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22/12/2010

Une panacée?

Les nouvelles technologies à la rescousse des forces de l'ordre, suite. On évoquait le sujet mardi dernier dans ce blog. A propos de ces détrousseurs d'un smartphone qui avaient pu être interpellés après avoir été géolocalisés grâce à une application dont disposait l'appareil qu'ils venaient de dérober. Une autre fonctionnalité du téléphone portable est en cours d'expérimentation dans le RER D – la grosse ligne ferroviaire de banlieue, qui transporte un demi-million de voyageurs chaque jour.

 

Un numéro d'appel (le 3117) est spécialement dédié à l'usager de ce RER qui, à l'aide de son mobile, voudrait alerter les forces de l'ordre d'un problème de sécurité auquel il est confronté et/ou dont il est témoin dans ce train. Non surtaxé – l'inverse, cela dit, serait un comble... – ce numéro d'urgence est censé être d'un accès plus aisé et rapide que le standard téléphonique traditionnel de la police. Aucun appel en numéro masqué n'est évidemment possible, techniquement, pour éviter que ce 3117 soit appelé par de mauvais plaisantins. Le dispositif, d'après les premières évaluations, marche si bien qu'à terme, et possiblement dès février, il pourrait être étendu à tout le réseau de transports de la région parisienne.

 

La technique, donc, à la rescousse des hommes. Comme c'est déjà le cas avec la vidéosurveillance: avec la «vidéoprotection», comme persiste à vouloir la dénommer le gouvernement – au passage, remarquez l'habile glissement de sens entraîné par ce néologisme. Face à cette évolution, deux attitudes sont possibles. On peut considérer que c'est la panacée. C'est ce que faisait «Le Figaro» hier encore, qui s'extasiait de la généralisation de la vidéosurveillance dans Paris. On peut aussi être sceptique. Juger que la technologie ne remplacera jamais l'humain. Douter qu'un numéro téléphonique d'urgence ou des caméras de surveillance en abondance suffisent à pallier les conséquences, sur le terrain, de la réduction des effectifs policiers – dans le RER comme ailleurs.

 

On peut aussi se souvenir de certains cocoricos sécuritaires d'hier, qui paraissent aujourd'hui un peu déplacés.

 

Ainsi, la société Aéroports de Paris (ADP) avait annoncé, il y a quelques mois, le lancement d'un système révolutionnaire, qui réduirait grandement les formalités de sécurité et d'embarquement des passagers et constituerait donc, pour des dizaines de millions de voyageurs, une avancée indéniable en termes de confort: la biométrie (ici). Trois mois plus tard, Roissy jouit effectivement de cette technologie à la Matrix. Mais cela fait aussi trois nuits de suite que des milliers de voyageurs dorment dans cette aérogare dont le fonctionnement est grandement perturbé par la neige. Sans doute ces usagers doivent-ils se dire qu'en termes de confort et de sécurité d'acheminement, il y a mieux.

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