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03/05/2012

Un exercice pas si facile

A nouveau faisons dans la cuisine interne et les coulisses journalistiques, aujourd'hui. Ce n'est pas facile, pour les journalistes de quotidiens paraissant le matin, de couvrir des actualités comme le grand duel télévisé d'hier soir. Dans le feu de l'action, d'ailleurs, on s'est souvenu s'être déjà dit cela il y a cinq ans à la même époque: le soir du duel Sarkozy-Royal.

Au risque de paraître immodeste, ce ne sont pas tant les thèmes abordés dans le débat ni la technicité des sujets qui posent problème. Après deux mois de campagne électorale quasiment 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, on maîtrise les données principales, les grands enjeux, les chiffres-clé, et les argumentaires des deux côtés. La difficulté réside dans les conditions techniques dans lesquelles s'effectuent les bouclages d'éditions, dans la presse écrite quotidienne.

Hier soir, le texte pour la première édition devait avoir été envoyé à Bruxelles à 22 heures, au plus tard. Il a donc dû être rédigé alors que le duel n'avait qu'à peine commencé. Or, ce genre de débat peut, à chaque instant, complètement déraper, totalement changer de physionomie. Difficile, dès lors, de s'autoriser des pronostics sur l'issue du match, rien que sur la base de ses premiers échanges. En outre, deux actualisations du papier étaient prévues, pour les éditions suivantes: la première à 23 heures, la seconde à minuit. A ces moments, il a donc fallu faire deux choses différentes en même temps. D'une part, continuer à suivre attentivement les échanges se poursuivant: absolument ne pas louper ce qu'il se disait d'intéressant. D'autre part, rédiger tout aussi attentivement l'actualisation du papier: absolument ne pas oublier d'y inclure ce qu'il s'était dit d'intéressant, depuis la dernière version envoyée. Le cerveau coupé en deux, en somme. Et les yeux rivés en permanence sur l'heure: sur ces minutes qui, dans ces circonstances, ont toujours l'air de filer plus vite que l'éclair.

Pas simple. Assez acrobatique, même. Cela exige une concentration phénoménale et, dans le même temps, à la fois le plus grand calme et la réactivité maximale.

Mais c'est évidemment dans ces moments-là que le journalisme est le plus excitant.

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