26.07.2011
Un quartier que l'art embellit
Un peu de culture aujourd'hui: cela ne fait jamais de mal. D'autant qu'en l'occurrence, on est super en retard: les deux initiatives dont on va parler datent déjà de plusieurs semaines, mais, autres actus plus chaudes obligent, on n'avait pas encore eu l'occasion de les évoquer dans ce blog.
La première est une gigantesque oeuvre d'art qui trône désormais sur le parvis Beaubourg. Cette sculpture monumentale, baptisée «Horizontal», pèse la bagatelle de six tonnes. Elle est due à l'artiste américain Alexander Calder, qui, avant sa mort (en 1976), avait acquis une renommée mondiale avec ses immenses mobiles appelés aussi stabiles. «Horizontal», qui figurait depuis 1983 dans les collections du Musée national d'art moderne, n’avait plus été présenté au grand public depuis plus de vingt ans.
Calder, donc. On peut apprécier cet artiste, mais néanmoins juger que son choix n'est pas fou-dingue d'originalité. Ses oeuvres rehaussent déjà les parvis de quantité de centres culturels dans le monde. Et les Parisiens connaissent déjà ce sculpteur sur le bout des doigts: il y a plusieurs années, ils avaient été un demi-million à visiter la rétrospective que Pompidou lui avait consacrée. Peut-être, donc, aurait-on pu profiter de l'occasion pour populariser un artiste moins connu. En outre, on trouve «Horizontal» moins spectaculaire que «Le grand stabile rouge» (75 tonnes d'acier, 15 mètres de haut) du même sculpteur, installé depuis plus de 35 ans à La Défense. Mais sans doute ne faut-il pas faire la fine bouche: une oeuvre d'art qui sort des réserves d'un musée pour aboutir dans la rue, c'est toujours une bonne nouvelle.
La deuxième initiative artistique qui a vu le jour dans le quartier Beaubourg se distingue elle aussi par son gigantisme. Ce serait même le plus grand pochoir au monde. Son auteur, le surnommé Jef Aérosol, est un artiste lillois, vieux routier du Street Art français. Ce pochoir, haut de 22 mètres et large de 14, compte 350 m² de surface. Sa réalisation a demandé quatre jours de travail, nécessité 200 bombes aérosol, et mobilisé plusieurs autres artistes de rue réputés comme Blek le Rat ou Miss Tic. Selon la mairie du quatrième arrondissement, cet autoportrait monumental a vu le jour sur ce mur aveugle «à la demande des habitants du quartier Saint-Merri-Beaubourg, qui ne veulent pas laisser les pignons aux tags».
Baptisée «Chuuutttt!», cette fresque «est une invitation à se poser cinq minutes, à tendre l’oreille à des choses que vous n’avez pas l’habitude d’entendre. La ville, ce ne sont pas seulement les sirènes de police et le bruit des moteurs. C’est aussi les cris des enfants, le chant des oiseaux et la mélodie des langues des touristes, nombreux aux abords du Centre Pompidou».
Contiguë à la belle église St-Merri , «Chuuutttt!» fait face aussi à l'épatante fontaine Stravinski, de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Cette sculpture elle-même a été restaurée, elle qu'on avait si longtemps laissé pourrir, les pieds dans l'eau.
Mine de rien, donc, c'est tout un bout de quartier de Paris qui, grâce à l'art, progressivement s'embellit. Bien.
11:29 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, culture, paris




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