21.06.2011
Une violence inouïe (encore)
Cela s'est passé hier. Et cela renvoie assez bien – si l'on ose dire – à la sauvagerie contemporaine qu'on évoquait l'autre jour (ici), à propos de ces deux ados de 14 et 15 ans qui, début juin dans notre onzième arrondissement, avaient massacré à coups de marteau un passant qui venait de retirer 20 euros au distributeur. Cette fois, les faits se sont déroulés loin de Paris: devant un collège d'un village jusqu'à présent tranquille proche de Béziers, dans l'Hérault (Languedoc-Roussillon). Une écolière âgée de 13 ans a succombé après avoir été passée à tabac par le grand frère de sa copine avec laquelle elle s'était embrouillée pour une histoire de garçon – une broutille d'ado qui avait fini par s'envenimer sur Facebook. Son meurtrier présumé n'a même pas 15 ans.
Pour en revenir à la région parisienne, la préfecture de police a donné dernièrement quelques chiffres relatifs à la délinquance des mineurs. Selon ces statistiques, la part des mineurs impliqués dans les faits de délinquance recensés à Paris et dans sa banlieue a encore augmenté par rapport à l'an dernier: de 4,9%. Au cours des cinq premiers mois de 2011, près d'un crime et délit sur cinq (19%) a été commis par un mineur. Ce qui donne, sur la même période, près de 15.300 jeunes mis en cause dans des faits de délinquance.
La part prise par les filles dans cette délinquance juvénile est elle aussi en augmentation. Par exemple, la préfecture a noté l'implication de plus en plus grande de ces mineures dans des vols avec violence. C'est donc toujours ce si pénible processus vers l'égalité hommes-femmes, y compris dans la violence voire la sauvagerie, qui est en marche – on en avait parlé (ici), il y a deux mois.
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, jeunes, education, femmes, paris




Commentaires
M’enfin ?
Qu’est-ce que c’est que ces mauvais esprits qui se permettent de mettre en doute le fait, martelé depuis 2002, que la délinquance et la criminalité baisseraient en Phrance, grâce à l’opiniâtre volonté des sinistres de l’Intérieur successifs, appuyés par leurs statisticiens et porte-coton préférés.
Les mêmes, pourtant, ne cachent pas que le nombre des agressions contre les biens et les personnes augmente, ce qui ne doit pas beaucoup les gêner, vu que l’insécurité est un investissement rentable en vue d’élections.
Quant au taux d’élucidation de ce type de crimes et délits, il doit certes à la qualification de nos enquêteurs, mais aussi à la kolossale khônerie de bon nombre de ces délinquants, souvent primaires (au sens judiciaire, mais aussi intellectuel). À noter que le dernier mineur assassin (présumé) était un adepte de la boxe. Comme s’il était à prouver que, comme naguère l’armée de conscription, le sport de masse est l’école du crime.
Pour élargir le débat, il apparaît qu’en manière de délits et crimes financiers, le bilan soit plutôt à la baisse. Disons que le nombre d’enquêtes qui finissent par aboutir reste maigre. Il est vrai que dans ce type d’affaires, le jugement en flagrant délit est plutôt rare. Entre la rareté pluriséculaire des moyens accordés à la justice, la disparition programmée (malgré tout) des juges d’instruction, les manœuvres de retardement secondées par des procureurs aux ordres, la répression de la délinquance en col blanc est devenu un oxymore.
Salut et fraternité,
JPG
Écrit par : Jean-Pierre Grélois | 22.06.2011
Jusqu'à quand va-t-on comptabiliser, déplorer, constater cette violence sans entamer l'analyse des causes, nécessaire pour y remédier ? Violence économique, violence familiale, violence dans le football, violence des clips publicitaires, violence dans les programmes télévisés - des séries criminelles et encore et encore, violence dans les jeux vidéos, dans le langage du quotidien, chacun peut compléter la liste... Et l'on voudrait des jeunes tout sages ? Chiffrer n'est pas inutile, analyser est impératif. Minimiser est criminel.
Écrit par : Tania | 22.06.2011
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