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05/11/2010

Un retour

Un air de déjà vu dans la capitale française, ce vendredi: c'est le retour des tentes de SDF en plein Paris. A la mi-journée, en effet, sur le Pont des Arts, le «Collectif des associations unies» a donné rendez-vous aux médias. Il regroupe des associations comme la Fondation Abbé Pierre, ATD-Quart Monde, les Enfants de Don Quichotte ou Médecins du Monde. Leurs militants ont l'intention d'installer dans Paris, à un endroit qui n'a pas été dévoilé, un «campement symbolique» de 31 tentes. Pour dénoncer les «promesses non tenues» du gouvernement Fillon. L'hiver 2008, celui-avait promis de faire du logement et de l'hébergement des personnes sans abri et mal logées «un grand chantier national prioritaire». Deux ans plus tard, selon les associations, on est très loin du compte.

Les tentes de SDF, cela dit, elles n'ont jamais totalement quitté Paris. Certes, on n'y a plus vu d'opérations aussi spectaculaires que celle qui avait rassemblé des dizaines de SDF et/ou de militants au canal Saint-Martin, le long des berges duquel ils avaient squatté pendant des mois: interminable village de toile qui avait été énormément médiatisé. Plus de campement collectif, mais les tentes individuelles de SDF, elles, d'un hiver à l'autre, n'ont jamais vraiment disparu. Ainsi, très récemment encore, sur le terre-plein de notre boulevard Richard Lenoir, à deux pas du trafic automobile, de la station Vélib, des aires de jeux pour enfants et des terrains de pétanque, a campé une femme SDF, assez âgée, avec tout son barda – y compris un petit réchaud pour la cuisine, une corde à linge, un siège de jardin et un chien. Tout le voisinage avait l'air d'être très gêné par son installation: par cette intrusion si ostensible de la misère dans la vie quotidienne du quartier. Puis, les gens ont fini par s'y habituer. A plusieurs reprises, on a vu des policiers passer devant cette tente de camping sans y prêter la moindre attention – comme s'ils considéraient qu'elle faisait partie du paysage.

L'intéressée a campé là pendant plusieurs semaines. Puis, du jour au lendemain, a disparu. Sans crier gare, comme elle était venue.

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