04.02.2011
Un fléau
Le métro de Paris, si on s'y est toujours senti en sécurité – nous, en tout cas – , n'est pas, pour autant, le pays de Candy – ou celui des bisounours, comme on veut. Manifestement, de temps à autres, il est fréquenté y compris par des gens qui ont vraiment des problèmes. Pour preuve, cet appel que vient de lancer la préfecture de police de la capitale. Appel à l'attention de témoins et de victimes de faits survenus dans des stations de métro de l'Est parisien. Cet appel dit ceci.
«Suite à une série d’agressions sexuelles survenues (...) dans les stations «Saint-Ambroise», «Rue Saint-Maur», «Oberkampf», «Gambetta» et «Daumesnil», la préfecture de police recherche d’éventuelles victimes. Le mode opératoire était le suivant. L’agresseur repère les femmes qui ont entre 25 et 30 ans, les suit lorsqu’elles rentrent dans la station, profite de leur passage aux lignes de contrôle des titres de transport pour arriver derrière elles, passer sa main sous leur jupe et pratiquer des attouchements, avant de prendre la fuite».
Que peut-on encore ajouter à cela?
Peut-être citer quelques chiffres, émanant de la même source, et qui renvoient à la lâcheté qu'on évoquait l'autre jour dans ce blog: celle des agresseurs qui, dans les transports parisiens ou partout ailleurs, s'en prennent à des femmes. Pour rappel, en 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes avait été érigée «grande cause nationale» en France. Ces chiffres, cependant, confirment que, malgré cette mobilisation, ce fléau n'a globalement pas régressé: pas massivement, en tout cas.
Ainsi, l'an dernier en région parisienne, 679 dossiers d'agressions sexuelles contre des femmes ont été traités par les autorités; il y en avait eu 755 en 2009. 3 242 vols avec violences ont été enregistrés contre des femmes: à peine 200 de moins que l'année précédente. Des femmes qui ont aussi porté plainte à 116 reprises pour violences volontaires (122 en 2009), et à 382 reprises pour vols à main armée (381). Enfin, «s’agissant des violences intrafamiliales, 20 homicides et tentatives (12 en 2009) ont été portés à la connaissance de la PJ et autant de viols commis à l’encontre de femmes (17 en 2009)».
Depuis l'été 2009 à Paris (mais sans doute ailleurs en France aussi), des «brigades de protection des familles» ont été créées au sein des services policiers dits «d'investigation de proximité». 270 policiers composent ces brigades, qui intègrent aussi des agents appelés «référents violences conjugales»: ils sont chargés d'«apporter un soutien privilégié aux victimes de ces infractions et de les orienter vers les dispositifs associatifs et institutionnels de prise en charge les mieux adaptés».
Mais, comme fait bien de le rappeler la préfecture, malgré ce dispositif et les autres lieux d'accueil et d'aide, l'un des problèmes récurrents posés par ces violences, familiales et conjugales notamment, exercées contre les femmes, c'est '«la difficulté qu’ont les victimes à déposer plainte, certaines ne souhaitant y compris pas donner suite à ces agressions même non isolées».
11:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : femmes, sécurité, police, métro, paris




Commentaires
Merci pour cette derniere article... interessant.
Écrit par : euhommes | 04.02.2011
Alors, on veut faire de la peine à notre génie de la place Beauvau ? lui qui va se gargarisant de la baisse de la délinquance grâce à sa politique de chiffre, mais qui ne peut nier la hausse des attaques à la personne ?
Il va de soi — sauf pour son employeur, ses thuriféraires et autres porte-coton — qu’un vol de chéquier (une procédure par chèque utilisé par le voleur ou le recéleur final) gave les statistiques plus qu’une agression dans les transports publics, dont on a peu de chances de retrouver l’auteur.
Salut et fraternité,
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Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 05.02.2011
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