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18/10/2011

Une différence de traitement

international,parisLe jeune Franco-Israélien Guilad Shalit a recouvré la liberté, ce matin. Le Hamas le détenait dans la bande de Gaza depuis le 25 juin 2006: jour où un commando palestinien l'avait fait prisonnier lors d'une incursion dans le sud d'Israël – où le jeune homme effectuait son service militaire, dans l'armée israélienne.

 

Si on en parle ici, c'est parce que, pendant sa détention, Guilad Shalit a fait, en France, l'objet d'une différence de traitement par rapport aux autres Français (ou Français de double nationalité) détenus contre leur gré. Et parce que cette discrimination était très perceptible à Paris notamment, en particulier dans notre onzième arrondissement.

 

Ainsi, chaque année aux alentours du 25 juin, la mairie du onzième apposait sur sa façade une grande banderole réclamant la «liberté» pour cet «otage». Mais, quelques jours après cette date-anniversaire, cette banderole était invariablement enlevée. Jusqu'au 25 juin suivant. En revanche, au même moment à Paris ou ailleurs, les portraits géants d'autres otages français (la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, les deux journalistes de France 3 détenus par les Talibans, etc.) étaient, eux, affichés en permanence dans les rues ou sur des édifices publics.

 

Pourquoi cette différence de traitement?

Parce que, pour dire les choses comme elles sont, une bonne part de l'opinion publique mondiale et française, donc de l'opinion parisienne sans doute aussi, n'a jamais considéré le jeune Franco-Israélien comme un otage à proprement parler. Mais comme un prisonnier de guerre. Voire comme le symbole de la résistance palestinienne à la politique territoriale d'Israël. Du coup, jugeaient sans doute des mairies comme celle du onzième, il était politiquement trop délicat, vis à vis de cette opinion, de rappeler en permanence, à longueur de journées, de saisons et d'années, quel était le triste sort subi par ce jeune homme.

Cette différence de traitement méritait, selon nous, d'être rappelée aujourd'hui. Jour où des tas de personnalités et d'institutions en France vont, dans leurs communiqués se félicitant de cette libération, en profiter pour rappeler combien elles s'étaient mobilisées pour cette cause. Et complètement passer sous silence le fait que, bien souvent, et en particulier dans notre onzième arrondissement, cette mobilisation était incomplète. Comme embarrassée. Voire honteuse.

Commentaires

Il était soldat, les autres « otages » français, civils, n'ont pas quitté la France pour jouer les supplétifs dans une armée étrangère expansionniste.

Trop facile de jouer les conquérants dans sa « vraie » patrie pour ensuite si ça tourne au vinaigre compter sur celle de deuxième rayon pour aider à vous sortir du pétrin.

Un Klarsfeld bis qui n'a pas fait son service en France mais aura tenu à jouer les gardes chiourme pour le compte d’Israël.

Écrit par : cp | 18/10/2011

La différence de traitement, elle est surtout visible avec celle du jeune franco-palestinien Salah Hamouri, emprisonné injustement depuis 2005 en Israël sans aucunes charges retenues contre lui, et pour lequel le gouvernement français n'a jamais effectué aucune démarche.

Écrit par : GDB | 18/10/2011

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