Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/06/2012

Un aléa du matin

Métro, Transports, Paris, Police, SécuritéA Paris, on connaissait déjà les pousseurs du métro: les malades qui précipitent les gens sur les voies, à l'approche du train. Ou les voleurs à la tire de smartphones: ils ont beaucoup sévi, ces dernières années. A en croire la préfecture de police, il faut désormais compter aussi avec une autre sorte de malandrins. Qu'on pourrait appeler... les détrousseurs du petit matin.

Pour preuve, ce récit de la préfecture.

«Les 23 et 24 juin, aux alentours de 7h dans le métro parisien, des policiers de la sous-direction régionale de police des transports ont interpellé quatre individus alors qu’ils faisaient les poches d’usagers endormis. Une recrudescence de vols commis lors de l’ouverture du métro avait été constatée, ces dernières semaines. Les victimes, somnolentes, se voyaient dérober leurs effets: téléphones, portefeuilles, numéraires… et ce principalement dans les stations du nord de la capitale. Grâce à la mise en place de dispositifs spécifiques, les policiers ont donc interpellé deux hommes au niveau du quai de la station Pigalle (18ème) ainsi que deux autres le lendemain, dans une rame de la ligne 7 en direction de la station Opéra (9ème) alors qu’ils s’en prenaient à des hommes endormis».

A Paris y compris, donc, on vit dans un monde de brutes. On n'y a même pas la paix pendant les rares moments où, grâce au sommeil, l'on peut s'échapper de la dure réalité quotidienne.

Métro, Transports, Paris, Police, SécuritéOn compatit d'autant plus à l'infortune des détroussés que les usagers des premiers métros ou RER sont généralement les plus pauvres des Parisiens. Pas les privilégiés, qui habitent et travaillent au centre-ville. Mais, par exemple, ceux qui nettoient les bureaux au petit jour, avant l'arrivée des premiers employés. Ceux qui prennent leur service dès l'ouverture des magasins. Ceux qui travaillent à horaires décalés (aux aéroports de Roissy ou d'Orly, par exemple). Et les innombrables banlieusards qui, pour bosser, doivent se taper chaque jour et deux fois par jour d'interminables trajets en transports en commun.

Cela dit, pour parvenir à s'endormir dans et malgré le chahut permanent du métro, pour, en plus, ne pas se rendre compte qu'on vous fait les poches, il faut vraiment être exténué. Ce qui, on l'imagine, doit être fréquemment le cas de ces usagers les plus matinaux de la RATP.

Les commentaires sont fermés.