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31/01/2012

Un toupet

Nicolas Sarkozy n'est donc pas encore officiellement candidat à un nouveau mandat. Dimanche soir, à la télé, il a répété que sa priorité devait continuer à aller à la conduite du pays, par ces temps de crise. Mais, le moment venu, «je ne me déroberai pas», a-t-il aussi confirmé, et ce moment «approche». Aucune surprise à attendre, dès lors.

Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat, mais la page web intitulée http://www.nicolassarkozy2012.fr/, elle,existe déjà. Et elle est squattée par une intruse. La dame officie dans un tout autre domaine que la haute politique. Mais, avec un toupet assez comique, elle a manifestement jugé que cette usurpation de nom de domaine lui serait profitable, en termes de pub.

Cela fait des semaines, voire des mois, que l'effrontée sévit à cette page. Au vu et au su de tout le monde politique, et donc y compris des services de l'Elysée. Il n'empêche, malgré tout ce temps, les pandores (électroniques) ne l'ont visiblement pas encore délogée de cette adresse hautement fatidique.

D'où la question qui, plus que jamais, s'impose: mais que fait la police?

30/01/2012

Un gros retard français

Télévision, Sarkozy, Handicapés, BelgiqueDès samedi, l'Elysée l'a annoncé, par un communiqué pas peu fier. Dimanche, l'entretien télé de Nicolas Sarkozy serait «disponible dans la soirée en rediffusion, traduit en langue des signes», sur son site internet. Et de préciser: «Cette initiative répond aux demandes d’associations de personnes sourdes et malentendantes».

En lisant ce communiqué, on s'est dit que, les sourds et malentendants étant des électeurs comme les autres, sans doute nombre d'entre-eux devaient vouloir suivre en direct l'intervention du chef de l'Etat, plutôt que d'attendre sa traduction en langues de signes, dans la soirée. Tous ceux-là n'ont eu d'autre choix que de se rabattre sur le télétexte.

En Belgique, en revanche, d'après le souvenir assez précis qu'on en a gardé, les allocutions du Roi, comme d'ailleurs tous les programmes d'information, sont diffusés avec, apparaissant en temps réel en bas de l'écran, un traducteur-interprète qui les restitue simultanément en langue des signes. Cela doit bien faire une vingtaine d'années que cela existe.

Samedi, dès lors, l'Elysée n'avait pas vraiment de quoi se vanter, dans son communiqué. La France, en effet, affiche un gros retard en la matière.

Mais sans doute n'est-il jamais trop tard pour bien faire.


PS: Cela dit, on trouve qu'hier soir, le grand parti sarkozyste a été un peu mou du genou. L'UMP, en effet, n'a diffusé que 16 communiqués de presse différents, saluant la prestation télé du chef de l'Etat. Seize, à comparer avec les 24 communiqués que le même parti avait consacrés jeudi à François Hollande. Besoin de vitamines?

27/01/2012

Une logorrhée

24. On n'invente rien: on les a comptés et même recomptés ce matin, pour en être bien certain. Hier, l'UMP a diffusé... 24 communiqués de presse successifs. Chacun signé par un dirigeant différent, mais tous consacrés à une seule et même actu: le projet présidentiel du socialiste François Hollande. Un premier communiqué à 10h56, le deuxième à 11h01, ensuite un autre à 11h34, à 11h59, 12h28, 13h12, 13h15, etc. Jusqu'à 23h33 précisément: heure du dernier communiqué de l'UMP sur le sujet.

A force, cette logorrhée devenait (un peu) comique. Car, le fond de cette communication ne variant bien sûr pas – en gros: l'intéressé, son programme et son partis sont nuls –, cela donnait l'impression qu'au service de presse de l'UMP, on passait sa journée à éplucher, heure après heure et page par page, le dictionnaire des synonymes. Pour trouver des variantes lexicales à cette nullité socialiste alléguée: François Hollande est irresponsable, inconséquent, pas crédible, déraisonnable, dangereux, contradictoire, bancal, etc.

On n'a toujours pas compris l'avantage d'une telle stratégie de com'. A moins bien sûr de considérer que la presse est sourde et l'électorat débile (ou inversement), quel est l'intérêt de répéter 24 fois le même message en une seule et même journée? Cela a surtout donné de l'UMP l'image d'une armée mexicaine de cadres et dirigeants, chacun à l'ego si boursouflé qu'il voulait absolument dire lui aussi son petit mot sur le sujet, pour tenter d'exister médiatiquement. Espoir le plus souvent déçu. La plupart des journalistes, en effet, pour répercuter le point de vue sarkozyste, ont juste relayé la parole de Jean-François Copé, le n°1 du parti, et/ou de ses ministres les plus importants: François Baroin (Finances) ou Valérie Pécresse (Budget).

Donc au total, pour ce parti hier, tant de temps perdu, tant d'énergie gâchée, tant de mots, de papier et d'électricité en pure perte dépensés.

Mais que ne ferait-on pas en campagne électorale, à moins de cent jours de l'échéance?

26/01/2012

Une terre de (centre-)gauche

Elections présidentielles, parti socialiste, personnalités, Patrimoine, activismePlus que jamais terre de gauche, notre 11ème arrondissement. Enfin, de gauche: de centre-gauche on va dire, s'agissant du PS. Parti dont le candidat à l'Elysée, François Hollande, présente ce jeudi ses 60 propositions, et il a choisi le 11ème pour ce faire. Et même un lieu emblématique de cet arrondissement si populaire jadis: la Maison des Métallos.

Laissé à l'abandon pendant les décennies où la droite chiraquienne régna sur Paris, ce temple des luttes d'ouvrières d'antan a été rénové, plutôt bien, par la mairie et la Région (toutes deux désormais socialistes, pour rappel), et est devenu un centre socio-culturel. L'automne dernier, déjà, c'est dans le 11ème que le favori à la présidentielle avait tenu le dernier meeting de sa campagne pour les primaires en vue de l'investiture socialiste. C'était à la salle de spectacles du Bataclan, boulevard Voltaire.

Mais, dans les rues de ce onzième, comme un pied de nez adressé au parti dominant de l'opposition, les petits partis de gauche ont, ces dernières semaines, collé, recollé et surcollé des tas d'affiches électorales. Cette intrusion picturale gauchiste est même assez impressionnante.

Les Parisiens du coin ont donc pu faire connaissance avec Nathalie Arthaud: qui a pris la succession d'Arlette Laguiller à Lutte Ouvrière, mais qui tarde à se faire un nom. Depuis dimanche, cela dit, les affiches de LO ont été détrônées par celles du Front de gauche. Un parti qui, au vu du nombre de ses affiches placardées sur les murs de notre quartier, y a envoyé une grosse escouade de colleurs.

Elections présidentielles, parti socialiste, personnalités, Patrimoine, activismeOn n'a pas compris, d'ailleurs, le slogan d'une de ses affiches: «C'est le moment de prendre parti pour LA RÉPUBLIQUE». Et quoi? Désormais, la formation du tribun populiste Jean-Luc Mélenchon constituerait le seul et unique parti républicain? Au printemps, les électeurs qui voteront pour un autre candidat et/ou voteront à droite ne serviront ni n'honoreront la République?

Cet accaparement, cette préemption somme toute, c'est, bien sûr, totalement abusif. Et péniblement prétentieux.

25/01/2012

Une confusion des rôles

Ce mercredi, les députés examinent une proposition de loi inspirée d'un cas dramatique. Elle vise à permettre à tout salarié de faire don de ses heures de congé ou de récupération (au titre de la réduction de temps de travail) à un collègue parent d'un enfant gravement malade, dont le pronostic vital est engagé. Si ce texte est adopté, il s'appellera la «loi Mathis».

Car tel était le prénom d'un enfant à qui, quand il avait dix ans, a été diagnostiqué un cancer du foie au stade 4. Il en est décédé. Son père n'a pu l'accompagner jusqu'à la mort que grâce à la solidarité de ses collègues. Il avait épuisé, au chevet de son enfant, tous ses jours de récup' et de congé. Il aurait donc dû reprendre le boulot. Mais ses collègues lui ayant fait don de 170 jours de récupération, il a pu rester au chevet de son enfant, jusqu'à sa mort. Aujourd'hui, la loi n'interdit pas un tel geste de solidarité dans l'entreprise, mais ne le réglemente pas non plus. En théorie, du coup, chaque employeur est en droit de refuser des faveurs de ce type entre ses employés. Demain, si la loi est votée, cette solidarité sera toujours permise et encadrée.

Très bien? On n'est pas trop à l'aise, en fait, envers une telle initiative législative.

On peut évidemment trouver parfaitement exemplaires les gestes de solidarité de ce type, posés entre collègues. Etant entendu que, dans le monde en général et dans le monde de l'entreprise notamment, sans doute n'y a-t-il jamais assez d'altruisme. Mais on trouve anormal que la présence d'un père au chevet de son gosse agonisant dépende de la générosité, ou non, de ses collèges. Ce n'est pas à des particuliers mais à l'Etat – l'Etat au sens large: les pouvoirs publics, l'assurance-maladie, etc. – à prendre en charge cela. A l'Etat de faire en sorte que le parent d'un gosse en train de mourir ne soit plus forcé de choisir entre, soit abandonner son enfant à son sort, soit perdre son boulot et donc ses moyens de subsistance.

Le père de Mathis, dans les médias ces derniers jours, en a témoigné – et c'était particulièrement émouvant. Après avoir épuisé les trois mois et demi d'arrêt auxquels il avait droit, il a été convoqué par l'assurance-maladie. Où un fonctionnaire lui a dit: «Monsieur, c'est votre enfant qui est gravement malade, pas vous! Vous, vous allez bien. Donc, vous reprenez le travail!»

On peut évidemment voter une telle loi, mais il faudrait d'abord et avant tout s'attaquer aux comportements obtus d'une certaine administration, arc-boutée jusque dans l'indignité sur la réglementation. Après, lorsque l'Etat aura rempli son rôle et modifié à la fois ses pratiques et ses textes, dans le sens de plus d'humanité, alors il sera toujours temps de demander aux citoyens de faire preuve, à leur tour, de générosité. Et l'on pourra alors, sans réserve, saluer cet altruisme.

Mais ce n'est que notre avis.

24/01/2012

Une propagande impressionnante

Partis, Elections présidentiellesLes boîtes aux lettres vont déborder en France, ces prochaines semaines. En effet, à désormais moins de trois mois du premier tour des présidentielles (le 22 avril), les deux partis dominants viennent d'annoncer coup sur coup qu'ils allaient écrire au Français moyen.

Les chiffres ont de quoi donner le tournis. Le PS va imprimer 15 millions d'exemplaires (15 millions!) du projet que son candidat à l'Elysée, François Hollande, a ébauché en meeting au Bourget dimanche, et qu'il détaillera ce jeudi à Paris. L'UMP ne sera pas en reste. Le grand parti sarkozyste a confirmé hier qu'il allait tirer à 6 millions d'exemplaires un argumentaire pour «rétablir la vérité» sur le bilan du Président sortant, bilan qui, selon la droite, est en permanence injustement voire ignoblement critiqué.

Toute cette pub électorale – cette propagande, en somme – qui va bientôt débarquer dans les boîtes aux lettres, constituera-t-elle autant de lectures passionnantes? On jugera sur pièces. En tout cas, ces deux mailings gigantesques auront au moins un avantage: ils donneront du travail à pas mal de gens (postiers, imprimeurs, etc.). En termes de chômage, la situation en France en ce moment n'ayant jamais été aussi mauvaise depuis douze ans, sans doute est-ce déjà cela.

23/01/2012

Un mésusage

Non, on n'a pas subitement adhéré à une ligue moraliste et/ou anti-alcool. Mais, vivant dans un coin de Paris très fréquenté par les fêtards et autres noctambules – et où, donc, la boisson coule à flots –, on a été assez impressionné par les chiffres sur l'alcool dans la capitale, que vient de donner la préfecture de police.

 

L'alcool désinhibe, c'est bien connu – et c'est souvent cela qui est assez drôle. Mais, parfois, cette désinhibition tourne vraiment (très) mal. Ainsi, à Paris l'an dernier, «22% des auteurs de violences sexuelles ont agi sous l’emprise de l’alcool». Ce fut aussi le cas de «19% des auteurs de violences» non motivées par des raisons crapuleuses. Dans cette catégorie, par exemple, 19% des coups et blessures volontaires ont été portés par quelqu’un qui était en état d'ébriété.

 

Dans un autre registre, l'alcoolémie a joué un rôle dans 28% des 50 accidents de la circulation qui, à Paris en 2011, ont tué – tué 6 piétons et 6 motocyclistes, notamment. En outre, parmi les 4.681 conducteurs qui, dans la capitale, ont vu leur permis de conduire suspendus par le préfet, 75% conduisaient en état d’ivresse (et 5% sous l’emprise de stupéfiants).

 

A Paris comme dans toute la France, dès le mois de mars prochain, l'éthylotest fera partie des équipements devant impérativement être présents dans chaque véhicule, à l'instar du gilet jaune fluo, du triangle de signalisation, etc. Les automobilistes ayant bu seront censés avoir soufflé dans le ballon avant de démarrer leur véhicule.

 

Reste à voir si cette obligation sera respectée. Et si, à Paris en 2012, le mésusage de l'alcool aura globalement moins de conséquences dramatiques que l’an dernier.

20/01/2012

Une flambée

paris,logement,economie,social,gouvernement164%. Le chiffre est sorti hier (ici), et il est saisissant. +164%: c’est l’évolution qu’ont connue les prix de l’immobilier à Paris, ces dix dernières années.

 

Dans la «Ville lumière», l’ère de l’euro aura donc été «particulièrement favorable aux propriétaires», en termes de plus-values en cas de revente de leurs biens, se réjouit l'agence immobilière en ligne Efficity. C’est une façon de voir les choses. Une autre est de prendre le point de vue des candidats-acquéreurs. Vu sous cet angle, «depuis 2000, l'écart entre l'augmentation des prix des logements et celle des revenus des ménages ne cesse de se creuser (+ 86% contre + 25% sur la période 2000-2009). La solvabilité des ménages français s'est donc nettement dégradée. Une famille qui se serait endettée sur 14 ans en 2000 aurait dû s'endetter sur 31 ans en 2008».

 

Avec des prix désormais situés entre, en gros, 6000 et 12000 euros le mètre carré, selon l’arrondissement, faut-il encore se demander pourquoi, en dix ans, Paris est devenue une ville de bobos? Du reste, selon la même étude, cette flambée de l’immobilier n’a pas concerné que la capitale. Ainsi, depuis 2000, «les prix ont progressé de 136% à Lille, 118% à Toulouse et 111% à Marseille».

 

Les sondages, de longue date (voir par exemple ici), indiquent que 65% des Français jugent difficile de trouver un logement. Cette proportion passe à 71% chez les 18-29 ans. 64% des primo-accédants ont rencontré des difficultés pour trouver un logement correspondant à leurs attentes. Ils sont presque aussi nombreux (57%) à avoir peiné à trouver un financement correspondant à leurs besoins, pour acquérir ce logement.

 

paris,logement,economie,social,gouvernementNotez que, malgré cette situation critique, le gouvernement ne compte pas même, en son sein, de ministre du Logement de plein exercice: juste un secrétaire d’Etat. Et, après cela, certains s’étonnent que, dans les sondages, les gens disent que leurs préoccupations premières ne sont pas assez prises en compte par leurs dirigeants... 

19/01/2012

Un soupçon de connivence

Plein de choses intéressantes, comme chaque fois, dans le «Baromètre de la confiance dans les médias» réalisé chaque année par la TNS-Sofres, et publié ce matin (ici) dans le journal «La Croix».

Internet est toujours bon dernier (et la radio toujours en tête) dans le degré de confiance accordé par le public aux différents types de médias, mais la crédibilité et la fiabilité informatives de la toile, jadis proches de zéro, commencent à progresser. Le goût des Français pour l'info croît. Tant mieux: les journalistes ne feront pas des heures supplémentaires pour rien, dans les six mois de campagne présidentielle qui viennent. Les médias se voient reprocher de parler exagérément des candidats à l'Elysée dominants, et pas assez des petits candidats. Et le grand public trouve que les journalistes en ont beaucoup trop fait sur les des deux grands feuilletons qui ont alimenté l'actu, l'an dernier: les aventures juridico-sexuelles de DSK, et les ennuis politico-fiscaux de la milliardaire Liliane Bettencourt. En revanche, les Français auraient aimé que les médias leur parlent davantage du sommet de Durban sur le climat, ou de la reconnaissance de l'Etat palestinien par l'Unesco. On n'est pas loin d'être d'accord avec eux.

Enfin, près de six Français sur dix continuent de douter de l'indépendance des journalistes: de leur indépendance à la fois à l'égard des décideurs politiques et envers les «pressions de l'argent». Cette défiance est une vieille constante de ces baromètres, et elle ne s'arrange pas fondamentalement, d'une année à l'autre.

Ce soupçon de connivence avec les puissants, pris à l'échelle individuelle, est sans doute injuste (insultant?) pour le petit journaliste moyen: celui qui, sans la ramener, loin donc des vedettes de l'info, essaie juste de faire chaque jour le plus correctement possible un travail qui, en soi, n'est pas facile et qui, d'année en année, se déroule dans des conditions de plus en plus difficiles. Mais, à l'échelle de la corporation, cette confiance très relative de l'opinion est plutôt saine, trouve-t-on. Car elle force la profession journalistique à sans cesse s'interroger, et à être vigilante sur ses pratiques et sur son éthique.

18/01/2012

Une vi(ll)e barricadée?

Paris, Sécurité, Police, Etrangers, GouvernementC'est le chiffre qui a marqué, hier, et a fait parler de lui: +17%. Soit l'augmentation du nombre de cambriolages, l'année dernière en France. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant – qui, décidément, a toujours un petit mot sympa envers les étrangers... – , a donné notamment cette explication: «Nous devons nous adapter à des phénomènes nouveaux, par exemple les cambriolages qui sont conduits par des bandes venant des pays d’Europe centrale et orientale».

Paris n'échappe pas à la tendance générale du pays. L'an dernier, très exactement 12.595 cambriolages y ont été déclarés aux autorités. Cela fait quand même plus d’un millier de vols par effraction chaque mois, près de 35 chaque jour. D'après les statistiques plus détaillées, notre cher onzième arrondissement figure dans le peloton de tête des quartiers parisiens les plus visités par les Arsène Lupin. Bien avant des arrondissements pourtant infiniment plus cossus, comme le seizième ou le septième.

A dire vrai, on n'a pas été trop étonné par ces chiffres, hier. Rien que parmi nos voisins les plus proches, trois ont été victimes d'un cambriolage, l'an dernier. L'un d'eux, habitant un duplex, a même eu la mauvaise surprise, un matin en descendant de sa chambre à coucher, de constater que tout le rez de son appart' avait été dévalisé pendant la nuit, alors qu'à l'étage, il dormait à poings fermés...

Depuis, dans le quartier, et probablement au-delà, dans Paris tout entier, la profession qui se frotte les mains, en ce moment, ce sont les installateurs de systèmes d'alarme.

Vivre barricadé. Dans une ville que l'on trouve déjà truffée de digicodes. On ne s'est pas encore fait à l'idée.

17/01/2012

Un bilan assez éclairant

18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».

18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.

Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.

Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.

Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.

16/01/2012

Une comparaison (débile)

Personnalités, Gouvernement, Parti socialiste, Copé, HollandeC'était sur une télé d'info continue, ce matin. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, n'a rien trouvé de mieux que de comparer le candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande, au capitaine du bateau de croisière «Costa Concordia», qui a fait naufrage ce week-end en Italie. Pour lui, «il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs. Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance».

Comparer le présidentiable du premier parti de l'opposition à un homme qui sera vraisemblablement poursuivi pour homicides involontaires. A un incompétent qui, d'après les témoignages des survivants de la catastrophe, sabrait le champagne avec son second dans un bar VIP alors que leur navire se dirigeait tout droit vers les récifs. A un couard qui, selon ces mêmes sources, a abandonné ses passagers et sauvé sa peau en s'enfuyant dans un des premiers canots de sauvetage.

Alors, on a parfaitement le droit de ne pas apprécier, et même de détester, François Hollande, son parti et son programme. Mais une comparaison de cet acabit est profondément débile. Et, s'il s'agit d'un trait d'humour, il est indigne d'un ministre de la République, sachant que des Français figurent parmi les disparus de la catastrophe.

Précédemment, déjà, des pontes de l'UMP avaient traité le présidentiable socialiste d'«homme dangereux». Comme on dit d'un criminel échappé de prison qu'il est considéré comme un homme dangereux. Et, l'autre jour, le président de l'Assemblée nationale en personne, l'UMP Bernard Accoyer, a estimé que, si François Hollande était élu à l'Elysée, les conséquences économiques et sociales, pour le pays, seraient comparables à celles d'«une guerre».

«Chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse!», dans nos critiques envers le PS, s'était amusé, la semaine dernière, le n°1 de l'UMP, Jean-François Copé. Il a tort. Ce n'est même pas un film d'horreur de série B. C'est à la politique ce que Max Pecas doit être au cinéma: du grand n'importe quoi.

Encore bravo.

13/01/2012

Une double palme

S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»

Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.

La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».

Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.

Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».

Encore bravo.

12/01/2012

Un «effet papillon»

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreC'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».

Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.

Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.

Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreDans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.

On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.

Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».

Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreLa mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.

11/01/2012

Un «faible engouement»

Le début des soldes, ce mercredi. Ce matin à la radio, on entendait un «micro-trottoir» qui donnait la parole à des Parisiens ayant fait le pied de grue dès 6h30 devant les grands magasins du quartier Hausmann. Encore dans un demi-sommeil guère dynamique, on hésitait entre l'admiration envers l'énergie matinale de tous ces lève-tôt, ou l'agacement devant cette tradition consumériste qui, jusqu'au 14 février, va transformer les boutiques de Paris en champs de bataille hystérisés.

Un peu moins hystérisés que d'habitude, cela dit, peut-être.

Selon une étude de l'Observatoire des soldes – oui, ça existe –, ces soldes-ci suscitent un «faible engouement» dans le grand public. L'intérêt pour cette tradition commerciale ne serait plus en augmentation, mais en «stagnation» par rapport à cet été, voire en «décrochage» par rapport aux soldes de janvier. Pourtant, les soldes d'hiver sont «traditionnellement plus prisés que ceux de l'été». Certes, 61% des Français ont bien l’intention de sacrifier à ce rituel, «mais c’est moins que l’année dernière à la même saison (-6 points)». Et «cette baisse se constate chez toutes les catégories de Français quel que soit le sexe, l’âge et le niveau de revenu, avec une chute spectaculaire chez les jeunes (-14 points)». Dès lors, comme cela avait déjà été le cas pour les soldes «très décevants» de l'hiver 2011, «2012 pourrait suivre la même tendance».

Même si chaque Français qui fera les soldes ces prochaines semaines y consacrera un budget moyen de 221€, ce qui n'est tout de même pas rien.

10/01/2012

Une année d'énormes travaux (encore)

Paris, Urbanisme, Patrimoine, Environnement, Justice, Transports, Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...

C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.

Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.

Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.

Paris, Urbanisme, Patrimoine, Environnement, Justice, Transports, L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».

Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.

Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.

Paris, Urbanisme, Patrimoine, Environnement, Justice, Transports, Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.

Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.

A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.

09/01/2012

Un éloignement

Pas mal d'agitation, ce week-end et en ce début de semaine, à propos du dernier sondage Ifop en date (ici), relatif aux intentions de vote pour l'élection présidentielle. Et pour cause: à la fin de cette semaine, on ne sera plus qu'à 100 jours de l'échéance du premier tour. Du coup, les écarts qui se resserrent, les avances qui fondent comme neige au soleil, les hémorragies stoppées ou les remontées confirmées – pour reprendre le lexique des sondeurs –, tout cela passionne le monde politico-médiatique.

A tout prendre, on trouve bien plus intéressant un autre sondage (là), sur les présidentielles toujours, qui a été publié lui dans les derniers jours de décembre – mais a fait bien moins de bruit.

Aux yeux du Français moyen, a confirmé cette enquête, la campagne électorale élyséenne telle qu'elle se déroule en ce moment apporte des réponses assez éloignées, voire très éloignées, de ses préoccupations premières, qui sont le maintien de l'emploi, la lutte contre la hausse des prix des produits de première nécessité, et le maintien de l'accès à des soins de santé de qualité. Plus de sept Français sur dix (72%) sont de cet avis.

Cela promet, le jour du vote.

06/01/2012

Une pagaille d'anthologie

Difficile d'achever la semaine sans évoquer l'incroyable pagaille qui, depuis le 1er janvier, règne dans nombre de magasins – à Paris comme en province. Pagaille due au changement intervenu dans les taux de TVA, dans le cadre du dernier plan de rigueur gouvernemental. Le relèvement (de 5,5% à 7%) du taux de la TVA réduite pour toute une série de produits, mais pas pour toute une série d'autres, a plongé nombre de commerces dans une confusion considérable. A Paris ces derniers jours, c'était parfaitement notable dans les boulangeries, par exemple.

Le client doit désormais se voir facturer un taux de TVA distinct selon notamment que les aliments achetés sont destinés soit à être emportés, soit à être consommés sur place. Déjà pas trop simple à gérer au moment du passage en caisse. Exemple? La quiche emportée froide est frappée d'une TVA à 5,5%. Mais, si elle est réchauffée dans le micro-ondes de la boulangerie, sa TVA passe à 7%. Même différence entre le sandwich et le panini. Mais les chocolats ou macarons vendus dans la même boulangerie continuent, eux, à être taxés à 19,6%. «Nous sommes totalement perdus. En terme de complexité, je crois qu'on ne peut pas mieux faire», s'est énervé, dès le début de la semaine, le patron de la confédération de la boulangerie-pâtisserie française.

En milieu de semaine, constatant la pagaille, le ministère de l'Economie a sorti une note explicative (30 pages!) censée simplifier le casse-tête. Il en résulte que le cornet de glace acheté chez le glacier et le cône industriel Igloo ou Ola acheté au supermarché seraient frappés de deux taux de TVA différents. Idem pour le sandwich s'il est garni ou non de mayonnaise. Idem pour une boisson selon qu'elle est vendue dans un gobelet en carton ou en canette. En revanche, les chips et viennoiseries auraient toujours le même taux de TVA, qu'ils soient achetés ici ou là.

Tout cela au conditionnel, parce que la note de Bercy a eu l'effet exactement inverse de celui qu'elle recherchait: dans les petites commerces (ceux de notre quartier, en tout cas), le fouillis est tel que plus personne ne s'y retrouve: ni le commerçant, ni le client.

Encore bravo.

05/01/2012

Une frénésie, ou pas

economie,social,art de vivre,parisRien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, notre boîte mail, à «La Libre», se retrouve complètement embouteillée, voire parfois paralysée, par les milliers de gigaoctets que pèsent les innombrables dossiers de presse rutilants que les services de com' des grands magasins parisiens se sentent obligés de nous adresser, chaque fois que les soldes approchent. Le même embouteillage électronique, dû à la même cause, avait été de mise, comme les années précédentes, au mois de décembre. Comme si on passait nos journées de travail à écrire des articles recommandant aux lecteurs d'aller acheter tel ou tel cadeau de Noël ou de profiter de telle ou telle promo au «Printemps», aux «Galeries Lafayette» ou au «BHV» ...

Cela dit, l'habituelle frénésie, voire hystérie, sera-t-elle de mise dès le lancement de ces soldes, dans les grands magasins de Paris?

A en croire un sondage (ici), près d'un Français sur deux compte diminuer son budget soldes, cet hiver. De manière plus générale, d'ailleurs, à en croire une autre étude (là), dans les mois à venir ce sont deux tiers des Français qui réduiront leurs dépenses et celles de leur famille. Mais, d'un autre côté, affluence aux caisses et dans les rayons il pourrait bien y avoir, due à un autre facteur: sept Français sur dix ont reporté certains de leurs achats, dernièrement, dans l'objectif précisément de profiter des bonnes affaires présumées de janvier.

Pendant la période des fêtes de Noël, déjà, 28% des Français avaient fait savoir (ici) qu'ils comptaient revoir à la baisse leurs dépenses pour l'occasion. Et ce malgré le fait qu'ils s'étaient serré la ceinture les moins précédents, dans l'espoir, justement, de pouvoir de ne pas trop regarder à la dépense lors de leurs achats de Noël.

economie,social,art de vivre,parisDes achats qui néanmoins, malgré la crise, continuent à mobiliser un budget important. A l'occasion des fêtes de Noël, chaque foyer français a dépensé en moyenne un montant évalué (là) à 606€. C'est un budget en hausse de 1,9% par rapport à l'an dernier.

Et on trouve ce montant assez énorme. Pour mémoire, 606€ c'est, en gros, la moitié d'un salaire minimum.

04/01/2012

Une communication déconcertante

Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, on a été (un peu) déconcerté par la manière dont les autorités ont communiqué, depuis dimanche, à propos du bilan sécuritaire du réveillon du Nouvel An. Déconcerté doublement.

Déconcerté, d'abord, par les cocoricos du ministère de l'Intérieur, dus au fait que deux fois moins d'interpellations, et globalement de dégradations, ont été déplorées par rapport à l'an dernier. Certes. Mais, ce sur quoi le gouvernement se garde bien d'insister, c'est sur le fait que, pour en arriver là, il a fallu, pour la deuxième année consécutive, déployer des moyens policiers considérables: 60.000 hommes, dont 10.000 rien qu'à Paris et dans sa région. C'est une réelle inflation, en termes de mobilisation. Pour mémoire (relire ici ou ), quelque 7000 et 4000 hommes avaient respectivement été déployés à Paris les 31 décembre 2009 et 2008. Ce résultat correct, donc, apparaît tout de même comme la moindre des choses.

Déconcerté, ensuite, par cette même question de vocabulaire gouvernemental qu'on avait déjà soulevée l'an dernier à cette époque (ici). «Pas d'incidents notables»: c'est ce qu'a répété en boucle le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, ces deux derniers jours. Mais 250 personnes ont tout de même été interpellées par les policiers en une seule nuit, dont 171 rien qu'à Paris et dans sa banlieue. Or, de deux choses l'une.

Soit toutes ces personnes ont été interpellées pour avoir bel et bien été été mêlées à des «incidents notables». Auquel cas de tels incidents ont bien eu lieu, donc le gouvernement, dans sa com', enjolive la réalité.

Soit, effectivement, comme le dit le gouvernement, aucun «incident notable» n'a été déploré samedi soir. Mais alors, si ces 250 personnes ont été interpellées pour moins qu'un incident, et encore moins un incident notable, pour quoi/pourquoi l'ont-elles été? En France en 2012, on interpellerait donc pour moins qu'un incident? Pour une bricole, alors? Pour une broutille? Pour trois fois rien? Là, pour le coup, il n'y aurait pas trop lieu de s'en réjouir.

Mais ce n'est que notre avis.