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07/08/2011

Un peu de repos

FERMÉ.jpgNicolas Sarkozy lui-même et son gouvernement étant, depuis une semaine déjà, partis à la plage, Paris se vidant de plus en plus, la météo y restant si maussade, on ne va faire ni le malin, ni du zèle. Et on va mettre les voiles, direction des rivages plus exotiques et reposants. Après plus de six mois de travail non-stop (on ne se plaint pas, tant de gens pleureraient pour avoir du boulot...), cela va faire du bien. On se retrouve dans ce blog, si vous le voulez bien, dans un mois: vers début septembre.

 

En attendant, passez toutes et tous un bel été. Et merci pour votre fidélité à "Paris Libre": ces derniers mois encore, et depuis toutes ces années.

 

A bientôt

B.DL.

05/08/2011

Une absence (bien involontaire)

Pendant une vingtaine d'heures, «Paris Libre» a complètement disparu du monde (du web). En effet, dans la nuit de jeudi à vendredi, une opération de maintenance technique de la plateforme Blogspirit, donc bien indépendante de notre volonté – et qui avait été annoncée comme totalement inoffensive – , a... réduit ce blog à néant. À son issue, ne s'affichait plus qu'une très vieille version: au look vintage et au contenu rédactionnel remontant aux années 2006-2007.

 

Les choses, paraît-il, sont rentrées dans l'ordre à présent. Jusqu'au prochain bug?

 

On a pris le parti de ne pas/plus s'énerver pour cela. Mais décidément, cela dit juste en passant, ils nous fatigueront toujours, ces caprices récurrents de l'électronique. Qui semblent toujours imprévisibles et qui, quand ils surviennent, paraissent décontenancer y compris les spécialistes en la matière. Au risque de passer définitivement pour has been, on ne s'y fera sans doute jamais, à ce monde-là.

04/08/2011

Un danger permanent

Il s'en est fallu de peu. Mardi après-midi, une vedette-rapide et un remorqueur de la brigade fluviale de Paris ont dû intervenir en urgence sur la Seine, pour secourir un bateau fluvial et ses 130 passagers. L'embarcation, qu'une panne électrique privait de moteurs et de gouvernail, dérivait en se rapprochant dangereusement des piles du pont Bir Hakeim. Les hommes de «la Fluv'» (comme on surnomme cette brigade, paraît-il, en jargon policier) ont sécurisé le navire, dont aucun passager n'a été blessé.

Des bateaux en difficulté sur la Seine, cela arrive assez souvent. Selon les chiffres de la brigade, au cours des six premiers mois de 2011, 101 bateaux ont dû être assistés: victimes d'avaries moteur ou, plus gravement, menacés de naufrage – et oui, on fait parfois naufrage à Paris aussi: relire ici . Du reste, dans ce fleuve qui a l'air si paisible, pas mal de gens manquent en fait, chaque année, de périr – voire y trépassent. Ainsi, dans l’agglomération parisienne ces six derniers mois, 87 personnes, ce qui n'est tout de même pas rien, y ont été repêchées vivantes: candidats au suicide, promeneurs ou plaisanciers tombés à l'eau, etc. Sans compter les fêtards qui, en fin de soirée arrosée, ne trouvent rien de mieux que de se baigner dans le fleuve: entre janvier et juin, 21 personnes dans ce cas ont été verbalisées.

Parfois, ce genre de plan alcoolisé de fin de nuit ne pardonne pas. On l'a encore vu en juillet dernier.

Aux abords du quai de Montebello (cinquième arrondissement), à 4 h du mat', un jeune banlieusard de 23 ans a péri, noyé. Selon les policiers, il avait parié 20€ avec ses potes qu'il parviendrait sans peine à traverser le fleuve. Il n'a jamais rejoint l'autre rive: surpris par le fort courant, victime d'épuisement, il a coulé à pic.

Mourir à 23 ans. Pour un pari. Pour 20€.

03/08/2011

Un été qui va bousculer

PARISMEURT.jpgParis meurt, Paris se meurt, en août. C'est ce qu'il est de bon ton de se dire entre Parisiens chaque année à ce mois-ci. C'est ce qu'affirme aussi, en ce moment, une grande inscription murale taguée l'autre jour par un passant manifestement un brin chagrin, dans une ruelle pas loin de la maison. C'est à la fois vrai et pas vrai.

Vrai, car, effectivement, plus les jours passent et plus les commerces, un peu partout, baissent leur rideau métallique et y apposent le sacrosaint écriteau donnant rendez-vous en septembre. Vrai car, en effet, le trafic et donc les embouteillages et la pollution sont (un peu) moindres en ville depuis lundi. Mais pas vrai, car – on en a encore fait l'expérience hier soir – les métros aux heures de pointe sont toujours aussi insupportablement bondés et torrides. Pas vrai, car, le soir, les terrasses à Bastille et les bars dans le Marais sont toujours aussi courus. Par vrai, car il y a toujours autant de miséreux qui croupissent dans la Ville lumière, sur notre boulevard Richard Lenoir comme ailleurs.

Et pas vrai, car ils se passe tout de même encore des choses intéressantes dans cette capitale, du point de vue culturel. C'est le cas par exemple du festival «Paris Quartier d'été», qui, en plus, cet été, va assez joyeusement bousculer la tradition. Ainsi, parmi les cadres parisiens dans lesquels vont se dérouler ses spectacles, figure pour la première fois l'Hôtel national des Invalides: haut lieu de l'histoire militaire française, à la tradition sévère et rigide comme il se doit, et qui, jusqu'à présent, était plus abonné aux cérémonies martiales et solennelles qu'aux fulgurances de la création culturelle.

Du coup cet été, dans la Cour d'Honneur des Invalides, sous le regard de ses 60 canons de bronze rigoureusement alignés, une compagnie de danse style hip-hop va virevolter autour de barrières Vauban (*): ces barrières métalliques servant généralement à empêcher la foule à accéder à tel ou tel lieu. Comme le notent les organisateurs du festival, ce sera amusant de voir «comment un objet qui sert habituellement à canaliser, à limiter et à interdire peut devenir l'instrument de toutes les libertés et l'appui de tous les envols».

GROSSEBRUTE.jpgAinsi encore, dans ce cadre si cocardier des Invalides, on poussera l'exotisme jusqu'à y entendre résonner les chants des Manganiyars: une communauté d'artistes venus du Rajasthan indien. Ainsi, toujours, à deux pas de l'Église du Dôme et de son tombeau de Napoléon Ier, on pourra revoir en plein air «Les Duellistes», le film de Ridley Scott: « fresque époustouflante, déroulée sur fond de guerres napoléoniennes, à admirer sous la statue de l’empereur».

Très bien, tout cela. Rien de tel, trouve-t-on, pour s'aérer l'esprit et pour avancer, que les contrastes et les confrontations – en culture comme ailleurs.

(*) Barrières dénommées de la sorte en français de France, mais, si on a bonne mémoire, appelées plutôt barrières Nadar en français de Belgique. Le français, langue plurielle: encore une illustration, après nos prunes d'hier.

02/08/2011

Un joli coup de com'

C'est LA grosse nouvelle de cet été 2011 en France, à en juger à l'incroyable écho qu'elle a eu ces quinze derniers jours dans les médias, ici. On veut parler du passage de 11 à 17 euros du montant de l'amende pour stationnement impayé ou irrégulier. Cette majoration est entrée en vigueur lundi; cela faisait un quart de siècle que la contredanse n'avait pas augmenté. Cette mauvaise nouvelle pour des millions d'automobilistes a donné une idée assez farce de campagne de com' aux... producteurs de prunes!

Car, il fallait y penser: dans le langage courant, en français de France en tout cas – en français de Belgique, on ne se souvient plus trop, mais on ne croit pas –, les amendes de stationnement sont rebaptisées des «prunes». Du coup, les producteurs de ces fruits ont sauté sur l'occasion pour faire la pub de leurs produits. Comment? Jusqu'au 30 septembre, ils proposent tout simplement... le remboursement des PV de stationnement! Il suffit d'aller sur la page dédiée de leur site web, qui proclame d'ailleurs fièrement: «Chaque jour, la Prune de nos terroirs rembourse 3 PV». Là, l'automobiliste verbalisé répond à un petit quizz sur ces fruits. S'il obtient cinq bonnes réponses et est tiré au sort, les producteurs français de Reine-Claude, de Quetsche ou de mirabelles lui envoient un virement correspondant au montant de son amende.

Bravo aux pubards qui ont conçu cette campagne de com': rien qu'au vu du retentissement médiatique qu'elle a eu ces derniers jours, elle est un succès. Qui sait la popularité probable d'une telle initiative auprès des automobilistes se répercutera-t-elle même, cet été, sur les chiffres de vente de cette filière agricole – l'Hexagone produit chaque année, singulièrement dans le Sud-Ouest, 75 000 tonnes de prunes, ce qui n'est tout de même pas rien.

01/08/2011

«Une écoute et une ouverture»?

france-belgique.jpg52% des Wallons excluent un rattachement à la France. En revanche, 60% des Français sont favorables, «en cas d'éclatement de la Belgique, au rattachement de la Wallonie, c'est-à-dire des provinces francophones», à l'Hexagone. C'est ce qu'a affirmé un sondage hier. Près de quatre Français sur dix (38%) sont «plutôt favorables» à cette éventualité, 22% se montrant même «tout à fait favorables». 30% des sondés refusent cette option, 10% préfèrent ne pas se prononcer.

On remarque cela sans vouloir fâcher quiconque, mais on peut tout de même difficilement ne pas rappeler cette actualité: six Français sur dix sont donc, sur cette question, sur la même longueur d'ondes que Marine Le Pen. Qui, la veille du 21 juillet, fête nationale belge, avait estimé (ici) que, «si la Belgique venait à éclater, si la Flandre prenait son indépendance, hypothèse de plus en plus crédible, la République française s’honorerait d’accueillir en son sein la Wallonie». «La responsabilité de la France et des Français est de tendre la main aux Wallons», avait insisté la patronne du Front national. Qui avait invoqué «les liens historiques et fraternels qui unissent nos deux peuples», liens jugés «trop forts pour que la France abandonne la Wallonie».

«Nous avons des contacts aussi bien avec le pouvoir qu'avec l'opposition» en France, se réjouissait ce matin, tôt, sur une radio française, Paul-Henry Gendebien: leader du mouvement qui, en Belgique, prône le rattachement à la France. Pas peu fier, ce tribun «rattachiste» (comme on dit en Belgique) assurait ensuite que ses interlocuteurs en haut lieu à Paris manifestaient à son égard, et envers sa cause, «de l'intérêt, de l'écoute et de l'ouverture». «Pour le moment, et c'est bien normal, ils observent un devoir de réserve» sur les questions belges, poursuivait-il. «Mais je vous assure que si en Belgique les choses venaient à s'accélérer, en France on serait prêt à agir!»

Etait-ce dû l'heure trop matinale? Toujours est-il qu'on avait tout de même un peu de mal à prendre tout cela très au sérieux.