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23/03/2011

Une quasi-absence (encore)

planderue.jpgParlons un peu des femmes, aujourd'hui. Puisque, ce mercredi, il y a cinq ans jour pour jour, le Parlement français approuvait définitivement une grande «loi sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes». Cinq ans plus tard, comme nul ne l'ignore, cette égalité n'est toujours pas de mise, loi du 23 mars 2006 ou pas. Ce qui n'a pas empêché les députés de la majorité, hier, de voter une résolution sur l'égalité entre les deux genres.

Ce texte réitère une série d'engagements très généraux: de la lutte contre l'inégalité des rémunérations, à l'encouragement de la présence des femmes à des postes de responsabilités, en passant par la réaffirmation «du caractère inadmissible des violences faites aux femmes». Cette résolution n'a pas force de loi; ce n'est qu'un voeu formulé par le Parlement. L'opposition a refusé de voter cela. A ses yeux, ce texte n'est qu'un cache-sexe dissimulant mal l'«échec» de la politique de la droite en matière d'égalité hommes-femmes. En outre, comme l'a fait remarquer une députée du Parti de gauche, le simple fait «que les législateurs votent une résolution pour appliquer la loi risque de ne pas redonner confiance à nos concitoyens» envers la politique...

La dernière fois qu'on avait parlé des femmes dans ce blog (ici), c'était pour noter, de manière plus anecdotique, la quasi-absence, à Paris, de stations de métro portant un nom de femme. On s'était alors demandé si cette mâle hégémonie à la RATP ne reflétait pas une autre domination masculine: celle de la toponymie de la capitale, qui honorerait davantage d'hommes que de femmes. Depuis, on a eu confirmation de cette intuition. En feuilletant par hasard, l'autre jour dans le métro, un quotidien gratuit qu'on avait trouvé sur un strapontin, abandonné par un voyageur.

«Nom de rues: la parité est à côté de la plaque», était titré ce papier (consultable ici: en page 6). Qui donnait des chiffres précis. En 2011, sur les 6.365 rues que compte la capitale, seules 166 portent le nom d'une femme, soit 9%. Mais c'est trois fois mieux qu'il y a quinze ans. Et «la mairie se mobilise pour combler ce retard». On laissera les lectrices de "Paris Libre" juger si c'est une bonne nouvelle ou si c'est complètement accessoire.

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