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21/06/2012

Une première conséquence

Pour les Parisiens, c'est la première conséquence très concrète de l'alternance politique printanière au sommet de l'Etat. Le nouveau préfet de police de Paris vient de désavouer, assez spectaculairement, son prédécesseur: l'ancien préfet, qui était proche de Nicolas Sarkozy, et a été remercié par le nouveau pouvoir. Ce désaveu porte sur la manière dont les autorités gèrent la mendicité, dans la «Ville lumière».

En décembre (relire ici), l'ex-préfet de police avait étendu aux quartiers du Louvre et des grands magasins (Haussmann-Caumartin) l'arrêté qui, depuis plusieurs mois, interdisait toute mendicité sur les Champs-Elysées. La mesure avait fait soupirer la mairie de Paris et les associations. Qui y voyaient du pur affichage politique, dénué de la moindre efficacité pour réduire la misère. Six mois plus tard, virage à 180 degrés de la préfecture: le nouveau préfet vient de décider de ne pas reconduire ces arrêtés anti-mendicité. Ses services vont d'abord se livrer à un «bilan très approfondi» de leur efficacité, puis prendront une décision «en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain». A la mairie de Paris, on est ravi (ici): avec ce genre de mesures, selon elle, «la mendicité se déplaçait plutôt qu'elle ne se résorbait».

Evidemment, la mise au frigo de ces arrêtés anti-mendiants ne réduira en rien le nombre de pauvres, dans Paris. Mais, qui sait, les autorités auront-elles à l'avenir moins tendance à se contenter de repousser cette misère chaque fois un peu plus loin des lieux-phares de la capitale, dans l'espoir de créer l'illusion qu'elle n'existe pas.

Sans doute est-ce déjà cela.

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