27.04.2011
«Une question de moyens»
Une fois n'est pas coutume, en vignette de cette note, une illu qu'on a déjà utilisée. C'était en janvier (ici), à l'époque du grand mouvement de libération des peuples arabes. Parce qu'on a repensé à ce slogan, hier. Jour où des mots identiques («Liberté», «Solidarité» ou «Dignité» ) ont été vus sur les pancartes brandies par la centaine d'exilés tunisiens qui, en fin de matinée, ont manifesté aux confins de Paris. Dans un no man's land en bordure du périphérique, entre les portes de la Villette et de Pantin. Dans cette espèce de campement de fortune, limite bidonville, où, depuis des semaines, ils croupissent en attendant un jour meilleur. On voit aussi beaucoup de Tunisiens, en ce moment, le long du canal Saint-Martin. A la hauteur du quai de Jemappes, aux heures de distribution de la soupe populaire, aux côtés des SDF et des réfugiés afghans.
La situation, sanitaire notamment, des Tunisiens campant à la porte de la Villette devient vraiment préoccupante. Ils sont de 300 à 400. Certains sont malades. Beaucoup ne mangent pas à leur faim. Parmi eux, il y a des mineurs. Hier, constatant leur extrême précarité, la mairie de Paris a débloqué en urgence une enveloppe de 100.000 euros à destination de deux associations caritatives, qu'elle a mandatées pour leur venir en aide. Et le maire a dit (ici) l'«indignation» que lui inspire la façon dont le gouvernement gère ce dossier migratoire: «avec tant d’étroitesse», «si peu d’humanité», et tant d'«arrière-pensées évidemment électoralistes». Pour Bertrand Delanoë, les autorités devraient, au contraire, «répondre avec humanité et dignité à l’attente que des milliers de Tunisiens placent dans notre pays». Car «il serait très grave qu’en cette circonstance, quelques mois après la Révolution de Jasmin, l’Europe et la France passent, une fois encore, à côté de l’Histoire».
Hier en fin de journée, le n°1 de l'UMP, Jean-François Copé, lui a opposé une fin de non-recevoir catégorique. Selon le chef de file du grand parti sarkozyste, «il faut dire les choses telles qu'elles sont: la France n'a plus les moyens d'accepter une immigration à caractère social! En cette période de crise, ce n'est tout simplement plus possible! Ce n'est pas une question de xénophobie: c'est vraiment une question de moyens».
11:28 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, etrangers, immigration, social, pauvreté, gouvernement, paris




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