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31/05/2011

Un ministre embarrassé?

Cela manifeste pas mal en ce moment, à Paris. Aujourd'hui, les fonctionnaires. Hier, les travailleurs sans-papiers. Dimanche (à Bastille), les «Indignés». Et samedi après-midi, par le plus grand des hasards, on a assisté à une manif sous les fenêtres d'un ministre.

Dans les jardins du Palais Royal, on était en train de somnoler paisiblement au soleil, quand, tout à coup, retentirent des exclamations. Et les vigiles du ministère de la Culture – le cabinet du ministre Frédéric Mitterrand donne sur la place – de s'agiter dans tous les sens, leur talkie-walkie crachotant. Entre les colonnes de Buren, sous l'oeil médusé des touristes, avait fait irruption une poignée d'activistes visiblement assez énervés. «Mitterrand, dans l'arêne!», «Mitterrand, dans l'arêne!» C'était... des militants anti-corrida, protestant contre l'inscription, en avril, de la tauromachie au «patrimoine culturel immatériel» français. La corrida désormais culturellement assimilée à la tarte tatin, au fest-noz breton, à la tapisserie d'Aubusson, ou aux parfumeurs de Grasse: les défenseurs des animaux sont furax.

Leurs associations revendiquent 700.000 adhérents, tous électeurs potentiellement mécontents. Elles se prévalent du soutien de «people» télégéniques, outre Brigitte Bardot évidemment: de Cabu à Cavanna en passant par Mylène Demongeot, Yves Duteil, Geneviève de Fontenay, Mgr Gaillot, Albert Jacquard ou Tomer Sisley. Et ces anti-corrida comptent bien que, cet été, ce sujet bien de saison et même en or – les enfants y compris peuvent donner leur avis – anime les discussions en famille: à la plage, au camping à l'heure de l'apéro, ou aux terrasses des bistrots.

Difficile à gérer, cette agitation, pour des politiques à moins d'un an d'une élection présidentielle? On a déjà connu Frédéric Mitterrand plus à l'aise. L'autre jour, à la radio (ici), il a assez laborieusement évoqué le sujet. Et, ce matin, sur le site web de son ministère, en tapant «corrida» sur le moteur de recherche, on n'obtenait qu'une seule réponse: «Aucun article n'a été trouvé. Merci de renouveler votre recherche»...

30/05/2011

Un souvenir embarrassant

paparrazzi.jpgTerrible, la vacuité informative de tous ces reportages que continuent de réaliser, en boucle, tous ces pauvres confrères qui doivent se coltiner le pied de grue devant la résidence new-yorkaise des Strauss-Kahn. C'est ce qu'on s'est dit tout le week-end, en les voyant et en les écoutant tenter de meubler, vaille que vaille, cette si évidente vacuité. Faute d'infos significatives – ils avaient même si peu d'allées et venues des intéressés à se mettre sous la dent – , et le filon des «micro-trottoirs» (interviews de voisins, etc.) ayant été épuisé depuis bien longtemps, certains en étaient réduits, pour occuper leur temps d'antenne, à relayer les ragots et/ou gros mots de la presse tabloïd new-yorkaise la plus trash.

Pour, tout de même, compenser un peu cette vacuité journalistique, certains médias français ont pris le parti de se replonger dans leurs archives. Dans l'espoir d'y exhumer un élément susceptible d'alimenter un peu le feuilleton, le temps que survienne un rebondissement. C'est ainsi que, les premiers, RTL et le «Le Figaro» (pas vraiment des médias proches du PS, remarquerez-vous...) ont déniché de quoi pimenter un peu la controverse autour du montant du loyer de la fameuse maison de Tribeca occupée par les Strauss-Kahn-Sinclair: loyer évalué à quelque 35.000 € par mois.

L'anecdote remonte à 2005. Alors que le ministre de l'Economie de l'époque, un certain Hervé Gaymard, était empêtré dans une controverse relative au faste de son logement de fonction parisien (600 m2 dans les beaux quartiers, loués 14.000€ par mois), qui allait finir par lui coûter son maroquin. Mais, avant qu'il soit contraint à la démission, il avait eu droit, un soir à la télé, à un fameux sermon. Et c'était... un certain DSK qui s'était permis de lui faire la leçon.

euros.jpg«Comment se fait-il que vous ne vous soyez pas rendu compte que le fait de louer un appartement qui valait dix fois le salaire minimum était quelque chose d'inacceptable?», lui avait lancé DSK. «Je ne comprends pas que vous n'ayez pas été du tout choqué par le fait de payer un loyer de 14.000 € par mois pour un logement de fonction. Il y a un problème d'éthique personnelle!»

Six ans plus tard, même si les choses ne sont bien sûr pas exactement comparables – les 35.000€ de loyer de la prison dorée de DSK ne sont pas payés par le contribuable –, ces propos ont bien sûr quelque chose d'embarrassant, pour le donneur de leçons d'hier.

27/05/2011

Une chute vertigineuse

C'était à prévoir, mais cela n'en reste pas moins saisissant. Les déboires new-yorkais de Dominique Strauss-Kahn lui font perdre... plus de 30 points dans la dernière livraison du baromètre mensuel Ifop Paris-Match, qui mesure la popularité des personnalités politiques. L'ex-patron du FMI y dégringole de la première à la septième place. Et ne recueille plus que 42% de bonnes opinions – mais 52% de mauvaises. Il conserve un solde d'opinions positives chez les sympathisants de gauche et les ouvriers, mais s'effondre chez les électeurs sans sympathie partisane affirmée: à 19% seulement de bonnes opinions, contre 68% de mauvaises.

Selon une autre enquête publiée cette semaine, réalisée par le même institut, l'«affaire DSK» a dégradé l'image des politiques aux yeux d'un certain nombre de Français. En effet, à la question «Diriez-vous que cette affaire change plutôt en bien, plutôt en mal ou ne change pas l'image que vous avez des personnalités politiques en général?», 39% des personnes interrogées – ce qui n'est tout de même pas rien – répondent «plutôt en mal». Le scandale, cependant, ne modifie en rien le regard porté sur la politique par une majorité de Français (59%).

Curiosité de ce sondage: pour 2% de l'opinion, cette si glauque affaire change plutôt en bien l'image des personnalités politiques. Là, on l'avoue, on ne comprend pas.

26/05/2011

Un (autre) féminisme

marchedessalopes.jpgCarla Bruni en personne aurait donc signé la pétition féministe lancée dans la foulée de l'«affaire DSK», texte que l'on évoquait hier dans ce blog. C'est ce qu'a annoncé (ici) «Le Figaro». Ce matin, cela dit, on n'a trouvé nulle trace du nom de l'épouse de Nicolas Sarkozy dans la liste des signataires de cet appel: ni à la lettre B – le seul Bruni renseigné est un certain «Bruni Sylvain, Ingenieur» –, ni à la lettre S: aucun(e) Sarkozy en vue. Passons.

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que Carla Bruni n'était pas parmi les manifestantes qui, dimanche après-midi, ont défilé dans les rues de Paris avant de rendre public ce manifeste. Et qu'elle n'était pas davantage – et n'avait vraiment aucun risque d'y être – à l'autre manifestation qui, le même jour et sur le même thème, a précédé ce cortège. Il faut dire que cette manifestation-là, qui a démarré de la place de la Bastille, se voulait un tantinet plus radicale.

Rien que son nom était tout un programme: «La Marche des Salopes». En référence à une «Slut Pride» qui s'est tenue à Toronto, suite «aux déclarations d’un policier qui expliquait que, pour assurer leur propre sécurité, les femmes devraient éviter de «s’habiller comme des salopes» (et non pas d’apprendre l’autodéfense)». Dimanche, ces féministes-là ont, comme leurs concurrentes quelques heures plus tard, marché contre le sexisme, le machisme, le viol et toute forme d'agression contre les femmes. Mais elles ont aussi protesté contre «le patriarcat blanc hétéro-sexiste et sa morale bien intentionnée, (qui vient) mettre son nez dans nos placards». Elles ont revendiqué «le droit de s'habiller comme nous le souhaitons sans être stigmatiséEs et subir le comportement sexuellement agressif de certains (interpellations, sifflets, etc....)». Et, plus globalement, ont dit leur exaspération, «parce qu'il y en a assez de ces flics (de la morale ou de l’Etat) qui nous disent de ne pas nous habiller comme des catins si on ne veut pas d'ennui et se placent ainsi dans une logique de sanction de toute initiative de réappropriation de notre corps, qui passe également par le choix de nos vêtements».

lasalope.jpgExplication de texte? «En enjoignant les femmes, afin de les «protéger», à se conformer à un pseudo modèle vertueux d'un autre âge de «La-Femme»©, hétérosexuelle, blanche, avec une jupe ni trop longue ni trop courte, libérée mais pas trop, qui peut «concilier vie de travail et vie de famille» (c’est-à-dire continuer à effectuer sans sourciller 80% des tâches ménagères), les autorités ne font que ravaler celles qui ne s'y rangent pas au rang d'objet sexuel, puisque selon leur logique, une femme habillée «comme une salope» ne le fait que pour attirer l'attention des hommes, et n'a donc pas à se plaindre si ceux-ci répondent à ses «sollicitations passives».

Conclusion? «Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer ou pas nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, sans devoir subir de violences sexuelles, car la révolution se fait aussi en talons!»

Remarquez que, dimanche, cette manifestation féministe-là a eu un écho médiatique infiniment moindre que sa concurrente «officielle». Sans doute les médias français ont-ils jugé que le message qu'elle véhiculait n'était pas assez consensuel pour intéresser le commun des mortels.

25/05/2011

Une «réalité méconnue»

Audrey Pulvar, Florence Foresti, Gisèle Halimi, Clémentine Autain, Virginie Despentes, Christine Ockrent, Isabelle Alonso et quelque 23.000 personnes ont déjà signé l'appel lancé samedi par plusieurs associations féministes. Le texte s'intitule «Sexisme: ils se lâchent, les femmes trinquent». Et se veut une réaction «au déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques» à la suite de l'«affaire DSK».

Les signataires de ce manifeste disent avoir constaté, ces derniers jours, «un florilège de remarques sexistes». Du «il n’y a pas mort d’homme» au «troussage de domestique» – on en parlait l'autre jour dans ce blog – «en passant par «c’est un tort d’aimer les femmes?», ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent» ont été «largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux». Selon eux, un tel déferlement consacre une «fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires».

Ces tirades ne posent pas pour seul problème de faire «apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes». Elles tendent aussi «à minimiser la gravité du viol», à «en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage». Dès lors, elles «envoient un message simple aux victimes présentes et futures: «Ne portez pas plainte».

75.000 femmes sont violées chaque année en France. 75.000. Ce qui fait plus de 200 viols chaque jour – sans compter, sans doute, tous les viols qui ne sont pas suivis d'un dépôt de plainte. Pour les signataires de cet appel, le déferlement de sexisme auquel a donné lieu «l'affaire DSK » illustre «à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue». Méconnue notamment «de la part d’élites qui prétendent diriger notre société», ce qui «est particulièrement inquiétant».

24/05/2011

Une suspension

sinclairDSK.jpgQuatre lignes, rédigées hier. «Vous avez été très très très nombreux à m'adresser des messages. Je ne peux répondre à chacun mais sachez qu'ils m'ont touchés et aidés. Vous comprendrez que les circonstances m'imposent de suspendre temporairement ce blog. Je vous dis simplement: à bientôt». Quatre lignes signées Anne Sinclair. Qui, hier donc, a annoncé que son blog serait désormais aux abonnés absents.

Les commentaires devant être modérés avant d'être publiés, aucun n'apparaît encore, et n'apparaîtra sans doute jamais, sous cette note d'au revoir. Ce blog, l'épouse de DSK l'avait lancé en 2008. Elle y intervenait assez régulièrement. C'est notamment par cet outil qu'elle avait dit son soutien à son mari lorsque, à Washington, un précédent scandale, sexuel déjà, l'avait déstabilisé. En revanche, plus récemment, elle n'y avait touché mot de l'anecdote de «La Porsche tranquille». La dernière note publiée, avant celle d'hier, remontait au 12 mai. C'était un jeudi soir. Trente-six heures plus tard, au Sofitel de New York, le destin de son mari allait basculer, et le retentissant scandale éclater.

Anne Sinclair juge donc avoir désormais d'autres chats à fouetter que d'alimenter son blog. Personne, effectivement, ne lui en tiendra rigueur. Avec la procédure si longue et périlleuse telle qu'elle s'annonce pour son mari, on peut d'ailleurs se demander si ce blog reprendra bel et bien un jour.

23/05/2011

Une excellente affaire

Les médias français tardent, non pas à tourner la page de l'«affaire DSK » – comment le pourraient-ils? Elle est retentissante et ne fait que commencer – , mais, du moins, à revenir à un traitement rédactionnel quantitativement normal de cette actualité. Dimanche soir, c'était vraiment flagrant.

Ce week-end n'a pas apporté beaucoup d'éléments factuels fondamentalement neufs, dans cette affaire. Hier, néanmoins, les JT de 20 Heures en ont à nouveau fait des tonnes à son propos. La palme est revenue au 20 Heures de TF1. Qui a consacré 4 minutes – soit une éternité, dans la conduite ultra-minutée d'un JT – à un rappel en images de cette affaire. Alors que, si récente, elle est bien sûr toute fraîche encore dans la mémoire du public. La séquence n'apprenait strictement rien de neuf: faite d'images et de commentaires déjà servis tant de fois aux téléspectateurs ces derniers jours. Mais elle a sans doute permis à TF1 de garder pendant quelques précieuses minutes supplémentaires pas mal de téléspectateurs devant le petit écran.

Car, comme on le pressentait dans ce blog dès lundi dernier, le «cas DSK» est évidemment une aubaine pour les médias. Et ils ont bien cela à l'esprit, au moment de déterminer leurs choix rédactionnels.

Dès le lendemain de l'arrestation de l'ex-patron du FMI, les quotidiens français ont vu s'envoler leurs ventes au numéro: +93% pour «Libération», par exemple. Les sites web d'information ont enregistré des records de fréquentation: ainsi, 12 millions de pages vues (deux fois plus que d'habitude) en une seule journée sur lefigaro.fr. Le soir où la chaîne d'info continue BFMTV a retransmis en direct l'audience du tribunal new-yorkais amené à statuer sur la remise en liberté provisoire de l'intéressé, elle a été regardée par plus d'1 million de téléspectateurs: deux fois plus qu'habituellement à cet horaire. Le même engouement a profité aux JT des télés traditionnelles: les premiers jours du scandale, les 20 Heures de TF1 comme ceux de France 2 ont gagné chacun un million de téléspectateurs supplémentaires.

C'est enfoncer des portes ouvertes que de le rappeler, mais sans doute cela ne fait-il jamais de mal non plus: les entreprises du secteur des médias ne sont pas des philanthropes. Comme toutes les autres sociétés, elles veulent et doivent au minimum être rentables, au mieux faire des profits. Dès lors, en période d'actu chaude comme aujourd'hui, l'info, plus que jamais, c'est, aussi, du business.

20/05/2011

Une double palme (à nouveau)

lauriers.jpgPuisqu'on est toujours en plein festival de Cannes, décernons, comme la semaine dernière, une double palme. En rapport, cette fois, avec la fameuse «affaire DSK». La double «Palme de la Déclaration la Plus Effarante de Stupidité de la Semaine». Ces propos sont même si idiots qu'ils auraient amplement mérité la palme de la stupidité de l'année, mais soyons prudents: a priori, on voit mal comment ce serait possible, mais n'excluons pas d'emblée des déclarations encore plus stupides dans les six mois à venir.

Cette double palme de la stupidité va donc, bien sûr, à Jack Lang et à Jean-François Kahn.

«Il n'y a pas (eu) mort d'homme!», s'est énervé l'ex-ministre, au moment de se scandaliser du placement en détention provisoire de Dominique Strauss-Kahn. En effet, pas eu mort d'homme. Juste, possiblement, viol de femme. Mais sans doute est-ce anecdotique et accessoire.

Quant à Jean-François Kahn, alors qu'il contestait vigoureusement jusqu'à la seule éventualité que son ami DSK ait pu commettre une tentative de viol, il a tout au plus envisagé une simple «imprudence» de sa part: un... «troussage de domestique». Mais le journaliste, lui au moins, s'est ensuite excusé pour ses propos.

Il n'empêche, encore bravo.

PS: Mercredi, «La Barbe», mouvement féministe énervé voire atrabilaire – et, ici, on lui donne mille fois raison –, est allé applaudir Jack Lang devant l'Assemblée nationale et le siège du PS. Et il compte bien, prochainement, aller féliciter Jean-François Khan. C'est, certainement, le minimum.

19/05/2011

Un flux tendu

Le grand public ne s'en rend peut-être pas toujours compte, mais, en France comme ailleurs, quand l'actualité est vraiment très intense – et l'«l'affaire DSK» en fournit un bon exemple –, les médias travaillent souvent à flux extrêmement tendu. Du coup, parfois, la précipitation leur fait commettre des erreurs de béotien.

On se l'est redit à plusieurs reprises depuis dimanche. En voyant incorrectement orthographié le patronyme de Dominique Strauss-Kahn. Dans des légendes de photo ou sur le banc-titre à la télé par exemple, il devenait subitement Strauss-Khan. On jette d'autant moins la pierre à ces confrères que nous aussi, par le passé, il nous est arrivé une fois d'écrire Strauss-Khan dans un article. Désormais, on essaie de bien retenir: c'est Strauss-Kahn et Gengis Khan, Helmut Kohl et le khol cosmétique. Cela peut paraître complètement tartouille vu de l'extérieur, mais c'est typiquement le genre de piège dans lequel tombent les journalistes quand ils doivent boucler dans l'urgence et/ou quand ils commencent à être vraiment épuisés par l'actualité.

Toujours dans ce registre des erreurs journalistiques dues au rythme de travail à flux tendu dans les rédactions en périodes de crise, on a pu noter d'autres erreurs, ces dernières semaines. Ainsi, dans les médias, on a lu aussi bien Khadafi que Kadhafi. Et Libye était même parfois orthographié Lybie.

Des détails? Ces erreurs d'inattention ne doivent tout de même pas contribuer à la crédibilité du journalisme dans le grand public. Mais elles sont juste, bêtement, très humaines. Les journalistes ne sont pas (pas toujours, pas tout le temps, pas encore) des droïdes. 

18/05/2011

Un défoulement

ALAFOLIE.jpgCe matin enfin, on a eu/pris/ le temps d'aller traîner un peu sur le net, pour voir ce qu'il s'y disait sur cette fameuse «affaire DSK». Et on n'a pas été surpris de constater que, trois jours plus tard, c'y était toujours la folie. Folie des plaisanteries grivoises, des pastiches, des chansons, des jeux de mots, parodies, complots ou autres moqueries à deux balles. Du genre, et pour s'en tenir à ce qui est mentionnable dans un tel blog: «La débandade», «DSK dans de sales draps», «Il a cassé sa pipe», «Le festival de Kahn» ou «Dominique nique nique»...

Il y a sans doute plusieurs lectures possibles à ce défoulement planétaire.

La première est lénifiante. Ce défoulement n'illustre jamais qu'un certain côté potache d'internet, auquel il ne faut pas prêter plus d'attention ni accorder plus d'importance que cela.

La deuxième lecture est plus psychologisante. On ne cesse de l'entendre et de le lire dans les médias français, depuis trois jours: cette «affaire DSK», si hors-norme, si spectaculaire, si inattendue et si violente dans sa représentation visuelle, a de quoi créer, en France singulièrement, «un traumatisme». Rien que par la symbolique, ce n'est tout de même pas rien de voir quelqu'un passer, du jour au lendemain, du statut d'ex-futur Président à celui de prisonnier le plus célèbre de la planète. Vu sous cet angle, ce défoulement généralisé sur la toile permettrait, pour certains, d'évacuer le traumatisme. Il aurait valeur et fonction d'exutoire. Tourner en dérision un événement permet de le dédramatiser, de se sentir moins touché par lui, de se rassurer.

Troisième lecture possible à ce défoulement généralisé, elle carrément déprimante. Par nature, l'être humain est mauvais, moqueur, méchant. Il saisit la moindre occasion qui se présente pour déverser son fiel. Chez l'homme, le cynisme l'emporte, par nature, sur la compassion.

clownbis.jpgIl y a des moments où on regrette (un peu) de n'être que journaliste. Et pas psy ou sociologue, ce qui nous aurait permis d'appréhender plus finement ce phénomène. Mais pourquoi donc un tel défoulement? Là, franchement, on ne sait pas.

Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'internet n'est pas l'unique média servant de défouloir. Depuis dimanche, les plaisanteries graveleuses – ou comiques, c'est selon – circulent y compris dans les médias traditionnels et les rédactions des journaux les plus respectables. Les journalistes sont des êtres humains comme les autres.

17/05/2011

Une vulgarité

«On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui», disait Pierre Desproges. Ne pas rire avec n'importe qui: sans doute, oui. Mais rire de tout, vraiment? On n'en est encore moins sûr qu'avant, depuis hier. Depuis que, sur une radio, on a entendu Laurent Gerra.

Comme il fallait s'y attendre, l'«humoriste», l'imitateur en tout cas, a fait ses choux gras de l'affaire DSK. Et on a trouvé particulièrement gras, lourd et pénible, voire pour tout dire assez minable, qu'il rie à la fois d'un homme à terre et du crime abominable que constitue le viol – que l'intéressé l'ait commis ou pas, peu importe ici, pour ce point précis. Cela donnait notamment, singé avec la voix de DSK: «Excusez-moi, mais je dois filer à JFK, là: sinon je vais rater mon viol». Avec, diffusés à l'antenne, les éclats de rire, tout aussi gras, suscités par cette tirade dans le studio de «la première radio de France» (RTL, pour ne pas la nommer), où l'imitateur officiait en direct.

Au risque de passer à nouveau pour ultra-politiquement correct, on n'a absolument pas trouvé cela drôle: plutôt confondant de vulgarité et de mauvais goût. Mais les Français doivent apprécier ce genre d'humour, puisque la chronique de Laurent Gerra fait partie des programmes les plus écoutés de la tranche radio matinale.

16/05/2011

Une photo, ou pas

presseDSK.jpgIl n'y avait pas photo ce matin à Paris, dans les kiosques à journaux. DSK était bien sûr en Une de tous côtés. De la politique, du sexe, voire du sang – remarquez comme tous les médias, depuis 24 heures, insistent sur les blessures physiques qu'aurait subies la jeune femme qu'aurait agressée le patron (en sursis) du FMI –: rien de tel pour booster les ventes de la presse quotidienne, qui en a tant besoin. Hier soir, certains journaux ont eu le réflexe d'augmenter leur titrage. D'autres ne l'ont pas fait, et étaient épuisés dès 9 heures dans certains kiosques à Paris.

Il n'y avait pas photo. Et il n'y avait pas non plus, à la Une de ces journaux, LA fameuse photo de l'ex-favori à l'Elysée blafard, mal rasé, sans cravate et menotté, sortant du commissariat de Harlem. Et pour cause, le décalage horaire a empêché les quotidiens français de la publier.

Il sera d'ailleurs intéressant de voir s'ils publieront ce cliché demain. Voire dès cet après-midi: à Paris pour « Le Monde » daté de mardi. En effet, depuis la loi Guigou de mars 2000 sur la présomption d'innocence, il est théoriquement interdit aux médias français, sous peine d'amende, de diffuser des images d'une personne identifiée ou identifiable mise en cause dans une procédure pénale et montrée avec des menottes ou des entraves, alors qu'elle n'a pas fait l'objet d'une condamnation. Pour l'anecdote, la même loi française punit la réalisation de sondages sur la culpabilité d'une personne mise en cause et/ou sur la peine qui est susceptible d'être prononcée à son encontre.

menottes.jpgDans le passé déjà, les médias français ont ouvertement – et impunément – violé cette loi. Ce fut le cas par exemple lors de l'arrestation de Youssouf Fofana, le leader du «Gang des barbares», qui avait enlevé et massacré le jeune Ilan Halimi: tout le monde avait pu voir les images de lui menotté, après son arrestation en Côte d'Ivoire. Dans d'autres affaires, certaines personnalités arrêtées (le syndicaliste paysan José Bové, par exemple) avaient utilisé a contrario, à leur profit politique, ce symbole visuel si lourd des menottes, en brandissant fièrement leurs poignets entravés devant les caméras.

DSK, lui, était menotté dans le dos. Ce qui rend la chose moins photogénique. Pas sûr que, pour autant, sa photo de lui entravé ne s'affichera pas demain à toutes les devantures de tous les kiosques à journaux de France.

13/05/2011

Un Paris de cinéma

Le Paris de Woody. De Woody Allen. A peine le nouveau film du cinéaste américain a-t-il été projeté à Cannes, à peine vient-il de sortir en salles dans la capitale et en province, que la mairie de Paris a eu la bonne idée d'enrichir ses «Parcours Cinéma» d'un itinéraire de promenade Woody. Spécialement consacré à «Minuit à Paris».

Direction donc, si vous voulez retrouver l'ambiance des lieux parisiens apparaissant dans ce film, les berges de la Seine, le marché aux Puces de Saint-Ouen, ou le Pont Alexandre III – pont si «somptueux», s'enthousiasmait le cinéaste mercredi encore, dans «Le Figaro».

Sinon, pour bien terminer la semaine, une anecdote survenue hier dans la Ville lumière. Un incident spectaculaire, qui s'est déroulé dans notre quartier du onzième arrondissement, dans une des stations de métro que l'on emprunte tout le temps. Quel est le rapport? C'était une scène de cinéma: digne d'un film d'action. Mais qui, elle, s'est passée dans la vie réelle. Comme quoi, parfois, la réalité dépasse bel et bien la fiction.

Léger frisson d'excitation: on vit si dangereusement, mine de rien, sur les grands boulevards de Paris.

11:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, cinéma, culture

12/05/2011

Une appli, ou l'autre

appli.jpgOn parlait avant-hier de l'appli iphone assez farce lancée par le Parti socialiste pour le trentième anniversaire de l'accession de François Mitterrand à l'Elysée, le 10 mai 1981. A Paris, depuis un petit temps déjà, deux autres applications pour smartphone, n'ayant elles rien de politique, suscitent un gros débat.

La première a été baptisée du doux nom de «Stop-pervenches». Ainsi que l'on surnomme en France les contractuel(le)s qui verbalisent les automobilistes mal stationnés. Cette appli permet de consulter et de signaler en temps réel la localisation de ces agents. Histoire de donner toutes les chances aux possesseurs de smartphones d'éviter d'être verbalisés. Pour maximiser ses chances d'éviter un PV, on peut même enregistrer le lieu où sa voiture est stationnée et recevoir sur son téléphone une alerte dès qu'une «pervenche» est dans le voisinage. Les syndicats de la préfecture de police ont dénoncé ce dispositif, et demandé au préfet de police d'intervenir. Selon la CFDT-Préfecture, «cela risque de se retourner doublement contre les agents. D'une part, cela va diminuer leur rendement de PV, et ils vont donc s'exposer à des sanctions disciplinaires de la part de leur hiérarchie. D'autre part, c'est vraiment donner un bâton pour se faire battre: cela ne peut qu'accroître l'agressivité des automobilistes verbalisés envers nos agents. Qui, déjà, dans leur travail quotidien, sont de plus en plus fréquemment confrontés à des atteintes à leur intégrité physique».

La deuxième appli controversée concerne les transports publics parisiens. Cette fois, il s'agissait d'une application Android permettant aux usagers de la RATP de diffuser, sur un site (baptisé «Incidents-RATP») ou via Twitter, les problèmes qu'ils rencontraient sur les lignes de métro, bus et RER. Le particulier à l'origine de cette initiative a été sommé par la RATP d'y mettre fin. La société de transports a avancé que des informations erronées pouvaient être diffusées par ce média. Et a invoqué la violation de ses droits de propriété intellectuelle qu'entraînerait l'utilisation du sigle RATP par quelqu'un d'extérieur à la société, n'ayant donc pas droit à ce faire. Mais rien que le buzz autour de cette réaction de la société de transports a eu pour effet de faire exploser le nombre d'utilisateurs de ce site. Qui, en une seule journée, est passé de 1800 à 4000 visites. Et, depuis, des applis mobile autrement dénommées ont pris le relais. Enfin, comme pour les «pervenches», certaines permettent de localiser la présence, dans le réseau, des équipes de contrôleurs chargés de verbaliser les usagers en défaut de titre de transport...

11/05/2011

Une double palme

Décernons une double palme, aujourd'hui. Puisque, ce mercredi, s'ouvre le Festival de Cannes. Un événement auquel Carla Bruni ne participera pas en personne, mais par pellicule interposée: via sa courte apparition dans le dernier film de Woody Allen. Cette absence physique est mise officiellement sur le compte de l'agenda surchargé de l'intéressée (...). Elle ne fera évidemment que renforcer les ragots sur l'heureux événement qui serait en préparation dans le couple présidentiel. Cette double palme, précisément, à propos de la dimension politique que certains donnent à cette grossesse élyséenne éventuelle.

C'est Benoît Hamon que l'on prime. Pour les deux réflexions que ce porte-parole du Parti socialiste a faites sur ce sujet, à la faveur d'une interview le week-end dernier.

La première lui vaut «Palme de la Bienveillance, Limite Lénifiance». Ce possible nouveau-né ne serait qu'une grosse opération politique? La solution de fortune qu'aurait trouvée un Nicolas Sarkozy si impopulaire pour gagner quelques précieux points dans les sondages, et donc pouvoir encore nourrir quelque espoir d'être réélu en 2012? C'est ce que disent les mauvaises langues. Dont Benoît Hamon ne fait visiblement pas partie. Selon ce jeune père de famille lui aussi, un enfant ne peut être qu'«un acte d'amour» et rien d'autre. Et, «si cette naissance est confirmée, félicitations à eux deux». Le PS ne nous avait pas habitué à un ton aussi Bisounours envers Nicolas Sarkozy. Cela nous transporte quasiment au pays de Candy.

Seconde récompense: la «Palme de la Lucidité et du Bon Sens». Pour cette réflexion du même Benoît Hamon. «Quant aux points (de popularité dans les sondages) que cette grossesse pourrait faire gagner à Nicolas Sarkozy, si la gauche perd (en 2012) à cause d'un enfant, c'est que vraiment nous n'aurons pas été bons». Bien vu.

Et le pire – diront les lecteurs plutôt à gauche –, le mieux – diront ceux plutôt à droite –, c'est que rien, à ce stade, ne permet d'écarter d'emblée un tel scénario.

10/05/2011

Un culte de la personnalité

rose.jpgEn l'honneur du trentième anniversaire du 10 mai 1981, jour de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée, le PS fait très fort, en termes de marketing politique. Un parti français n'avait plus eu une idée aussi farce depuis l'été 2006. Depuis que l'UMP avait édité ses désormais légendaires tongs de plage ayant fait le bonheur de millions d'estivants: de Palavas-les-Flots à la Grande Motte, de Honfleur à Saint-Jean-de-luz, de Belle-Île à Trouville.

Mais ses merveilleuses tongs sarkozystes ne laissaient sur le sable que le logo du grand parti présidentiel. Et non le portrait du Président en personne – cela, ce sera peut-être pour l'été prochain, pré-campagne présidentielle de 2012 oblige. Le PS, lui, vient de franchir un pas supplémentaire, si délicieusement nord-coréen, dans le culte de la personnalité. Il propose carrément une appli iphone (qui a l'air gratuite, en plus) permettant rien moins que de devenir l'ami, sonore et iconographique, de François Mitterrand.

Vous secouez votre smartphone et, hop hop, vous entendez un passage célèbre d'un discours de l'ex-Président. Vous le resecouez, et hop, voici dans vos petites oreilles une autre de ses petites phrases mémorables. Grâce au parti de Martine Aubry, vous pouvez même «vous prendre en photo avec François Mitterrand»! Il vous suffit de télécharger l'application contenant les clichés fameux de l'intéressé, puis, hop hop, en un tour de main, d'afficher avec ravissement votre propre bobine à la place de celle de la personnalité qui, sur la photo, apparaît aux côtés du défunt Président. On peut donc, par exemple, se retrouver à la place d'Helmut Kohl à Verdun en 1984, sur la fameuse photo montrant ce dernier main dans la main avec François Mitterrand.

Ca fait vraiment rêver.

09/05/2011

Un coup de théâtre

Restons un jour encore dans cet univers du très grand luxe que l'on évoquait la semaine dernière. Pour, tout de même, mentionner le tremblement de terre que vient de vivre ce petit monde si exclusif, à Paris. En effet, rien moins que le «George V» (tout comme d'ailleurs le «Ritz») vient de se faire recaler par le jury qui, la semaine dernière, a officiellement octroyé le label et l'appellation «palace» à huit hôtels de grand luxe en France. Dont quatre sont situés à Paris: le «Meurice», le «Bristol», le «Plaza-Athénée» et le «Park Hyatt Paris-Vendôme» (le «Crillon» n'était pas candidat, devant bientôt subir de lourds travaux de rénovation).

Que le si classe « George V » ait loupé le coche a visiblement laissé pantois tout le beau monde, dans la Ville lumière. «Je ne comprends pas, je suis très surpris: depuis des années, nous sommes régulièrement classé premier hôtel du monde», a réagi son directeur général. Qui a eu cette comparaison on ne peut plus chic: « Dans le classement des vins de Bordeaux de 1855, Yquem et Petrus ont aussi été oubliés, et ce sont pourtant les plus prestigieux... » Comme s'il s'agissait de ne pas tirer sur l'ambulance, Didier Le Calvez, le PDG du «Bristol» (et qui, précédemment, dirigea pendant neuf ans le «George V») s'est bien gardé de narguer le recalé. «Peut-être y a-t-il eu l'une ou l'autre petite défaillance au moment de l'inspection», a-t-il commenté, si charitable, en début du week-end. «Mais je ne doute pas que, d'ici à la prochaine session, le «George V» aura rectifié cela et aura toute sa place parmi les palaces».

Au passage, à la même source, la précision du prix de la chambre la plus chère du «Bristol», dénommée «suite impériale»: 17.000€, la nuit. Et la confirmation que, malgré son tarif, cette suite est très demandée: son taux d'occupation à l'année dépasse les 80%.

Comme on le disait l'autre jour, ce n'est décidément pas la crise pour tout le monde.

PS: Que ne se désespèrent pas tous ceux qui n'auraient pas 17.000 € à claquer en une seule nuit, mais qui voudraient tout de même s'offrir un grand frisson passager en expérimentant les draps (de soie, on imagine) du «Bristol». Le tarif de la chambre la moins chère de ce palace est beaucoup plus abordable: 700€. Mais on ne sait si, pour ce prix-là, on a droit à davantage qu'une chambre de bonne.

06/05/2011

Un peu de détente (encore)

ferrari.jpgC'était à prévoir: «La Porsche tranquille» de DSK n'en finit pas de faire jaser, au Parti socialiste. «Hollande, lui, dans Paris, il roule en scooter!» C'est ce qu'a souligné hier, fielleusement, un député soutenant l'ex-n°1 du PS, François Hollande. Qui est candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée, et sera donc le concurrent à DSK à la primaire si, comme c'est probable, le patron du FMI se décide à y aller.

Autre petite phrase, émanant cette fois d'un soutien de DSK: «Dominique Strauss-Kahn a toujours roulé dans des voitures françaises».  En entendant cette contre-attaque, on l'a trouvée complètement à côté de la plaque. A moins qu'on n'ait rien compris, le problème ici est moins «l'identité nationale» (hexagonale ou pas) de la voiture, que son coût exorbitant. Et donc l'image symbolique désastreuse qu'il véhicule quand est concerné un socialiste: hiérarque – fût-il officiellement en congé – d'un parti largement coupé de l'électorat populaire.

Sinon, quitte à parler bagnoles – on aura décidément tout fait, dans ce blog ;-)... – , hier toujours, à Paris, un autre bolide a fait le buzz. Concerné, cette fois? Le bon vieux Johnny. «Un panier percé», paraît-il. Flambeur à n'en plus finir. Menant un tel train de vie que, parfois, son banquier en grimace. Le rockeur, entendait-on sur une radio, s'est même arrangé pour se faire payer une... Ferrari Testarossa par son producteur. Rouge, la Testarossa (*), comme il se doit.

Le bling-bling automobile serait-il tendance, en France en ce moment? C'est ce qu'on se demandait hier encore. Dans la soirée, à Saint-Germain des Prés. On patientait sagement à un passage piétons, rue Bonaparte, quand le hasard voulut qu'y passe une voiture sur laquelle tous les passants, comme en seul homme, se retournèrent. Une... Ferrari rouge. Décapotée, vrombissante, étincelante. Pas de Johnny au volant, mais deux minets jeunes Parisiens de bonne famille. Très jeunes: ils n'avaient pas 25 ans.

Et, décidément, c'était la journée bling, hier. Deux heures plus tard, place de la Bastille, rentrant à la maison en passant devant un lounge-bar bondé, on remarquait que la foule en terrasse n'avait d'yeux que... pour une Porsche, stationnée devant l'établissement On n'a pas poussé le zèle journalistique jusqu'à l'inspecter pour vérifier s'il s'agissait bien, ou non, d'une Panamera S. On s'est juste dit que sa présence à Bastille était finalement assez logique, s'agissant d'un quartier sociologiquement très bobo et donc politiquement très strauss-kahnien. On s'est dit aussi que, dans la capitale française, visiblement, ce n'était pas la crise pour tout le monde, en ce moment.

(*) Testarossa. Peut-être, ce printemps radieux aidant, est-on exagérément hormonisé, en ce moment, mais, quand on entend ça, on pense illico... à testostérone. Une bagnole de macho?

05/05/2011

Un peu de détente

dskporsche.jpgLes politiques et les journalistes s'amusent, en ce moment. Histoire d'un peu relâcher la pression. En cette période déjà si nerveuse de précampagne électorale présidentielle, où ils ont si peu l'occasion de se détendre – et cela ne fait que commencer: on en a encore pour un an. On a donc été bien amusé, nous aussi, ce matin, au saut du lit. En entendant, sur une radio, le dernier pastiche en date de slogan de campagne électorale suggéré par les facétieux à Dominique Strauss-Kahn.

Ce slogan détourne le fameux et mémorable «La Force tranquille», de François Mitterrand. Appliqué à DSK, il devient... «La Porsche tranquille». Si d'aventure cela vous avait échappé: lors de son dernier passage à Paris, le probable candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée s'est fait paparazzier, avec Anne Sinclair, en train de sortir d'une rutilante Porsche. Pour les connaisseurs, une Panamera S: «une voiture à 10 plaques!», paraît-il. Ledit bolide n'appartient pas au patron du FMI, mais à un de ses amis, a précisé l'entourage de DSK. Il n'empêche, ce cliché volé tombe vraiment mal, pour un politique qui peine à se défaire d'une certaine image bling-bling: le ryad à Marrakech, l'appartement place des Vosges, l'immense fortune de son épouse, etc. C'est même une erreur de com' de béotien, qui n'a pas fini de faire jaser, venant d'un DSK pourtant censé coaché en permanence par une escouade de communicants de haute volée.

Dans le camp DSK toujours, un autre slogan fait fureur, paraît-il. L'inspiration, cette fois, n'est pas mitterandienne mais nord-américaine. Comme Obama a conquis l'Amérique avec son «Yes we can», certains strauss-kahniens s'encouragent en scandant des... «Yes we khan»...

kitesurf.jpgPour l'anecdote, il se raconte aussi que, dernièrement, a vu le jour, dans un autre état-major de présidentiable, une autre déclinaison hexagonale du fameux slogan d'Obama. Il s'agit cette fois de Nicolas Hulot. Dernièrement, ses collaborateurs lui ont offert un tee-shirt. Sur lequel figurait le slogan... «Yes I kite». En référence à la passion de l'animateur télé pour le kite-surf...

On a gardé le meilleur pour la fin: la perle langagière de la semaine. Elle émane d'un ponte de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse. Mardi, soit très fatigué, soit lui aussi très facétieux, ce cacique du grand parti sarkozyste a commis un gros lapsus. Il concernait à nouveau DSK. On vous le donne tel quel: «Nicolas Sarkozy a bien fait de proposer Nicolas Strauss-Kahn comme président du FMI, à l'époque». Merveilleux.

04/05/2011

Un poids (sondagier)

Puisqu'on parlait hier des sondages, la question qui agite le microcosme politico-médiatique parisien, en ce moment: depuis que bruissent les rumeurs sur un heureux événément qui serait en préparation chez Carla Bruni-Sarkozy. Cette question? Combien de points dans les baromètres de popularité vaut une grossesse annoncée et menée à bien en pleine campagne présidentielle? Bonne question. Ce week-end, dans un quotidien du dimanche, un sondeur s'est (anonymement) hasardé à répondre: «A mon avis, cinq points».

Si ce professionnel de l'opinion ne se trompe pas et si cette grossesse de Carla Bruni est avérée, Nicolas Sarkozy peut se frotter les mains, pour la présidentielle de l'an prochain. En effet, ces cinq points ne lui seront pas de trop. Lui qui, selon les sondages d'intentions de vote – qui, à ce stade, n'ont évidemment aucun sens – , aura déjà tant de mal à franchir le cap du premier tour et donc à se qualifier pour le second.

Cinq points: le poids sondagier d'un nouveau-né. Au passage, cela en dirait long sur les critères de choix politique d'un certain électorat.

En attendant, remarquons que la gestion de cette séquence par Carla Bruni lui vaut quelques piques inhabituellement acérées, dans des médias.

«Pitié, faites taire la Première Dame!», entendait-on ainsi hurler, mercredi dernier, un éditorialiste, sur une radio (ici). Le couple élyséen, dans ce domaine de com', jouerait avec le feu. Car «beaucoup de Français pourraient trouver que, pour eux, l'actualité est moins riche en heureux événements que pour ceux qui les gouvernent». Encore plus fort: «La princesse Carla, en révélant à demi-mots son état de future mère, change de statut. La petite princesse chanteuse à la voix rauque devient Reine-mère», raillait à son tour, ce lundi, un autre commentateur (là). Qui s'effarait de cette «dramaturgie» si «parfaite»: certes «totalement adaptée à notre monarchie républicaine», mais en même temps «si Disneyland». Et de lever, mine de rien, un fameux lièvre: «En jouant ce rôle de Bernadette Chirac post-moderne, (Carla Bruni) peut-elle encore rester une star de la chanson? Douloureux dilemme».

En haut lieu y compris, décidément, la vie n'est pas toujours facile, Madame.