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14/03/2011

Un silence assourdissant

nuclear.jpgCela n'a rien d'étonnant, la France étant le deuxième pays le plus nucléarisé au monde après les Etats-Unis. Depuis 48 heures, le débat y est intense sur les bienfaits et les aléas de l'atome. Et ce débat ira sans doute croissant dans les heures et les jours à venir, si continuent à affluer les nouvelles dramatiques en provenance du Japon.

C'est beaucoup plus étonnant, en revanche: ce silence assourdissant, depuis 48 heures. Ce silence d'une personnalité majeure du nucléaire français et même mondial – ce qui lui vaut d'apparaître invariablement dans le classement des personnalités les plus influentes de la planète. Une personnalité qui, néanmoins, se tait dans toutes les langues. Qui, à l'heure où l'on écrit ces lignes, à moins que cela nous ait échappé, n'a pas dit le moindre mot, pas prononcé la moindre syllabe, depuis les événements de Fukushima. On veut parler d'Anne Lauvergeon, la patronne (en sursis) du géant mondial du nucléaire qu'est le groupe français Areva. «Du fait de l'actualité», a annoncé Areva dimanche, l'intéressée a même reporté sine die une visite et un point de presse qui étaient prévus à l'école d'ingénieurs de Cherbourg. Dans des situations de crise majeure, il est sans doute des communications qui sont ardues à mettre au point.

Cela n'a rien d'étonnant, «business is business» comme on dit: en attendant qu'Areva se réveille, c'est le gouvernement français qui s'occupe de ses relations publiques.

C'était ce matin, sur une radio. S'y exprimait le ministre de l'Industrie, Eric Besson. Qui, malgré la catastrophe japonaise, malgré ce débat ranimé dans le monde entier sur la sécurité du nucléaire, n'a rien trouvé de mieux que, par la bande, faire un petit coup de pub gratuite pour Areva. Pour son EPR, en l'occurrence: son si controversé réacteur de la troisième génération. Le ministre a cru bon de vanter ce prototype et de le mettre en rapport avec son concurrent coréen, qui, l'an dernier, avait été choisi par l'émirat d'Abu Dhabi au détriment du réacteur français. Si, à l'époque, l'EPR n'a pas remporté le marché, c'est parce qu'il était plus sûr et donc plus cher que son rival coréen, s'est vanté Eric Besson.Qui, lui, n'avait pas l'air de se poser la moindre question, pas l'air d'avoir le moindre état d'âme, sur la pertinence du modèle tout-nucléaire français. Plus que jamais droit dans ses botttes, donc, Eric Besson, comme il l'était déjà quand il brandissait fièrement l'étendard de l'identité nationale.

Les événements lui donneront raison, ou pas.

Commentaires

M’enfin, comprendront donc jamais que la Phrance, elle est la meilleure en tout, et particulièrement en nucléaire ?

La preuve : on sait depuis 25 ans que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté juste sur ses frontières.

Et pis, tous ceux qui disent le contraire, y sont rien que des jaloux qui font rien qu’à nous embêter !

p.c.c. Éric BESSON

Salut et fraternité,
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Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 15/03/2011

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