29.07.2011
Un appel à la censure
Prenant prétexte de la dramatique actualité de vendredi dernier en Norvège – on ne voit pas très bien le rapport, mais bon, passons – , un député UMP a donc demandé (voir ici) au gouvernement de prendre «des mesures» pour «censurer» les chansons de «certains groupes de musique rap issus de l'immigration». Groupes qui, selon lui, «sous couvert de la liberté d'expression», «se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes». Hier, l'intéressé a fait le tour des médias, évidemment très interloqués par son initiative. Il y a étendu son appel à la censure à toute forme d'expression artistique qui inciterait à «la violence» et à «la remise en cause des institutions».
Il y aurait beaucoup à dire sur pareille préconisation, tout comme sur le contenu, parfois effectivement problématique, de certaines créations artistiques. On se contentera ici de suggérer à ce parlementaire de ne pas s'arrêter en si bon chemin. Et de se replonger dans le répertoire artistique de ces dernières décennies. Où il pourra, très utilement, utiliser ses ciseaux de censeur.
Car, si on suit son raisonnement, Johnny Hallyday aurait dû voir son si populaire «Allumer le feu!» frappé d'interdiction de diffusion, puisqu'il peut être compris comme une incitation à la révolte. Boris Vian n'aurait pu publier «J'irai cracher sur vos tombes»: rien que le titre de cette oeuvre est si peu respectueux. Renaud, dans les années 80, n'aurait pu chanter «Votre République, moi j'la tringle (...) Plus de slogans face aux flicards, mais des fusils, des pavés, des grenades». Idem pour Brassens, qui, trente ans plus tôt, n'aurait pu rigoler à l'idée de gendarmes tués «à grands coups de mamelle», ni confesser adorer voir des «braves pandores sous la forme de macchabées». Et sans doute peut-on multiplier les exemples à l'infini.
Bref, notre ami député sarkozyste a du pain sur la planche. Très bien: cela lui laissera moins le temps de proférer des âneries.
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28.07.2011
Un pastiche
Ce doit être la rançon de la gloire. Cela concerne Miss.Tic: l'artiste dont on parlait il y a deux jours, qui a participé à la confection du nouveau pochoir géant du quartier Beaubourg. Miss.Tic: la papesse du Street Art parisien, dont les pochoirs de jolies jeunes femmes délurées, aux petites réflexions spirituelles et décalées, font la pluie et le beau temps dans les rues ici, depuis le milieu des années 80. La rançon de la gloire? Miss.Tic a désormais un pastiche.
On en avait déjà entendu parler, mais on ne l'avait encore jamais constaté de visu: sur un mur ou l'autre, dans la ville. C'est désormais chose faite. L'autre soir, en effet, de retour du bureau, flânant le nez en l'air dans une ruelle de notre onzième arrondissement, on est tombé sur la soeur jumelle revendiquée de Miss.Tic: la délicieusement dénommée... Mass.Toc.
Le style des pochoirs signés Mass.Toc rappelle tant ceux de Miss.Tic qu'au début, on s'est demandé si ce n'était pas une auto-parodie de l'intéressée.
Un énième produit dérivé, en quelque sorte, imaginé par une artiste qui en a déjà tant (des fournitures scolaires à la maroquinerie, en passant par la lingerie). Une dernière trouvaille marketing d'une miss née dans la rue certes, mais à présent si institutionnalisée qu'elle figure sur des timbres-poste, est exposée dans les galeries de Saint-Germain des Prés (relire ici), ou sert d'identité visuelle à une marque de voitures de location.
Mass.Toc n'en est pas encore là, en termes de reconnaissance. Ses silhouettes, il est vrai, loin des sylphides de Miss.Tic, renvoient plutôt à... Beth Ditto, la gironde (et épatante) chanteuse de Gossip. Mais elles aussi aiment les jeux de mots en forme de clin d'oeil: «J'assure en chair», proclamait la dame aux formes généreuses le soir où on l'a croisée, sur son mur carrelé.
Mass.Toc: une critique de la plastique toujours si irréprochable des femmes de Miss.Tic? On lui souhaite, en tout cas, longue vie à elle aussi. Il n'y a pas de raison, trouve-t-on, que l'accès aux murs de Paris soit réservé à un certain tour de taille.
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27.07.2011
Un (autre) grand classique de l'été
Avec l'inauguration sous la pluie de Paris-Plage, les protestations des associations d'aide aux SDF contre la fermeture des centres d'hébergement, les riverains de quartiers noctambules tempêtant contre le tapage nocturne, ou les arrêtés interdisant la consommation d'alcool en rue le soir, voilà un autre grand classique parisien du mois de juillet: la chasse aux vendeurs à la sauvette,vendeurs de colifichets touristiques principalement. Ce mois de juillet-ci ne fait pas exception à la règle. Avec, toutefois, une petite nuance.
Cet été, en effet, les autorités ont particulièrement soigné le plan de com' de cette campagne sécuritaire annuelle. Dans l'ordre, on eut d'abord droit à un cri d'alarme de la préfecture de police contre ce «phénomène en recrudescence dans la capitale», et l'annonce qu'elle allait donc impitoyablement sévir. Ensuite, ce furent les applaudissements de l'office du tourisme, qui n'en peut plus de voir ces vendeurs pulluler sur les grands sites touristiques de la Ville lumière. Enfin, cerise sur le gâteau ce mercredi matin: les gros titres du «Figaro» justifiant ce tour de vis estival annoncé. Selon ce quotidien, «la vente à la sauvette devient incontrôlable» à Paris.
De janvier à juin 2011, selon les chiffres officiels, 600 opérations de police ont été menées contre les vendeurs à la sauvette dans Paris. Elles ont abouti au placement de 562 personnes en garde à vue. La vente à la sauvette constituant un délit en France, ces délinquants présumés sont passibles de 6 mois de prison et 3750 euros d'amende.
L'été dernier déjà, exactement à la même époque, (relire ici), un gros coup de filet policier était censé avoir permis le démantèlement d'une vaste filière de vendeurs à la sauvette sévissant notamment à la tour Eiffel. L'opération avait permis la saisie de «dizaines de mètres cubes» de tours Eiffel miniatures, montres bas de gamme, foulards fantaisie et autres jeux de cartes postales.
Un été plus tard et malgré ce coup de filet réussi de l'été dernier, donc, on est reparti pour un tour. Et l'on prend déjà les paris que, dans ce blog en juillet 2012, on parlera à nouveau de ces vendeurs à la sauvette «incontrôlables»...
11:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, police, sécurité
26.07.2011
Un quartier que l'art embellit
Un peu de culture aujourd'hui: cela ne fait jamais de mal. D'autant qu'en l'occurrence, on est super en retard: les deux initiatives dont on va parler datent déjà de plusieurs semaines, mais, autres actus plus chaudes obligent, on n'avait pas encore eu l'occasion de les évoquer dans ce blog.
La première est une gigantesque oeuvre d'art qui trône désormais sur le parvis Beaubourg. Cette sculpture monumentale, baptisée «Horizontal», pèse la bagatelle de six tonnes. Elle est due à l'artiste américain Alexander Calder, qui, avant sa mort (en 1976), avait acquis une renommée mondiale avec ses immenses mobiles appelés aussi stabiles. «Horizontal», qui figurait depuis 1983 dans les collections du Musée national d'art moderne, n’avait plus été présenté au grand public depuis plus de vingt ans.
Calder, donc. On peut apprécier cet artiste, mais néanmoins juger que son choix n'est pas fou-dingue d'originalité. Ses oeuvres rehaussent déjà les parvis de quantité de centres culturels dans le monde. Et les Parisiens connaissent déjà ce sculpteur sur le bout des doigts: il y a plusieurs années, ils avaient été un demi-million à visiter la rétrospective que Pompidou lui avait consacrée. Peut-être, donc, aurait-on pu profiter de l'occasion pour populariser un artiste moins connu. En outre, on trouve «Horizontal» moins spectaculaire que «Le grand stabile rouge» (75 tonnes d'acier, 15 mètres de haut) du même sculpteur, installé depuis plus de 35 ans à La Défense. Mais sans doute ne faut-il pas faire la fine bouche: une oeuvre d'art qui sort des réserves d'un musée pour aboutir dans la rue, c'est toujours une bonne nouvelle.
La deuxième initiative artistique qui a vu le jour dans le quartier Beaubourg se distingue elle aussi par son gigantisme. Ce serait même le plus grand pochoir au monde. Son auteur, le surnommé Jef Aérosol, est un artiste lillois, vieux routier du Street Art français. Ce pochoir, haut de 22 mètres et large de 14, compte 350 m² de surface. Sa réalisation a demandé quatre jours de travail, nécessité 200 bombes aérosol, et mobilisé plusieurs autres artistes de rue réputés comme Blek le Rat ou Miss Tic. Selon la mairie du quatrième arrondissement, cet autoportrait monumental a vu le jour sur ce mur aveugle «à la demande des habitants du quartier Saint-Merri-Beaubourg, qui ne veulent pas laisser les pignons aux tags».
Baptisée «Chuuutttt!», cette fresque «est une invitation à se poser cinq minutes, à tendre l’oreille à des choses que vous n’avez pas l’habitude d’entendre. La ville, ce ne sont pas seulement les sirènes de police et le bruit des moteurs. C’est aussi les cris des enfants, le chant des oiseaux et la mélodie des langues des touristes, nombreux aux abords du Centre Pompidou».
Contiguë à la belle église St-Merri , «Chuuutttt!» fait face aussi à l'épatante fontaine Stravinski, de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Cette sculpture elle-même a été restaurée, elle qu'on avait si longtemps laissé pourrir, les pieds dans l'eau.
Mine de rien, donc, c'est tout un bout de quartier de Paris qui, grâce à l'art, progressivement s'embellit. Bien.
11:29 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, culture, paris
25.07.2011
Une animalité
La nouvelle de ce fait divers, qui était survenu la veille à Paris, est tombée en fin d'après-midi, vendredi. Elle y a fait un peu de bruit. Avant d'être complètement balayée par la tuerie en Norvège, il est vrai sans commune mesure en termes de gravité et de sauvagerie. Revenons-y, pourtant, à ce fait divers parisien. Qu'on ne trouve pas anodin.
Les faits se sont déroulés dans le vingtième arrondissement, entre Père Lachaise et Nation. L'AFP les a relatés de la sorte: «Une femme a été retrouvée à terre, au pied de son fauteuil roulant, rue des Orteaux. Elle a été retrouvée en bas de chez elle par un voisin, qui a prévenu la police. Elle a raconté aux policiers avoir été frappée et poussée à terre par un inconnu, qui lui a dérobé son sac à main. Elle souffre de plusieurs hématomes, a précisé la source policière. Le 2ème district de police judiciaire (DPJ) a été saisi de l'enquête»
Cette histoire a beau se terminer par quelques bleus seulement pour l'intéressée, elle en dit long, trouve-t-on. S'attaquer à une femme, à une handicapée en plus, et, pour couronner le tout, à une personne immobilisée dans un fauteuil roulant, donc peu à même de se défendre. «L'homme est un loup pour l'homme», dit l'adage. Parfois, en effet, l'humain n'est pas plus évolué que la bête. Il s'attaque d'abord et avant tout au plus faible.
11:30 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, femmes, paris, police
22.07.2011
Une initiative (suspecte?)
A Paris cet été, aussi curieux que cela puisse paraître à première vue, supermarché rime avec... solidarité. On a vu cela en faisant nos courses, hier: les magasins «Franprix»de la capitale ont rejoint le réseau «Voisins solidaires», né dans le sillage de la «Fête des Voisins». Ils ont lancé une opération baptisée «Portage d'eau». Concrètement, jusqu'au 30 août, les commerces de cette enseigne proposent aux plus de 75 ans la livraison gratuite de bouteilles d’eau à domicile. Il suffit, pour ces séniors, de s'inscrire au magasin de leur choix puis d'y acheter leur eau minérale préférée. Ensuite, chaque mardi, deux packs de 6 bouteilles d'eau d'1,5 litre leur sont gracieusement livrés à la maison.
On peut faire deux lectures de cette initiative.
La première est bienveillante, voire lénifiante. A l'échelle locale, cela ne peut que contribuer à tisser du lien social, comme on dit. Qui sait, cela pourra-t-il même éviter que, cet été, trop de personnes âgées esseulées sombrent dans un isolement périlleux pour leur santé. Pour rappel, 15.000 décès prématurés ont été déplorés en France pendant la canicule de l'été 2003, dont nombre de séniors isolés victimes de coups de chaleur et de déshydratation.
On laissera à chacun, selon son humeur du jour, le choix de telle ou telle lecture.
12:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social
21.07.2011
Une fête (un peu surréaliste?)
La fête nationale en Belgique, ce jeudi. Les Parisiens n'étant pas rarement taquins, il ne nous étonnerait pas que, en cette journée du 21 juillet, on se fasse un peu chambrer. On entend déjà la boutade, du genre: «La fête nationale!?! Il n'y a plus de gouvernement depuis plus d'un an dans ta Belgique, mais il y a encore une fête nationale?!?» Le cas échéant, n'ayant eu ni l'énergie, ni le temps de préparer une argumentation convaincante, on improvisera une répartie, qui vaudra ce qu'elle vaudra...
En attendant, et en tout cas, «Meilleurs voeux» – comme on dit le 21 juillet au Palais royal de Belgique – aux internautes belges qui passeraient par ce blog aujourd'hui.
11:03 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, folklore
20.07.2011
Une autre prohibition
Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.
Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».
Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.
Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.
Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?
12:56 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, femmes, folklore, tourisme, delanoë
19.07.2011
Un grand classique (pour la forme)
Chaque été cela revient: c'est un grand classique de la saison. Un grand classique de l'été parisien mais pas seulement: de l'été français, plus largement. On veut parler des arrêtés interdisant la vente d'alcool après une certaine heure de la soirée: mesures destinées à limiter les libations nocturnes et alcoolisées en plein air, et donc à calmer un peu la colère des riverains des quartiers noctambules qui, à cette saison, ne ferment plus l'oeil.
Ces derniers jours, les médias français ont énormément parlé d'une telle prohibition que vient de décréter la mairie de Lyon. Ils ont moins dit que, depuis plusieurs semaines déjà, à Paris, des panneaux interdisant la consommation d'alcool après 21 heures ont fait leur apparition sur les rives de notre bon vieux Canal Saint-Martin. Canal qui, chaque été, est un haut lieu parisien de pique-nique, de musique et de convivialité, jusqu'à pas d'heure. Dans la foulée, a-t-il été confirmé hier, la préfecture de police de Paris a étendu cette interdiction en amont: autour du bassin de La Villette.
Pour La Villette on ne sait pas (on n'y est pas allé ces derniers soirs), mais pour le Canal Saint-Martin et le boulevard Richard Lenoir, son prolongement jusqu'à Bastille, pas de doute: cette prohibition n'est absolument pas respectée. Jusque tard le soir, des groupes de joyeux fêtards continuent d'y refaire le monde au coin de bouteilles de vin et de canettes de bière ou de faire des parties de pétanque aussi disputées que sonores.
Ah oui, aussi, ce témoignage lu avant-hier, dans un journal du dimanche, du gérant d'un bar fameux du quai de Loire: le «Bar Ourcq». C'est là où nombre d'usagers nocturnes du Canal ont l'habitude d'aller se réapprovisionner en alcool, avant de retourner continuer à faire la fête au bord de l'eau. «C'est le flou total autour de cet arrêté» préfectoral estival, selon l'intéressé. «Il est écrit noir sur blanc que l'on ne peut plus vendre d'alcool à emporter en soirée, mais les autorités nous assurent que ce texte ne sera pas appliqué».
De qui se moque-t-on?
PS. Sinon, Canal Saint-Martin toujours, on a remarqué que, cet été, avaient été installés des urinoirs provisoires, en plein air. Bien: cela réduira les puanteurs matinales insupportables. Juste: et les demoiselles, elles font comment? Pas le moindre lieu d'aisance, comme on disait jadis, ne semble prévu pour elles. Encore bravo, Messieurs de l'Hôtel de Ville.
11:31 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, art de vivre, environnement, jeunesse, sécurité, femmes
18.07.2011
Un interdit très théorique
Poursuivons dans ces interdits estivaux que vient de rappeler la préfecture de police de Paris.
Et d'abord, cet avertissement adressé aux touristes qui seraient trop fauchés pour s'offrir une nuit à l'hôtel. «Rien ne vous interdit de dormir à la belle étoile» dans la capitale, informent les pandores. Qui, toutefois, nuancent illico: «Pour des raisons de sécurité, évitez de dormir dehors». Et, de toute manière, pas question de dormir à la belle étoile dans les parcs et jardins, car «il est interdit d’utiliser les équipements existants dans les espaces verts de façon non conforme à leur destination». Enfin, «planter votre tente ou stationner votre caravane, oui, mais (uniquement) dans les lieux aménagés à cet effet». A part cela, belle nuit à la belle étoile dans la plus belle ville du monde.
Tant qu'à faire, la préfecture avertit aussi les amateurs d'un des plaisirs les plus populaires de l'été parisien. «Un petit creux? Avant de déployer votre nappe à carreaux, vérifiez que les lieux sont aménagés pour les pique-nique. Une envie de sardines? Optez pour la version en boîte, car le barbecue est strictement interdit».
Ah oui? Autant, c'est vrai, on voit rarement des barbecues fumer sur les trottoirs de Paris, autant les pique-nique dans des lieux pas conçus pour, dès la fin du printemps on peut en croiser à longueur de soirées et un peu partout: des berges du canal St-Martin jusqu'au Champ de Mars en passant par le bassin de la Villette ou le Pont des Arts.
Mais sans doute la préfecture de police se dit-elle que cela ne fait jamais de mal de rappeler les règles, même et y compris quand elles ne sont pas le moins du monde respectées.
10:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, police, art de vivre



