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06/12/2010

Une futilité

«Saint Nicolas a déposé une boîte de friandises sur votre bureau». C'est ce mèl qu'ont trouvé dans leur messagerie les collègues journalistes de «La Libre» à Bruxelles, en arrivant à la rédaction ce matin. Ce lundi, en effet, nous sommes le 6 décembre: le jour où, en Belgique, on fête le saint patron des écoliers et des enfants. Enfin, le patron «des enfants sages» si l'on se souvient bien – déjà à l'époque, cette discrimination gnangnan nous énervait au plus haut point : chacun n'est-il pas forcément sage, ou pas sage, par rapport à quelqu'un d'autre? Quelques décennies plus tard et malgré toutes ces années en France, c'est toujours aux alentours de cette période de l'année, et particulièrement le 6 décembre, qu'on a des fringales de la friandise habituellement apportée par l'ancêtre du Père Noël aux petits Belges méritants: le massepain (comme on dit en français de Belgique), la pâte d'amandes (en français de France). Le massepain, cela doit être notre madeleine (belge) de Proust à nous.

Saint Nicolas: c'est un sujet complètement futile, mais, parfois en France, même les sujets les plus dérisoires donnent lieu à controverses. Et c'est le cas en ce moment avec ce vénérable vieillard barbu qui, chaque 6 décembre, débarque dans les chaumières avec sa hotte remplie de cadeaux et de friandises. Il n'est que peu fêté dans l'Hexagone, qui lui préfère le Père Noël. A l'exception toutefois des zones frontalières avec le plat pays (Nord-Pas de Calais, etc.) ou de régions comme la Picardie, l'Alsace ou la Lorraine, qui eux aussi, ce lundi, mettent les «enfants sages» à l'honneur. Et c'est précisément dans ces deux dernières régions que l'affaire fait débat.

massepain.jpgEn effet, les villes lorraines de Nancy et St-Nicolas de Port ont, l'été dernier, déposé la marque Saint Nicolas à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Objectif? Se «prémunir des petits malins qui auraient eu l'idée de déposer cette marque à notre place et qui auraient pu attaquer les produits utilisant des appellations comme «marché de Saint Nicolas» ou «pain d'épices de Saint Nicolas», que nos artisans locaux commercialisent à cette époque de l'année». Problème? Dans le département du Haut-Rhin (Alsace), se déroulent chaque début décembre une trentaine de marchés, foires et autres fêtes de la Saint Nicolas. Les Alsaciens craignent donc que les Lorrains obtiennent de facto le monopole de la Saint Nicolas et en arrivent à accuser de contrefaçons les festivités et produits gastronomiques sur le même thème émanant d'autres départements. La chose est futile? Non, elle est sérieuse visiblement, puisque le député (UMP) local menace rien moins que de saisir la justice si, d'ici à février, la Lorraine ne fait pas marche arrière à l'INPI. Un recours a d'ores et déjà été préparé devant le tribunal de Nancy.

Ce week-end, les médias français ont énormément tartiné sur cette affaire (ici, par exemple). Comme si eux-mêmes étaient étonnés qu'une telle futilité folklorique puisse dégénérer en guerre ouverte entre deux départements. Apparemment, rien n'est jamais simple en France, y compris en ce qui concerne les sujets a priori les plus innocents.

Commentaires

Bonjour! votre blog est super interessant

Écrit par : Gradasso | 06/12/2010

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