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27/10/2010

Une misère

Pas (pas encore?) de milliers de tonnes de détritus dans les rues de Paris, comme à Marseille ces derniers jours. La grève partielle que mène une partie des éboueurs de la capitale perturbe bien, ce mercredi encore, la collecte des immondices dans certains arrondissements, mais la mairie affirme que la situation est globalement sous contrôle. En revanche, elle s'enlise aux portes de Paris, à la hauteur de la porte de Bercy: au centre de traitements des immondices d'Ivry, qui accueille une bonne part des déchets parisiens. Les grévistes continuent de bloquer l'accès à l'usine. «On a de quoi tenir un siège! On a même planté un sapin de Noël!», racontait hier un leader syndical. A côté d'une pancarte reprenant une phrase de Jacques Prévert: «Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés».

 

Indigné, il l'était ce gréviste d'Ivry qui témoignait hier à la radio. «Cela fait trente ans que je ramasse les poubelles et, au final, je ne toucherai qu'une retraite mensuelle de 800 euros!» 800 euros. Une misère. Comment donc peut-on vivre en région parisienne avec cela? Etant entendu que le salaire de l'éboueur moyen ne lui permet sans doute pas, pendant sa vie active, de cotiser pour une retraite complémentaire voire simplement d'acquérir son logement.

 

A propos, et on se l'est dit si souvent ces dernières années en les voyant à l'oeuvre dans les rues de Paris, s'il y a une profession dont il faudrait reconnaître la pénibilité (notion tant évoquée dans ce débat sur les retraites), c'est bien celle d'éboueur. On ne parle même pas des odeurs, du bruit, des horaires de travail ou du climat (voir les corps en sueur des éboueurs les jours de canicule). Mais du rythme de travail dingue de ces travailleurs. Il faut voir la cadence du ramassage des immondices à Paris pour le croire: ces éboueurs – bien sûr à 99% des gens de couleur... – galopent à longueur de tournées.

 

Le pire est sans doute qu'en plus, ils doivent souvent endurer le concert de coups de klaxon des automobilistes parisiens pressés/stressés (pléonasme), qui considèrent évidemment toujours que le camion-poubelle bloquant leur bagnole n'avance jamais assez vite. Ce tintamarre misérable donne envie de cogner même aux plus pacifiques, mêmes aux gens les plus fondamentalement non-violents.

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