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10/12/2010

Un ratio

fouledanslemétro.jpgMieux vaut tard que jamais. Cela fait dix ans qu'en bon Parisien teigneux moyen, on se demande pourquoi on est si souvent insupportablement compressé dans le métro aux heures de pointe et pourquoi, année après année, cela ne s'améliore guère. On a enfin compris pourquoi. Parce que le ratio du nombre de voyageurs au m² pris en compte par les sociétés de transport pour déterminer si leurs rames sont ou non saturées est lui-même très inconfortable - outre qu'il est régulièrement dépassé.

 

Quatre voyageurs par m². Tel est ce fameux ratio. On l'a découvert dans le rapport de la Cour des Comptes qu'on évoquait avant-hier, au chapitre comiquement intitulé «Le confort des voyageurs». On y lit que «l'indicateur de confort à l'heure de pointe sur le métro concerne la part des voyageurs qui ont été transportés avec un taux d'occupation inférieur à 4 voyageurs par m², soit le seuil retenu contractuellement pour définir le niveau de saturation d'une rame». Ce document confirme aussi que «cet indicateur, (qui) a connu une certaine stabilité entre 2005 et 2008, s'est toutefois dégradé en 2009». S’est dégradé aussi bien dans le métro que dans le RER.

 

Non seulement donc cet indicateur de confort (supposé) n'est pas respecté, mais, en plus, il est vraiment très relatif.

 

Car à première vue, quatre personnes au m² , c'est certes un peu juste en termes d'espace vital individuel, mais c'est vivable. Dans les faits, cela ne l’est pas. Etant donné que, dans le métro parisien comme partout ailleurs, la foule est rarement standard.

 

fouledanslemétro2.jpgPrenez le métro de Paris à l'heure de sortie des bureaux et observez les trois voyageurs qui partagent le cher m² qui vous est si généreusement attribué. Vous verrez probablement que vous partagez cet espace vital avec, au choix, un collégien au sac à dos débordant de manuels, une personne à forte corpulence, un touriste débarqué de Roissy avec une valise énorme, un quêteur qui vous joue pour la 3000ème fois de l'année «Guantanamera» à la guitare, une mère de famille avec un bébé voire avec des jumeaux dans la poussette, un SDF ou un vigile avec son chien, et/ou un(e) fashionista, retour de shopping les bras chargés de paquets. Vous constaterez alors, physiquement, que ce taux d'occupation censé garantir votre confort, même s'il est respecté, vous impose tout de même une certaine promiscuité.

 

Mais sans doute ce touche-touche permanent, ce serré-collé incessant, fait-il partie des charmes du métro de Paris. Comme d’ailleurs celui des transports publics de la plupart des grandes capitales du monde aux heures de pointe.

Commentaires

Vive le métro !
Pour commencer, une citation : Bordel pour bordel, j’préfère le métro, c’est plus chaud et moins cher.
Parisien intra muros depuis plus d'un demi-siècle, je me félicite quotidiennement — en particulier en ces jours de patinoire — de l’existence de ce service public.
Ayant l’occasion de fréquenter une ville de province, Clermont-Ferrand, j’y constate certes que les transports publics n’y sont guère encombrés. La bonne raison en est qu’ils sont si peu fréquents — ils ne connaissent même pas le cadencement des horaires — que chacun prend sa chère houature. Si l’on ajoute la malédiction qui pèse sur cette ville depuis plus d’un siècle — je veux dire Michelin — nul ne s’étonnera de la pusallinimité des élus locaux en matière de transport public. Ils sont parvenus en une bonne dizaine d’années à mettre en service une ligne de ce qu’ils appellent un tram — en fait un machin à pneus qui n’est guère qu’un trolleybus guidé — qui ne dessert même pas la garre ferroviaire, qui d’ailleurs n’est pas couplée avec la gare routière !
Donc une fois encore, vive le métro, malgré les collégiens à sac à dos, les mères de famille à poussettes, les touristes à valises. Quant aux victimes de la mode, qu’elles prennent un taxi, ça fera peut-être vivre une petite entreprise
Salut et fraternité,
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Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 10/12/2010

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