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18/11/2010

Un défoulement

Loin de l'actualité politique si agitée en haut lieu dernièrement, autour du fameux remaniement, l'atmosphère est propice au défoulement, à Paris en ce moment. Imaginez cela: écouter les meilleurs DJ mixer dans les couloirs d'habitude si gris de la station de métro Châtelet, s'éclater sur un «dancefloor roulant» aménagé dans un «autocar night-club» sillonnant la ville la nuit, ou voguer sur la Seine des décibels plein la tête, grâce à une «croisière électro» sur les Bateaux parisiens. Tout cela, et quantité d'autres défoulements, c'est ce que proposent les «Nuits capitales»: «cinq nuits dédiées à la musique live et au clubbing dans de très nombreux lieux emblématiques de la scène parisienne» nocturne: «La Flèche d'Or», le «Batofar», le «Rex Club», etc.

Cette manifestation sautillante est l'occasion de revenir sur ces «Etats généraux de la Nuit» qui ont eu lieu le week-end dernier à Paris: une foule de débats sur l'animation nocturne dans la capitale française, qui ont réuni plus d'un millier de participants. Ils avaient été mis sur pied à la suite du succès (16.000 signatures) remporté par la pétition «Quand la nuit meurt en silence» (relire ici ou ), qui avait été lancée l'hiver dernier. Plein d'idées ont émergé de ces discussions, qui ambitionnent de redynamiser la vie nocturne tout en amoindrissant les nombreux problèmes de cohabitation qu'elle pose.

Parmi ces idées: la mise sur pied d'équipes de médiateurs chargés de patrouiller la nuit dans les quartiers animés, pour inciter les fêtards à faire moins de bruit, le renforcement de l'offre de transports publics la nuit (les bus du réseau «Noctilien»), la réduction des tarifs des parkings après minuit, ou l'installation de sonomètres dans plusieurs quartiers branchés et donc bruyants. Evoqués également: l'octroi d'aides publiques pour l'installation de fumoirs dans les établissements de nuit (pour éviter que les fumeurs fassent du bruit à l'extérieur), le renforcement de la médiation avec les riverains (particulièrement remontés contre les fêtards), ou l'expérimentation d'ouvertures tardives de certains parcs. Pour la mairie de Paris, la fête, la musique et la nuit «ont toujours fait partie de l'identité de la capitale». Pas question donc qu'en matière d'animation nocturne, Paris devienne une ville assoupie, voire morte, en comparaison de cités internationales elles si noctambules et festives comme Barcelone ou Berlin.

Reste à mettre toutes ces idées en pratique. Et si possible avant le printemps: la saison où, avec le retour des beaux jours, les hordes de fêtards reviendront envahir les trottoirs jusqu'à pas d'heure, empêchant de dormir d'innombrables Parisiens. De la mise en pratique, ou non, de ces bonnes résolutions dépendra aussi l'avenir de tout un secteur d'activité, le business de la nuit, dont le poids économique est non négligeable: Paris, ce sont 1000 débits de boisson disposant d'une autorisation d'ouverture la nuit et plus de 100 discothèques.

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