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29/02/2012

Une imitation, si drôle

Humour, Femmes, Personnalités, Hollande, Sarkozy, Elections présidentielles«Si on vient me chercher, on me trouve». François Hollande dixit, ce matin sur une radio. Le candidat socialiste à l'Elysée a répété combien Nicolas Sarkozy avait, selon lui, été «inélégant» et «discourtois» en s'en prenant à sa compagne: la journaliste de télé Valérie Trierweiler – on en parlait hier, dans ce blog.

Valérie qui? «Valérie Rottweiler» Ainsi l'intéressée a-t-elle été rebaptisée par... Ségolène Royal.

Mais, précisons tout de suite: pas par la Ségolène Royal dans la vraie vie. Par Ségolène Royal telle qu'elle est imitée par Nicolas Canteloup. L'humoriste prend un plaisir facétieux à camper une Ségolène Royal en marâtre insupportable, d'une mauvaise foi crasse, aigrie comme jamais à l'égard de François Hollande, donc ne manquant pas une occasion d'écorcher le nom de la femme qui, désormais, partage la vie de son ex.

Et cela ne rate jamais: chaque fois qu'on entend cette Ségolène Royal-là, dans la bouche de Nicolas Canteloup, on s'esclaffe. Chaque fois que, dans son imitation, revient cet impayable «Valérie Rottweiler», on pouffe. Chaque fois, ce faisant, on culpabilise (un peu). Le portrait dressé par cette imitation est vraiment odieusement caricatural. C'est très moyen de se moquer ainsi de la vie privée des gens, et a fortiori de leurs chagrins d'amour. Et on est là dans un registre clairement sexiste: ce n'est jamais François Hollande qui est imité en train de pester contre les nouvelles liaisons de son ex. Donc, c'est vraiment très incorrect.

humour,femmes,personnalités,hollande,sarkozy,elections présidentiellesMais on ne peut pas s'en empêcher: on trouve ce surnom canin si bien trouvé et cette voix de Ségolène Royal – son timbre: tellement particulier – si bien imitée que, chaque fois, on est mort de rire.

Dans une autre vie, c'est promis, on expiera ces ricanements si peu charitables.

28/02/2012

Une vision de la femme

Les ex et la campagne présidentielle. Hier soir, sur une télé d'info continue, c'était le thème de l'édito politique quotidien. Cecilia ex-Sarkozy qui, deux fois ces derniers jours, a dit aux médias combien elle croyait aux chances électorales de son ex. Et Ségolène Royal qui, ce mardi pour le deuxième jour consécutif, arpente le Salon de l'agriculture où elle va croiser son ex, François Hollande, dont elle ne manquera pas de faire à nouveau l'éloge. Le confrère éditorialiste en déduisait qu'au moins la course à l'Elysée avait ça de bon de ramener la paix dans des ménages hier brouillés à mort.

En l'entendant, on trouvait tout de même assez macho cette vision utilitariste de la femme, prise comme faire-valoir d'un homme.

Une heure plus tard sur une autre chaîne, François Hollande s'en prenait au «manque d'élégance» de Nicolas Sarkozy. Qui, le matin même, sur une radio, avait ironisé sur l'actuelle compagne du socialiste, Valérie Trierweiler. Parce qu'elle travaille pour une télé de Vincent Bolloré, ce milliardaire qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter.

Là encore, on avait un mouvement de recul. Devant cette vision de la femme soit punching-ball (s'en prendre à son adversaire en ciblant sa compagne), soit pauvre créature à défendre (Valérie Trierweiler elle-même ayant réagi dès hier matin à la pique sarkozyste, a priori il n'y avait pas besoin d'en rajouter).

On repensait à tous ces «merveilleux!» et autres «fabuleux!» que Carla Bruni avait lancés, il y a dix jours aux micros et aux caméras, en guise de commentaires des prestations de campagne de son mari désormais candidat. Le faire-valoir, à nouveau.

On réalisait alors que, la semaine prochaine comme tous les 8 mars, c'était la Journée internationale des Femmes. On se demandait si, en France, en haut lieu y compris, on n'avait pas encore des progrès à faire, en termes de vision des intéressées.

27/02/2012

Un (gros) raté

paris,transports,economie,personnalités,elections présidentielles,journalisme«Raté!» Nathalie Kosciusko-Morizet en a convenu au micro illico: aussitôt après avoir commis le gros raté qui, ce week-end, a dû faire rire – ou s'effarer, c'est selon – pas mal de Parisiens. C'était vendredi soir, en direct sur une radio. L'ex-ministre des Transports était interrogée sur le prix du ticket de métro à Paris. Grand classique de campagne présidentielle en France, depuis qu'Edouard Balladur, en 1995, sécha sur la question. NKM fit pareil. Elle situa le prix de ce ticket à... 4€. Or, c'est 1€70. «Quand on est ministre, on prend rarement le métro, et, quand on le prend, c'est gratuit», a-t-elle tenté de se justifier. Sans évidemment parvenir à empêcher le «buzz» de démarrer, et d'enfler pendant tout le week-end.

Week-end que l'intéressée mit à profit pour essayer de se rattraper. Disant qu'elle avait confondu avec les 4€65 que coûte le billet de RER entre Paris et sa ville de Lonjumeau, en banlieue. Contestant aussi le bien-fondé de cette «question pour touriste anglais en vacances en France»: rappelant qu'en Région parisienne, les habitués du métro n'achètent pas de ticket à la pièce, mais au minimum par carnets de dix billets, voire ont le plus souvent un abonnement.

C'est vrai. C'est vrai aussi que c'est agaçant, ces journalistes qui croient malin de transformer des interviews de fond en quizz télé inquisitoriaux, style «Questions pour un champion». Comme si la valeur de telle ou telle personnalité politique pouvait se réduire à son aptitude à répondre, ou non, à telle ou telle question-piège sur le quotidien de l'électeur moyen.

paris,transports,economie,personnalités,elections présidentielles,journalismeIl n'empêche, autant on était agacé au moment où on entendait cette question tarte à la crème, autant, après avoir entendu la réponse, on s'est dit que ce n'était peut-être pas une mauvaise idée.

Car, 4€ au lieu d'1€70: elle n'y était pas du tout, là. Ce qui pose question, pour une ex-ministre des Transports.

En plus, que la porte-parole de campagne d'un Nicolas Sarkozy se présentant comme le «candidat du peuple» puisse ne serait-ce qu'imaginer le ticket de métro à 4€, soit à un tarif exorbitant et donc hors de portée de ce même «peuple», cela laisse songeur.

24/02/2012

Un spectacle

Quand la campagne présidentielle commence à ressembler aux jeux du cirque.

Hier soir, 5,9 millions de personnes étaient toujours devant leur petit écran vers 23 heures, pour regarder l'affrontement qui était programmé à cette heure-là sur France 2: entre les deux grandes gueules de la campagne que sont la frontiste Marine Le Pen et le populiste Jean-Luc Mélenchon. Le pugilat, finalement, n'a pas eu lieu, la première refusant de débattre avec le second, jugé pas à sa hauteur et grossier merle. Sans doute nombre de téléspectateurs ont-ils été bien tristes de ne pouvoir voir – voir, comme voyeur – ces deux fortes têtes s'entredéchirer à pleines dents, tels de grands fauves.

Parlant d'animaux, ces téléspectateurs frustrés hier soir de sang et de larmes se rabattront sur les innombrables images, elles plus bucoliques – folkloriques? – , auquel on va avoir droit, ce week-end. Qui est celui de l'ouverture du Salon de l'Agriculture, Porte de Versailles à Paris. A moins de 60 jours des présidentielles, «la plus grande ferme de France» va évidemment voir défiler plus de personnalités politiques que jamais: pressées de se faire immortaliser en train de flatter la croupe des vaches et d'ingurgiter des quantités fort peu diététiques de saucisson et de fromage.

La course à l'Elysée, c'est décidément, aussi, un grand spectacle. Plus ou moins bon, c'est selon.

23/02/2012

Une si irritante absence

Elections présidentielles, International, Médias, JournalismeL'histoire se répète, dramatiquement. Le jeune photoreporter français Rémi Ochlik, mort hier d'un tir de roquette à Homs, en Syrie, avait côtoyé Lucas Mebrouk Dolega, de son vivant: ce confrère qui perdit la vie, lui en Tunisie en janvier 2011. Les deux jeunes gens s'appréciaient, et partageaient la même passion pour le photojournalisme. Ils en sont morts tous les deux. Plutôt que se répéter, on renvoie à la note qu'on avait écrite à l'époque (ici). Rien, hélas, à ajouter.

Ou plutôt si, mais sur un autre point. Comme à chaque campagne présidentielle française, il est frappant de constater combien les grands dossiers de politique internationale sont assez largement absents de la campagne.

Que ferait François Hollande, s'il est élu en mai, pour que la France, au Conseil de sécurité de l'Onu, persuade la Russie à accepter des couloirs humanitaires en Syrie? Ou, pour ne pas se cantonner à ce seul pays, quel rapport le socialiste entretiendrait-il avec le controversé Abdoulaye Wade, s'il est réélu Président du Sénégal? Comment défendrait-il la liberté des journalistes de faire leur métier en Russie, en Chine ou en Birmanie? Rien. On n'en sait rien. Tout le monde à l'air de s'en moquer. Les électeurs français sont priés de ne s'intéresser qu'aux questions franco-françaises: strictement, étroitement, hexagonales.

Cette absence des questions internationales dans la campagne, elle était plus manifeste et irritante que jamais hier soir, au 20 Heures de France 2, où était reçu Nicolas Sarkozy.

Quelle affaire, quelle agitation, quelle sensation, que le mea culpa qu'il y bredouilla, à propos de sa fameuse soirée au «Fouquet's», en mai 2007. En revanche, le jour de la mort de Rémi Ochlik à Homs, il y avait une autre question qui fâche, qui aurait pu/dû être posée au Président sortant. Faisait-il également acte de contrition pour avoir, en 2008, reçu à Paris, en grandes pompes et avec tous les honneurs, son homologue syrien Bachar el-Assad?

Hier, David Pujadas n'a pas pensé (pas osé?) poser cette question à son invité.

Un pays n'a probablement que le buzz médiatique qu'il mérite.

22/02/2012

Une insatisfaction persistante

Grosse agitation des journalistes et des politiques, ces jours-ci. A propos des sondages. Toute la question est évidemment de savoir si l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, mercredi dernier, a fait, ou non, bouger les lignes. Pour l'instant, ce n'est pas clair – et même parfaitement contradictoire. Selon certains instituts, le Président-candidat ne parvient pas à rattraper son retard sur le socialiste François Hollande. Selon d'autres enquêtes, au contraire, à peine deux points les séparent désormais, pour le premier tour.

Beaucoup moins commentée mais plus intéressante, trouve-t-on: cette confirmation de l'insatisfaction d'une grande partie de l'électorat envers la manière dont se déroule la campagne. En janvier, déjà (relire ici), plus de sept Français sur dix avaient déploré qu'elle n'apporte que des réponses jugées très éloignées de leurs préoccupations: emploi, pouvoir d'achat, etc. Un mois plus tard, rien n'a changé. 59% des Français considèrent (ici) que, jusqu'à présent, cette présidentielle ne donne pas lieu à une campagne de qualité.

Ce sentiment critique «est davantage perceptible parmi les cibles se montrant traditionnellement les plus intéressées par le débat politique: les hommes (61% vs 56% des femmes), les cadres (66%) et les personnes les plus diplômées (66% des personnes de niveau Bac+4 et plus vs 56% parmi celles ayant un diplôme inférieur au baccalauréat)», note l'institut LH2. Qui souligne aussi que «les ouvriers, dont les attentes sont fortes aujourd’hui, se montrent également très critiques: 62% estiment que la campagne n’est pas de bonne qualité».

Faut-il faire un lien? Lundi soir, le premier volet de la série d'émissions en prime time que TF1 consacre à la présidentielle a été un échec retentissant, en termes d'audience. Elle avait le centriste François Bayrou et l'écologiste Eva Joly comme invités. Elle n'a été suivie que par 2,2 millions de téléspectateurs. Soit seulement 8,9% de parts de marché. Soit, d'après les spécialistes, «le pire score de la chaîne en prime time depuis 1991».

21/02/2012

Une certaine jubilation

personnalités,strauss-kahn,justice,sarkozy,elections présidentiellesDominique Strauss-Kahn à la caserne de la gendarmerie de Lille, depuis ce matin. Il y a été placé en garde à vue pour complicité de proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux. Comme il le réclamait depuis octobre, l'ex-grand patron du FMI va donc pouvoir s'expliquer sur ses parties fines (comme on dit...) en compagnie de prostituées.

Dans l'entourage du chef de l'Etat, certains ne semblent pas mécontents du retour de cette affaire bien crapoteuse à la Une de l'actualité, à soixante jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Ainsi, l'autre soir à Annecy, en marge du premier meeting de campagne de Nicolas Sarkozy, plusieurs de ses acolytes jubilaient ouvertement – devant la presse, y compris. DSK était même le sujet de plaisanterie du moment. Ces sarkozystes, en effet, faisaient mine de s'interroger sur la présence du mari d'Anne Sinclair ce soir-là, dans la cité savoyarde. Qu'aurait-il donc fait là? Parmi les nombreux hôtels d'Annecy, il y en a un qui, selon ces sarcasmes, a certainement les faveurs de l'ex-n°1 du FMI. Cet établissement est situé sur la place en face de la gare SNCF. Qu'a-t-il donc de spécial? Il s'appelle... le «Carlton». Soit le même nom que le palace lillois dans et autour duquel ont été organisées les agapes qui valent aujourd'hui à DSK d'être gardé à vue. Du coup, bien sûr, clins d'yeux et éclats de rires bien gras, parmi les sarkozystes d'Annecy ce soir-là.

Entendant cette hilarité, on a pensé demander à ces rieurs si, par le plus grand des hasards, la ville savoyarde ne comptait pas aussi une brasserie baptisée «Le Fouquet's». Au dernier moment, on s'est ravisé. Cela aurait cassé l'ambiance.

20/02/2012

Une beauferie ordinaire

La beauferie homophobe ordinaire de certains sarkozystes, suite. Après «les tapettes» du ministre David Douillet (relire ici), «la lopette» du député Bernard Debré.

Dans la bouche de ce grand médecin parisien, cela a donné ceci, vendredi, à propos du candidat socialiste à l'Elysée: «On avait tous (...) considéré qu'Hollande était une lopette, en disant c'était rien du tout, que c'était un ectoplasme, un flamby, un mollasson, un type qui n'a pas de caractère: il va s'effondrer. Et bien pas du tout...» Prié par la suite de préciser ses propos, le parlementaire a démenti toute homophobie, et a éructé contre «la censure des mots».

On ignore si David Douillet et Bernard Debré seront conviés à l'Elysée, vendredi. Quand Nicolas Sarkozy y recevra le Premier ministre de Belgique, le socialiste francophone Elio di Rupo, dont l'orientation sexuelle est aussi notoire que revendiquée.

On ne sait pas non plus si le chef de l'Etat français, face à son invité, sera quelque peu gêné aux entournures par les si pénibles tirades de ses deux amis.

17/02/2012

Un gros coup de vieux

Elections présidentielles, Sarkozy, Communication, PublicitéRetour de Haute-Savoie. Où on a fait un saut hier, pour couvrir le premier grand meeting de Nicolas Sarkozy, à Annecy. On a été frappé par le coup de vieux pris par l'intéressé, par rapport au souvenir qu'on avait gardé de lui aux présidentielles de 2007. Hier soir, c'était frappant notamment lorsqu'il est monté sur scène. La façon qu'il a eue de gravir les marches, le pas lent avec lequel il s'est dirigé vers le pupitre: on était très loin du présidentiable bondissant d'il y a cinq ans. Et même le débit de son discours était plus lent.

Nicolas Sarkozy y a notamment évoqué le poids de la charge présidentielle. Parlant de «cinq années qui pèsent si lourd dans la vie d'un homme», il a estimé que «les Français attendent un dévouement absolu» de leur Président, ce dernier devant donc «se donner tout entier à cette tâche». «Depuis le début de mon mandat, j'en ai éprouvé, jour après jour, toutes les exigences, toute la dureté», a-t-il ajouté.

Mercredi soir, déjà, selon certains exégèses de sa déclaration de candidature sur TF1, il avait fait allusion à son vieillissement. «À 57 ans, on n'est pas fichu, on n'est pas foutu, déprimé, chez soi à attendre l'âge de la retraite!», s'était-il exclamé. Officiellement, il parlait des couturières en fin de carrière de la société de lingerie Lejaby – dont une partie ont trouvé une possibilité de reconversion grâce à l'intervention du gouvernement. Selon certains, il parlait aussi voire surtout... de lui, qui est âgé de 57 ans.

Ce gros coup de vieux, il est visible aussi sur l'affiche de campagne du candidat Sarkozy. On l'a regardée de près, et c'est frappant combien apparaissent de cheveux blancs et de rides, sur le cliché de ce visage. Là aussi, on est très loin de la fameuse photo du Sarkozy juvénile et avenant qu'avait jadis faite pour lui le grand photographe de mode américain Peter Lindbergh, en noir et blanc.

Elections présidentielles, Sarkozy, Communication, PublicitéCes marques de la vieillesse, elles aurait parfaitement pu être retouchées. Si elles n'ont pas été «photoshopées», c'est, bien sûr, que l'armada de communicants entourant le Président sortant a choisi d'user de ce poids des ans comme d'un argument de campagne.

Pour que, aux yeux de l'électeur, leur candidat apparaisse comme quelqu'un qui a vieilli, qui a donc mûri, et qui dès lors s'est assagi.

CQFD.

16/02/2012

Un soutien (ou un boulet?)

L'ineffable publicitaire Jacques Séguéla a annoncé hier que, comme en 2007, il voterait pour Nicolas Sarkozy aux présidentielles. «J’ai voté 50 ans à gauche, ça fait cinq ans que je vote à droite, il me reste donc 45 ans à voter à droite pour faire l’équilibre», a-t-il commenté. Et d'ajouter: «Si les Français pouvaient le connaître mieux… Il est le contraire de ce que l’on croit. Il ne la ramène pas du tout. Il est très cultivé, sur tout. Et surtout, il veut faire son métier le mieux possible, et a la France dans la peau».

Un tel soutien, venant d'un pubard qui s'était couvert de ridicule avec une petite phrase bling-bling restée mémorable («Quand on n'a pas sa Rolex à 50 ans, c'est qu'on a raté sa vie»), est-ce vraiment un atout pour le Président sortant désormais officiellement candidat?

Ou, plutôt, un boulet?

15/02/2012

Un terme inutilement violent

Presse, Médias, Journalisme, Elections présidentielles, Langue française Le jour J de Nicolas Sarkozy, donc, ce mercredi. Ou comment, certainement, transformer en incroyable show médiatique et buzz frénétique ce qui, sur le fond, constitue tout de même un non-événement: la confirmation de sa candidature à un second mandat élyséen. On verra cela ce soir, au 20 Heures de TF1.

En attendant, on est tombé en arrêt, ce matin. Tombé en arrêt devant ces colonnes Morris où, dans notre onzième arrondissement comme dans tout Paris, apparaît notamment la couv' du numéro de cette semaine de l'hebdo «Marianne». Avec ce titre: «Le casse-tête de la droite: comment abattre Hollande».

Abattre, donc. Démolir, supprimer, détruire, anéantir, tuer, en somme. D'accord, ce verbe est souvent utilisé au sens figuré: abattre ses cartes, etc. Mais, en l'occurrence, dans un tel contexte, était-il vraiment nécessaire d'y avoir recours? «Comment battre Hollande» n'aurait-il pas suffi? Ou comment «l'emporter sur», «vaincre», «défaire» l'intéressé, etc.?

Cette campagne présidentielle (comme les précédentes) ne s'annonce-t-elle pas déjà suffisamment violente, pour que la presse doive encore rajouter de l'huile sur le feu? En recourant à des titres de «Une» aussi inutilement guerriers, à des accroches aussi pathétiquement viriles? Tout ça, pour mieux vendre.

On n'achètera ni ne lira «Marianne», cette semaine.

14/02/2012

Une si belle fête

Vu ce matin, au supermarché du coin, dans notre onzième arrondissement. Au rayon dentifrices, shampoings, mousses à raser, etc., un produit particulièrement mis en valeur, cette semaine. Lancé par un fabricant dont on aura la charité de taire le nom. Un «gel-douche aphrodisiaque». A «base de gingembre». C'est complètement idiot? C'est, par excellence, un attrape-nigauds? Mais non: c'est la Saint-Valentin.

Entendu hier soir, sur une radio. Selon un sondage, plus d'un Français sur cinq juge que c'est Dominique de Villepin le candidat à l'Elysée le plus sexy. C'est effarant, de sonder les présidentiables sur un tel critère? C'est consternant, que des médias puissent dépenser des milliers d'euros pour un tel sondage? Mais non: c'est la Saint-Valentin.

Une demi-heure plus tard, hier soir toujours, à la télé cette fois. Christine Boutin renonçait à sa candidature à l'Elysée, et annonçait son ralliement à Nicolas Sarkozy. La très conservatrice et catholique ex-candidate, croisée de la lutte contre l'égalité des droits, a justifié son retrait par le refus sarkozyste de l'homoparentalité et de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Accessoirement, elle a monnayé son renoncement contre la promesse que son micro-parti pourrait présenter une centaine de candidats, aux élections législatives de juin. Pas très glorieux, ce Pacs Boutin-Sarkozy? Assez rance pour tout dire, une telle alliance? Mais non, c'est la Saint-Valentin.

Quelle belle fête, décidément.

13/02/2012

Une rage

economie,international,activisme,parisCa ne faisait pas Athènes – nulle trace, ici, de bris de vitres, de mise à sac, et/ou d'incendie. Mais c'était assez saisissant. La mine, ce week-end, de cette banque du boulevard Beaumarchais, dans notre onzième arrondissement. Sur sa devanture, avait été barbouillé un «VOLEUR» énorme: éclatant de rage, en lettres capitales et peinture fluo criarde.

Ladite banque fait partie des trois établissements français qui, il y a peu, ont été dégradés par les agences internationales de notation, pour êtres mouillés dans les dettes souveraines de pays européens frisant la faillite. Et, lors de la grande crise bancaire mondiale, cette banque, comme d'autres, avait abondamment bénéficié du plan gouvernemental de soutien au secteur.

A l'époque, déjà, à Paris comme en banlieue, on avait vu nombre d'agences bancaires de cette enseigne et d'autres maculées de slogans rageurs du même acabit.

Rien ne changerait, donc.

10/02/2012

Une façon de voir les choses

Huit morts en France, depuis le début de la vague de froid. Soit, en gros, un décès par jour. A Paris y compris, parmi les sans-abri: parmi notamment ceux qui vivent à l'année dans le Bois de Vincennes.

Huit morts, tout de même. C'est ce qu'on s'est dit ce matin, en prenant connaissance de ce macabre décompte. Huit morts, seulement. C'est ce que ne cessent d'insinuer les médias français ces derniers temps. Radios et télés surtout passent en boucle le bilan bien bien plus grave déploré dans d'autres pays: plusieurs dizaines de morts en Italie, plusieurs centaines en ex-Europe de l'Est, etc.

Huit morts de froid seulement, donc, en France. C'est une façon de voir les choses. A laquelle, décidément, un hiver après l'autre, on ne s'habitue pas.

09/02/2012

Une pagaille d'anthologie (suite)

Economie, Gouvernement, Gastronomie, Art de vivreC'est certainement très anecdotique par rapport à la marche du monde et de la France, par ailleurs. Mais parlons tout de même de ce dernier rebondissement en date survenu dans la grande pagaille qui régit les taux de TVA en France, depuis leur modification en janvier. Parlons-en, parce qu'on trouve que cette anecdote illustre assez joliment la pesanteur, dans ce pays, d'une certaine technocratie.

On avait donc vu cela le mois dernier (relire ici): des taux de TVA différents s'appliquent désormais à un sandwich et à un panini, à un cornet de glace artisanale et à un cône glacé industriel, à un sandwich garni avec ou sans mayonnaise, ou à une quiche consommée chez le boulanger ou achetée à emporter. Encore plus fort: bientôt, existeront deux taux de TVA différents pour le chocolat, selon le type de chocolat.

On a entendu cela hier, sur une radio (là): «C'est une situation saugrenue: un taux de TVA différent pour le chocolat au lait et le chocolat noir. En effet, la hausse de la TVA ne concerne pas les produits alimentaires de base, qui eux, bénéficient d'un taux réduit de 5.5%. Sauf le chocolat au lait! Le prix de la tablette de chocolat au lait devrait donc augmenter en octobre. Le projet de loi de finances rectificative doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Il prévoit notamment une hausse du taux de TVA de 19,6% à 21,2%».

Le chocolat au lait étant notoirement plus gras et plus sucré que le chocolat noir, donc le premier faisant davantage grossir que le second, au moins les nutritionnistes de France se réjouiront-ils de cette nouvelle trouvaille de l'administration. Sans doute est-ce déjà cela.

08/02/2012

Un anniversaire si douloureux

Sinistre souvenir ce mercredi, dans notre onzième arrondissement de Paris. Le drame qu'on y commémore aujourd'hui s'est passé il y a cinquante ans exactement: le 8 février 1962. Il s'est déroulé à la station de métro «Charonne», pas loin de Bastille, où figure d'ailleurs une plaque rendant hommage aux victimes.

C'était le 8 février 1962. Dans le onzième, boulevards Voltaire et Beaumarchais notamment, avaient défilé des milliers de manifestants, pour dénoncer les sept attentats meurtriers qui venaient d'être perpétrés dans la capitale par l'OAS: l'Organisation de l'armée secrète, opposée à l'indépendance de l'Algérie. La police, sous les ordres du préfet Maurice Papon, prit d'assaut la station «Charonne», où s'étaient regroupés des manifestants. La charge policière fut d'une violence inouïe. Huit morts sur place. Un neuvième décédé à l'hôpital quelques jours plus tard. La semaine qui suivit, un million de Parisiens accompagnèrent leurs cercueils jusqu'au cimetière du Père Lachaise.

Quelques mois auparavant, déjà, le 17 octobre 1961 (relire ici), le même préfet Papon avait lancé ses sbires sur des manifestants réclamant l'indépendance de l'Algérie. Ce soir-là, des dizaines voire des centaines parmi eux avaient péri: matraqués à mort, ou noyés après avoir été jetés dans la Seine. Si l'ex-préfet Papon a été, en 1998, déclaré coupable de complicité de crimes contre l'humanité et condamné à dix ans de prison, jamais ses massacres parisiens de 1961 et 1962 n'ont officiellement été reconnus comme étant des crimes d'Etat.

Et, que l'on sache, aucune personnalité politique de premier plan n'est attendue ce midi au métro «Charonne», pour rendre hommage aux manifestants qui y ont été massacrés, il a cinquante ans.

11:37 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire, paris

07/02/2012

Un avis (tranché)

International, Personnalités, Social, Economie, Transports, Banlieues, ActivismeAngela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.

Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.

La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».

Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...

06/02/2012

Une année faste

C'est un peu dur à écrire, alors que deux quotidiens («France Soir» et «La Tribune») viennent de disparaître des kiosques, mais, malgré tout, 2011 fut une année faste pour la presse quotidienne nationale (PQN) en France. Au passage, cela n'a pas l'air d'avoir été le cas en Belgique, où, si l'on se souvient bien d'une dépêche vue en coup de vent la semaine dernière, les chiffres relatifs à la diffusion payante des journaux ont, une fois de plus, été mauvais.

Dans l'Hexagone, en revanche, les quotidiens nationaux ont cessé de perdre des lecteurs (+0,04%). Dans le détail (voir ici ou ), cela donne +1,34% pour «Le Figaro», +2% pour «Le Monde», +3,3% pour «Les Echos», ou carrément +5,4% pour «Libération». L'autre jour, le directeur de ce journal, Nicolas Demorand, y est allé d'un cocorico (ici). Selon lui, cela indique «qu’il n’y a pas de fatalité. Qu’un titre de presse peut reconquérir des lecteurs, sur tous les supports. Qu’il peut faire entendre sa voix dans un paysage médiatique saturé».

En tout cas, cela indique qu'en 2011, l'actu a été porteuse pour la «grande presse». Ainsi, c'est la saga DSK qui a permis à «Libé» de réaliser ses dix meilleurs ventes de l'année. Au-delà de cette rocambolesque affaire et rien qu'au plan franco-français – sans rappeler donc les révolutions arabes, la crise mondiale, etc – l'an dernier, l'actu chaude, ici, n'a pas arrêté. Le «Karachigate», les procès Chirac et Villepin, l'«affaire Bettencourt-Woerth», la libération des deux journalistes otages des talibans, les élections cantonales, les déboires tunisiens de Michèle Alliot-Marie, le scandale sanitaire du «Mediator», les primaires socialistes, etc, etc.

Bref, les journalistes PQN de France n'ont pas arrêté, l'an dernier. Le public a suivi, donc. Tant mieux (pour eux); quitte à bosser...

03/02/2012

Un vrai scandale

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueLocataire «alcoolique», qui «n'est pas de nationalité française», ou est «ancien SDF addiction boisson». Habitant «séropositif», «cancer», «personne cardiaque», «sous chimiothérapie», ou «alzeimer aveugle». «Fils cancer Mme malade des poumons», ou «violence conjugale». «Personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier», «dépression hôpital psychiatrique», «maladie de parkinson», ou «cancer des intestins opération du cerveau».

Telles sont quelques-unes parmi les innombrables mentions concernant la vie privée des habitants des HLM de la ville de Paris, qui figurent dans le système informatique de l'organisme gérant ces logements sociaux: «Paris Habitat». L'existence de ce gigantesque fichage a été révélée hier par la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL): l'organisme qui veille à la compatibilité entre les fichiers électroniques et le respect de la vie privée. Toutes ces informations avaient été collectées par les gardiens d'immeubles de ces HLM, puis illégalement rassemblées et stockées dans les fichiers informatiques de «Paris Habitat». Des associations de locataires, indignées, ont saisi la CNIL. Hier, dans une démarche exceptionnelle (ici), vu la gravité des faits, cet organisme a publiquement mis l'Office des HLM en demeure de détruire ce fichier dans les deux mois, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans les médias hier, les dirigeants de cette société ont paru à peine gênés. On a même entendu des propos du genre, en substance: les gardiens d'immeubles ayant commis ce flicage ne pensaient pas à mal, c'était pour mieux connaître et donc mieux venir en aide à ces locataires, etc.

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueUn tel scandale, dans n'importe quelle autre grande capitale internationale, entraînerait probablement le limogeage sur le champ du patron de l'Office des HLM, et des excuses publiques du maire en personne. A Paris: rien. Aux dernières nouvelles, la hiérarchie de «Paris Habitat» est toujours en place. Et Bertrand Delanoë, pourtant habituellement si prompt à communiquer, ne s'est même pas exprimé sur le sujet.

Encore bravo.

02/02/2012

Une indignité, ou l'autre

0 degré à peine, ce matin, à Paris. Et vers les -10°, cette nuit. ¨La nuit dernière pourtant, comme les précédentes et comme les suivantes, en plein coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la «Ville lumière», des gens ont passé la nuit dans un mobil-home, une caravane ou une voiture. On les entendait ce matin, sur une radio. Ils (et elles) avaient dormi sur l'immense parking qui fait face au Château de Vincennes. Au micro, certains avouaient n'avoir cessé de grelotter. D'autres, en revanche, ne s'apitoyaient pas sur leur sort. Disaient que «non, non, ça va: pas de problème!» Plaisantaient, même. A entendre leur bonne humeur matinale, malgré une nuit pareille, on hésitait entre l'effarement et l'admiration.

En France, entre 70.000 et 120.000 personnes habitent sous tente ou en mobil-home: résident au camping à l'année, leurs moyens ne leur donnant pas accès au marché de l'immobilier. Théoriquement, c'est interdit par la loi. Pratiquement, c'est toléré. Parmi ces campeurs malgré eux, pas mal de vieux ne touchant que de petites retraites, et pas mal d'étudiants. A la mi-novembre, l'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi (ici) visant à «mieux encadrer» le secteur des «habitats légers de loisirs» et de «l'hébergement de plein air». Le député (UMP) à son origine invoquait notamment la nécessité d'«éviter les bidonvilles» et de «responsabiliser» les maires sur la question du logement. De facto, avec pareil texte devenu loi, ces dizaines milliers de campeurs à l'année devraient déménager. Direction la rue, donc. Les associations, du coup, s'étaient mobilisées. Avec succès: il y a quelques jours, ledit député a promis de modifier son texte quand il reviendrait à l'Assemblée. Cette centaine de milliers de campeurs malgré eux n'iront donc pas grossir les rangs de la centaine de milliers de SDF qu'on dénombre déjà (au minimum) en France.

Ce matin, en entendant nos campeurs de Vincennes témoigner à la radio, on s'interrogeait. Sous prétexte qu'a été évitée une indignité (les jeter à la rue), est-on prié, ou non, d'en accepter une autre (être obligé de dormir dans sa voiture, en plein Paris)?