25.11.2011
«Une hausse très significative»
Ce vendredi, comme chaque 25 novembre, c'est la «Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes». A Paris, il n'y a pas si longtemps, femmes et hommes ont manifesté contre cette plaie (relire ici) – qui nous a déjà pas mal (pré)occupé dans ce blog (relire ici ou là, par exemple).
Si on a choisi d'y revenir à nouveau aujourd'hui, c'est parce que viennent de sortir des chiffres assez mauvais en la matière. Ils confirment qu'en France, la violence envers les femmes ne recule pas, en tout cas ne recule pas fondamentalement. Alors que les autorités avaient désigné cette lutte comme étant la Grande Cause nationale de l'année 2010.
Selon la dernière enquête de victimation que vient de sortir l'Observatoire national de la délinquance, le nombre de vols (ou tentatives) avec violences ou menaces perpétrés contre les femmes a connu «une hausse très significative» en 2010. Une année au cours de laquelle 145.000 femmes en ont été victimes. Principales cibles des agresseurs de femmes: les adolescentes et les personnes âgées.
En ce qui concerne les violences sexuelles faites aux femmes, le constat est mitigé. Globalement, les taux des violences de ce type commises en dehors ou dans le cadre du ménage sont en baisse, «de façon significative, voire très significative» même. C'est sans doute le résultat des nombreuses campagnes de sensibilisation et de prévention du grand public, à la télévision notamment. Mais trois facteurs empêchent de se réjouir de ce chiffre pas trop mauvais.
D'abord, au total, la violence au sein du ménage frappe tout de même encore 560.000 femmes chaque année, ce qui n'est pas rien. Ensuite, la baisse «significative» des violences de ce type «concerne de façon très limitée les actes dont l’auteur est le conjoint». En la matière, le taux n'est passé que de 1,3% à 1,2%; c'est donc moins une amélioration qu'une stagnation. Enfin, ici encore, le chiffre total n'a rien de dérisoire. Puisqu'«on estime à près de 260.000 le nombre de femmes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques ou sexuelles de la part du conjoint», en 2009 ou 2010.
Comme le disent et le répètent les campagnes de sensibilisation, dans l'Hexagone, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. L'an dernier, 146 décès de ce type ont encore été déplorés.
Pas sûr qu'une Journée internationale soit à même d'endiguer ce fléau. Mais au moins donne-t-elle l'occasion d'une fois de plus évoquer le problème, notamment dans les médias. Ce qui, sans doute, ne peut pas faire de mal.
11:22 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, sécurité, police




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