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15/04/2011

Un ton si dédaigneux

François Bayrou aurait-il besoin lui aussi d'un peu de vacances? C'est la question que l'on s'est posée hier. En entendant, sur une radio, le plus rural des présidentiables français comparer à «la saison des champignons» la multiplication, ces jours-ci, des déclarations de candidature à l'Elysée. On a toujours été bien plus urbain que rural, mais on sait tout de même que les champignons, c'est plutôt à l'automne.

On se demandait donc si le Béarnais était tombé de son tracteur, quand il a aussitôt rectifié le tir. «D'habitude, la saison des champignons c'est à l'automne. Là, on est dans la saison des champignons de printemps». On était soulagé, notre culture générale rurale n'était pas prise en défaut: la saison des champignons, ce n'est pas maintenant.

Ce n'est visiblement pas non plus la saison de la cordialité, dans la classe politique en ce moment. Témoin, cette réflexion de Dominique de Villepin, hier toujours, visant Nicolas Hulot ou Jean-Louis Borloo. «Nous sommes dans une période printanière, de kermesse politique, où l'on note beaucoup d'appétit, beaucoup de nouveaux visages. Le paysage politique va se clarifier au cours des mois».

Une «kermesse». Des «champignons». Voilà qui n'a rien de très confraternel, entre présidentiables potentiels. Et qui est même franchement dédaigneux. Quelques phrases plus tard, François Bayrou se nuançait, à nouveau: «Je n'ai pas envie de parler de manière condescendante ou méprisante des gens qui, après tout, ont bien le droit de dire qu'ils en ont envie (de l'Elysée). Mais entre en avoir envie et que la démarche choisie soit claire aux yeux des Français, alors là, il y a une très grande marge».

C'était déjà dit sur un ton plus convenable. Et cela montrait que le centriste lui-même s'en était bien rendu compte: sans cette reformulation, il serait vraiment passé, au yeux de l'auditeur moyen, pour quelqu'un de très arrogant.

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