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24/11/2010

Un pessimisme

Dans la crise économique mondiale, la France s'en sort «mieux que les autres et avant les autres». Nicolas Sarkozy dixit, à la télé mardi dernier. Une semaine plus tard, il apparaît (voir ici) que les Français sont beaucoup plus pessimistes que leur chef d'Etat. Pour 70% d'entre eux, «le gros de la crise reste à venir». Les 45-59 ans et les employés sont ceux qui broient le plus du noir. Ce sont particulièrement les délocalisations d'entreprises qui inquiètent l'opinion. Nicolas Sarkozy, pour se refaire une santé, avait misé sur la présidence du G20 par la France? Là encore, grand scepticisme: pour six sondés sur dix, on ne peut faire confiance à cette institution pour «veiller à la stabilité du système financier» planétaire, et, de toute manière, elle «n'améliore pas vraiment les choses au niveau de l'économie mondiale».

Le pessimisme évolue-t-il naturellement en hostilité? Le scepticisme économique débouche-t-il logiquement sur l'antagonisme politique? Sans que l'on sache si l'on peut faire le lien, un deuxième sondage fait grand bruit à Paris, ces jours-ci. Il a trait aux intentions de vote pour les élections présidentielles de 2012.

Dans tous les cas de figure, face à un candidat socialiste (qu'il s'agisse de Martine Aubry, Ségolène Royal ou même François Hollande), Nicolas Sarkozy serait battu. S'il affrontait Dominique Strauss-Kahn au second tour, le Président en exercice serait même carrément humilié: il serait défait par... 62% des voix contre 38%!

Sûr qu'au vu de ce sondage, Nicolas Sarkozy, lui, ne sombrera pas dans le pessimisme. D'abord, cela ne doit pas fondamentalement être dans son caractère. Ensuite et surtout – et sans doute les médias et les instituts de sondage eux-mêmes devraient-ils le souligner davantage – , jamais, dans toute l'Histoire de la Vè République une enquête d'intentions de vote n'a réussi, dix-huit mois avant l'échéance fatidique, à pronostiquer correctement le nom du vainqueur final. Voilà qui relativise largement à la fois l'intérêt de ladite étude et la pertinence de l'agitation parisienne ambiante autour de ce fameux ratio (putatif) de 62-38%.

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