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24/01/2011

Une cible

L'autre jour dans ce blog, avant la séquence tunisienne de la semaine dernière, on s'irritait de la lâcheté des détrousseurs de smartphones dans le métro parisien, qui, avait-on l'impression, s'en prennent plus facilement, bien sûr, à des femmes qu'à des colosses. Ce n'est pas qu'une impression, et cela ne vaut pas que pour Paris.

Viennent encore de le confirmer les derniers chiffres annuels de l'Observatoire français de la délinquance. Selon lesquels près de la moitié des quelque 120.000 vols avec violence commis sur la voie publique en France en 2010 (chiffre en hausse de 7%) ont ciblé et atteint des femmes (vols à l'arraché de sacs à main, de portables, etc.) «Les voleurs s'attaquent en priorité aux victimes les plus vulnérables, les personnes âgées, les jeunes filles, etc.», commentait hier encore un responsable de cet Observatoire – qui, soit dit en passant, s'il connaissait comme nous des jeunes Parisiennes ceintures noires de karaté, nuancerait un peu cette catégorisation sociale si sexiste, mais, bon, passons.... L'on peut noter aussi que l'augmentation du nombre de ces vols à l'arraché, qui est de 13% au niveau national, est plus importante en région parisienne et à Paris: 25%.

Dans la presse hier, le préfet de police de Paris tentait de minimiser, triplement mais laborieusement, ce mauvais bilan. Un: «Heureusement, ces vols avec violence ne représentent qu'une part limitée de la délinquance». Voilà qui fera une belle jambe à ceux et celles qui en ont été victimes. Deux: dans la capitale, les vols les plus violents (vols à main armée), eux, ont reculé de 11,6% l'an dernier et de 60% en dix ans. Ce constat ravira les bijoutiers de la place Vendôme. Mais laissera sans doute un peu sceptiques les victimes de ce qui, depuis quelques mois, paraît constituer la dernière mode délinquante dans la Ville lumière: le braquage (pour trois fois rien, en plus) de commerces de proximité (épiceries de nuit, petites stations service de quartier, etc.). Trois: «La délinquance parisienne reste globalement inférieure, de 23,6%, à celle constatée en 2001». Là encore, pas sûr que l'argument convaincra les cibles des 3.825 vols violents supplémentaires qui, par rapport à l'année précédente, ont été déplorés à Paris en 2010.

Commentaires

On en revient une fois de plus à l’observation de Disraeli :
« Il existe deux façons de mentir, ne pas dire la vérité et publier des statistiques ».

Nous dirions plus modestement nier la réalité et choisir dans les données chiffrées.

Salut et fraternité,
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Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 25/01/2011

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