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31/10/2011

Une manifestation

On est tombé sur eux complètement par hasard. Samedi soir, dans le quartier de l’Opéra. On les a entendus avant de les voir, en fait: quand, couvrant les bruits du trafic et des rues bondées, ont résonné… des cantiques, puis des «Notre Père».

 

C’était une manifestation de catholiques traditionnalistes. Cela valait le coup d’œil. En tête du cortège, un prêtre en soutane brandissait un gigantesque crucifix en bois. Derrière la banderole de tête  («La France est chrétienne et doit le rester»), quelques centaines de personnes – beaucoup de vieux, mais aussi beaucoup de très jeunes – scandaient des slogans tels «France, Jeunesse, Chrétienté!» ou «Christianophobie, ça suffit!». Et une forêt de bannières du Sacré cœur.

 

Depuis dix jours, au Théâtre de la Ville, place du Châtelet, ces catholiques traditionnalistes, chaque soir, perturbent les représentations d’un spectacle qu’ils jugent blasphématoire. Dans leur cortège, samedi, probablement figuraient aussi ces quelques jeunes qui, fin juin, avaient fait de la provoc’ à la Gay Pride: retranchés, sous forte protection policière, derrière les grilles de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l'église des intégristes de Mgr Lefebvre, ils avaient hurlé, pendant toute l'après-midi, «Nous sommes tous des enfants d’hétéros!». Sans doute dans ce cortège trouvait-on aussi les organisateurs des fameux apéros géants saucisson-pinard qui défrayèrent la chronique, l’été dernier. Voire, qui sait, ces militants «identitaires» qui, ces derniers hivers, avaient mis sur pied une soupe populaire au lard – donc interdite de facto aux SDF de confession musulmane.

 

Leur manifestation de samedi a eu pas mal de retentissement médiatique. En revanche, c’est dans une indifférence assez générale que ces mêmes catholiques ultras, depuis quelques semaines, manifestent devant l’hôpital Tenon, dans le vingtième arrondissement de Paris. Pour protester contre la réouverture annoncée du centre IVG de cet hôpital, ils viennent, chaque dimanche matin, brandir des crucifix et des pancartes avec des slogans du style : «Maman, papa... ne me tuez pas!». Puis, ni une ni deux, s'agenouillent à même le trottoir et récitent des «Notre Père»

 

A part cela, depuis quelques mois, les prières de rue sont interdites en France.

28/10/2011

Un double comique

Sarkozy, Médias, Télévision, Journalisme, Communication, Langue françaiseIls sont comiques, au PS. Hier, ce parti a fustigé l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy avant même qu'elle ait lieu: non sur le fond, mais sur sa forme. Car l'émission a été entièrement réalisée par une boîte de prod' privée. Engagée pour l'occasion par l'Elysée, c'est elle qui l'a conçue, scénarisée, filmée, puis vendue aux chaînes de télé qu'ils l'ont diffusée. Pour le PS, c'est d'autant moins acceptable que cette boîte de prod' est une filiale du groupe Lagardère, dirigé par un proche de Nicolas Sarkozy.

 

Ce qui est comique, c'est que François Hollande n'est pas loin... d'avoir fait pareil, dernièrement. C'était l'autre jour, dans notre onzième arrondissement de Paris. Il tenait son dernier meeting de campagne dans la salle de spectacles du "Bataclan". Ses communicants y ont interdit toute prise de vue filmée par les médias. C'est une société engagée par le candidat socialiste qui a assuré la captation et la réalisation des images du meeting, ainsi que sa retransmission exclusive en direct, par signal vidéo, aux médias couvrant l'événement. En 2007 déjà, lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy faisait pareil pour tous ses grands meetings, afin de contrôler au maximum son image.

 

Ils sont comiques, à l'UMP. Hier, l'intervention télévisuelle présidentielle a reçu son lot habituel de critiques pour son caractère extrêmement encadré par l'Elysée (qui choisit les journalistes-intervieweurs, etc.). Pour beaucoup, un tel cadenassage de ce programme par le pouvoir fait qu'il relève moins de l'information que de la communication, moins de l'interview que de la tribune.

 

Ce qui est comique, c'est que les communiqués de presse louangeurs envoyés par l'UMP après l'émission ont eux-mêmes, involontairement et donc si maladroitement, confirmé le caractère artificiel, voire fictif, de cette supposée confrontation entre chef d'Etat et journalistes. En effet, ces communiqués vantaient «l'allocution» de Nicolas Sarkozy. Un terme qui, comme on l'a vérifié ce matin au «Robert», renvoie à celui de «discours», dénué donc de la moindre contradiction...

27/10/2011

Une mémoire courte

Par tradition et par nature, en France comme ailleurs, le langage diplomatique est la quintessence même de la mesure et de la délicatesse, ce qui en fait souvent de la langue de bois par excellence. Parfois, cependant, il y a des exceptions à cette règle séculaire. Ce fut le cas mardi à Paris, lors du briefing de presse quotidien du ministère des Affaires étrangères.

 

Un «film d’horreur». «Des morts, des gens emprisonnés par milliers, des enfants, des femmes, des vieillards qui sont tués». «Une répression de tous les instants». «Un quadrillage policier du pays tout à fait insupportable». Une «dérive meurtrière, mortifère». «Une situation absolument intolérable». Ces expressions ont été utilisées par le porte-parole du quai d'Orsay pour décrire la situation en Syrie. Dans la foulée, hier matin sur une radio, Alain Juppé s'est affolé d'«une des répressions les plus barbares» que l'on puisse redouter: «On torture des enfants, on tue des dizaines et des dizaines de manifestants pacifiques tous les jours», s'est insurgé le chef de la diplomatie française.

 

On peut se féliciter d'un langage diplomatique soudain aussi franc. Mais on a aussi le droit de ne pas avoir la mémoire courte.

 

On est donc autorisé à se souvenir qu'en juillet 2008, le même protagoniste syrien de ce «film d'horreur» avait été reçu avec tous les égards à Paris: il avait même été l'invité d'honneur du défilé militaire du 14 juillet. Ce jour-là, d'ailleurs, les forces de l'ordre avaient interpellé sans ménagement les manifestants «droits-de-l'hommistes» qui, devant l'ambassade de Syrie à Paris, protestaient contre un tel accueil fait à un tel tyran.

 

Autres temps, autres moeurs, comme dit l'adage.

26/10/2011

Un contraste médiatique

Economie, Social, Presse, Médias, Gouvernement, Personnalités, MitterrandC'est le contraste médiatique de la semaine. Et il illustre une fois de plus le grandissant hiatus qui existe dans le secteur de la presse écrite – en France mais aussi dans d'autres pays – : hiatus entre une presse quotidienne qui, de plus en plus, boit le bouillon et une presse magazine qui, elle, se porte plutôt mieux.

 

Cette semaine donc, il y a d'un côté «Les Inrocks». Qui, ce mercredi, fête en grandes pompes son 25ème anniversaire. C'est incontestablement une belle réussite dans le marché, disons, de la presse périodique culturelle bobo urbaine branchée (pour faire court). Un marché où l'on a déjà connu tant d'échecs retentissants ces dernières années – voir, pour ne prendre que ce seul exemple, le sort qui fut celui du défunt «Zurban».

 

Et, d'un autre côté, deux jours plus tôt, on a eu cette opération coup de poing qui a été menée lundi matin à Paris par certaines sections du syndicat CGT de la presse. Quelque 15.000 exemplaires de quotidiens ont été déversés sur la chaussée, devant le siège du patronat de la presse quotidienne nationale, rue La Fayette. L'objectif était de protester contre les plans de licenciement ou de restructuration qui touchent nombre d'organes de presse écrite, en ce moment: «Le Parisien», «La Tribune», les journaux régionaux du groupe Le Midi ou «France Soir» surtout – qui, bientôt, ne paraîtra plus dans sa forme papier et sera diffusé exclusivement sur le net. «Cette action est symbolique, car on veut mettre le papier à la rue comme à «France Soir» et à «La Tribune»! C'est un gâchis!», fulminait un syndicaliste, lundi.

 

Economie, Social, Presse, Médias, Gouvernement, Personnalités, MitterrandDernièrement, au Parlement, Frédéric Mitterrand, encore lui, était invité par des députés de l'opposition à se bouger un peu plus pour préserver le pluralisme et la diversité de la presse écrite. «Le paysage de la presse française ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui» sans l'action du gouvernement, a rétorqué, piqué au vif, le ministre de la Communication. Pour qui «aucun gouvernement ne fait autant pour la presse que celui-ci!»

 

Au vu du nombre de plans de réduction de l'emploi qui sont à l'oeuvre ou sont envisagés dans ce secteur, les résultats de cet activisme gouvernemental allégué n'ont pas l'air d'être au rendez-vous – pas complètement, en tout cas.

25/10/2011

Une légèreté déplacée

Quelle mouche a piqué Frédéric Mitterrand? L'autre jour, au Sénat, le ministre de la Culture était interrogé sur une des pages les plus sombres de l'Histoire de Paris: le massacre – puisqu'il faut bien l'appeler ainsi – du 17 octobre 1961. Ce soir-là, des dizaines de sympathisants du FLN algérien, manifestant contre le couvre-feu qui leur était imposé, avaient été tués par les forces de l'ordre du préfet Maurice Papon: gazés, bastonnés, ratonnés donc, abattus à bout portant, jetés et noyés dans la Seine (*). Cinquante ans plus tard, devant le Parlement, Frédéric Mitterrand n'a rien de trouvé de mieux que d'aborder ce drame par le biais d'«une anecdote personnelle» qu'on trouve d'une insignifiance et d'un nombrilisme complètement déplacés.

 

«Chacun, ici, comme moi, a pu avoir un contact personnel avec cette période difficile et passionnelle de notre histoire», a-t-il ainsi brodé. «À 13 ans, je tournai dans un film, et tombai éperdument amoureux d'une actrice, jeune femme exquise et d'une qualité humaine et intellectuelle remarquables. Quelques jours plus tard, je vis sa photo en première page de France-Soir; elle venait d'être arrêtée, pour avoir été à la tête d'un réseau de porteurs de valises. Imaginez le choc pour l'adolescent que j'étais! Quelques mois plus tard, c'était le 17 octobre». Et d'en terminer sur le sujet en niant que ce massacre policier fasse toujours l'objet d'une chape de plomb en France: «Quand on voulait savoir ce qui s'était passé le 17 octobre, on le pouvait. Je l'ai toujours su. Il n'a jamais été impossible de consulter des documents. Aujourd'hui, toutes les archives sont ouvertes».

 

L'opposition en attendait bien plus. Attendait, au minimum, «des mots» plus appropriés. Puisque les plus hautes autorités de l'Etat, la semaine dernière, n'ont pas daigné assisté aux cérémonies de commémoration qui étaient organisées à Paris. Et puisque ce massacre, contrairement à ce que réclament des associations (ici), n'est toujours pas reconnu comme un «crime d'Etat». Mais non, rien: le Parlement n'a donc eu droit qu'aux émois de jeunesse d'un adolescent de l'époque et à la sentimentalité mièvre de l'adulte qu'il est aujourd'hui.

 

«Quelle lâcheté!», «Lamentable!», «C'est nul!», «Pitoyable», «Minable». Le compte-rendu de l'incident en fait foi: les sénateurs n'ont pas du tout apprécié cette légèreté ministérielle.

 

D'habitude, les invectives et les quolibets, en politique comme ailleurs, on n'aime pas du tout cela. Mais là, trouve-t-on, l'intéressé ne les a pas volés.

 

(*) Si vous voulez mieux connaître ces dramatiques événements parisiens du 17 octobre 1961, deux films sont sortis en salles, qui leur sont consacrés: voir ici.

24/10/2011

Un comble (encore)

Personnalités, Transports, SécuritéPendant toute leur campagne des primaires, les présidentiables socialistes n'ont eu de cesse de railler Nicolas Sarkozy sur sa grande promesse de «République irréprochable», qu'il avait faite en 2007. Car, selon le PS, cinq ans plus tard en guise de République exemplaire, en haut lieu en France c'est le règne de l'argent facile, du copinage, des réseaux opaques et de l'impunité à tous les étages. Bref: «un système corrompu», comme l'a répété à l'envi Ségolène Royal – avec ce grand sens de la nuance qui l'a toujours caractérisée.

 

A cet égard, mentionnons le comportement irréprochable qu'a eu ce week-end, une semaine donc après l'issue des primaires, un des hiérarques de ce PS pour qui les dirigeants du pays ont un «devoir d'exemplarité».

 

Il s'appelle Jean-Paul Huchon. C'est le président socialiste de la Région Ile de France: ex-strauss-kahnien de choc ayant rallié Martine Aubry. Dimanche après-midi, sur l'autoroute A13 en direction de Paris, il circulait au volant d'une grosse Saab, véhicule de fonction du Conseil régional. Les gendarmes l'ont contrôlé. Résultat: il roulait à 171 km/h, au lieu des 130 km/h autorisés. Son permis de conduire lui a été confisqué sur le champ.

 

Encore bravo.

21/10/2011

Une collision déconcertante

Difficile d’achever la semaine, dans ce blog, sans évoquer ce qui fut l'événement, dans notre quartier du onzième arrondissement. A savoir? Une... prise d'otages. Lundi midi, à deux pas du bureau: dans les locaux de l'agence pour l'emploi. Heureusement, elle s'acheva sans effusion de sang (voir ici).

 

Il n'empêche, pendant plusieurs heures, tout le quartier a été complètement bouclé par les forces de l'ordre. Et les embarras ont perduré pendant deux jours, pour les riverains. En effet, ladite agence de Pôle Emploi est restée fermée. Son personnel a exercé son droit de retrait, furieux qu'y compris après un tel événement, leur direction «continue de prendre à la légère la dégradation des conditions de travail». Une dégradation qui serait due à «des effectifs largement insuffisants» et qui se répercuterait «sur la qualité du service rendu aux usagers». D'où, d'après pas mal de témoignages, de fréquentes tensions entre usagers et fonctionnaires, dans cette administration.

 

Pendant deux jours, donc, les chômeurs du quartier ont trouvé porte close. A la vue de la mine que tiraient certains qu'on a croisés devant le volet métallique baissé, cela leur était vraiment pénible, en termes par exemple de délai d'attente avant de toucher une allocation.

 

Tout cela, vu de l'extérieur, donnait l'impression d'une déconcertante collision entre deux droits très légitimes. Le droit des usagers du service public d'exiger de l'administration un fonctionnement correct et efficace. Et le droit du personnel de cesser le travail quand il juge que ne sont plus réunies les conditions élémentaires de sa sécurité.

 

Selon une étude publiée en avril dernier par l'Inspection générale des finances, le service public de l'emploi en France est «moins doté en effectifs» que ses homologues allemand et britannique. Pour s'occuper de 10.000 chômeurs, l'Allemagne mobilise 420 fonctionnaires, le Royaume-Uni 221, et la France seulement 215. Et cette «large sous-dotation» en personnel aurait empiré avec la crise, qui a grossi le public de Pôle Emploi. Au point que, dans certaines de ses antennes locales, chaque agent devrait désormais gérer à lui tout seul rien moins que 110 demandeurs d'emploi.

20/10/2011

Un comble

paris,police,sécurité,personnalitésCela vaut bien la peine que les petites mains du service de presse de la préfecture de police de Paris se décarcassent: envoient à longueur de journées des communiqués se félicitant de la diminution supposée de la délinquance dans la Ville lumière. Hier, tous ces beaux efforts de com' ont été largement assombris par l'annonce de la mésaventure survenue au grand patron de la pref' en personne.

 

Samedi, en effet, le préfet de police de Paris lui-même, Michel Gaudin, s'est fait voler son portable. Il s'apprêtait à prendre un train en gare de Paris-Lyon. Des pickpockets lui ont subtilisé son smartphone, après avoir détourné son attention en faisant mine de lui faire signer une pétition. En août dernier, déjà, à Paris toujours, un autre grand flic de la Sarkozie avait été victime de malandrins: le coordinateur national du Renseignement, Ange Mancini, s'était fait piquer son portable en terrasse d'un restaurant du huitième arrondissement.

 

Mais à part cela, tout va bien. Hier encore, la préfecture a annoncé triomphalement que, dans la capitale, «les violences contre les personnes ont diminué sur les neuf premiers mois de l'année 2011, avec une baisse de 7,6% par rapport à la période correspondante en 2010. Ces chiffres s'inscrivent dans le cadre d'une baisse de 2% des infractions constatées à Paris sur cette même période en 2011 par rapport à 2010 (173.435 infractions constatées contre 176.848)».

19/10/2011

Une «insistance»

Guilad Shalit désormais libre, il reste encore un Français binational détenu dans cette région: le Franco-Palestinien Salah Hamouri. Ce jeune homme de 26 ans est emprisonné en Israël depuis 2005, après sa condamnation pour une tentative d'assassinat – qu'il a toujours niée – contre un rabbin. Hier soir, dans une interview notamment à Radio J, la radio de la communauté juive de France, Nicolas Sarkozy a dit son espoir qu'il fasse partie de la deuxième vague de prisonniers palestiniens qui seront bientôt libérés, dans le cadre de l'accord passé entre Israël et le Hamas. «Nous l'avons demandé avec insistance» aux Israéliens, a assuré le chef de l'Etat, car «comme tout citoyen français», ce jeune homme «a le droit à la protection et à l'attention du gouvernement» français.

 

Que Nicolas Sarkozy ait pris soin de mentionner ce cas s'explique par le fait que, dans la mouvance pro-palestinienne, on l'a toujours accusé de pratiquer le deux poids, deux mesures: de s'être beaucoup bougé pour Guilad Shalit, mais de ne s'être jamais soucié de Salah Hamouri.

 

Tant à l'Elysée qu'au quai d'Orsay, on a toujours catégoriquement réfuté une telle différence de traitement. Pas plus tard que la semaine dernière, le porte-parole des Affaires étrangères avait encore insisté: «A de nombreuses reprises, la France a demandé aux autorités israéliennes la libération anticipée de Salah Hamouri. Nous continuerons de faire passer ce message. Je rappelle qu'Alain Juppé avait rencontré les parents de Salah Hamouri lors de son déplacement en Israël, en juin dernier».

 

Il n'empêche, Paris n'a jamais caché qu'à ses yeux, il n'y avait «pas lieu de faire un parallèle» entre les situations endurées par ces deux jeunes gens.

 

Entre Salah Hamouri qui, «depuis son incarcération, reçoit, dans le cadre de la protection consulaire, des visites régulières des agents consulaires français», et qui fait donc «l'objet d'un suivi constant de la part des autorités politiques et diplomatiques». Et Guilad Shalit, qui, lui, était détenu dans un endroit inconnu de tous, auquel même la Croix-Rouge internationale n'avait pas accès. «Toutes les règles du droit international» ayant, dans son cas, été violées, les Affaires étrangères ont toujours estimé qu'il s'agissait «d'une situation différente, et oh combien dramatique».

 

 

PS: Actualisation, quelques heures plus tard. Pour le coup, Nicolas Sarkozy aurait-il mieux fait, hier soir, de... se taire? Son "insistance" à ce que Salah Hamouri figure parmi les prochains Palestiniens libérés par Israël relève-t-elle en fait... de la grosse bourde?

C'est ce que pense le comité de soutien du jeune Franco-Palestinien (lire et écouter ici).

Comité qui voit là l'illustration du grand désintérêt qu'auraient toujours eu les autorités pour ce dossier. Dossier que le ministre de la Défense, ce matin, a avoué benoîtement... ne même pas connaître.

18/10/2011

Une différence de traitement

international,parisLe jeune Franco-Israélien Guilad Shalit a recouvré la liberté, ce matin. Le Hamas le détenait dans la bande de Gaza depuis le 25 juin 2006: jour où un commando palestinien l'avait fait prisonnier lors d'une incursion dans le sud d'Israël – où le jeune homme effectuait son service militaire, dans l'armée israélienne.

 

Si on en parle ici, c'est parce que, pendant sa détention, Guilad Shalit a fait, en France, l'objet d'une différence de traitement par rapport aux autres Français (ou Français de double nationalité) détenus contre leur gré. Et parce que cette discrimination était très perceptible à Paris notamment, en particulier dans notre onzième arrondissement.

 

Ainsi, chaque année aux alentours du 25 juin, la mairie du onzième apposait sur sa façade une grande banderole réclamant la «liberté» pour cet «otage». Mais, quelques jours après cette date-anniversaire, cette banderole était invariablement enlevée. Jusqu'au 25 juin suivant. En revanche, au même moment à Paris ou ailleurs, les portraits géants d'autres otages français (la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, les deux journalistes de France 3 détenus par les Talibans, etc.) étaient, eux, affichés en permanence dans les rues ou sur des édifices publics.

 

Pourquoi cette différence de traitement?

Parce que, pour dire les choses comme elles sont, une bonne part de l'opinion publique mondiale et française, donc de l'opinion parisienne sans doute aussi, n'a jamais considéré le jeune Franco-Israélien comme un otage à proprement parler. Mais comme un prisonnier de guerre. Voire comme le symbole de la résistance palestinienne à la politique territoriale d'Israël. Du coup, jugeaient sans doute des mairies comme celle du onzième, il était politiquement trop délicat, vis à vis de cette opinion, de rappeler en permanence, à longueur de journées, de saisons et d'années, quel était le triste sort subi par ce jeune homme.

Cette différence de traitement méritait, selon nous, d'être rappelée aujourd'hui. Jour où des tas de personnalités et d'institutions en France vont, dans leurs communiqués se félicitant de cette libération, en profiter pour rappeler combien elles s'étaient mobilisées pour cette cause. Et complètement passer sous silence le fait que, bien souvent, et en particulier dans notre onzième arrondissement, cette mobilisation était incomplète. Comme embarrassée. Voire honteuse.

17/10/2011

Une défaite (parisienne)

Paris, Personnalités, Aubry, Hollande, RoyalFrançois Hollande, donc, pour représenter le PS à la présidentielle de 2012. On a beaucoup vu ses affiches dans notre onzième arrondissement, dernièrement. Car le vainqueur de la primaire avait choisi de faire son ultime meeting, jeudi dernier, au Bataclan: la grande salle de spectacles du boulevard Voltaire. Ce week-end, on a aussi beaucoup vu des «hollandais» tracter en sa faveur, entre Bastille, République et Nation: dans les rues, aux entrées de grands magasins, ou sur les marchés.

Un activisme en pure perte: hier à Paris, leur champion a de nouveau été battu par Martine Aubry. D'un cheveu, certes: 50,38%. Mais ce n'était pas gagné d'avance pour la maire de Lille, les quatre candidats éliminés au premier tour ayant tous rallié son adversaire.

Dimanche dernier également, au premier tour, elle avait battu François Hollande à Paris: 37% contre 32%. Cela avait particulièrement été le cas dans notre quartier. Dans le onzième, avec 42% des voix, la Lilloise avait carrément devancé son concurrent de 13 points. Succès similaire dans le troisième, le Haut Marais: 38% contre 31%. Succès toujours dans le quatrième arrondissement, voisin: 37% contre 30%. Au vu de ces chiffres, les Parisiens de nos quartiers n'ont pas dû spécialement faire la fête hier soir, à l'annonce de l'investiture de François Hollande.

Une chose encore, à propos du comportement électoral des Parisiens. Dimanche dernier, ils ont infligé une véritable gifle à ... Ségolène Royal.

Dans la capitale, en effet, la candidate socialiste aux présidentielles de 2007 n'a terminé qu'au cinquième rang (6%): devancée par Manuel Valls (8%). Et, dans notre onzième arrondissement particulièrement, elle a mordu la poussière, ne récoltant que 5% des suffrages. Soit très exactement 642 petites voix, sur plus de 13000 votes enregistrés.

14/10/2011

Un lot de consolation?

Comment et dans quelle mesure les présidentiables socialistes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire campagne et faire du buzz autour d'eux? Une étude a été consacrée à ce sujet. Même si elle n'aborde cette primaire que par le petit bout, techno, de la lorgnette, elle vient bien à point, trouve-t-on, pour achever la séquence socialiste de ce blog, cette semaine.

 

On y découvre que, sur Twitter, Martine Aubry l'emporte en termes de popularité. Qui, sur ce média, «est calculée à partir du nombre de followers, de reprise dans des listes et le nombre d'abonnés à ces listes». Elle est huit points devant Ségolène Royal, qui elle-même devance d'un point François Hollande. Martine Aubry est de nouveau sur la première marche du podium en termes d'influence: variable calculée «à partir du nombre de followers, de reprise (RT) et de la capacité à démarrer des conversations». Là, elle devance Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. En tête toujours, Aubry (devant cette fois François Hollande Hollande et Ségolène Royal) en ce qui concerne l'engagement, «calculé à partir du nombre de tweet, de réponses aux followers et du ratio followers/réponses». La rivale de François Hollande ne cède sa première place (à Arnaud Montebourg) qu'en ce qui concerne la confiance, «calculée à partir du nombre de retweet (RT), du nombre de mentions (via @)».

 

Conclusion ? «Le team Aubry est celui qui a le mieux utilisé la toile et qui ressort en tête de presque tous les critères de l'influence. A noter notamment l'indice de popularité qui est très nettement supérieur à ceux de ses concurrents: sans doute le résultat de sa position de leader de l'opposition de fait et ancienne secrétaire générale du PS. Elle focalise, à ce titre, l'attention, et la suivre devient une sorte de passage obligé».

 

Le succès sur les réseaux sociaux ne se traduisant pas forcément dans la vraie vie, tout cela, bien sûr, n'assure ni n'annonce d'office la victoire de Martine Aubry dimanche: au second tour de cette primaire, où elle affronte François Hollande. Mais au moins, pour elle, cela constituera-t-il, probablement, un lot de consolation.

 

PS: Et puis aussi, si vous êtes branchés réseaux sociaux, cette autre étude, elle consacrée à Facebook. Elle analyse l'impact, pour les présidentiables socialistes, de leur participation aux débats télé: sur leur compte Facebook, etc.

13/10/2011

Une si grande finesse

politique,personnalités,histoire,copéIl est grand temps que ces primaires socialistes pour 2012 s'achèvent. Temps, pour... la droite. Qui, ces derniers jours, n'en finit plus de se ridiculiser avec des comparaisons particulièrement absurdes. Ainsi, ce jeudi, dans les rangs de l'UMP y compris, bon nombre n'en étaient toujours pas revenus de l'analogie faite la veille par le n°1 de ce parti, Jean-François Copé, avec le troisième candidat du premier tour de dimanche: Arnaud Montebourg.

 

Qui donc, dans la bouche du patron de l'UMP, a été comparé rien moins... qu'aux «bolcheviks de 1917». Car ces derniers, à en croire le parti sarkozyste, se seraient parfaitement retrouvés dans les deux marottes de ce socialiste: la mise sous tutelle des banques et le protectionnisme européen.

 

Alors, on peut bien sûr de ne pas du tout être convaincu par les thèses du héraut de la «démondialisation». On a parfaitement le droit de juger ce dernier concept fumeux, voire périlleux pour la France s'il venait un jour à y être mis en oeuvre. Il n'est même pas illégitime de s'interroger sur la crédibilité du travail de reprofilage d'image qui a été le sien: métamorphose qui, en gros, a transformé ce gentleman-farmer bourguignon en défenseur de la veuve et de l'orphelin. Tout cela, pourquoi pas, peut susciter d'intéressants débats.

 

Mais tout de même: les bolcheviks...

 

Vu la si grande finesse d'analyse qui semble de mise en ce moment à l'UMP, on ne serait pas autrement étonné si, dimanche soir, ce parti en venait à assimiler le candidat investi par le PS pour 2012 à... Pol Pot, le leader des khmers rouges qui, dans les années 70, génocidèrent le Cambodge.

 

Encore bravo.

12/10/2011

Une mauvaise foi fatigante

On commence à la trouver casse-pieds, cette mauvaise foi de la majorité envers les  primaires socialistes. C'est ce qu'on s'est encore dit hier après-midi, en entendant le ministre de la Fonction publique, le néo-centriste François Sauvadet, comparer ce processus à «une émission de téléréalité du type «La Ferme des célébrités».

 

Alors, on a bien sûr parfaitement le droit de ne pas considérer ces primaires comme l'alpha & l'oméga de la Vème République, comme la huitième merveille du monde politique. On peut même s'agacer de ce pas de plus franchi dans la starification du débat d'idées, ce vedettariat compétitif et télégénique avec tous ces à-côtés si fatigants: logorrhée de petites phrases et de sondages, etc. Pourquoi pas peut-on même juger, comme Nicolas Sarkozy l'a fait hier, que rajouter ainsi deux tours partisans et primaires à l'élection en deux tours instaurée par de Gaulle n'est pas conforme à l'esprit des institutions. Tout cela peut faire d'intéressants débats.

 

Mais tout de même: «La Ferme des célébrités».

 

Aurait-on fait partie de ces 2,5 millions d'électeurs qui, dimanche, ont pris sur leur week-end pour aller voter qu'on trouverait très insultant d'être ainsi rabaissé au rang d'amateur de crétineries télévisuelles.

 

Serait-on de ces millions de téléspectateurs qui, intéressés par le débat d'idées, s'apprêtent à regarder ce soir le grand duel Hollande-Aubry qu'on trouverait vraiment méprisant d'être comparé à l'amateur de la télé-réalité du samedi soir, symbole s'il en est de vulgarité.

 

La vulgarité, finalement, elle est dans ce genre de critiques à l'emporte-pièce.

11/10/2011

Une émotion, pas fréquente

personnalités,royalDans la classe politique – et peut-être aussi dans l'opinion publique –, 48 heures plus tard, on n'en est pas encore revenu, et on ne parle quasiment que de cela. Des larmes de Ségolène Royal, dimanche soir devant les caméras. Il est vrai que de tels signes publics d'émotion, venant de personnalités politiques, ne sont pas si fréquents.

 

Mais ils ne sont pas rares non plus. En 2002 déjà, les sanglots d'une autre socialiste avaient fait parler d'eux: ceux de Martine Aubry, qui venait de perdre son siège de députée, aux législatives. Quatre ans plus tard, nouvel accès mémorable de tristesse au PS: à La Rochelle, Lionel Jospin avait (presque) craqué, devant un parterre estival de jeunes socialistes qui l'interrogeait sur le 21 avril 2002. On se souvient aussi d'un Bertrand Delanoë contenant mal son émotion, en 2005: le maire de Paris se rendait sur les lieux d'un de ces nombreux incendies qui à l'époque, avaient ravagé des hôtels miteux pour étrangers.

 

A Paris toujours, au soir des élections municipales de 2008, la candidate UMP à l'Hôtel de Ville, Françoise de Panafieu, sèchement battue par Bertrand Delanoë, avait sangloté devant les caméras. Deux ans plus tard, c'était le Premier ministre François Fillon qui avait eu beaucoup de mal à achever l'éloge funèbre de son maître en politique, Philippe Séguin. Et nul n'a oublié les sanglots de la députée catholique anti-Pacs Christine Boutin, en 1998 à l'Assemblée, après des railleries de Lionel Jospin – qui, pour s'excuser, lui envoya des fleurs. Ou l'émotion de Rachida Dati à son arrivée au ministère de la Justice, en 2007.

 

Bref, cela n'arrive pas fréquemment, mais cela survient quand même de temps en temps, les larmes en politique.

 

A gauche comme à droite. N'en déplaise à la si raide ex-ministre Michèle Alliot-Marie, qui eut un jour cette assertion si martiale et si sotte: «En politique, on ne pleure pas: on serre les dents et on sourit».

10/10/2011

Une excuse un peu facile

Associer Steve Jobs à la primaire pour la désignation du candidat socialiste aux présidentielles de 2012, dont le premier tour s'est déroulé hier. Il fallait oser, il fallait y penser. «Désirs d'avenir» l'a fait. Ce week-end, le (fan)club politique de Ségolène Royal a repris à son compte une petite phrase célèbre du fondateur d'Apple: «Ne vous laissez pas piéger par le dogme. Restez affamés. Restez fous».

 

Le rapport? A l'annonce de la mort de Steve Jobs, «on aura vu des médias laudateurs multipliant les éloges au génie disparu, à l'exceptionnel innovateur, entrepreneur et créateur qu'était Steve Jobs. Des centaines de journalistes louant la transgression, la vision, la capacité à aller jusqu'au bout de son intuition et de sa volonté, pour au final changer notre monde». Mais, mais, mais... mais dans le même temps, s'énervent les ségolénistes, «on aura vu, quelle surprise, les mêmes journalistes, les mêmes éditorialistes, ricaner parce que la candidate la plus innovatrice, la plus transgressive, a osé déclarer, lors du 3ème débat télévisé, qu'elle souhaitait faire en sorte que les enfants soient heureux d'aller à l'école!» On aura vu «ceux-là mêmes qui louent les qualités d'innovateur, de visionnaire de Steve Jobs, ne cesser de faire, dans leurs colonnes et sur toutes les ondes, l'apologie des candidats de l'inaction, de la normalité et de la grisaille».

 

La faute aux médias, donc. La faute, outre bien sûr «aux sondages manipulés», à ces «ricaneurs, donneurs de leçons médiatiques», si Ségolène Royal, hier, a récolté le score si humiliant de 7% (près de 10 fois moins que ses 60% de la primaire de 2006!).

 

On a évidemment toujours le droit de critiquer la presse. Mais, là, cela paraît tellement confortable, comme explication. C'est déjà tellement vu, comme excuse. Pour le coup, on ne trouve pas que la socialiste soit «la plus innovatrice, la plus transgressive». Mais ce n'est que notre avis.

07/10/2011

Une descente inattendue

Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».

 

Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».

 

Bigre.

 

L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.

 

On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.

06/10/2011

Un opportunisme. De bon aloi?

paris,transports,sécurité,art de vivreCela n'a sans doute pas échappé au taggueur qui, cet été dans notre quartier, a fait sourire pas mal de passants. En détournant le message d'avertissement («Souriez, vous êtes filmés») que l'on trouve habituellement dans les commerces vidéosurveillés de Paris. Il a bien dû remarquer, notre taggueur, que les autorités policières de la capitale n'avaient pas peu saisi l'occasion des pénibles faits-divers survenus ces derniers jours dans le métro parisien pour en remettre une couche dans leur lobbying en faveur de la vidéosurveillance.

 

A donc été très largement communiqué à l'opinion le fait que tel ou tel voyou avait pu être retrouvé puis arrêté grâce aux données fournies par telle ou telle caméra installée à tel ou tel endroit. A donc tourné en boucle, dans les médias, l'argument selon lequel, «incontournable à l'enquête judiciaire, la vidéo permet de résoudre plus d'affaires, et plus vite, dans l'intérêt des victimes». Ont donc été dits et répétés quelques chiffres censés sans doute impressionner le Parisien moyen. Comme ces 7000 séquences vidéo qui, en 2010, ont été réquisitionnées à la SNCF ou à la RATP par les policiers de Paris. Ou ces 53 «interventions (policières) vidéo guidées» qui, rien qu'en août dernier au Forum des Halles, «ont conduit au contrôle de 172 individus, dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants».

 

Rebondir sur une actualité atroce pour taper sur le clou d'un argument sécuritaire: chacun jugera si cette réactivité, cet opportunisme finalement, est de bonne guerre ou de mauvais goût.

 

paris,transports,sécurité,art de vivreQuant aux Parisiens inconditionnels des caméras, ils apprendront avec ravissement que le grand «Plan de vidéoprotection» de la Ville lumière «se déroule conformément aux prévisions». Ainsi, l'été prochain, «la préfecture de police disposera de 1100 caméras de voie publique dans Paris. Les fonctionnaires de police auront aussi accès aux images des 15.000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux ou les stades».

A l'horizon 2016, rien que dans le réseau des transports publics en région parisienne, on trouvera 18.000 caméras, dont 600 embarquées dans des rames SNCF ou RATP.

Plus que jamais donc, à Paris dans les mois et années à venir, il conviendra, si l'on est soucieux de son image, d'arborer en permanence son plus beau sourire.

05/10/2011

Une (relative) amélioration

Un mot encore, aujourd'hui, sur l'insécurité dans les transports parisiens – pas pour inquiéter, mais pour être complet sur le sujet. Contrairement à ce qu'à pu penser le Parisien moyen vu les faits divers horribles qui y ont eu lieu ces derniers jours, l'insécurité, en fait, ne serait plus en explosion sur le réseau ferré de la capitale.

 

Du moins s'il faut en croire «Le Figaro», qui, l'autre jour, l'a comptabilisée. Selon lui, «le nombre de vols avec violence commis dans le métro et le RER, qui avait bondi de 36,7% l'année dernière, avec 11.665 faits constatés, marque un repli inédit, pour se stabiliser à 0,8% au cours du premier semestre 2011». Par exemple, «la courbe ascendante des vols simples et des vols à la tire mettant en scène des pickpockets a tendance à s'infléchir». A l'unisson avec les autorités, le quotidien attribue notamment cette (relative) amélioration à la vidéo-surveillance, qui s'est beaucoup répandue ces dernières années dans les transports publics, ici.

 

Pour Paris intramuros, les gares et stations «sous haute surveillance» sont, forcément, celles qui sont les plus fréquentées. Quelques chiffres, si vous aimez cela. Sans surprise, s'agissant d'un des noeuds de communication les plus fréquentés d'Europe, le gros point noir reste Châtelet-Les Halles. En 2010, y ont été recensés 1245 vols simples ou à la tire et 409 vols avec violence. Pour cette dernière catégorie de délit, la plus traumatisante pour les victimes, la gare de l'Est (130 cas en 2010) et la gare de Lyon (148) font mieux que la gare Saint-Lazare (232). Et beaucoup mieux que Paris-Nord (382).

 

382 vols avec violence par an, soit plus d'un par jour, à la gare du Nord. A la lecture de ce chiffre, les habitués du Thalys pourraient un peu s'inquiéter. Là aussi, donc, il importe de relativiser. Cette gare, une des plus grandes du monde, accueille chaque jour plusieurs millions d'usagers.

04/10/2011

Une malheureuse coïncidence?

métro,paris,sécurité,médiasOn a l'air (pas) malin, ce matin. Hier à peu près à la même heure, dans ce blog, on soutenait que les attaques de «pousseurs» étaient extrêmement rares, dans le métro de Paris. Il n'a pas fallu 24 heures pour que l'AFP vienne, ce matin, avec une dépêche relatant... un accident du même ordre.

 

Elle dit ceci. «Drame évité dans le métro parisien. Un «pousseur» a failli faire une nouvelle victime dimanche soir dans le métro parisien, à la station 'Strasbourg-Saint-Denis', relate «Le Parisien». Le déséquilibré, âgé de 30 ans, a empoigné fermement et jeté sur les rails un jeune homme de 25 ans en train de discuter avec un ami alors qu'une rame entrait dans la station. La victime est heureusement tombée dans la «fosse anti-suicide», qui n'est pas électrisée comme le reste des rails. Le conducteur de la rame a lui eu le temps de freiner pour éviter l'impact. Il s'est jeté à la poursuite du pousseur avec deux autres témoins, le déséquilibré ayant pris la fuite dans le tunnel pour rejoindre la prochaine station. Le «pousseur» a été rattrapé et livré à la police. Il a été interné à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. La victime est, quant à elle, très choquée».

 

Deux méfaits censés extrêmement rares qui surviennent à quelques jours d'intervalle, donc. De deux choses l'une.

 

Soit les dérangés lisent les médias et sont inspirés par les faits divers de ce type, lorsqu'ils y sont relatés. Auquel cas, peut-être ferait-on mieux de moins médiatiser ce genre de drames, pour éviter de donner des idées à certains. Soit ce fait de deux «pousseurs» sévissant tour à tour et en un temps très rapproché n'est en fait rien d'autre qu'un malencontreux hasard. Qu'une malheureuse mais fortuite coïncidence. Et cela n'enlève rien au fait que, dans le métro de Paris, les actes de ce genre sont extrêmement rares.

 

métro,paris,sécurité,médiasChacun jugera. Nous, en tout cas, davantage d'ailleurs en tant qu'usager lambda du métro qu'en tant que journaliste, on choisit la seconde hypothèse. Et on est bien résolu à ne pas commencer à surveiller du coin de l'oeil les gens derrière nous sur le quai. Ca casserait l'ambiance.

PS: Sinon, si vous voulez en savoir plus sur «la bouleversante histoire» du «héros du métro»: cet homme tué jeudi après avoir été jeté sur les voies à la station 'Crimée', c'est ici.