12/04/2011
Une tension
Un tyran renversé à Abidjan hier soir, et une tension ravivée à Paris. La diaspora ivoirienne établie en France, tout comme la population en Côte d'Ivoire même, est déchirée politiquement et ethniquement. On l'a encore bien vu hier dans la capitale française, sitôt tombée la nouvelle de l'arrestation de Laurent Gbagbo.
Dès la fin de l'après-midi, dans le dixième arrondissement, boulevard de Strasbourg notamment, quelques dizaines de partisans du Président Ouattara ont manifesté leur joie et leur émotion, et lancé des appels à la réconciliation nationale. En début de soirée, en revanche, c'est de la colère qu'ont laissé éclater les pro-Gbagbo, sur les Champs-Elysées eux. Plusieurs centaines de manifestants y ont protesté contre le rôle joué par la France dans la chute du Président sortant. A l'issue de la manifestation, des incidents les ont opposés aux forces de l'ordre. Sept policiers ont été blessés: par des projectiles et des coups de cutter notamment. Neuf manifestants ont été arrêtés. C'était déjà sur les Champs que, ces dernières semaines, les pro-gbagbistes de Paris avaient manifesté pour protester contre les frappes aériennes de la France et de l'Onu. «La France bombarde des civils! Il faut se mobiliser!», avait-on pu lire sur les pages Facebook des organisateurs de ces manifestations.
Ces derniers mois, dans la communauté ivoirienne de Paris et de sa banlieue, la tension était telle que des heurts ont opposé les partisans des deux camps. «Les gens se sont jeté des bouteilles à la figure!», avait témoigné la tenancière d'un restaurant africain, dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Côte d'Ivoire. L'autre jour, dans le huitième arrondissement, on a même vu cet avis scotché en grand à la vitrine d'un petit commerce ivoirien de fruits et légumes exotiques: «Ici, on ne parle pas politique!»
12:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, immigration, paris




Les commentaires sont fermés.