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31/05/2012

Une femme au sommet

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDécidément, c'est l'innovation en ce moment au sommet de l'Etat, en matière de rapports hommes-femmes. Le gouvernement Ayrault était déjà entré dans l'Histoire en devenant le premier de la Vème République à être rigoureusement paritaire. Dix jours plus tard, hier, a été annoncée qu'une femme allait être nommée à la tête d'un des corps policiers les plus prestigieux de l'Etat.

En l'occurrence, le Groupe de sécurité de la Présidence de la République (GSPR), qui regroupe les quelques dizaines d'agents d'élite chargés de la protection rapprochée du chef de l'Etat et des membres de sa famille. Il sera bientôt commandé par une femme. La commissaire divisionnaire dont question s'appelle Sophie Hatt. Mère de famille, quadragénaire, elle commandait il y a dix ans l'unité chargée de la protection du Premier ministre de l'époque: un certain Lionel Jospin.

A plusieurs sources, ce matin, l'on indiquait que l'ex-chef de gouvernement (1997-2002) avait personnellement recommandé au nouveau Président de lui confier le GSPR. C'est d'autant plus vraisemblable que Sophie Hatt, jadis, tira Lionel Jospin d'un très mauvais pas. C'était en 2000, lors d'un déplacement qu'il effectuait en Cisjordanie. A l'université de Biz Zeit, le Premier ministre socialiste avait été pris à partie, puis caillassé, par des centaines d'étudiants furieux des propos, peu adroits, qu'il avait tenus la veille, concernant le Hezbollah. A l'époque, à la télé, avaient fait sensation les images des gardes du corps de Lionel Jospin obligés de déployer autour de lui leurs mallettes en kevlar, pour le protéger des cailloux. Grâce au professionnalisme de Sophie Hatt, le Premier ministre avait pu être exfiltré sans le moindre dommage pour lui, et sans que ses gardes du corps doivent tirer le moindre coup de feu. La jeune femme, atteinte par des projectiles, avait été blessée au dos au cours de l'incident.

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDix ans après avoir veillé sur l'hôte de Matignon, là voici donc au sommet de la hiérarchie policière républicaine: en charge de la coordination de la protection de l'«homme normal» de l'Elysée.

Ces dernières années, déjà, une autre policière de choc avait innové, en devenant la première femme directrice centrale de la police judiciaire. Martine Monteil, c'est son nom, avait auparavant commandé la brigade de répression du proxénétisme à Paris, puis la brigade de répression du banditisme, et enfin la prestigieuse brigade criminelle. Autant de postes qui avaient toujours et exclusivement été occupés par des hommes.

Bien.

30/05/2012

Un fameux toupet

A dix jours du premier tour des législatives, on s'étonne un peu de ne pas encore avoir reçu, comme lors de précédentes campagnes électorales, de coups de fil intempestifs à la maison, émanant de politiques faisant leur promo par téléphone. Via des automates, qui invitent à taper sur la touche X ou Y pour entendre le message prétendument personnel laissé par tel ou tel candidat à tel ou tel mandat. A l'époque, on n'avait pas trop bien pris cette intrusion politique dans notre brave petite vie quotidienne. Et on avait raccroché, illico.

Pas encore subi de démarchage électoral par téléphone, mais, visiblement, affluent les plaintes d'électeurs relatives à des mails indésirables de ce type.

C'est qu'a annoncé la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL), hier. Elle a adressé une «recommandation» aux candidats députés et à leurs partis, pour que soient mieux respectés les droits des personnes en matière de communication électronique. Cet organe dit avoir enregistré «de fortes réactions» d'électeurs ayant reçu des messages politiques non sollicités. Ainsi, tout particulièrement, «les Français de l'étranger, dont les adresses électroniques figurent sur les listes électorales consulaires librement consultables par les partis politiques, ont adressé de nombreux témoignages» irrités à la CNIL.

Qui a donc sommé les partis de rappeler deux règles à leurs candidats. La nécessité d'un consentement préalable de la part des destinataires des messages de sollicitation à caractère politique. Et le droit de toute personne à «s'opposer, sans frais, à la collecte ou à l'utilisation de son identité et de ses coordonnées», électroniques y compris.

Cela paraît le bon sens même, mais ce n'est manifestement pas toujours mis en pratique par les candidats. En témoignent les exemples assez effarants cités (ici) par la la CNIL. Et qui montrent bien le toupet, fameux, dont sont capables certains politiciens, pour parvenir à leurs fins.

29/05/2012

Un constat très lucide

Gouvernement, Personnalités, Ayrault, HistoireIl plane, Jean-Marc Ayrault. Ce week-end, la dernière édition du baromètre Ifop-JDD l'a carrément crédité de 65% d'opinions satisfaites – du jamais vu. Jusqu'à présent, le record de popularité d'un chef de gouvernement à peine nommé était détenu par Alain Juppé (en 1995, 63%). Venaient ensuite François Fillon (en 2007, 62%) et Jean-Pierre Raffarin (en 2002, 60%). En 2012, l'hôte de Matignon fait donc mieux que ses trois prédécesseurs. Il se paie même le luxe de compter des supporteurs à l'UMP (41%) et au FN (42%).

Elle plane dans les hauteurs, sa cote de popularité. Mais l'intéressé assure qu'il entend ne pas se «laisser griser». «Cela ne veut rien dire», a-t-il minimisé, dimanche.

Il est vrai qu'un précédent au moins existe, attestant du caractère hautement aléatoire de la popularité bénéficiant au Premier ministre.

En 1995, Alain Juppé, peu de mois après avoir affiché un taux de confiance à 63%, avait vu sa popularité s'effondrer: dégringoler jusqu'à un niveau plancher. Ses projets de réformes avaient entraîné des mouvements sociaux d'une ampleur historique. Il ne s'en remit jamais, et ne resta finalement que deux petites années à Matignon – l'en chassa la dissolution anticipée de l'Assemblée nationale, en 1997 par Jacques Chirac, qui tourna au fiasco que l'on sait: elle ramena la gauche de Lionel Jospin au gouvernement.

Donc? Quinze ans plus tard, dimanche, Jean-Marc Ayrault a eu ce pronostic, très lucide: «On sera jugé sur pièces».

25/05/2012

Une lente progression

Serait-elle pertinente, finalement, cette métaphore animalière beaucoup utilisée dans les médias ces derniers mois, qui compare François Hollande à une tortue? L'homme, en tout cas, semble progresser lentement (et sûrement?), en termes de popularité.

Ainsi, le dernier sondage en date de l'institut CSA, publié ce vendredi, évalue à 58% sa cote de confiance. Jamais le nouveau Président n'avait été évalué aussi haut, dans une enquête d'opinion. Ce score est même proche de celui dont CSA créditait Nicolas Sarkozy en 2007 à la même période, juste après son élection: 59%.

Consolation, pour la droite: autant en 2007, au tout début de son mandat, Nicolas Sarkozy séduisait un part (minoritaire) de l'électorat de gauche, autant son successeur, lui, a une «structure de popularité très clivée politiquement». En clair, il est très populaire à gauche, mais reste impopulaire à droite. En revanche, plus préoccupant pour les sarkozystes: la popularité du nouveau chef de l'Etat «est relativement homogène en termes sociodémographiques». Il est majoritaire aussi bien chez les classes socioprofessionnelles élevées que parmi les classes plus moyennes, les retraités, et les ouvriers. Ces derniers affichent le taux de confiance le plus élevé: 64%.

Mais tout cela va-t-il durer? On ne mettrait pas notre main au feu. L'intéressé non plus, sans doute.

24/05/2012

Un dénigrement, oui. Une dérision, non

Elections législatives, Elections présidentielles, Communication, Médias, Audiovisuel, Télévision, Langue françaiseA peine en a-t-on fini avec les spots de la campagne officielle pour l'élection présidentielle que voilà les clips pour les législatives. Dans un récent règlement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) fixe les modalités de cette communication, jusqu'au moindre détail – par exemple, le minutage de ces clips, à la seconde près. Dans ce texte, on trouve aussi la réponse à une question que l'on s'était posée, pendant la campagne présidentielle.

A plusieurs reprises, à la vue des spots électoraux – ou des tracts imprimés – vantant tel ou tel candidat à l'Elysée, on s'était dit que cette propagande allait tout de même assez loin. Assez loin dans le dénigrement de l'adversaire: à coups d'arguments de mauvaise foi, de raccourcis, et de caricatures. La pub électorale comparative et mensongère est-elle donc permise, en France? C'était la question que l'on s'était posée.

La réponse? Oui et non, si l'on décrypte bien la note du CSA.

Oui? Ce règlement n'interdit aucunement aux candidats de dénigrer leurs adversaires. Non? Il leur interdit de les «tourner en dérision». Nuance.

Cette nuance, tentons de la cerner à l'aide des synonymes que donne «Le Robert» pour les termes dénigrement et dérision. Pas de dérision permise? Dès lors, les clips électoraux ne peuvent donner dans le dédain, l'ironie, le mépris, le persiflage, la raillerie, la risée ou le sarcasme. Pas de dénigrement explicitement interdit? Du coup, ces spots peuvent parfaitement être dans le registre de l'attaque, la dépréciation, la critique, la médisance ou la calomnie.

Aux partis politiques de louvoyer dans ces subtilités de la langue française. Et au téléspectateur-électeur de se débrouiller avec elles, puis de voter en citoyen supposé éclairé.

23/05/2012

Un voyageur "normal"

Si vous prenez le Thalys en gare de Paris-Nord ce mercredi après-midi vers 14h30, destination Bruxelles, ne vous étonnez pas à la vue, sur le quai, d'un attroupement et d'une nuée de micros et de caméras. C'est que Jean-Marc Ayrault devrait être à bord. Le nouveau Premier ministre, en effet, se rend dans la capitale belge, pour participer à une réunion de leaders socialistes européens. L'usage et la tradition auraient voulu qu'il effectue le trajet en avion, depuis l'aéroport militaire de Villacoublay, en banlieue de Paris. Et bien non: ce sera le Thalys, comme tout le monde. «Comportement exemplaire» oblige.

Le principe de cette exemplarité a été validé et précisé mercredi dernier, lors du premier Conseil des ministres de l'ère Hollande. Le code de conduite qu'ont dû signer chacun des 34 ministres leur impose de «faire preuve de la plus grande sobriété dans (leur) comportement». Cela passe notamment par le fait que tout gouvernant est prié de se montrer «exemplaire dans l’utilisation des moyens mis à sa disposition». Concrètement, cela implique, par exemple, que les éminences «privilégient le train pour les déplacements d'une durée inférieure à trois heures». Le train donc, et non l'avion. Le Thalys, du coup, pour Jean-Marc Ayrault, cet après-midi: en bon soldat d'un Président s'affichant comme un «homme normal».

L'histoire – la communication gouvernementale, en l'occurrence – ne dit pas si le chef du gouvernement voyagera ou non en deuxième classe.

Il est vrai que les quelques euros de différence de tarif avec la première classe ne constitueraient, pour le contribuable, qu'une minuscule goutte d'eau par rapport à la mer, l'océan immense, des déficits publics français – pour mémoire, la dette dépasse les 1800 milliards d'euros.

22/05/2012

Une cote d'amour, très moyenne

Personnalités, Gouvernement, Hollande, Ayrault53%. Telle est, à en croire le baromètre Ipsos publié lundi, la cote d'amour de François Hollande. 53% de jugements favorables, contre 27% d'avis critiques, et 20% de sondés qui ne se prononcent pas. Un satisfecit légèrement majoritaire, donc. Mais dont l'ampleur ne dépasse guère l'étiage électoral qui fut celui du Président élu le 6 mai (51,6%). Son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, fait encore moins bien: 50% d'opinions positives, 17% d'avis critiques, 33% de non-répondants.

On est donc loin du grand amour. Loin de la foucade de 2007. Il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy à peine élu à l'Elysée totalisait 64% d'opinions favorables. Et son chef de gouvernement, François Fillon, faisait presque presque aussi bien (60%).

«Pas d'état de grâce», ni pour le nouveau chef d'Etat, ni pour son chef de gouvernement. C'est ce que déduisent en boucle, depuis hier soir, tous les médias. En fait, on pouvait déjà le deviner depuis plusieurs jours.

Vendredi, en effet, un sondage TNS Sofres a évalué à 51% seulement la part de Français faisant confiance à François Hollande pour présider le pays (contre 40% de défiants). Et à 46% la cote d'amour de son gouvernement (contre 36% d'antipathie). Plus de six sondés sur dix (66%), cependant, jugent cette équipe représentative «de la diversité de la population, que ce soit en termes d'âge, de genre ou d'origine». Le même jour, le baromètre Harris Interactive a chiffré, lui, à 54% la cote de confiance en François Hollande.

Personnalités, Gouvernement, Hollande, AyraultBref, au-delà des chiffres qui varient un peu, toutes ces enquêtes se rejoignent sur la tendance générale de l'opinion française. Comme l'a résumé le sondeur Jean-Daniel Lévy, elle est «plutôt positive» envers ses nouveaux dirigeants, «sans se situer à des niveaux élevés pouvant être assimilés à un état de grâce».

Ne pas s'énamourer, pour ne pas courir le risque d'être déçu: air connu. En politique comme dans la vie.

21/05/2012

Un air penaud

La parité au sein du nouveau gouvernement: on en parlait vendredi. En revanche, l'UMP inaugure sa période d'opposition en se distinguant, une fois encore, par son non-respect des obligations légales en termes de parité hommes-femmes, pour les élections législatives de juin. Sur ses listes, ne figurent que 28% de femmes.

«Je plaide coupable avec regret», «Ce n'est pas de gaité de coeur»: le n°1 du parti sarkozyste, Jean-François Copé, était moins sûr et fier de lui que d'habitude ce lundi, alors qu'une matinale radio-télé l'interrogeait sur ce point. «C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile», a-t-il tenté de justifier, penaud. L'ex-parti majoritaire craint de perdre des dizaines de sièges, à l'Assemblée. Dès lors, dans nombre de circonscriptions, plutôt que de faire de la place à des femmes sur ses listes, il a réinvesti des candidats (mâles) sortants. «Il était extrêmement difficile de les sacrifier. Chacun doit comprendre que, dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous», dixit Jean-François Copé. Dont le parti, pour ne pas avoir respecté la loi, devra payer plusieurs millions d'euros de pénalités.

Globalement, les autres formations respectent mieux l'obligation légale de parité. Il n'empêche, selon le ministère de l'Intérieur, on ne compte que 40% de femmes parmi les 6.591 candidats en lice au premier tour. C'est moins qu'aux législatives de 2007, où elles avaient été 41,6%.

18/05/2012

Un progrès spectaculaire

gouvernement,femmes,activisme,personnalités«Belles, celles qui luttent», proclame un grand dessin bombé sur un mur de notre quartier du onzième arrondissement. Pendant la campagne présidentielle, les féministes avaient lutté pour la création d'un ministère des droits de la femme et pour la parité hommes-femmes au gouvernement. Elles ont doublement obtenu gain de cause.

En ce qui concerne la place des femmes dans l'équipe ministérielle, le progrès est même spectaculaire. Le gouvernement formé mercredi soir compte 17 hommes et 17 femmes. Dans sa dernière mouture, le gouvernement précédent (relire ici) comptait 24 hommes et 9 femmes.

Cependant des féministes toujours en lutte déplorent (ici) deux choses. Un seul maroquin régalien (la Justice) a été confié à une femme. Et on a vu «la reproduction du schéma consistant à confier aux femmes toujours le même type de portefeuilles (famille, personnes âgées, santé, etc.)». C'est une façon de voir les choses. L'autre est de constater qu'ont été confiées à des femmes certaines compétences qui, à en croire les sondages, correspondent aux préoccupations importantes de la population: le logement, l'environnement ou la lutte contre l'échec scolaire, par exemple.

Sinon, on peut remarquer que les premières polémiques concernant ce nouveau gouvernement visent toutes des ministres femmes.

Gouvernement, Femmes, Activisme, PersonnalitésL'écologiste Cécile Duflot, pour le jean qu'elle a osé porter au Conseil des ministres, hier (nous, on a du mal à s'en indigner). La radicale de gauche Christiane Taubira, pour son passé de militante indépendantiste (qui remonte à 30 ans: c'était en 1982). Et la socialiste Delphine Batho, pour son logement parisien à loyer modéré (dont elle est en train de déménager, a confirmé le Premier ministre, ce matin).

Trois ministres femmes aussitôt dans le collimateur: dès les premières 48 heures.

Mais sans doute n'est-ce qu'un hasard. Ou pas? On verra.

16/05/2012

Une première conséquence?

Le départ de Nicolas Sarkozy de l'Elysée, hier – et/ou celui de François Fillon de Matignon, ce matin – pourrait avoir une conséquence très visible et concrète sur la physionomie de Paris. En effet, cela pourrait débloquer un gros dossier urbanistique contre lequel, depuis des mois, la droite faisait barrage. De toutes ses forces.

Ce vaste projet, c'est l'aménagement des berges de la Seine (photos visibles ici). Aujourd'hui et depuis des décennies, ces voies sont dédiées au trafic automobile. Le projet prévoit de réserver ces berges en partie aux piétons. Mais la préfecture de police de Paris, le «bras armé» de l'Etat central dans la capitale, a toujours freiné des quatre fers contre cette interdiction des voitures le long du fleuve. Selon elle, cela va entraîner d'inextricables embarras de circulation dans une bonne part du centre de Paris.

En janvier dernier, François Fillon en personne avait mis son veto au projet. Or, l'Etat étant propriétaire des quais de Seine, son aval est indispensable pour modifier la nature de ces voies. Furieux, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, avait dénoncé un «diktat inacceptable» de Matignon. Et qualifié d'«acte partisan» la décision de François Fillon – qui, à la faveur des élections législatives du mois de juin, se lance dans la politique locale parisienne.

François Hollande désormais à l'Elysée et Jean-Marc Ayrault à Matignon, ce gros dossier sortira-t-il enfin du placard où on l'avait enfermé? «On espère un déblocage rapide», s'est-on félicité, le week-end dernier, à la mairie de Paris. Où l'on envisage d'ores et déjà que les berges réaménagées soient ouvertes au grand public «au printemps 2013».

15/05/2012

Une nouvelle ère (?)

Elections présidentiellesAu revoir Sarkozy, bonjour Hollande. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, la France change donc de Président, ce mardi.

Exit l'homme du «travailler plus pour gagner plus», qui célébrait «le vrai travail». Place à l'homme qui a promis de «réenchanter le rêve français».

En somme, comme le dit un slogan facétieux qu'on voit pas mal sur les murs de notre onzième arrondissement de Paris, on passerait du «Métro, boulot, dodo» au «Dodo, vélo, disco».

Pas sûr, cependant, que, vu le contexte économique et social actuel, en France et en Europe, l'on soit autorisé à prendre ses désirs pour des réalités.

14/05/2012

Un (autre) candidat

L'ex-candidat Hollande sera donc investi en grande pompe, demain. Sera intronisé, en somme: le cérémonial de ces rituels républicains de passation de pouvoirs est tellement empesé que, demain, la France ressemblera plus que jamais à une monarchie républicaine. Et l'audimat des JT ou des retransmissions en direct des cérémonies montrera une fois de plus que les Français adorent cela.

L'ex-candidat Hollande s'efface donc, pour devenir le Président Hollande. Il faudra s'habituer à cette appellation.

Dans le même temps, dans les rues de Paris, les murs continuent d'être ornés d'affiches électorales appelant à voter pour... un candidat parfaitement inconnu, lui.

Personnalités, Elections présidentielles, Paris, Arts Il s'appelle Evelin Philibert. Nulle trace de lui dans les encyclopédies ou dans les dictionnaires de noms propres – à moins que cela nous ait échappé. Tout aussi inconnu au bataillon est son alter ego, dont le portrait est lui aussi affiché un peu partout sur les murs de la capitale, en ce moment: un certain Louison Rego.

Evelin et Louison. Physionomie surannée, patronymes désuets, obscurité de leur message: sur leurs affiches, pas un slogan, pas un engagement, pas un renvoi vers un site web, qui expliciterait la raison de leur présence ici, et dans une telle posture électorale.

C'est bien. C'est l'art urbain. Chacun y voit, ou pas, ce qu'il veut bien. Puis passe son chemin.

11/05/2012

Un (autre) Président

La chose est passée complètement inaperçue, donc parlons-en. Le week-end dernier, a été élu en France un Président de la République qui… n’est pas François Hollande. Il  a même été élu, lui, à la quasi-unanimité. Et a désormais la lourde tâche de faire appliquer la devise de sa République: «Faire le bien dans la joie». Ce Président-là se dénomme Alain Coquard. Samedi dernier, il a été plébiscité par 190 votants de… la République de Montmartre.

 

Ils sont près de 4000 Parisiens à se revendiquer «républicains montmartrois», d’adresse ou de cœur. Cette République, fondée en 1921, compte ses citoyens d’honneur, ses ambassadeurs «dans le monde entier», ainsi qu’«un gouvernement où siègent des ministres de la Nuit, de l’Agriculture, du Gai Paris ou de l’Œnologie». Dans cet Etat, «les Présidents changent, jamais les programmes. Citoyens et ministres organisent des fêtes, collectent des dons pour des associations et l’enfance défavorisée, rigolent au restaurant et, au passage, maintiennent vivant l’esprit de leur Butte». Cela passe notamment par des traditions. «Au 1er mai, la fausse République, belle joueuse, offre un brin de muguet au vrai maire de Paris. Et, à l’automne, l’institution tout entière défile et fête les vendanges, attirant au passage quelque 500.000 visiteurs».

 

C’était la note folklorique de la semaine. Après tant de semaines où ce blog n’a traité que des sujets si austères, autre élection présidentielle oblige.

 

Si vous voulez faire connaissance avec cette République-là, et en même temps avec un petit bout de l’Histoire typique de Paris, c’est ici.

10/05/2012

Une participation en baisse

Elections présidentielles, Institutions, ParisPour en terminer avec les résultats de l’élection présidentielle dans la capitale, les Parisiens ont plutôt bien participé au scrutin. Dimanche, ils ont été environ 1 million à se rendre aux urnes, sur les quelque 1,2 million d’électeurs inscrits dans la capitale. Ce qui donne un taux de participation de 83% : légèrement supérieur à la moyenne nationale, et plus élevé qu’au premier tour, le 22 avril (80%).

 

Il n’en demeure pas moins que cette présidentielle 2012 a moins passionné les foules – à Paris comme dans le reste du pays – que celle d’il y a cinq ans. Ainsi, le 22 avril 2007, plus de 87% des Parisiens avaient voté.

 

Une participation en baisse donc, par rapport à il y a cinq ans. Dans notre 11ème arrondissement comme dans d’autres à Paris, pourtant, les derniers jours qui avaient précédé le premier tour, un collectif associatif avait placardé un peu partout sur les murs de la ville des affichettes appelant les électeurs à se réveiller et à exprimer leur volonté, via le vote.

 

«Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique». C’est la mention qui figure sur les cartes électorales qu’utilisent, pour voter, les citoyens français inscrits sur les listes d’électeurs. On souscrirait à 100% à cette assertion si le vote blanc était non seulement reconnu comme tel mais aussi pris en compte, en France – ce qui n’a jamais été le cas.

 

Voter est un droit ? Mais on ne peut nier à l’électeur le droit de ne pas se reconnaître dans l’offre électorale qui lui est proposée, les jours d’élection. Une partie sans doute des abstentionnistes ne sont pas des inciviques: ce sont des citoyens pour qui ne pas voter est un choix conscient, responsable, et revendiqué comme tel. Mais qui, le vote blanc étant méprisé, préfèrent encore voter avec leurs pieds, pour exprimer leur point de vue. Dans ces conditions, on trouve assez moyen d’ainsi les culpabiliser.

 

Mais ce n’est que notre avis.

09/05/2012

Un net progrès

A Paris, François Hollande en 2012 a fait beaucoup mieux que Ségolène Royal en 2007. Il y a cinq ans, le «ségolénisme», idéologiquement assez baroque, avait dérouté les Parisiens de (centre-) gauche. Et le maire socialiste, Bertrand Delanoë, avait soutenu avec des pieds de plomb la candidate. Qui, certes, s'était imposée dans 11 des 20 arrondissements. Mais, au global, pour l'ensemble des suffrages de la capitale, elle avait été battue, fût-ce de peu, par Nicolas Sarkozy: 50,19% contre 49,81%.

Dimanche, en revanche, François Hollande l'a emporté à Paris: du jamais vu pour le PS dans cette ville, à une présidentielle.

55,6% des voix: le socialiste y a devancé Nicolas Sarkozy de plus de 11 points, bien plus que l'écart national. Il s'est imposé dans 13 arrondissements: les 11 où Ségolène Royal l'avait emporté en 2007, plus deux arrondissements pourtant assez bourgeois: le neuvième et, surtout, le cinquième (le Quartier latin, fief de l'ex-maire de Paris Jean Tiberi, etc.)

Ses plus beaux scores, François Hollande les a réalisés dans les arrondissements du nord-est, les moins aisés: 67,6% dans le 19ème, 70,3% dans le 18ème, 71,8% dans le 20ème. Les bobos parisiens l'ont également plébiscité: 67,8% dans notre 11ème, 69,4% dans le 10ème (le canal St-Martin, etc) et 61,4% dans le troisième (le Haut-Marais).

Nicolas Sarkozy, lui, comme il se doit, a réalisé ses meilleurs scores dans les arrondissements à la fois les plus cossus et les plus traditionnellement à droite: 78% dans le 16ème, 72,5% dans le 7ème (l'arrondissement de Rachida Dati). Ces résultats impressionnants n'en sont pas moins en recul par rapport à il y a cinq ans. En 2007, le candidat de la droite avait fait 80,8% et 74,7% dans ces deux arrondissements, respectivement.

Nicolas Sarkozy a aussi régressé dans le très chic 6ème: 57,7%, contre 61,2% en 2007. Qui sait les électeurs de ces quartiers ont-ils été blessés par ce qui fut un leitmotiv de sa campagne: dans la plupart de ses meetings, le «candidat du peuple» a fustigé Saint-Germain des Prés, présenté comme l'exemple même de ces «élites parisiennes bien-pensantes» et abhorrées.

08/05/2012

Un défoulement

Elections présidentielles, Paris, Personnalités, Chanson française, Musique, SarkozyGros défoulement, à Paris depuis dimanche soir: sur les affiches électorales de l'ex-candidat Président. Et particulièrement dans des arrondissements comme le 11ème, où «La France forte» n'a vraiment pas fait recette, dans les isoloirs.

Le «TCHAO PANTIN» aperçu boulevard Richard Lenoir est encore le commentaire le moins désagréable de tous ceux qu'on a vus en rue. Les déclinaisons du «Casse-toi, pauv'con», du karsher, et de la racaille à nettoyer sont, bien sûr, légion. Beaucoup d'insanités, aussi. Le défoulement post-électoral passe visiblement par un langage en dessous de la ceinture.

Vu pas mal d'obscénités, aussi, sur d'autres affiches n'ayant, elles, aucun caractère électoral. C'est particulièrement frappant dans les couloirs et stations de métro, ces derniers temps. La personnalité qui en fait les frais est une vedette du show-bizz. Il s'agit de ... Johnny Hallyday.

Notre bon vieux Jean-Philippe Smet, l'autre jour, a fait savoir qu'il ne se mêlerait plus jamais de politique. Malgré ce revirement, cet ex-sarkozyste de choc semble toujours, dans l'esprit des gens, assimilé au Président sortant. Nombre de ses affiches annonçant ses prochains concerts sont maculées de slogans. Qui l'invitent à aller se faire voir – pour édulcorer... – par, chez, ou avec Nicolas Sarkozy.

L'histoire ne dit pas (encore) si elles subiront le même sort, les affiches faisant la promo d'autres artistes ayant soutenu, en 2007 ou en 2012, le candidat Sarkozy: les Faudel, Stéphane Freiss, Enrico Macias, Véronique Julie Lescaut Genest, Charlotte Rampling, ou autres Mireille Mathieu.

07/05/2012

Une liesse

elections présidentielles,parisBon, on ne va pas faire le malin: on n'avait jamais vu cela.

Jamais vu, depuis la bonne dizaine d'années qu'on vit à Paris: une telle liesse, une telle foule, une telle hystérie – pour dire les choses telles qu'elles sont.

Même lors de la victoire des Bleus à la Coupe du monde de foot, en 1998, la liesse à Paris n'avait pas été telle, d'après le souvenir qu'on en a gardé.

Dans notre onzième arrondissement, dimanche soir, aux alentours de minuit, seuls faisaient la tronche les CRS. Et les sans doute rares riverains qui avaient voté Sarkozy, et donc essayaient de dormir.

Juste, si l'on peut se permettre, deux trucs qu'on a trouvés plutôt moyens, dimanche soir à Bastille.

Pour circuler librement, dans le quartier, d'une de ses zones à l'autre, il fallait montrer patte blanche: il fallait... avoir été dûment accrédité, par le PS et/ou le QG Hollande. Sinon, pas moyen, par exemple, venant de Bastille, d'accéder aux boulevards Richard Lenoir ou Voltaire: gardés par les CRS. Une telle privatisation de l'espace public, par un parti censé de (centre-)gauche qui plus est, pose questions, à notre humble avis.

elections présidentielles,parisDeuxième constatation, dimanche soir : l'élection d'un socialiste à l'Elysée a entraîné illico, dans le quartier Bastille en tout cas, ... une fameuse flambée des prix.

Rue de la Roquette et ailleurs, par exemple, la cannette de Kro tiédasse, vendue à la sauvette par des marchands ambulants, se négociait, de haute lutte, aux alentours de 3€ pièce.

Cela promet.

Ou pas.

On verra.

06/05/2012

Un dénouement

Elections présidentielles, ParisFrançois Hollande.

Ou Nicolas Sarkozy.

Réponse à 20 heures.

Comme on l'avait fait il y a deux dimanches, un petit avis à l'attention de celles et ceux qui débarqueraient sur ce blog cet après-midi, dans l'espoir d'y découvrir le nom de l'heureux élu avant l'heure fatidique: vous devriez/pourriez plutôt trouver cela sur le site de la Libre (ici).

 

Sinon, une effervescence très perceptible, depuis 48 heures, dans notre onzième arrondissement parisien – terre socialiste, s'il en est. Au kiosque à journaux vendredi, à la boulangerie samedi, et ce midi encore au marché du boulevard Richard Lenoir, on a entendu des conversations très animées: échanges passionnés entre électeurs moyens, impatients de voir arriver l'heure du grand dénouement: le résultat du match de catch de l'année – comme le présente une facétieuse affiche aperçue en rue ce matin.

C'est à Bastille que se réuniront les sympathisants et électeurs socialistes ce soir, après l'annonce des résultats. Ils auraient voulu se rassembler à République, mais cette place est en travaux. C'est à Bastille, déjà, que le 10 mai 1981, le «peuple de gauche» avait fêté l'élection de François Mitterrand.

Elections présidentielles, ParisNotre brave quartier va donc encore connaître des heures chaudes, ce dimanche. A fortiori si François Hollande est battu? Il y a cinq ans (relire ici, ou), la victoire de Nicolas Sarkozy avait été vécue chaudement, dans cette partie du onzième arrondissement. Pendant plusieurs soirées consécutives, de la casse et des déprédations avaient été déplorées.

Du reste, en passant à Bastille il y a une heure, on a pu constater qu'une bonne partie des rues aux alentours avaient été interdites au stationnement, par la préfecture de police. Aperçu aussi que pas mal de CRS avaient été déployés.

Pour l'anecdote, dans notre bureau de vote, les gens glissent leur bulletin dans l'urne sous le regard de... Nicolas Sarkozy. Pas le Sarkozy en chair et en os, bien sûr. Mais son portrait officiel de Président, accroché au mur de la classe de l'école primaire où ont été aménagés les isoloirs. La configuration des lieux a voulu que ce portrait trône juste en face de l'urne.

Même s'il ne peut être assimilé à de la propagande électorale (rigoureusement interdite dans et aux alentours des bureaux de vote), on l'aurait tout de même fait décrocher du mur, ce cadre, si on avait été président de bureau de vote. Qui sait ce regard solennel et muet a-t-il pu influencer des électeurs...

04/05/2012

Une différence, ou l'autre

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Mieux vaut tard que jamais. Reçu ce matin, dans la boîte aux lettres, les «professions de foi» et deux bulletins de vote aux noms des deux finalistes de l'élection présidentielle, dimanche. Ce ne sont sans doute que des détails relevant de l'anecdote, mais, rien que sur la forme de ces dépliants électoraux, sans donc s'attacher à leur fond, on a été frappé par deux, trois petites choses.

François Hollande a choisi une police et un corps de caractère très grands et lisibles. Son texte est très aéré. En une minute ou deux, on en a fait le tour. A-t-il estimé que les dés étaient jetés, jugé qu'il n'y avait donc plus grand-chose à ajouter, hormis les grandes lignes de ses principales idées? Le texte de Nicolas Sarkozy, en revanche, est beaucoup plus serré, il y a beaucoup plus à lire, et, rien que dans la police et la taille des caractères utilisés, l'accès n'est pas aisé. S'est-il dit que ce document était pour lui la dernière occasion qu'il avait d'enfin convaincre, et qu'il lui fallait donc être très complet?

Une autre différence réside dans la manière avec laquelle ces deux candidats entament leur missive. «Mes chers concitoyens», écrit François Hollande. «Mes chers compatriotes», écrit, lui, Nicolas Sarkozy.

«Le Petit Robert», dans lequel on a jeté un oeil ce matin, n'établit pas vraiment la différence entre les deux termes. Concitoyen? «Citoyen du même Etat, d'une même ville (qu'un autre)». Compatriote? «Personne originaire du même pays qu'un autre». Le dictionnaire renvoie ses lecteurs d'un terme à l'autre. Il ne fait pas état de connotations particulières qu'aurait l'un ou l'autre de ces deux mots. Mais on n'a pas été étonné en découvrant cette différence dans l'utilisation des mots. Celui renvoyant à la citoyenneté est utilisé par le candidat de gauche, celui renvoyant à la patrie et au patriotisme l'est par le candidat de droite: c'est assez conforme avec la «coloration» implicite que ces deux termes ont, dans notre esprit.

Une différence, enfin, dans l'écriture entre les deux candidats.

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Nicolas Sarkozy achève son plaidoyer par quelques lignes manuscrites. On n'a aucune compétence en graphologie, mais on a trouvé que son écriture cadrait assez bien avec l'image que dégage son personnage. Ses lettres et la façon dont il les assemble forment un ensemble haché, nerveux.

On ne découvre l'écriture de François Hollande que via sa signature, qui clôt le document. Pour autant qu'on puisse en juger à cette seule signature, on semble là davantage dans le registre de la rondeur.

Mais, on le répète, sans doute ne s'agit-il là que des détails.

03/05/2012

Un exercice pas si facile

A nouveau faisons dans la cuisine interne et les coulisses journalistiques, aujourd'hui. Ce n'est pas facile, pour les journalistes de quotidiens paraissant le matin, de couvrir des actualités comme le grand duel télévisé d'hier soir. Dans le feu de l'action, d'ailleurs, on s'est souvenu s'être déjà dit cela il y a cinq ans à la même époque: le soir du duel Sarkozy-Royal.

Au risque de paraître immodeste, ce ne sont pas tant les thèmes abordés dans le débat ni la technicité des sujets qui posent problème. Après deux mois de campagne électorale quasiment 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, on maîtrise les données principales, les grands enjeux, les chiffres-clé, et les argumentaires des deux côtés. La difficulté réside dans les conditions techniques dans lesquelles s'effectuent les bouclages d'éditions, dans la presse écrite quotidienne.

Hier soir, le texte pour la première édition devait avoir été envoyé à Bruxelles à 22 heures, au plus tard. Il a donc dû être rédigé alors que le duel n'avait qu'à peine commencé. Or, ce genre de débat peut, à chaque instant, complètement déraper, totalement changer de physionomie. Difficile, dès lors, de s'autoriser des pronostics sur l'issue du match, rien que sur la base de ses premiers échanges. En outre, deux actualisations du papier étaient prévues, pour les éditions suivantes: la première à 23 heures, la seconde à minuit. A ces moments, il a donc fallu faire deux choses différentes en même temps. D'une part, continuer à suivre attentivement les échanges se poursuivant: absolument ne pas louper ce qu'il se disait d'intéressant. D'autre part, rédiger tout aussi attentivement l'actualisation du papier: absolument ne pas oublier d'y inclure ce qu'il s'était dit d'intéressant, depuis la dernière version envoyée. Le cerveau coupé en deux, en somme. Et les yeux rivés en permanence sur l'heure: sur ces minutes qui, dans ces circonstances, ont toujours l'air de filer plus vite que l'éclair.

Pas simple. Assez acrobatique, même. Cela exige une concentration phénoménale et, dans le même temps, à la fois le plus grand calme et la réactivité maximale.

Mais c'est évidemment dans ces moments-là que le journalisme est le plus excitant.