Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/11/2010

Un cliché sexiste

pochoirunefemme.jpgS'il existait une palme hebdomadaire de la petite phrase sexiste, Alain Minc l'obtiendrait, cette semaine. L'autre jour, ce proche de Nicolas Sarkozy est revenu sur la tirade de ce dernier, lancée en «off» à des journalistes. Si d'aventure cela vous avait échappé: le chef de l'Etat, s'estimant accusé en dépit du bon sens par les médias d'être mêlé au «Karachigate», a traité ses interlocuteurs de «pédophiles». Pour montrer l'absurdité, à ses yeux, des accusations lancées contre lui par des journalistes.

 

Le financier et essayiste à succès s'est empressé d'aller défendre à la radio et à la télé la «plaisanterie» de son ami. Sans même revenir sur le fond de l'affaire – la façon dont les médias travaillent, les emportements décidément si fréquents du Président, le bien-fondé ou non d'avoir rendu publics ses propos en «off»,  etc – , sur la forme, la petite phrase d'Alain Minc étaient, mine de rien, d'un rare sexisme. Ainsi, a-t-il dit, «les journalistes, vous êtes tous pareils. Vous êtes dans une bulle très protectrice et donc vous avez une peau de jeune fille, pardonnez-moi ce mot. Les journalistes, même à la plus légère plaisanterie, se sentent agressés!»

 

Par «peau de jeune fille», Alain Minc voulait dire, on imagine, peau sensible, donc sensibilité à fleur de peau, du coup corporation journalistique exagérément susceptible, au point de ne pouvoir supporter le moindre trait d'humour sarkozyste. Il ne serait jamais venu à l'idée d'Alain Minc de dire: «Les journalistes, vous êtes tous pareils. Vous avez une peau de jeune garçon». Cela montre bien que cette tournure de phrase – comme ses variantes: «une pudeur de jeune fille», «un teint de jeune fille», etc. – , est sexiste. Puisqu'elle fait passer la susceptibilité et la sensibilité outrancières pour des caractéristiques par nature féminines.

 

pochoirlafillelafille.jpgSexiste et passablement idiote. Car, au vu du monde qu'il fréquente dans les dîners en ville, Alain Minc devrait bien savoir qu'il existe des femmes qui, tout en étant très féminines, ne sont pas le moins du monde exagérément susceptibles. Et des hommes qui, sans être le moins du monde efféminés, ont une sensibilité à fleur de peau au point d'être extrêmement susceptibles. Et ce, que ces femmes ou hommes soient journalistes ou pas.

Les commentaires sont fermés.