26/06/2012
Un «coup de pouce», et un «coup d'arrêt»
Cela déménage décidément, en ce moment, dans les grands magasins parisiens. Après l'agitation sociale de ces derniers jours relative aux bas salaires – dont on parlait hier –, la justice vient de prendre une décision qui va faire grimacer les Parisien(ne)s atteints de fièvre acheteuse.
Cela concerne les soldes, dont c'est l'ouverture cette semaine. Ces derniers temps, les grands magasins parisiens avaient tendance à repousser chaque fois un peu plus tard leurs heures de fermeture, pendant cette période. Ce qui permettait aux "shopping addicts" de, par exemple, faire les soldes jusque tard dans la soirée – jusqu'à minuit, parfois. Dans deux des grands magasins les plus fameux de la capitale, ce ne sera pas possible cet été.
Hier, en effet, le tribunal de grande instance de Paris a interdit au BHV-Rivoli et aux Galeries Lafayette-Haussmann d'étendre leurs horaires d'ouverture en soirée. Sous peine d'astreintes astronomiques: pouvant aller jusqu'à 100.000 voire 300000€. Les juges ont fait droit à la requête des syndicats du commerce parisien. Pour qui ces horaires d'ouverture à rallonge constituent «une dérive qui accroît la flexibilité du travail, pose des problèmes insolubles aux salariés, et nuit à leur santé». A leurs yeux, ce «coup d'arrêt pour les nocturnes dans les grands magasins» est particulièrement bienvenu, dans le cadre de l'«offensive des enseignes du commerce pour tenter d'imposer le travail de nuit».
Selon une employée d''un de ces deux grands magasins, qu'on entendait sur une radio ce matin, ces enseignes se livraient à «une concurrence sur le dos des salariés», concernant leurs horaires de fermeture. Ces nocturnes ne fonctionnaient qu'avec du personnel volontaire? «Oui, mais c'était vraiment du volontariat forcé. Quand vous êtes au Smic et que travailler la nuit vous rapporte 200 à 300€ de plus à la fin du mois, vous n'hésitez pas: vous n'avez pas le choix».
Le salaire minimum, on y revient. On l'annonçait hier, le gouvernement l'a officialisé ce matin: il sera revalorisé le 1er juillet: de 2%. Cela porte le «coup de pouce» – comme on dit en langage technocrate à Paris – à 0,6%. Puisque, de ces 2%, il faut déduire 1,4%, correspondant à l'inflation.
Pas sûr, du coup, que les 2,5 millions de travailleurs concernés auront les moyens d'aller faire flamber la carte bleue dans ces deux grands magasins, cet été – soldes ou pas, nocturnes ou non.
12:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, justice, paris, art de vivre, luxe




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