalisée. Mais là, quand en plus le vandalisme s'en prend à la création artistique, un pas supplémentaire nous semble franchi, comme avec la fausse alerte à la bombe dans un hôpital. Un pas effarant vers la débilité la plus profonde.

Les commentaires sont fermés.