11.02.2011
Un déménagement?
Grosse agitation dans les milieux sportifs parisiens, en ce moment. Car, ce week-end, se joue le sort d'une institution du sport de la capitale française: Roland Garros. Dimanche, en effet, la Fédération française de tennis se prononce sur l'éventuel déménagement en banlieue du mythique stade de tennis de la porte d'Auteuil.
Pour faire court, «Roland», comme disent les gens (un peu) chics à Paris, se sent à l'étroit en bordure du Bois de Boulogne. Il estime que, pour pouvoir continuer à rivaliser avec les autres stades mondiaux des tournois du grand chelem, la superficie occupée par ses infrastructures doit passer de 8 à 14 hectares. Problème? Cela supposerait notamment d'empiéter sur le site contigu des Serres d'Auteuil, un magnifique ensemble architectural et botanique. Un site classé, et pour la sauvegarde duquel se sont mobilisés nombre de riverains, les Verts ainsi que quelques people (Françoise Hardy, etc.). Du coup, pour régler ces problèmes de place, c'est carrément la délocalisation de Roland Garros qui est envisagée. Trois sites ont remis un dossier à la Fédération de tennis: Marne-la-Vallée (où est déjà implanté Disney), Gonesse (près de l'aéroport de Roissy), et Versailles (dont la candidature, d'après les connaisseurs du dossier, tient la corde). En 1992 déjà, un gros débat avait eu lieu à Paris sur ce manque d'espace préjudiciable à Roland Garros, qui avait finalement reçu l'autorisation de s'agrandir.
Le maire de Paris bataille évidemment pour le maintien du stade à son emplacement actuel, et jure que c'est possible sans toucher à l'essentiel des Serres d'Auteuil. Les gros sponsors du tournoi parisien veulent eux aussi son maintien dans la capitale. Les stars du sport, elles, sont partagées.
Dans le camp des partisans du déménagement, outre Amélie Mauresmo, on trouve notamment Guy Forget («La proximité du château de Versailles serait un atout considérable»), Roger Federer («On a besoin de plus de place»), ou Lilian Thuram (qui, dans «Le Monde» d'hier soir encore, s'enthousiasmait pour la candidature de Marne-la-Vallée). En revanche, des sportifs comme Rafael Nadal ou Marion Bartoli n'imaginent pas un Roland Garros autre part qu'à Paris. C'est aussi le cas de Yannick Noah. Qui, ce matin, sur toutes les radios de France ou à peu près, jugeait inimaginable que des stars du tennis mondial puissent un jour devoir jouer «à Trifouillis-les-Oies», et non plus à Paris. Pour lui, «ce serait vraiment pas cool»..
Nous, en tout cas, en entendant au saut du lit le ton avec lequel l'ex-vainqueur de Roland Garros disait cela, c'était son parisianisme méprisant qu'on ne trouvait pas trop cool.
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Actualisation, dimanche
Le tournoi de tennis de Roland-Garros restera à Paris. La Fédération française de tennis a décidé dimanche matin du maintien du tournoi de Roland-Garros à Paris. La candidature de la capitale a obtenu la majorité des deux-tiers au vote de l'assemblée générale. (AFP)
11:48 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sports, urbanisme, paris




Commentaires
Pourquoi, après le 11 septembre 1973 (Santiago-du-Chili) la gauche persiste-t-elle à construire, rénover et agrandir des stades ? Un gâchis d’espace urbain pour des installations vides la plupart du temps.
Après tout, s’il s’agit de donner du spectacle à la foule, n’importe quel sous-sol suffisamment spacieux, avec l’éclairage qui convient, suffira à tenir ce genre de cérémonies, avec transmission TV.
Si des spectateurs tiennent vraiment à en être de leur poche pour assister physiquement aux ébats de leurs favoris, il ne doit pas manquer d’anciennes bases de l’OTAN, du côté de Châteauroux ou d’ailleurs, pour leur aménager, à leurs frais, les installations qu’ils peuvent estimer nécessaires.
Une forme de financement pourrait être une TVA à 50% sur tout ce qui a trait au sport (bâtiment, équipement, vêtement) ou qui en est le mécène (boissons gazeuses par exemple).
Tout ceci, objecterons d’aucuns, exprime une ignorance du sport et de l’esprit sportif. Outre que la dernière expression relève de l’oxymore, on répondra que ce n’est pas ignorance, mais haine du sport et de tout ce qu’il représente (esprit de corps, campanilisme, chauvinisme).
Dire que l’on a dû, sept ans durant et de deux à cinq heures par semaine, participer au nom des programmes scolaires à ces sinistres pantalonnades.
Salut et fraternité,
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P.S. Heureusement que Paris a échappé aux Jeuzo 2012.
Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 11.02.2011
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