04/07/2012
Une «contrefaçon»
«What's in a name?», interrogeait Shakespeare. «Pas mal d'embrouilles», doit lui répondre, en ce moment, le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Qui, en effet, pourrait bien devoir rebaptiser «Autolib»: le service public de location de voitures électriques en libre service. D'où, des dizaines de milliers de logos à changer: sur lesdits véhicules, les stations de location, les aires de stationnement, les badges de tous les abonnés, etc. Plus, sans doute, d'innombrables dépliants publicitaires à mettre au pilon. Et toute une communication à refaire.
C'est le loueur de voitures Europcar qui a traîné la mairie en justice. Il estime que l'appellation de ce service relève de la contrefaçon par rapport à «Autoliberté», sa propre marque.
Vendredi dernier, la mairie – qui avait obtenu gain de cause en première instance – a été condamnée par la Cour d'appel de Paris. Elle lui a infligé une amende de 50.000€, et l'a contrainte à arrêter dans le mois d'utiliser une telle marque. Mais, à l'Hôtel de ville, on n'en démord pas: pas question de changer d'appellation, le contentieux est porté en Cassation. Convaincue qu'il n'y a aucune confusion possible entre les deux marques, la mairie se dit déterminée (ici) à ce que «le service public d'Autolib'ne subisse pas d'entraves majeures». Toujours est-il que le groupe privé Bolloré, concessionnaire du service, n'apprécie pas le pataquès. Il a sèchement rappelé que «c'est la Ville de Paris qui a choisi cette marque, et en est donc responsable contractuellement». Elle sera responsable aussi «des conséquences financières pouvant résulter du changement de celle-ci».
«What's in a name?» Pas mal de soucis donc, à Paris ces jours-ci. Que la mairie aurait pu éviter, cela dit. Si, à l'époque, ses grands communicants avaient mieux fait leur travail: s'ils avaient fait preuve d'un peu plus de prudence et/ou de clairvoyance. La marque «Autoliberté» ayant été déposée il y a plus de dix ans déjà, ils auraient pu s'apercevoir de son existence et entrevoir les problèmes qu'était susceptible de poser l'utilisation par eux d'une marque aussi voisine.
11:58 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, justice, transports, communication




Les commentaires sont fermés.