30.06.2011
Un contraste embarrassant
Chaque fois que l'on passait Place des Vosges – un des nombreux endroits de Paris où leurs portraits avaient été affichés –, on voyait leurs visages. Ceux de ces deux confrères qui, ce matin, sont donc enfin revenus à Paris après avoir été retenus otages pendant 18 mois en Afghanistan. Un an et demi de captivité, juste pour avoir fait son métier: chaque fois qu'on apercevait leurs visages, en ville ou à la télé, on était effaré du sort qui leur était réservé. Leur retour, c'est la meilleure nouvelle de ce début d'été.
Le hasard a voulu que ce même mercredi où leur libération a été annoncée, est tombée une nouvelle elle nettement moins bonne pour la corporation journalistique, voire catastrophique pour son image de marque.
Mercredi matin, en effet, «Le Canard Enchaîné» a relancé et précisé ses accusations sur les compromissions qui auraient été celles de plusieurs grands noms de la presse française – davantage des patrons de groupes de presse que des journalistes, cela dit – avec le régime tunisien du temps du despote Ben Ali. Résumé de l'hebdo satirique: «Billets d'avion, hôtels de luxe et voitures avec chauffeur. En retour, floraison d'articles élogieux sur le généreux dictateur».
Cet hiver, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, avait dû démissionner vu le tumulte suscité par la révélation de ses accointances avec l'un ou l'autre sbire fortuné du régime benaliste. Cet été, c'est à peine si font quelques vaguelettes des accusations analogues, touchant cette fois plusieurs barons du journalisme parisien.
En tant que journaliste (de base), on trouve ce contraste, disons, embarrassant.
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29.06.2011
Une immunité
On aurait pu parler d'une femme, aujourd'hui dans ce blog. De Christine Lagarde par exemple: première femme à être désignée hier directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Ou de Martine Aubry, qui, le même jour, a officialisé son entrée en campagne pour les primaires socialistes pour l'Elysée. Voire de Ségolène Royal, dont l'équipe de campagne, au même moment, a envoyé un communiqué de presse titré de la sorte: «Venez votez et vous saisir des primaires» – mais, sans doute, si elle est élue en 2012, son entourage gérera-t-il mieux la France qu'il ne maîtrise l'orthographe...
Et puis non. On avait plutôt envie de parler d'un homme. D'un homme qui, ce mercredi, retrouve son immunité parlementaire alors qu'il vient d'être mis en examen pour «viols en réunion et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité».
Il s'agit de Georges Tron. Un ex-ministre assez discret et peu connu des Français, jusqu'à ce qu'il soit poussé à la démission après avoir été accusé par des employées de sa mairie de les avoir violées. Il dément catégoriquement, crie même au complot, et a bien sûr droit à la présomption d'innocence. Si, malgré les charges gravissimes qui pèsent sur lui, il retrouve aujourd'hui son immunité, c'est en vertu de la dernière modification en date de la Constitution. Qui prévoit que les ministres ayant perdu leur portefeuille retrouvent désormais automatiquement leur siège de député, sénateur ou eurodéputé un mois après avoir quitté le gouvernement.
Une immunité donc, malgré des soupçons de viols et agressions sexuelles en réunion.
Il s'agit de l'application stricte, mécanique pour ainsi dire, de la loi. Ni plus, ni moins. Il n'empêche, on ne nous ôtera pas de l'idée qu'une telle pratique ne va pas précisément contribuer à redorer l'image des élites dans cette opinion française où, déjà, la classe politique dans son ensemble ne jouit pas d'un très grand crédit.
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28.06.2011
Une scène d'été
C'était hier en début d'après-midi, sur le terre-plein central du boulevard Richard Lenoir, aux pieds du bureau, dans notre onzième arrondissement parisien. Au thermomètre, l'on frisait déjà la quarantaine de degrés à l'ombre. N'en pouvant plus, une demi-douzaine de gamines du quartier, 15 ans d'âge à première vue, venaient de prendre d'assaut quelques jets d'eau verticaux et s'y rafraîchissaient à grands cris. Leurs hurlements de joie, hystériques au point d'être cocasses, donnaient au quartier une atmosphère juvénile et estivale adorable. Aurait-on fermé les yeux qu'on se serait cru à la plage en plein mois d'août, et non plus au coeur d'un arrondissement si densément peuplé et rendu encore plus pollué que d'habitude par cette météo soudainement caniculaire.
Aurait-on fermé les yeux, ... mais ils avaient les yeux bien ouverts, en revanche, les mâles du quartier: jeunes et vieux qui, à ce moment, trônaient sur les bancs publics aux alentours de ladite scène aquatique. Ils ne perdaient pas une miette du spectacle de ces ondines aux silhouettes rendues bien apparentes par les jets d'eau collant leurs vêtements à leur peau.
Autant on a trouvé charmante l'insouciance de ces ébats aquatiques, autant on a été gêné par l'insistance de ces regards masculins..
Cela nous a refait penser à ce grand classique des étés et des campings français que sont les concours «Miss t-shirt mouillé», etc. Qui, puisqu'on parlait hier du sexisme dans ce pays, nous ont toujours paru le sommet du machisme beauf le plus primaire – si tant est qu'un machisme beauf puisse ne pas être primaire.
Mais ce n'est que notre humble avis.
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27.06.2011
«Un racisme»
Cette phrase prononcée ce matin par une des rares femmes de pouvoir en France, Laurence Parisot, la n°1 du Medef, principale organisation patronale: «Le sexisme est un racisme, comme il existe un racisme contre les Noirs, les juifs ou les musulmans». Et de presser les femmes à enfin élever la voix contre ce beaufisme machiste encore si dominant en France – comme dans d'autres pays certainement aussi, mais pas moins en France qu'ailleurs – : «L’arme numéro un en France contre la parole des femmes, c’est toujours le discrédit. C’est à cause de cela que beaucoup (de femmes confrontées au sexisme) se taisent. Je leur dis: «N’ayez pas peur».
Pas moins en France qu'ailleurs, le sexisme? Dans cette même interview (ici) aussi percutante que pleine de bon sens, Laurence Parisot tente une piste d'explication: «Convaincus de la force des principes issus des droits de l’homme, les Français ont négligé l’égalité réelle entre les hommes et les femmes». On peut d'ailleurs remarquer combien est sexiste rien que l'expression «droits de l'homme» figurant dans cette phrase; ce n'est pas pour rien si, ces dernières années, les activistes lui préfèrent celle de «droits humains».
Cette anecdote aussi, racontée par Laurence Parisot: «Mon tout premier entretien, à ma grande surprise, ne s’est pas déroulé dans un bureau. Celui qui m’embauchait ce jour-là m’a dit: «Nous allons dîner ensemble». J’avoue, sur le coup, ne pas avoir compris. Le dîner a été assez difficile à gérer…» Et cette constatation qu'elle a tirée de son activité: «En tant que présidente du Medef, je suis amenée à travailler avec des ministres. Les relations de travail avec les ministres femmes sont presque toujours plus faciles et plus constructives qu’avec les ministres hommes. Les hommes instaurent plus volontiers des relations de domination».
Sans doute que, pour ne tout de même pas verser dans la caricature, le «Les hommes» de cette dernière phrase aurait-il pu/dû être remplacé par «Nombre d'hommes», ou quelque chose du genre. Mais on trouve largement excusable cette généralisation un peu abusive, puisqu'elle renvoie à un comportement qui, à l'évidence, est encore très largement répandu chez les hommes. Voire, qui est majoritaire chez eux? On laissera chacun(e) juger.
11:24 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : femmes, personnalités, social, economie, langue française
24.06.2011
Une distinction
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Et car il est plus que temps d'en parler, s'agissant d'un prix qui a été décerné à Paris il y a quatre jours déjà – soit il y a une éternité, au rythme effréné où se déroule l'actualité. La distinction en question, c'est le «Prix Humour et Politique» millésime 2011, prix dont on a déjà parlé dans ce blog auparavant (voir ici, là, là ou encore là).
Cette année, c'est l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius qui a été récompensé. Pour ce commentaire à propos de la Tontonmania ayant entouré la commémoration, le 10 mai dernier, des 30 ans de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée: «Mitterrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’espoir pour beaucoup d’entre nous…».
Pas mal, en effet.
Parmi les quinze perles, volontaires ou non, qui avaient été présélectionnées par le jury, on aimait assez celle du porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur son ex-collègue MAM alors en plein scandale à propos de ses vacances tunisiennes: «Michèle Alliot-Marie conserve toute sa légitimité à Saint-Jean-de-Luz» (la circonscription basque de l'intéressée). Ou cette métaphore naturaliste, si mignonne, de François Bayrou: «Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles: elles sautent dans tous les sens». De même que ce constat de Gabriel Cohn-Bendit, le frère de Dany l'écologiste: «Les Verts sont capables du meilleur comme du pire; mais c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs». Mais, aurait-on fait partie du jury que peut-être aurait-on récompensé, ex-aequo avec Laurent Fabius, l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, pour sa réflexion amère mais si lucide, dans ce monde impitoyable qu'est la courtisanerie politique: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».
Encore bravo à tous. Et merci: en politique, en France comme ailleurs, mais en France particulièrement ces derniers temps, on a si peu l'occasion de (sou)rire.
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23.06.2011
Une histoire mouvementée
Tout bouge décidément, en France. Puisque, depuis hier, y compris la si vénérable institution républicaine qu'est le baccalauréat est désormais sur la sellette – si vous aviez loupé cela, lire par exemple ici. En bossant sur ce sujet pour «La Libre» hier après-midi, on a retrouvé, dans le fin fond de notre documentation, deux petites anecdotes concernant ce bac.
D'abord, au cours de son histoire mouvementée, il a, en fait, toujours fait l'objet de tentatives de fraude. Dès 1830, des candidats bacheliers peu scrupuleux furent pincés pour avoir envoyé des élèves plus brillants qu'eux, qu'ils rémunéraient, passer l'oral à leur place. Jusqu'en 1920, en effet, les examinateurs ne demandaient pas aux candidats de présenter une pièce d'identité avant de présenter l'épreuve.
Ensuite, ce n'est pas toujours forcément évident pour tout le monde de décrocher ce sésame. Pour preuve, aux alentours de 1840, le futur célèbre scientifique Louis Pasteur dut s'y reprendre à deux fois pour réussir un bac ès sciences complet: s'il était très bon en sciences, il n'était que moyen en latin et en grec, et carrément médiocre en histoire-géo.
Cela vaut bien ce dont on parlait l'autre jour: Nicolas Sarkozy et son misérable 9/20 en philo.
PS: Cela n'a strictement rien à voir, mais on ne résiste pas au plaisir d'en parler vu que, pour nous, c'est LA bonne nouvelle de la journée. L'Elysée... nous respecte! On l'a constaté avec ravissement ce matin, au saut du lit. En prenant connaissance du mail arrivé à 5h59 très exactement ce jeudi, dans notre boîte électronique. C'était un communiqué envoyé par le SPI: le «Service Permanence et information» de la Présidence. Ce service est chargé de surveiller l'actualité pendant la nuit et les week-ends, pour que le chef de l'Etat puisse y réagir à toute heure, en cas d'urgence. Là, l'urgence, c'était le discours d'Obama sur l'Afghanistan. Et ce mail élyséen si matinal disait ceci: «Bonjour. Veuillez trouver ci-joint un communiqué de la présidence de la République. Respectueusement. Le SPI». «Respectueusement»! Quelle belle journée et quel beau métier que le journalisme, assurément.
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22.06.2011
Un bilan pas folichon
Reparlons un peu d'insécurité, au risque de passer pour obsédé par elle – on ne l'est pas: on n'a jamais eu le moindre problème en la matière depuis la dizaine d'années que l'on vit à Paris. Paris, où, pour autant, le bilan sécuritaire des autorités n'est pas plus folichon que celui concernant le reste du pays. Selon la préfecture, la délinquance dans la capitale est désormais en (légère) hausse (+1,2 %), alors que, depuis 2002, elle diminuait. C'est à cause de l'envolée des atteintes aux personnes (+9,2 %) et de l'explosion des vols avec violence sans arme à feu (+29 %).
Mais, s'empresse de nuancer la préfecture, «le taux d’élucidation est également en hausse: de 15,6% pour les vols avec violence sans arme à feu, de 14% pour les cambriolages, et de 38% les vols à la tire».
Mais, ajoute-t-elle aussi, cela commence à aller (un peu) mieux pour certains délits ayant beaucoup retenu l'attention des médias. Par exemple: les vols à l'arraché de téléphones – dont on a déjà pas mal parlé dans ce blog (relire ici, là ou là). Alors que, «sur les quatre premiers mois de l’année, plus de 84% des objets volés dans les transports en commun ont été des téléphones portables, plus de 2/3 de ceux-ci étant des smartphones, sur cette même période, les chiffres montrent une tendance nette à la baisse de ces vols». Les autorités y voient l'effet de la campagne de sensibilisation menée auprès du grand public. L'effet, aussi, d'une disposition de la dernière loi sécuritaire, votée en 2011. Elle impose aux opérateurs de téléphonie mobile de bloquer (*) plus rapidement qu'auparavant les téléphones portables déclarés volés. Les détrousseurs de smartphones auraient déjà intégré cette rapidité accrue de réaction.
Chaque Parisien jugera si ces deux nuances compensent, ou pas, ce bilan statistique globalement pas folichon.
(*) Blocage grâce – si vous l'ignoriez encore – à la communication aux autorités, par la victime du vol, du numéro IMEI du portable qui lui a été dérobé. Ce numéro apparaît sur l'écran du téléphone après avoir composé le *#06# sur le clavier.
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21.06.2011
Une violence inouïe (encore)
Cela s'est passé hier. Et cela renvoie assez bien – si l'on ose dire – à la sauvagerie contemporaine qu'on évoquait l'autre jour (ici), à propos de ces deux ados de 14 et 15 ans qui, début juin dans notre onzième arrondissement, avaient massacré à coups de marteau un passant qui venait de retirer 20 euros au distributeur. Cette fois, les faits se sont déroulés loin de Paris: devant un collège d'un village jusqu'à présent tranquille proche de Béziers, dans l'Hérault (Languedoc-Roussillon). Une écolière âgée de 13 ans a succombé après avoir été passée à tabac par le grand frère de sa copine avec laquelle elle s'était embrouillée pour une histoire de garçon – une broutille d'ado qui avait fini par s'envenimer sur Facebook. Son meurtrier présumé n'a même pas 15 ans.
Pour en revenir à la région parisienne, la préfecture de police a donné dernièrement quelques chiffres relatifs à la délinquance des mineurs. Selon ces statistiques, la part des mineurs impliqués dans les faits de délinquance recensés à Paris et dans sa banlieue a encore augmenté par rapport à l'an dernier: de 4,9%. Au cours des cinq premiers mois de 2011, près d'un crime et délit sur cinq (19%) a été commis par un mineur. Ce qui donne, sur la même période, près de 15.300 jeunes mis en cause dans des faits de délinquance.
La part prise par les filles dans cette délinquance juvénile est elle aussi en augmentation. Par exemple, la préfecture a noté l'implication de plus en plus grande de ces mineures dans des vols avec violence. C'est donc toujours ce si pénible processus vers l'égalité hommes-femmes, y compris dans la violence voire la sauvagerie, qui est en marche – on en avait parlé (ici), il y a deux mois.
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20.06.2011
Un avis de recherche (bidon)
On l'aimait bien, Romain. Il avait une bonne bouille de jeune Parisien rigolard, voire facétieux. On avait fait sa connaissance il y a quelques jours, en apercevant les affichettes qu'il avait placardées un peu partout dans les rues du quartier Bastille. Elle le montrait juché sur son scooter; avec, en légende, cet avis de recherche: «J'ai perdu mon irremplaçable Vespa PX et ça me rend bien triste. Aidez-moi à la retrouver. Forte récompense: je suis prêt à vous offrir une Vespa neuve. Merci. Romain».
La première fois qu'on avait vu cet appel, on s'était dit que, le pauvre Romain, il ne la reverrait jamais, sa Vespa. Clair qu'elle n'était pas perdue mais qu'elle lui avait été volée. Et puis, jour après jour, on avait observé cet avis de recherche placardé également dans des tas d'autres quartiers de Paris. Son scoot perdu, décidément, il l'aime bien, notre pauvre Romain, s'était-on dit. Même réflexion ce week-end, quand, devant une aire de stationnement pour scooters de notre boulevard Richard Lenoir, on aperçut l'avis de recherche de Romain sous la forme carrément d'un grand pochoir peinturluré directement sur le macadam du trottoir.
Amusé par les tribulations de ce jeune Parisien rendu inconsolable par la perte de son scoot, on a fini par aller faire un tour sur la page web à laquelle ses avis de recherche renvoyaient: une page intitulée "ouestmavespapx.fr". C'est là qu'on a pigé qu'en fait, Romain... n'avait jamais existé.
Ce n'est qu'une créature, un concept, publicitaire.
Ledit lien, en effet, aboutit à la page Facebook de la filiale française de Piaggio, la marque de scooters bien connue. Y est faite la promo d'une nouvelle Vespa qui vient d'être mise sur le marché, en l'honneur du 65ème anniversaire du lancement de la première Vespa. Romain n'est qu'une accroche imaginée par des pubards pour susciter un peu de buzz urbain autour du retour d'«une légende vivante»: le retour d'«un style inimitable, fonctionnel, une solidité légendaire grâce à sa carrosserie en acier, la fiabilité d'un moteur simple et indestructible et sa célèbre roue de secours dissimulée sous l'aile gauche. Une pièce unique. Des lignes simples et minimalistes». En cliquant sur «J'aime» (ce matin, plus de 600 personnes l'avaient déjà fait), les internautes s'inscrivent à une «chasse au trésor» qui leur permettra peut-être de gagner la récompense que promettait Romain, sur ses affichettes: un scooter de ce nouveau modèle.
On a (très peu) hésité, mais, finalement, on n'a pas cliqué.
Subitement, on trouvait ce coup de pub certes pas mal pensé et plutôt réussi (car visible et accrocheur), mais aussi, comment dire, un peu minable. Un peu comme la fin d'une belle petite histoire urbaine. Un peu comme la récupération, par les camelots de la pub, d'un petit bout de la vie (rêvée?) de notre quartier.
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17.06.2011
Une épreuve, des résultats
«Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste?», «L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?», ou «L'art est-il moins nécessaire que la science?» Quelques-unes des questions existentielles qui figuraient donc parmi les sujets de dissertation du bac de philo, hier. Si vous voulez élire votre sujet préféré parmi ceux-ci et d'autres qui ont été proposés ces dernières années, une radio française organise une consultation: ici.
A l'occasion de ce bac 2011, la presse française, qui parfois peut être malicieuse, s'est amusée à aller retrouver les résultats qu'avaient obtenus à l'épreuve de philo les bacheliers qui, aujourd'hui, briguent ou pourraient briguer l'Elysée. Nicolas Sarkozy, décidément peu philosophe, n'a obtenu que 9/20 à cette épreuve. Jean-Louis Borloo, son ex-ministre et futur possible rival à droite pour 2012, a fait deux fois mieux: 18/20. Quant à François Hollande et Martine Aubry, aujourd'hui au coude à coude dans les sondages pour l'investiture socialiste, à l'époque déjà, ils étaient à égalité: 13/20.
Interrogé sur ses performances d'adolescent, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a fait sangloter dans les chaumières en révélant qu'il n'avait pu passer cette épreuve de philo en juin, cette année-là. Car, à ce moment, il était hospitalisé pour une méningite foudroyante. Il passa donc le bac de rattrapage en septembre. Avec succès, mais cela ne l'a pas empêché, l'autre soir sur un plateau de télé, de sécher misérablement sur un problème figurant au programme des élèves de CM2 – pour les lecteurs non-français de ce blog: des écoliers âgés de 9 ou 10 ans. Ce n'était pourtant qu'une banale règle de trois.
Au moins ledit ministre sait ce qu'il lui reste à faire si d'aventure en 2012 il était, comme son Président, renvoyé dans l'opposition: un bon petit recyclage.
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