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30/04/2012

Un différence de traitement (culinaire)

On n'a pas gardé de souvenir de cela pour la campagne présidentielle de 2002. Mais, par contre, on se souvient bien qu'on s'était déjà fait la réflexion pendant celle de 2007. Côté coulisses, dans le genre donc très anecdotique, il y a une nette différence dans la manière dont les journalistes sont traités par les présidentiables. Une différence de traitement... culinaire.

Tous les candidats à l'Elysée ont l'habitude de garnir les salles de presse de leurs meetings de victuailles diverses et variées. Destinées sans doute à éviter que des journalistes y tombent d'inanition (ces meetings terminent souvent tard), ou qu'ils soient affamés/assoiffés au point que leurs compte-rendus de meeting s'en ressentent négativement. Or, entre les buffets de presse de Nicolas Sarkozy et ceux de François Hollande, il y a un monde de différence. Comme les buffets sarkozystes de 2007 n'avaient rien à voir avec ceux de Ségolène Royal.

Côté Sarkozy: les petits plats dans les grands. Petits fours et zakouskis. Miniardises et canapés garnis. Petites salades diététiques très chics. Macarons et viennoiseries venus des plus grandes pâtisseries. Cela sent la qualité comme l'opulence à plein nez. Et c'est servi par du personnel en livrée.

Rien de tel côté Hollande. Là, c'est la bonne franquette. Des sodas, du café, de l'eau, des jus de fruits, des chips, des biscuits standards: petits beurres, barquettes aux fraises, ou madeleines industrielles. L'essentiel y est, mais on ne passe pas des heures au buffet: on se sert son coca et, basta, on s'en va.

D'un strict point de vue culinaire (rien de politique là dedans), on préfère nettement la seconde formule. Lors des meetings sarkozystes, on n'ose à peine approcher le buffet des journalistes. Impression désagréable de jouer les pique-assiettes. Sensation dérangeante de se laisser cajoler. A la limite de la culpabilité.

Mais on ne jurerait pas que tel est aussi l'avis d'une majorité des journalistes couvrant cette présidentielle.

27/04/2012

Un «humour» vraiment pénible

Elections présidentielles, Personnalités, Femmes, HumourCe qui est parfaitement admissible et même franchement comique dans la bouche d'un humoriste-imitateur (relire ici) ne l'est pas du tout dans celle d'un politique. On l’a bien vu hier.

 

Le député sarkozyste Lionnel Luca (figure de proue de l'aile la plus à droite de l'UMP) s'en est pris, lors d'un meeting, au présidentiable socialiste en ces termes: «Hollande, qui a retrouvé une femme: Valérie "Rottweiler". Et c'est pas sympa pour le chien, ça!» Cette tirade en suivait d’autres, du même acabit sexiste et machiste, visant d'anciennes ministres sarkozystes et la candidate écologiste à la présidentielle. «Fadela Amara, ben moi j'ai toujours préféré Rachida Dati, d'abord parce qu'elle est moins moche et parce qu'elle a fait campagne pour le Président ». Eva Joly, «le seul truc à récupérer chez elle, c'est ses lunettes, elles sont modernes. Eva Joly, ouverte, généreuse... J'ai une pensée émue pour ceux qui sont passés entre ses mains».

 

Nicolas Sarkozy en personne, hier soir à la télé, s’est dit «désolé» de ce dénigrement de la compagne de son adversaire. Auparavant, plusieurs caciques de l’UMP, assez gênés, avaient déploré des propos qui «ne sont pas du niveau d'une campagne électorale». Et la propre porte-parole du candidat UMP, Nathalie Koscisuko-Morizet, avait sèchement rappelé que «misogynie et insultes ne peuvent tenir lieu d'argumentaire politique».

 

Le plaisantin n’a pas du tout apprécié d’être ainsi désavoué dans et par sa propre famille politique. «Cinq minutes de plaisanteries, sur 1h20 de conférence!», a-t-il fulminé. «Si on ne peut plus faire de l'humour, même si on le trouve discutable, la France est vraiment mal barrée!», s'est-il indigné.

 

C'est surtout «La France forte» qui, avec d'aussi pénibles individus, nous semble vraiment mal barrée. En termes de dignité.

26/04/2012

Un grand gaspillage

Dimanche, on se l'est encore dit: quel énorme gaspillage de papier que chaque élection en France. Enorme gaspillage, dû simplement au Code électoral

En effet, il impose à l'électeur d'entrer dans l'isoloir avec, en main, au moins deux bulletins de vote différents, puisés dans les piles de bulletins aux noms de chacun des candidats que l'on trouve à l'entrée du bureau de vote. Au moins deux bulletins, car, avec un seul, chacun présent dans le bureau à cet instant saurait pour qui l'électeur s'apprête à voter, et donc le caractère secret du vote serait enfreint. En effet. Mais 44 millions d'électeurs prenant chacun et chaque fois au moins un bulletin en trop, cela donne au minimum 44 millions de bulletins retrouvés chiffonnés dans les poubelles des bureaux de vote, à la fin de la journée.

C'est le si curieux candidat Jacques Cheminade – lanterne rouge du scrutin, dimanche: 0,25%, pas même 90.000 suffrages – qui a fait cette proposition pourtant elle très sensée: changer complètement ce système, pour, justement, moins gaspiller.

L'électeur voterait sur une feuille de format A4 où figureraient les noms de tous les candidats. Il cocherait le nom de son choix. Puis plierait deux fois la feuille et la glisserait dans l'urne. Du coup, plus besoin de prendre des bulletins qu'on n'utilise pas. Et donc autant d'économies de papier. Plus besoin même de prévoir la petite enveloppe bleue dans laquelle on met son bulletin de vote avant de la glisser dans l'urne. Et donc autant de manipulations épargnées, et autant de temps gagné dans le dépouillement.

D'innombrables pays (dont la Belgique) votent de cette manière depuis d'innombrables années, et cela fonctionne très bien. Pourquoi pas la France?

25/04/2012

Un choix très prévisible

Elections présidentielles, Personnalités, ParisC'est Place de Stalingrad que, dimanche, Jean-Luc Mélenchon avait invité ses partisans à le rejoindre. Pour ce qui était prévu comme une grande fête, mais qui a tourné en eau de boudin, vu la pluie et les résultats électoraux moins élevés que ce que ce candidat espérait. Et c'est Place de Stalingrad qu'il tiendra meeting, le 4 mai.

Ce choix géographique parisien à la fois était prévisible et est très explicable.

Place de Stalingrad, en effet, c'est la porte d'entrée vers les arrondissements du Nord-Est de Paris, qui sont les moins aisés de la capitale et ont beaucoup plus voté Front de gauche que le reste de la ville et du pays. Dans le 19ème, ce candidat a recueilli 15,7% des suffrages. Idem dans le 18ème: 15,3%. Son record parisien, «Méluche» l'a accompli dans le 20ème: 17,4% des voix carrément.

En revanche, sans surprise, la révélation de cette présidentielle 2012 a été très largement boudée par l'électorat des quartiers les plus aisés de Paris. Par exemple, il n'a fait que 3,5% dans le très chic 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati) et encore moins (3,2%) dans le 16ème.

Elections présidentielles, Personnalités, ParisDe manière tout aussi prévisible, les quartiers parisiens aisés lui ont nettement préféré François Bayrou. Dans le 6ème et le 15ème, par exemple, le centriste a recueilli 11,5% des voix. Mais, dans ces quartiers, on a surtout très massivement voté Sarkozy. Dans le 16ème, plus de six votants sur dix (64,8%) ont plébiscité le Président-candidat: record parisien. Dans les 7ème et 8ème, le champion de l'UMP a frisé la barre des 60% (58,2% et 58,3% respectivement).

Les résultats de dimanche, d'ailleurs, ont une fois de plus confirmé, si besoin en était, le très gros clivage sociologique et politique qui traverse Paris. Pour preuve, dans les arrondissements parisiens les moins aisés, le Président sortant n'a recueilli les suffrages que d'à peine deux électeurs sur dix: 22,5% dans le 19ème, 19,5% dans le 18ème, et 18,2% seulement dans le 20ème. Là, il ne s'en est fallu que de 642 voix (sur 86.000 votants) pour que Nicolas Sarkozy soit dépassé par Jean-Luc Mélenchon.

24/04/2012

Un profil très caricatural

On vit décidément, plus que jamais, à «Boboland». Au centre de ce Paris qui, vu sous les angles sociologique et politique, est tellement bobo que cela en devient caricatural: le portefeuille (très) à droite – il n'y a qu'à voir les prix de l'immobilier... – et le coeur (un peu) à gauche.

Bobo, donc: l'ont rappelé, dimanche, les résultats du premier tour présidentiel, concernant le Paris que l'on fréquente à longueur de journées et quotidiennement: le onzième arrondissement et son voisin, le troisième.

Comment a-t-on voté dans les quartiers Bastille-République et du Haut-Marais? François Hollande y a largement devancé Nicolas Sarkozy. Ce dernier n'a fait que 22% dans le onzième et 28% dans le troisième, contre 42% et 40% pour le socialiste, respectivement. L'écologiste Eva Joly a, dans ces deux quartiers, plus que doublé sa moyenne nationale: 5,5%, dans chacun de ces deux arrondissements. Le populiste Jean-Luc Mélenchon, s'il a plafonné à 10% dans le troisième, a cartonné dans le onzième: 14%. Et, dans ces deux arrondissements comme dans le reste de la capitale, l'extrême droite, une fois de plus, n'a pas séduit beaucoup d'électeurs: même pas 5%, dans le troisième comme dans le onzième.

23/04/2012

Un nouveau candidat

Elections présidentielles, Personnalités, HumourFrançois Hollande a davantage séduit les Parisiens que Ségolène Royal en 2007, et la capitale française vote beaucoup moins Front national que le reste du pays. On reviendra plus tard sur ces deux leçons parisiennes du premier tour présidentiel. En attendant, quelque chose de beaucoup plus léger – pour se détendre un peu, dans ce contexte si sérieux.

Ce week-end, un nouveau candidat à l'Elysée est apparu sur les panneaux électoraux, dans notre quartier Bastille. Ses affiches colorées ont recouvert celles, beaucoup plus sobres, des autres candidats. Le projet présidentiel de ce dénommé M. Pansa? Une version exotique du pain et des jeux de jadis: Pan & Fiesta.

On en connaît beaucoup, parmi les politiques et parmi les journalistes qui les suivent, qui en ont plus qu'assez de cette campagne, et donc qui voteraient bien volontiers pour un tel programme. On ne s'abstiendrait pas, nous non plus. Du moins si ce candidat Pansa autorise une cinquantaine d'heures de sommeil réparateur avant sa grande nouba d'intronisation.

22/04/2012

Une (autre) double casquette

Bonjour à celles et ceux qui, en ce dimanche électoral, débarquent sur ce blog pour y trouver avant l'heure les résultats du premier tour de la présidentielle. Comme on n'aura pas du tout le temps, dans les heures à venir, d'actualiser ce blog, ces infos seront regroupées sur le portail de Lalibre.be. Merci de votre passage ici. N'hésitez pas, pourquoi pas, à y revenir, maintenant que vous connaissez l'adresse.

 

A destination cette fois des habitués de ce blog, embrayons sur la note de vendredi, dans laquelle on s'énervait (un peu) de la manière dont Nicolas Sarkozy gère sa double casquette, concernant cette fameuse diffusion, ou non, des résultats électoraux avant l'heure légale. Pour ne rien cacher, on fait (un peu) moins le malin, deux jours plus tard. Parce que, nous aussi, on est affublé d'une double casquette pas trop glorieuse.

En tant que citoyen, on est contre cette publication prématurée des résultats. C'est d'ailleurs l'avis aussi de deux Français sur trois, selon un sondage vendredi. La loi, c'est la loi. A fortiori dans un pays dont les gouvernants professent la "tolérance zéro" à l'égard de toute infraction à la loi. Tout le monde a l'air de subitement trouver idiote cette disposition interdisant la diffusion des résultats avant 20 heures? Il fallait y penser avant. Cinq ans, au moins, qu'on aurait pu modifier cette loi.

En outre, le journalisme «réseausocialisé», en 140 signes et pas un de plus, l'hystérie de l'information, l'immédiateté des événements: c'est drôle un moment, mais cela finit par lasser. Il n'y a pas de honte, à un moment où l'autre, à vouloir prendre un peu du recul sur l'événement. A ne pas engloutir n'importe quelle info n'importe comment. Pas de honte à prendre (un peu) le temps.

Mais on n'est pas que citoyen: on est aussi journaliste. Donc, ce dimanche, on n'a pas le choix. En bon soldat, on va suivre sagement les consignes de la hiérarchie, et participer à l'hystérie informative et électorale du moment. Sans états d'âme. Chaque journaliste a un petit côté mercenaire.

20/04/2012

Une double casquette

Elections présidentielles, Droit, Personnalités, SarkozyNicolas Sarkozy persiste et signe. Ce matin, il a confirmé les propos qu'il avait tenus hier, au sujet de la probabilité que, dimanche, les résultats du premier tour présidentiel soient divulgués avant 20 heures: sur les réseaux sociaux, dans des médias belges ou suisses, etc. Jeudi, invoquant le fait qu'«on ne va quand même pas faire une frontière numérique entre la France et tous les autres pays du monde», Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il ne serait «pas choqué» si, effectivement, ces résultats étaient divulgués avant l'heure légale.

En entendant cela hier, on était assez estomaqué. Et on le reste, aujourd'hui.

Chacun est évidemment libre de penser ce qu'il veut de l'inanité ou de la légitimité de cette interdiction légale de diffusion des résultats avant 20 heures. Nicolas Sarkzoy s'exprime en tant que candidat? C'est, aussi, son droit. Mais tout de même.

Jusqu'à preuve du contraire, il est toujours et jusqu'au 6 mai coiffé d'une autre casquette: celle de chef de l'Etat. Qu'un Président admette ainsi, sans ambages, qu'il ne serait «pas choqué» qu'on viole la loi, alors qu'il est censé être le premier à faire respecter les lois, cela pose tout de même question, à notre humble avis.

Elections présidentielles, Droit, Personnalités, SarkozyCe matin, Nicolas Sarkozy était interrogé sur l'avertissement donné hier par le parquet, qui a prévenu que toute infraction à cette loi serait systématiquement poursuivie par ses services. Le candidat UMP a répondu par une pirouette: il a ironisé sur le fait qu'il ne briguait pas le poste de procureur de la République.

Ca, au moins, c'est indiscutable. Pour le reste de l'argumentation du Président-candidat, chacun jugera.

19/04/2012

Un coût raisonnable

49 millions d'euros. C'est ce que coûte, pour l'Etat, l'envoi aux électeurs, par La Poste, des «professions de foi» des dix présidentiables: ces dépliants électoraux, dont on parlait hier. A cela, il faut ajouter le coût de la mise sous pli de ces tracts. Elle s'effectue dans les municipalités. Qui, pour ce faire, embauchent des vacataires, les rémunérant à raison de 18 à 20€ (bruts) de l'heure. Ces émoluments, plus le coût de la location des salles où s'effectuent ces mailings, cela rajoute 51 millions à la facture.

Mais les dépenses ne s'arrêtent pas là. Une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour le remboursement partiel, par l'Etat, des frais de campagne engagés par les candidats – du moins, les candidats ayant atteint la barre des 5% des suffrages: le pourcentage plancher exigé pour être remboursé. Et encore une autre cinquantaine de millions est nécessaire pour la confection des affiches des présidentiables et le collage de celles-ci sur les panneaux électoraux, dans tout le pays.

Au total, pour l'Etat français, et donc pour le contribuable, la facture de ces élections présidentielles s'élève à 228 millions d'euros.

Enorme? Ce sera toujours un montant trop élevé, aux yeux de tous les Français qui ne croient plus en la politique, voire sont dégoûtés par elle. Mais, si on divise ces 228 millions par le nombre d'habitants, cela ne revient jamais qu'à 3€50 par citoyen français.

A Paris, c'est à peine le prix d'un sandwich.

18/04/2012

Une discrète omission

elections présidentielles,personnalités,le pen,internationalQu'en termes élégants ces choses-là sont dites. C'est ce qu'on a pensé ce matin, en tombant, en rue, sur ce graffiti anti-Le Pen.

La détestation qu'on est en droit d'éprouver envers telle ou telle personnalité autorise-t-elle de s'en prendre à elle en des termes scatologiques? Se soucier de la bienséance des mots utilisés pour critiquer Marine Le Pen, est-ce la moindre des choses, ou de la pudibonderie déplacée? On vous laisse juges.

Sinon, à propos de Marine Le Pen, on a reçu des nouvelles d'elle, ce matin. Dans notre boîte aux lettres. En effet, y sont arrivées les «professions de foi» des candidats: leurs dépliants électoraux, qui sont envoyés à tous les électeurs avant chaque scrutin. Découvrant ces document (visible en pdf ici), on s'est empressé d'y vérifier une chose, pour voir si était confirmé ou démenti un bruit qui circulait ces derniers jours, à son propos. Et, effectivement, on a eu confirmation de cet écho. Dans ce document, on ne trouve nulle trace d'un point du projet lepéniste sur lequel, pourtant, l'intéressée a passé du temps, pendant sa campagne. A savoir, la sortie de l'euro et le retour au franc.

Sans doute cette discrète omission est-elle due aux sondages de ces dernières semaines. Qui, tous, ont montré combien l'opinion – et y compris une bonne part de l'électorat FN – redoutait les conséquences d'un éventuel retour au franc, sur le pouvoir d'achat.

elections présidentielles,personnalités,le pen,internationalMarine Le Pen a retenu la leçon. Une telle faculté d'adaptation n'est pas anecdotique. Venant d'une candidate qui, pendant toute sa campagne, n'a cessé de dénoncer tout à la fois les sondeurs, la fiabilité selon elle très discutable de leurs enquêtes, et la place à ses yeux démesurée prise par les sondages dans cette présidentielle.

 

PS: Parlant d'Europe et de Front national, on a pu encore le remarquer hier soir, lors du méga-meeting parisien de Marine Le Pen, au Zénith. Rien que dans sa scénographie, il a rappelé combien la frontiste se distingue de la plupart des autres présidentiables. A ses côtés, en effet, sur la scène, figuraient trois drapeaux. Mais uniquement des drapeaux tricolores: aucun drapeau étoilé européen.

17/04/2012

Une (laborieuse) ouverture au monde

Ce n'est qu'au moment des présidentielles que la presse étrangère basée en France peut travailler dans des conditions correctes. C'est ce qu'on s'est (re)dit dimanche, au meeting géant de François Hollande, à Vincennes.

Hors périodes de campagnes élyséennes, la presse étrangère n'est «pas la priorité de communication» des politiques français. Qui le reconnaissent d'ailleurs sans ambages. Normal: les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs des médias étrangers ne votent pas en France. En périodes présidentielles, en revanche, cela change. Soucieux de se bâtir un minimum de stature internationale, les présidentiables sont un peu plus attentifs à la presse étrangère. François Bayrou avait été le premier à le faire, à la présidentielle de 2007, François Hollande l'a imité à celle de 2012: il a une attachée de presse spécifiquement chargée des médias internationaux. A Vincennes dimanche, on a même vu ce qu'on n'avait jamais vu lors d'aucune autre campagne présidentielle et chez aucun autre candidat.

Quelque 450 journalistes s'étaient accrédités pour couvrir l'événement. Parmi eux, l'on recensait 160 nationalités différentes. Dès lors, une (petite) section de la salle de presse était réservée à la presse internationale. Cela changeait de ces salles de presse de meetings où les journalistes étrangers ont juste le droit de passer après tous leurs collègues français, ne serait-ce que pour avoir une prise de courant, une ligne ADSL, ou simplement une chaise et un bout de table.

Cette attention des présidentiables à la presse étrangère connaît des limites, toutefois. A de très rares exceptions près, les grandes interviews restent, bien sûr, l'apanage de la presse hexagonale. Et, le plus souvent, seuls les journalistes français ont accès aux déplacements de présidentiables quand ceux-ci sont «poolés»: fonctionnent en «pools», avec un nombre minimum de journalistes, chargés ensuite de répercuter les infos auprès des confrères exclus de ces pools.

Qui sait les présidentiables français progresseront-ils dans leur ouverture au monde, à la présidentielle de 2017. Ou pas; on verra.

16/04/2012

Une façon de voir les choses

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeUn moment de gêne ce matin, en entendant Marine Le Pen sur une radio. C'était au sujet de cette bataille de chiffonniers que se livrent le PS et l'UMP depuis hier, sur la question de savoir qui, de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, a réussi à réunir le plus de militants à son meeting dominical géant.

Les chiffres avancés de part et d'autre, outre qu'ils sont invérifiables, sont complètement fantaisistes. 120.000 sarkozystes place de la Concorde? Chacun a pu y voir qu'une partie au moins de la place était encore vide quand le Président-candidat a commencé son discours. Et pour cause: il l'a débuté plus tôt que prévu. 100.000 «hollandais» face au château de Vincennes? Le chiffre a été lancé à la tribune dès le début de l'après-midi, alors même qu'un bon tiers de l'esplanade – pouvant contenir 140.000 personnes – était encore vide. Et pour cause: n'étaient pas encore arrivés une bonne vingtaine de cars, sur la centaine qu'avait affrétés le PS pour convoyer à Paris les sympathisants.

Hier soir, de retour de ce dimanche militant, constatant que cette guerre des chiffres faisait plus parler d'elle que les questions de fond, on a trouvé cela puéril. Comme deux bandes rivales d'écoliers qui, dans une cour de récréation, exhibent leurs biceps. Moment de gêne ce matin, donc. En entendant Marine Le Pen, à son tour, trouver cela... «puéril». Hier soir, on aurait dû penser en des termes moins courants, dû qualifier, dans notre tête, ce combat de titans sur les chiffres non de «puéril», mais de «vétilleux». Ce matin à la radio, Marine Le Pen n'aurait jamais pensé à utiliser ce mot-là. Trop tard. Tant pis.

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeCela dit, il y a une autre façon de voir les choses, au-delà de ces broutilles d'ego et de mots. Qu'ils aient été 80.000 ou 100.000 à la Concorde et/ou à Vincennes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont sacrifié un dimanche tranquille et bien au chaud pour, dans le froid et le vent glacial, vivre au plus près la campagne présidentielle. Alors qu'on ne cesse de dire que cette campagne n'intéresse pas et de présenter les Français comme étant complètement désabusés, politiquement.

Du coup, rien qu'en soi et au-delà des chiffres, cette affluence de masse a quelque chose de plutôt positif.

13/04/2012

Une machine

On a été sondé sur la présidentielle, hier en fin d’après-midi. On n'avait vraiment pas que cela à faire, mais, bonne poire, on a accepté. Au téléphone, l'institut LH2. Plus précisément, nous saluait une prénommée «Claire». Que l'on trouvait charmante, mais qui avait une voix légèrement métallique. Et pour cause: c'était... une machine.

 

Les instituts de sondages utilisent donc des automates pour interroger l'électeur moyen sur ses intentions de vote. Cela marche bien, notez. Comme quand on achète un billet de train ou d'avion par téléphone, il suffit juste d'articuler distinctement. Donc, au lieu par exemple de dire «réservation», on dit «abstention». Au lieu de choisir couloir ou fenêtre, on opte pour premier et/ou second tour. Au lieu de réserver pour Tokyo ou Miami, on prend date pour Hollande ou Sarkozy. Et la machine répond chaque fois, très poliment: «J’ai bien pris note de votre réponse». Le vote, un produit de grande consommation comme un autre?

 

Culotté, ce remplacement d'humains par des machines, de la part d'instituts de sondage qui, en cette période électorale, gagnent de l’or en barres grâce aux innombrables enquêtes qu'ils réalisent ? En fait, contrairement à ce que l'on croit généralement, les sondages électoraux pèsent très peu dans le chiffre d'affaires de ces instituts. Qui se font bien plus d'argent avec, par exemple, les enquêtes-qualité et/ou de satisfaction de la clientèle concernant tel ou tel article commercial, les études sur l'image de marque de telle ou telle enseigne, etc. Car tous ces sondages-là sont facturés à des montants bien plus élevés que les enquêtes électorales, d'autant que celles-ci sont souvent réalisées pour des clients pas forcément fortunés, comme la presse quotidienne. En revanche, les sondeurs compensent cela avec la notoriété que ces études électorales apportent à leur marque. Puisque ces sondages bénéficient d'une grande couverture médiatique, et donc d'une large audience.

 

Mais cet avantage-là, visiblement, n'est plus suffisant – chez LH2, en tout cas – pour que des moyens humains leur soient consacrés. Place aux automates, donc.

 

Encore bravo.

12/04/2012

Un débarquement

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Le PenLa droite extrême et l'extrême-droite débarquent dans notre onzième arrondissement. A toutes les élections, ces dernières années, les candidats de cette mouvance n'y ont fait que des scores ridiculement microscopiques – comme dans le reste de Paris, d'ailleurs: terre de (centre-)gauche s'il en est. Il n'empêche, les voilà donc qui débarquent au coeur de «Boboland».

Nicolas Dupont-Aignan est annoncé pour un meeting au «Bataclan», boulevard Voltaire. Ce candidat se revendique «gaulliste», affiche un look de bon père de famille jeune et dynamique, et tente de séduire les foules en prônant «un protectionnisme raisonné». Toutefois, il est plus radical qu'il n'en a l'air. Pour preuve, l'autre jour, il n'a pas hésité à déclarer que, dans le cas (très hypothétique) où il était élu à l'Elysée, il pourrait nommer... Marine Le Pen Premier ministre. Sa déclaration a fait tant de bruit que, depuis, le pauvre n'arrête pas d'essayer de faire marche arrière. A chacune de ses prestations médiatiques, il assure que oui oui, ses propos ont été déformés et sortis de leur contexte, promet que, non non, il n'a rien à voir avec le Front national, etc.

Le Front national, précisément: ces derniers jours, les lepénistes ont visiblement envoyé des escouades de militants-colleurs dans notre onzième arrondissement. Un peu partout, sur les murs, fleurissent les affiches de Marine Le Pen. Appelant à une «révolution bleu marine», s'exclamant «Oui! La France», vantant une candidate qui serait celle de «La France des oubliés». Ce débarquement lepéniste tranche avec la physionomie murale qui, jusqu'à présent, était celle de nos quartiers. Dont les façades étaient majoritairement maculées d'affiches rouges: celles du populiste Jean-Luc Mélenchon ou de la trotskiste Nathalie Arthaud.

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Le PenMais les colleurs lepénistes n'ont pas toujours bien regardé où ils placardaient leur propagande.

Ainsi, boulevard Richard Lenoir, leur égérie s'affiche, comme si de rien n'était, sur une petite maison abandonnée depuis des lustres. Pourquoi pas. Mais l'immeuble est orné d'une immense fresque murale, qui représente un visage hurlant, sur fond de chaos urbain. Comme si ce visage criait sa colère contre la présence de telles affiches.

11/04/2012

Un tabou brisé (un peu)

A chaque campagne présidentielle, on se pose la question (voir par exemple ici). Comment donc font ces présidentiables pour tenir le coup, physiquement? Ces jours-ci, d'ailleurs, à moins de deux semaines du premier tour, les marques d'épuisement sont nettement visibles, sur leurs visages. C'est à ce moment qu'un tabou commence à (très légèrement) se briser en France. Concernant un sujet ultra-délicat: le dopage en haute politique.

Ainsi, depuis lundi, on a pu entendre, voir et lire un peu partout, dans les médias français, les propos de Denis Demonpion et Laurent Léger: les auteurs d'un livre de «Révélations sur la santé des Présidents», qui vient de paraître (aux éditions Pygmalion). En marge du sujet principal (notamment l'affirmation selon laquelle François Mitterrand aurait, à sa demande, été euthanasié), ces deux journalistes ont tenu des propos qui, sauf erreur, n'avaient jamais été tenus auparavant.

Leur ouvrage étant consacré aux Présidents, leurs allégations n'ont concerné que le seul Nicolas Sarkozy, mais il n'y a bien sûr aucune raison de penser qu'il est le seul politique concerné.

Donc, cela a donné ceci, dans la bouche de ces deux journalistes. Avec l'accord de ses médecins, le Président-candidat prend «différents produits», qui «ne sont pas autorisés à la vente en France». Par exemple, des médicaments «testés par des labos, mais qui n'ont pas encore reçu le feu vert des autorités sanitaires françaises pour être mis sur le marché». Des produits en vente à l'étranger et/ou sur le net. Des «remontants». Des «substances énergisantes, que prennent en général des sportifs». Des «fortifiants très puissants». Des «produits pour être en forme», et/ou «pour se calmer un petit peu».

Remarquez comme tout cela est dit avec énormément de précautions. Et, qui plus est, sans aucune condamnation. Dixit un des deux auteurs de cet ouvrage, qu'on entendait hier sur une radio: «Après tout, le Président doit être en permanence et jour après jour en excellente forme». Remarquez aussi qu'aucun nom précis de molécule n'est cité. Et pour cause: accoler le nom de telle ou telle personnalité politique à celui de telle ou telle substance particulière, terminant en «ine» par exemple (créatine, amphétamines, et on en passe), c'est à coup sûr se prendre un procès en diffamation.

Ce débat naissant est donc extrêmement précautionneux. Mais au moins n'est-ce plus le silence complet, le tabou total.

Sans doute est-ce déjà cela.

10/04/2012

Une impasse?

Elections présidentielles, Activisme, Personnalités, Activisme, Paris La campagne électorale officielle pour la présidentielle ayant débuté hier lundi, c'est le retour des panneaux électoraux dans les rues de Paris, comme dans tout le pays. Mais, dans notre quartier du onzième arrondissement, les gens s'arrêtent moins devant ces panneaux tout gris et les bobines qu'ils arborent, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Sarkozy, que devant les affichettes qui ont été malicieusement apposées sur les plaques de l'une ou l'autre rue – dans cet arrondissement comme dans d'autres.

C'est notamment le cas Boulevard Richard Lenoir. Qui, depuis quelques jours, a été rebaptisé «Impasse Sarkozy». L'imitation de la plaque est si bien faite qu'on s'y croirait. Sous le nouveau nom allégué du boulevard, a été inscrite la mention «Ancien Président de la République 2007-2012».

A moins que cela nous ait échappé, les auteurs de ce détournement n'ont toujours pas été identifiés, et n'ont pas encore révélé leur identité. On en est donc réduit aux supputations. Militants agissant pour le compte d'un présidentiable concurrent du Président sortant? Activistes radicaux? Artistes urbains? Simples plaisantins? Ils ont réussi leur coup, en tout cas: dans la rue, sur le net et dans les réseaux sociaux, on parle énormément de ces fameuses impasses Sarkozy.

Mais l'électorat jugera-t-il lui aussi qu'avec un tel Président, le pays est dans l'impasse? Réponses les 22 avril et 6 mai prochains.

06/04/2012

Un dimanche qui promet

Si vous envisagiez de circuler en voiture dans Paris le dimanche 15 avril, oubliez cela. Ce jour-là, en effet, la capitale va probablement connaître des embouteillages d'anthologie, pour cause notamment de campagne présidentielle.

Le 15 avril, il y avait déjà le marathon de Paris, qui, en temps normal, chaque année entraîne pas mal d'embarras de circulation et de stationnement. Cette année, viendront s'y greffer deux manifestations électorales de masse, car on sera à une semaine du premier tour du scrutin élyséen, le dimanche 22. D'une part, comme l'intéressé l'a confirmé hier, le grand meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde. D'autre part, le meeting, annoncé comme aussi massif, de son rival socialiste François Hollande, lui sur l'esplanade du château de Vincennes.

Une centaine de milliers de personnes pourraient bien, au total, assister à ces deux événements. Et il faudra leur ajouter les quelques dizaines de milliers de marathoniens du jour. Dès lors, c'est peu dire qu'on va friser la crise de nerfs ce dimanche-là à la préfecture de police de Paris, à qui il reviendra de coordonner, de régenter et de gérer tout cela.

Les Parisiens coincés dans les embouteillages pourront ronger leur frein en méditant sur la connotation tout de même très sanglante de ces deux lieux de meeting choisis par les duellistes pressentis du second tour. Nicolas Sarkozy réunira ses troupes sur une place où, comme chacun sait, Louis XVI et Marie-Antoinette notamment furent guillotinés, en 1793. Quant aux fossés du château de Vincennes, devant lesquels François Hollande réunira ses partisans, Bonaparte y fit fusiller le duc d'Enghien en 1804, après un jugement expéditif et sa condamnation à mort pour conspiration.

Mais, aux dernières nouvelles, la fin de la campagne présidentielle devrait, elle, être plus pacifique.

05/04/2012

Une incrédulité générale

Elections présidentielles, Politique, Personnalités, Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen, Joly«Les promesses n'engagent que ceux qui y croient», assure une vieille maxime, cynique, de la vie politique française. Manifestement, ils sont de moins en moins nombreux à y croire, dans l'opinion. C'est ce qu'indique une étude réalisée par l'institut TNS-Sofres.

On y découvre que 88% des Français considèrent que, d'une manière générale, les politiques ne respectent pas les engagements qu'ils prennent en campagne électorale. Parmi ces neuf Français sur dix incrédules, 38% des sondés affirment carrément que les intéressés ont l'habitude de ne pas du tout tenir leurs promesses.

Des dix candidats à l'Elysée, le centriste François Bayrou et le socialiste François Hollande sont perçus comme les plus crédibles dans leurs engagements. Mais, pour l'un comme pour l'autre, les sondés défiants sont plus nombreux que les confiants. La frontiste Marine Le Pen et l'écologiste Eva Joly apparaissent comme les moins fiables. Concernant Nicolas Sarkozy particulièrement – dont le leitmotiv de ses meetings de 2007, était, pour rappel: «Moi, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous mentirai pas», etc. – , il ne s'en sort pas trop mal. En effet, le nombre de Français jugeant qu'il n'a ni mieux, ni moins bien tenu ses engagements que ses prédécesseurs (40%) dépasse, de peu, la proportion de Français considérant, au contraire, qu'il a plutôt moins bien respecté ses promesses qu'eux (36%).

Il n'empêche, globalement, les résultats de cette enquête d'opinions ne sont pas à l'honneur de la classe politique. Qui sait faudra-t-il se souvenir de ce sondage dans une quinzaine de jours: si d'aventure les résultats du premier tour de la présidentielle confirment ce qu'annoncent et prévoient déjà pas mal d'analystes: un très fort taux d'abstention.

04/04/2012

Une «vague» impressionnante

S'il y a bien un secteur de l'économie française qui, en ce moment, malgré le marasme économique général, doit se frotter les mains, faire de plantureuses affaires, grâce à la campagne présidentielle, c'est celui de l'imprimerie. Les chiffres ont de quoi donner le tournis.

Ainsi hier, les militants écologistes ont distribué dans toute la France un million d'exemplaires du journal de campagne des Verts: «Écologie Hebdo». Dans un communiqué ce matin, le QG d'Eva Joly s'est félicité du succès de cette «vague verte». Sans préciser si les imprimés en question avaient été réalisés, ou non, en papier recyclé – on imagine que oui.

Précédemment, l'UMP avait fait tirer... 21 millions de tracts carrément: vantant le bilan du Président-candidat Nicolas Sarkozy et/ou attaquant le programme du candidat socialiste François Hollande. Depuis janvier, quelque 16,5 millions de ces tracts sarkozystes ont été distribués, sans compter tous ceux diffusés par internet. Quant au PS, il affirme avoir déjà écoulé... 28 millions de tracts: des tracts thématiques (sur le pouvoir d'achat, la «République exemplaire», etc.) ou 15 millions de livrets sur le projet présidentiel «hollandais».

Au moins tout cela contribue-t-il, probablement, à créer de l'emploi dans les imprimeries du pays.

Juste que, jusqu'à présent, aussi étonnant que cela puisse paraître, on n'a pas encore eu en mains le moindre de ces dizaines de millions de tracts. Pas un seul. On ne doit pas vivre dans une circonscription jugée prioritaire par les militants. Ou ne pas avoir une tête d'électeur moyen.

03/04/2012

Un déclassement, si symbolique

Culture, Littérature, Gouvernement, Paris, Elections présidentielles La nouvelle est passée largement inaperçue: noyée dans l'actualité de la campagne électorale. Elle a d'autant moins fait parler d'elle qu'il s'agit d'une info relative à la Culture. Or, les questions culturelles – comme les questions de politique internationale – sont, une fois encore, absentes des débats autour de ce scrutin présidentiel.

Cette nouvelle, c'est que, depuis dimanche en France, le livre, au sens générique, est déclassé. Il n'est plus officiellement considéré comme «un bien de première nécessité». Puisque, désormais, en vertu du dernier plan de rigueur en date, approuvé à l'automne, le livre ne bénéficie plus du taux ultra-réduit de TVA à 5,5%, qui est appliqué aux produits de première nécessité (les produits alimentaires comme le pain, ou le gaz et l'électricité, etc.). Dorénavant, un taux de 7% s'applique aux livres.

Preuve qu'il n'est pas très à l'aise avec cette décision si symboliquement lourde, dans cette France qui s'enorgueillit d'être le pays de l'exception culturelle: le gouvernement a reporté de janvier à avril l'entrée en vigueur de cette hausse de 1,5% de la TVA sur l'écrit. Cela, toutefois, n'a pas dissuadé le Syndicat de la librairie française de mettre le rétablissement de la TVA à 5,5% en tête des douze propositions qu'il a faites aux présidentiables.

Culture, Littérature, Gouvernement, Paris, Elections présidentielles Et cela n'a pas non plus calmé la Ville de Paris.

Dans la capitale, les librairies peinent déjà à survivre: face à l'explosion des loyers, face au grignotage des commerces des quartiers culturels traditionnels par les boutiques de fringues, Starbucks ou autres snacks à kebab. Hier, donc, la mairie a dit (ici) «sa très vive opposition» à cette mesure.

Sur laquelle, d'ailleurs, le socialiste François Hollande a déjà dit qu'il reviendrait, s'il était élu à l'Elysée le 6 mai.