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21/10/2010

Un gros changement

Ca roule. Ca roule même les jours de grève, dans le métro de Paris. Ca roule y compris sur les lignes qu'on a l'habitude d'utiliser (la 8 et la 5, par exemple) alors qu'elles sont fortement syndiquées. C'est un changement tellement énorme que même l'usager parisien le moins observateur ne peut pas ne pas l'avoir remarqué. Auparavant, prendre le métro à Paris les jours de grève, c'était tout simplement invivable. Aujourd'hui, ce n'est toujours pas agréable, cela reste même souvent pénible, mais, globalement, c'est vivable (*).

 

Explique cette amélioration la réforme sarkozyste du «service garanti» les jours de grève. Elle impose notamment aux employés de se déclarer en grève plusieurs jours à l'avance. Cela permet aux sociétés de transports à la fois de mieux informer les voyageurs des perturbations à venir et de mieux organiser la répartition du personnel non-gréviste sur l'ensemble du réseau. A la RATP, par exemple, ce «délai de prévenance», comme on l'appelle dans cette société, est de cinq jours francs.

 

Toutefois, il serait un peu court de présenter ce «service garanti» comme étant l'unique facteur à l'origine de cette amélioration quotidienne du sort des usagers du métro de Paris les jours de grève. Le taux de grévistes lui-même a régressé. Des syndicats, d'ailleurs, reconnaissent ouvertement (ici, par exemple) que «le niveau de mobilisation souhaité n’est pas au rendez-vous», et trouvent «pas encourageante» cette «baisse du niveau de grévistes à la RATP». Cette moindre mobilisation que par le passé est l'impact sonnant et trébuchant, sur la feuille de paie donc, de l'accumulation du nombre de jours de grève. Y compris s'il est affilé aux syndicats CGT ou Sud et donc qu'il est remonté contre le gouvernement, un cheminot doit tout de même payer son loyer et nourrir sa famille. Ces contingences matérielles poussent d'ailleurs nombre de syndicalistes, de la RATP comme ailleurs, à opter pour des formes d'action moins pénalisées financièrement et moins perturbatrices: les arrêts de travail d'une heure ou deux, par exemple, plutôt que la grève toute la journée. Un autre facteur n'a pas peu contribué au moindre impact, ces jours-ci, de la grève sur le fonctionnement du réseau de la RATP. Dès le 12 octobre, le front commun a éclaté dans cette société, le syndicat Unsa ayant appelé ses affiliés à ne pas se croiser les bras. Ceci (ces deux facteurs) explique donc aussi en partie cela (la moindre galère que d'habitude).

(*) Ca roule dans les transports publics, oui, mais à deux nuances près. Ca roule dans le métro mais moins dans le RER: les usagers du RER B en savent quelque chose. Et, ça roule dans le métro malgré la grève, mais du moins quand les «incidents techniques» à répétition affectant le réseau le veulent bien – on en a déjà parlé ces derniers jours, donc on n'y revient pas longuement.

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