10.01.2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports




Commentaires
Ce blog est assez amusant à lire quand on sait que l'auteur est belge. Un Belge qui s'est fort bien intégré. Aussi râleur qu'un Parisien de souche ! Il y a eu pire à Paris que les travaux de la place de la République et il y aura encore, je l'espère, pire dans les années à venir. Qui dit travaux dit ville qui bouge, ville qui vit.
Écrit par : Gari | 13.01.2012
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