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22/11/2010

Un rapport très sévère

Cela a tout l'air d'être une convocation davantage qu'une invitation. Peu après avoir pris ses fonctions, la nouvelle ministre des Transports recoit, ce lundi, les PDG de la RATP et de la SNCF, respectivement à 10 heures et à 11 heures ce matin. La semaine dernière, ces deux sociétés ont été sévèrement épinglées par un rapport de la Cour des Comptes consacré à l'état des transports publics en région parisienne. Ce document n'a sans doute rien appris de neuf à tous les utilisateurs quotidiens de ces transports, notamment aux 10 millions d'usagers journaliers du réseau de la RATP. Il n'en a pas moins fait grand bruit. Qui sait donc ce rapport accablant, contrairement à tant d'autres déjà précédemment (ici, par exemple), aura, lui, des répercussions concrètes.

Pour la Cour, le réseau de transports parisien est devenu complètement «inadapté», «l’offre de trains, métros ou tramways (ayant) progressé plus lentement que le trafic, qui a lui connu une dynamique nouvelle». Est particulièrement dénoncée la «qualité de service dégradée». C'est singulièrement le cas de la ligne de métro 13, dont on a déjà beaucoup parlé dans ce blog et qui, reconnaît la Cour, est «confrontée à un phénomène clair de saturation». Le cas aussi du RER, réseau où, «globalement, ces dernières années sont marquées par une augmentation nette de l’irrégularité, amorcée depuis 2004 ».

L'autre jour, en tant qu'usager de base, l'on s'interrogeait (relire ici) sur l'état de délabrement apparent des infrastructures, dans le métro de Paris notamment. La Cour confirme: elle range explicitement le «vieillissement des infrastructures» parmi les causes de la dégradation du service aux usagers. Par exemple, «les incidents causés par les infrastructures ou le matériel roulant représentent plus du tiers des causes d’irrégularité» sur le réseau parisien de la SNCF. Conclusion? Plutôt que de vouloir construire de nouvelles lignes, développer de nouvelles installations et rêver à de nouveaux projets aussi majeurs qu'impayables, «une priorité dans l’affectation des ressources disponibles doit être donnée à la modernisation des lignes existantes».

Nicolas Sarkozy est-il du même avis? A l'issue de son fameux remaniement ministériel du week-end dernier, son nouveau gouvernement ne compte plus d'éminence explicitement et spécifiquement chargée du «Grand Paris»: ce plan fastueux (et fumeux?) de développement urbanistique de la région parisienne, qui se caractérisait notamment par ses projets mirifiques en termes de nouvelles infrastructures et liaisons de transport.

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