15.12.2011
Une première, «triste»?
Deux ans de prison avec sursis. Le jugement est tombé ce matin, au tribunal correctionnel de Paris. L'ex-Président Chirac (1995-2007) a été reconnu coupable de détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, pour des emplois fictifs à la mairie de Paris, dans les années 90.
«Une triste première en France», entendit-on illico sur une radio. «Un jugement très sévère», renchérit une autre. «Une condamnation extrêmement forte», commenta une télé d'info continue. Et ces médias de mettre en avant les 79 ans de l'intéressé, son état de santé affaibli, et les services qu'il rendit à la République pendant ses 43 années de carrière politique.
C'est la première fois en France qu'un ex-chef d'Etat est ainsi jugé et condamné – exception faite des deux cas, historiquement si particuliers, du roi Louis XVI et du maréchal Pétain. «Cette condamnation abîme l'image du pays, de la République»: dès le prononcé du jugement, est revenu, dans la bouche de certains, cet argument. Et il va sans doute être répété tout au long de la journée, par les partisans de l'ex-Président.
Mais que dirait-on de ce pays, lui qui prône et pratique la «tolérance zéro» envers les petits délinquants, si sa Justice avait passé l'éponge, comme si de rien n'était, sur les délits commis par un ex-Président? L'image de la France, à notre sens, en aurait été autrement plus souillée.
11:33 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, justice, chirac, paris




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