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04/03/2011

Une filière (encore)

On parlait hier de Roissy et d'Orly. C'est dans ce dernier aéroport que la gendarmerie des transports aériens vient d'opérer un coup de filet, à l'issue duquel une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue. Elles sont soupçonnés d'avoir dérobé, dans les bagages de passagers, pour plus de 800.000 euros d'objets divers (parfums, bijoux, appareils photos, vêtements de marque, électronique, etc.). En 2009, plus de 400 plaintes pour vol avaient été déposées par des passagers ayant transité par Orly. Ces bagagistes indélicats opéraient directement dans les soutes des avions. Car c'est désormais la seule zone aéroportuaire à ne pas être vidéo-surveillée, depuis que des caméras, en nombre, équipent les aires de chargement, déchargement et acheminement des bagages vers les halls où ils sont récupérés par leurs propriétaires.

Début février déjà, 80 gendarmes de la même unité avaient interpellé 19 bagagistes, de l'aéroport de Roissy cette fois. Eux aussi étaient soupçonnés de vol, pour un montant évalué lui à 300.000 euros. Ce coup de filet était venu couronner 16 mois d'enquête: une grosse mobilisation motivée par le dépôt, là, de 3000 (3000!) plaintes pour vol.

Il y a une petite dizaine d'années, à Roissy, débarquant d'un vol Air France en provenance d'Amérique latine, on avait eu la mauvaise surprise de constater que nos bagages avaient été entièrement dévalisés: tout ce qui avait un peu de valeur avait disparu. On se souvient qu'à l'époque, Roissy avait rejeté la faute sur les agents des aéroports de Santiago et de Buenos Aires, par lesquels on était passé... On se souvient aussi que les montants qu'on avait touchés à titre de dédommagement étaient ridicules: permettant d'à peine racheter le tiers de ce qui avait été dérobé.

Cela va de soi, mais on ne perd rien à le préciser: le démantèlement, coup sur coup, de ces deux filières de vol en bande organisée sévissant dans les aéroports parisiens ne doit évidemment pas conduire à jeter l'opprobre sur toute une profession – quelle corporation n'a pas ses moutons noirs? Ni amener à douter a priori de la probité des bagagistes opérant à Roissy ou à Orly. Bagagistes qui, dans leur écrasante majorité, essaient de faire du mieux possible un métier qui est pénible: très physique, avec des horaires de travail très élastiques, et qui est n'est probablement pas payé de façon mirobolante.

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