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19/10/2011

Une «insistance»

Guilad Shalit désormais libre, il reste encore un Français binational détenu dans cette région: le Franco-Palestinien Salah Hamouri. Ce jeune homme de 26 ans est emprisonné en Israël depuis 2005, après sa condamnation pour une tentative d'assassinat – qu'il a toujours niée – contre un rabbin. Hier soir, dans une interview notamment à Radio J, la radio de la communauté juive de France, Nicolas Sarkozy a dit son espoir qu'il fasse partie de la deuxième vague de prisonniers palestiniens qui seront bientôt libérés, dans le cadre de l'accord passé entre Israël et le Hamas. «Nous l'avons demandé avec insistance» aux Israéliens, a assuré le chef de l'Etat, car «comme tout citoyen français», ce jeune homme «a le droit à la protection et à l'attention du gouvernement» français.

 

Que Nicolas Sarkozy ait pris soin de mentionner ce cas s'explique par le fait que, dans la mouvance pro-palestinienne, on l'a toujours accusé de pratiquer le deux poids, deux mesures: de s'être beaucoup bougé pour Guilad Shalit, mais de ne s'être jamais soucié de Salah Hamouri.

 

Tant à l'Elysée qu'au quai d'Orsay, on a toujours catégoriquement réfuté une telle différence de traitement. Pas plus tard que la semaine dernière, le porte-parole des Affaires étrangères avait encore insisté: «A de nombreuses reprises, la France a demandé aux autorités israéliennes la libération anticipée de Salah Hamouri. Nous continuerons de faire passer ce message. Je rappelle qu'Alain Juppé avait rencontré les parents de Salah Hamouri lors de son déplacement en Israël, en juin dernier».

 

Il n'empêche, Paris n'a jamais caché qu'à ses yeux, il n'y avait «pas lieu de faire un parallèle» entre les situations endurées par ces deux jeunes gens.

 

Entre Salah Hamouri qui, «depuis son incarcération, reçoit, dans le cadre de la protection consulaire, des visites régulières des agents consulaires français», et qui fait donc «l'objet d'un suivi constant de la part des autorités politiques et diplomatiques». Et Guilad Shalit, qui, lui, était détenu dans un endroit inconnu de tous, auquel même la Croix-Rouge internationale n'avait pas accès. «Toutes les règles du droit international» ayant, dans son cas, été violées, les Affaires étrangères ont toujours estimé qu'il s'agissait «d'une situation différente, et oh combien dramatique».

 

 

PS: Actualisation, quelques heures plus tard. Pour le coup, Nicolas Sarkozy aurait-il mieux fait, hier soir, de... se taire? Son "insistance" à ce que Salah Hamouri figure parmi les prochains Palestiniens libérés par Israël relève-t-elle en fait... de la grosse bourde?

C'est ce que pense le comité de soutien du jeune Franco-Palestinien (lire et écouter ici).

Comité qui voit là l'illustration du grand désintérêt qu'auraient toujours eu les autorités pour ce dossier. Dossier que le ministre de la Défense, ce matin, a avoué benoîtement... ne même pas connaître.

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