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31/05/2012

Une femme au sommet

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDécidément, c'est l'innovation en ce moment au sommet de l'Etat, en matière de rapports hommes-femmes. Le gouvernement Ayrault était déjà entré dans l'Histoire en devenant le premier de la Vème République à être rigoureusement paritaire. Dix jours plus tard, hier, a été annoncée qu'une femme allait être nommée à la tête d'un des corps policiers les plus prestigieux de l'Etat.

En l'occurrence, le Groupe de sécurité de la Présidence de la République (GSPR), qui regroupe les quelques dizaines d'agents d'élite chargés de la protection rapprochée du chef de l'Etat et des membres de sa famille. Il sera bientôt commandé par une femme. La commissaire divisionnaire dont question s'appelle Sophie Hatt. Mère de famille, quadragénaire, elle commandait il y a dix ans l'unité chargée de la protection du Premier ministre de l'époque: un certain Lionel Jospin.

A plusieurs sources, ce matin, l'on indiquait que l'ex-chef de gouvernement (1997-2002) avait personnellement recommandé au nouveau Président de lui confier le GSPR. C'est d'autant plus vraisemblable que Sophie Hatt, jadis, tira Lionel Jospin d'un très mauvais pas. C'était en 2000, lors d'un déplacement qu'il effectuait en Cisjordanie. A l'université de Biz Zeit, le Premier ministre socialiste avait été pris à partie, puis caillassé, par des centaines d'étudiants furieux des propos, peu adroits, qu'il avait tenus la veille, concernant le Hezbollah. A l'époque, à la télé, avaient fait sensation les images des gardes du corps de Lionel Jospin obligés de déployer autour de lui leurs mallettes en kevlar, pour le protéger des cailloux. Grâce au professionnalisme de Sophie Hatt, le Premier ministre avait pu être exfiltré sans le moindre dommage pour lui, et sans que ses gardes du corps doivent tirer le moindre coup de feu. La jeune femme, atteinte par des projectiles, avait été blessée au dos au cours de l'incident.

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDix ans après avoir veillé sur l'hôte de Matignon, là voici donc au sommet de la hiérarchie policière républicaine: en charge de la coordination de la protection de l'«homme normal» de l'Elysée.

Ces dernières années, déjà, une autre policière de choc avait innové, en devenant la première femme directrice centrale de la police judiciaire. Martine Monteil, c'est son nom, avait auparavant commandé la brigade de répression du proxénétisme à Paris, puis la brigade de répression du banditisme, et enfin la prestigieuse brigade criminelle. Autant de postes qui avaient toujours et exclusivement été occupés par des hommes.

Bien.

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