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08/03/2011

Une vision arriérée

prospectus2.jpgLa Journée internationale de la Femme dans le monde entier, ce mardi 8 mars. Et, à Paris depuis quelques jours, un peu partout sur les panneaux publicitaires, des affiches de «We want sex equality». Ce film, qui sort en salles demain en France, raconte la lutte des ouvrières de la firme Ford, en Angleterre en 1968, en faveur de l'égalité salariale.

Ces jours-ci dans la presse parisienne, a été massivement encarté un dépliant publicitaire en faveur de la quinzaine de promos qui, dès demain, battra son plein dans un grand magasin de la capitale – le BHV, pour ne pas le nommer. A elle seule, cette campagne concentre tous les stéréotypes sur l'image de la femme, véhiculant d'elle une vision vraiment arriérée. En ce 8 mars, parcourons donc le catalogue de ces clichés sexistes qui sont encore si souvent véhiculés par les camelots de la pub en général, et cette fois par les pubards du BHV en particulier.

Dans ce prospectus, on trouve une dizaine de pleines pages représentant des articles en promo, avec chaque fois un petit personnage, typé années 50, qui, en phylactère, y va de son petit commentaire sur la réclame illustrée.

Cela donne des assiettes en grès soldées à 5€50. «Pour vous mesdames», vante un petit monsieur. Un fer vapeur à 55€90. «Un prix qui ne fait pas un pli», sourit un homme en costume cravate, dont la chemise blanche a été impeccablement repassée – par madame, sans doute. C'est non un homme mais une femme qui illustre la promo sur un tabouret de bar à 59€50: une «affaire exceptionnelle». Une femme encore qui vante le pèse-personne à 19€95 («Un prix léger, ça m'épate»): seules les femmes, comme chacun sait, se préoccupent de leur ligne. Une femme, toujours, qui se se réjouit d'une «offre renversante»: elle se dandine, à cheval sur sa gamme de poêles, casseroles, sauteuses et faitoux en inox à 76€20. Une femme, à nouveau, pour servir le café, grâce à une machine à expresso en réclame à 149€. Et une femme, une nouvelle fois, pour illustrer une visseuse à 118€30. Mais cet ustensile de bricolage est réservé aux mâles: «Pour vous messieurs», précise l'intéressée – les responsables du BHV n'ont semble-t-il pas encore remarqué qu'on trouvait quantité de femmes au rayon bricolage de leur propre magasin.

Donc voilà réunis, en quelques pages feuilletées en quelques secondes, tous les clichés sur la femme: qui sert le café, ne sait pas bricoler, est aux casseroles, fait la vaisselle ou joue les potiches de bar.

prospectus1.jpgElle est tellement débile et arriérée, la vision de la femme qui est véhiculée par ce prospectus publicitaire, que, finalement, ce doit être un gag. Une espèce de message au second degré imaginé par un pubard fatigué ou en manque d'inspiration. Qui, au moment de l'édition 2011 de la Journée de la femme, n'a rien trouvé de mieux que de singer les codes publicitaires sexistes des années 50. Reste à voir si cette com' à deux balles fera s'esclaffer les client(e)s du BHV.

Commentaires

Une fois de plus se vérifie l’adage :

La publicité vous prend pour des con(ne)s et vous rend con(ne)s.

Salut et fraternité,
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Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 09/03/2011

C'est pourquoi nous honorons Olympe et Euterpe, des femmes qui ont quelque chose à dire et pas à vendre.

http://lesaventuresdeuterpe.blogspot.com/

http://blog.plafonddeverre.fr/

Écrit par : Tania | 09/03/2011

Oui mais euh Mr. Delattre...

Qui c'est qu'a dit que c'était Madame qu'avait repassé la ch'mise ?

(Et puis, bon, la pub, ça sert pas à être malin, ça ser à faire vendre et rien qu'à ça. Si les gens se précipitent au BHV, c'est que, sexiste ou pas, cette pub est bonne. Même si j'aime pas la pub.)

Écrit par : lambertine | 09/03/2011

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