13/04/2012
Une machine
On a été sondé sur la présidentielle, hier en fin d’après-midi. On n'avait vraiment pas que cela à faire, mais, bonne poire, on a accepté. Au téléphone, l'institut LH2. Plus précisément, nous saluait une prénommée «Claire». Que l'on trouvait charmante, mais qui avait une voix légèrement métallique. Et pour cause: c'était... une machine.
Les instituts de sondages utilisent donc des automates pour interroger l'électeur moyen sur ses intentions de vote. Cela marche bien, notez. Comme quand on achète un billet de train ou d'avion par téléphone, il suffit juste d'articuler distinctement. Donc, au lieu par exemple de dire «réservation», on dit «abstention». Au lieu de choisir couloir ou fenêtre, on opte pour premier et/ou second tour. Au lieu de réserver pour Tokyo ou Miami, on prend date pour Hollande ou Sarkozy. Et la machine répond chaque fois, très poliment: «J’ai bien pris note de votre réponse». Le vote, un produit de grande consommation comme un autre?
Culotté, ce remplacement d'humains par des machines, de la part d'instituts de sondage qui, en cette période électorale, gagnent de l’or en barres grâce aux innombrables enquêtes qu'ils réalisent ? En fait, contrairement à ce que l'on croit généralement, les sondages électoraux pèsent très peu dans le chiffre d'affaires de ces instituts. Qui se font bien plus d'argent avec, par exemple, les enquêtes-qualité et/ou de satisfaction de la clientèle concernant tel ou tel article commercial, les études sur l'image de marque de telle ou telle enseigne, etc. Car tous ces sondages-là sont facturés à des montants bien plus élevés que les enquêtes électorales, d'autant que celles-ci sont souvent réalisées pour des clients pas forcément fortunés, comme la presse quotidienne. En revanche, les sondeurs compensent cela avec la notoriété que ces études électorales apportent à leur marque. Puisque ces sondages bénéficient d'une grande couverture médiatique, et donc d'une large audience.
Mais cet avantage-là, visiblement, n'est plus suffisant – chez LH2, en tout cas – pour que des moyens humains leur soient consacrés. Place aux automates, donc.
Encore bravo.
07:41 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections présidentielles, médias, economie, social




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