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11/03/2011

Une quasi-absence

Pour bien terminer cette semaine lors de laquelle a été fêtée la Journée de la Femme, cette remarque, hier, d'un collègue journaliste lui aussi grand utilisateur du métro de Paris. Le réseau de la RATP ne compte en tout et pour tout que... 2 stations portant un nom de femme. Rien que 2, sur les 300 stations de ce réseau. Ce sont «Louise Michel» et «Marie Curie» («Pierre et Marie Curie», en fait).

 

Sa réflexion nous disait vaguement quelque chose. Et pour cause: en février 2007, dans ce blog (ici), on avait évoqué le sujet. Depuis, donc, rien n'a changé. Ni ne changera. En effet, parmi les nouvelles stations que la RATP prévoit d'inaugurer ces prochaines années (là), pas une ne portera le nom d'une femme.

 

Alors, bien sûr, la vie quotidienne des Parisiennes ne se trouverait aucunement améliorée si le métro de leur ville comptait davantage de stations portant un nom féminin. Mais, rien que sur le plan symbolique, cette quasi-absence n'est tout de même totalement anodine. Tentative d'explication: une station de métro, à Paris comme ailleurs, tire souvent son appellation du nom de la rue ou de la place où elle conduit. Peut-être cette mâle hégémonie à la RATP reflète-t-elle donc une autre domination masculine: la toponymie de la capitale honore considérablement plus d'hommes que de femmes.

 

Les usagères du métro parisien qu'irriterait ce flagrant déséquilibre méditeront sur les noms de ces quatre stations de métro, incontestablement féminins mais hors-catégorie tant ils sont connotés: «Notre-Dame de Lorette», «Notre-Dame des Champs», «Abbesses» et «Filles du Calvaire»...

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