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24/07/2012

Une petite pause

CONGÉS.jpgSans transition – et donc un peu brutalement – par rapport aux sujets si graves qui ont été ceux des deux dernières notes en date de ce blog, et même cette fois dans le registre complètement anecdotique: ces quelques lignes pour signaler que «Paris Libre» va faire une petite pause estivale, à partir de demain. Histoire de recharger un peu les batteries; elles en ont grand besoin, après ces six mois si denses en actualités.

Retour de ce blog normalement vers la fin août.

On vous souhaite un bel été à toutes et tous. Et de bonnes vacances, si vous aussi avez la chance d'en prendre.

 

PS: Cela n'a absolument rien à voir avec notre date de départ en vacances, demain, mais signalons cela au passage, malgré tout. Cet été encore, l'atmosphère sera probablement irrespirable, à Paris: on l'avait pressenti il y a quelques jours (ici), et cela a été confirmé ce matin. Via l'avertissement d'un dépassement du seuil d'information concernant la pollution à l'ozone, pour la journée de mercredi. C'est peu dire qu'il risque d'y en avoir encore pas mal cet été, des journées de pollutions diverses et variées, ici...

23/07/2012

Un hommage amplement mérité

Hier, François Hollande a rendu un hommage parfaitement mérité à Jacques Chirac. C'était lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du «Vél’d’Hiv» (l'ancien vélodrome d’hiver, à Paris). Le 16 juillet 1942, elle avait conduit plus de 13000 hommes, femmes et enfants juifs vers, le plus souvent, la mort.

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire de France comme le premier Président à reconnaître officiellement la responsabilité du pays dans cette tragédie. «Ces heures noires souillent à jamais notre Histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions», avait-il, très justement et solennellement, affirmé. «Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par les Français, par l’État français». A l'époque, ses propos avaient fait grand bruit. En effet, à l'instar de ses prédécesseurs, le Président Mitterrand, lui, avait toujours contesté que le gouvernement de Vichy ait représenté la France. «La République n’est pas comptable des actes de ­Vichy», n'avait-il cessé de soutenir. «La France n’a pas à s’excuser des crimes antisémites perpétrés par les autorités françaises officielles, précisément car le régime de Pétain n’a jamais incarné la France. La France légitime a toujours été celle de la Résistance, celle du général de Gaulle».

Dimanche, François Hollande a spectaculairement pris ses distances avec cette vision si confortable de l'Histoire. Il est donc devenu le premier chef d'Etat socialiste français à le reconnaître publiquement: «La vérité, c’est que la police française s’est chargée d’arrêter des milliers d’enfants et de familles, pris au piège le 16 juillet 1942. La vérité, elle est dure, elle est cruelle, c’est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de cette opération. La vérité, c’est que le crime fut commis en France, par la France».

Depuis dimanche, à droite, toute la mouvance souverainiste et lepéniste s'indigne des propos de François Hollande. Ce matin encore, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Henri Guaino, s'en est offusqué, sur une radio. S'agrippant à la conviction qu'«à l'époque, la France, la vraie, elle était à Londres».

Ne leur en déplaise, on trouve que François Hollande dimanche et Jacques Chirac avant lui ont été admirables de lucidité historique et de courage politique.

20/07/2012

Une occasion manquée

international,défense,justice,communication,langue françaiseComme un malaise, cette semaine, aux Affaires étrangères françaises. Il fait suite à la condamnation à mort, en Afghanistan, du soldat afghan qui, en janvier, tua cinq militaires français alors qu'ils étaient en train de faire un footing. La peine capitale, donc. Or, comme chacun sait, la France y est, par principe, farouchement opposée.

Que pense le quai d'Orsay de cette condamnation à mort? Interrogé lors d'un de ses briefings de presse quotidiens, cette semaine, le porte-parole des Affaires étrangères a biaisé. En résumé – le verbatim est ici – : «Nous prenons note du verdict. S'agissant de la position de la France sur la peine de mort, vous connaissez notre position, en tous lieux et en toutes circonstances».

 

Dans cette affaire, donc, Paris n'a qu'implicitement condamné le recours à la peine de mort. C'est très exceptionnel. Habituellement, en effet, lorsque des condamnations de ce type surgissent dans l’actualité et que le quai d'Orsay est invité à les commenter, il s'astreint systématiquement à un double rappel, explicite. Un: l'«engagement constant» de la France en faveur de «l'abolition de la peine de mort, quels que soient les lieux et les circonstances». Deux: l'appel de Paris «à un moratoire universel, comme première étape vers l'abolition définitive de la peine de mort».

 

Une communication différente a donc été choisie, dans ce cas précis. Parce que les victimes du condamné à mort sont Françaises. Et parce que, comme l’a dit le porte-parole du quai d’Orsay, «nous pensons aujourd'hui non seulement à nos soldats, mais également à leurs familles, toujours dans le deuil».

 

La compassion est parfaitement louable: en général, et dans ce cas particulier plus que jamais. On trouve très dommage, toutefois, que l’occasion n’ait pas été saisie, en haut lieu, de montrer qu’il est possible d’être sensible au sort des victimes et, dans le même temps, indigné par la mise à mort de leur assassin. Depuis quand la compassion exonère-t-elle du courage? En vertu de quoi contraindrait-elle d’office à l’incohérence?

 

D’autant que la langue française est riche, et que l’on sait infinies les subtilités caractérisant par nature le langage diplomatique. Sans trop d'efforts, dès lors, la France aurait parfaitement pu, dans son commentaire officiel de cette actualité, faire preuve d’une cohérence politique qui ne soit pas humainement insultante.

19/07/2012

Un machisme ordinaire

Cécile Duflot s'est donc pris des sifflets et des quolibets, en pleine séance à l'Assemblée nationale. Ces comportements machistes ont, une nouvelle fois (relire ici), été le fait de députés sarkozystes. Qui se sont lâchés à la vue de la robe – parfaitement décente, au demeurant – que portait la ministre écologiste du Logement.

Le compte-rendu officiel des débats (ici) fait pudiquement l'impasse sur ces dérapages. Tout au plus relate-t-il des «rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP». Mais le confrère de l'AFP accrédité à l'Assemblée, lui, a été plus transparent (). Dès hier après-midi, l'affaire a enflammé les réseaux sociaux. Ce matin, sur une radio (), Cécile Duflot a, très dignement, trouve-t-on, tourné la page de ce si pénible incident.

Le rappeler n'est ni les minimiser, et encore moins les excuser: ces dérapages sexistes sont un grand classique de la vie parlementaire française. Pour ne prendre que ce seul exemple, la socialiste Edith Cresson en témoigna, plusieurs fois. Lorsqu'elle était Premier ministre (au début des années 90) et apparaissait en jupe dans l'hémicycle, elle se prenait régulièrement des quolibets et des sifflets. Surtout lors des reprise de séances: en début d'après-midi, vers 14h30 ou 15h, quand les députés revenaient avinés de leur pause-déjeuner.

L'homme, décidément, parfois – souvent? – , est désespérant.

18/07/2012

Une gestion pas très sérieuse

Transports, Sécurité, Santé, Environnement, GouvernementA propos des bagnoles et des produits cancérigènes, dont on parlait hier dans ce blog, une querelle prend de l'ampleur, ces jours-ci. Elle concerne les éthylotests, dont la possession est désormais obligatoire dans les véhicules. Visiblement, le précédent gouvernement a géré cette affaire d'une manière pas très sérieuse.

Dernièrement, l'ONG environnementaliste «Robin des Bois» a accusé (ici) ces éthylotests chimiques de contenir du dichromate de potassium, substance qu'elle qualifie de cancérigène pour l'homme et de très toxique pour les organismes aquatiques. Chacun de ces éthylothests à usage unique contiendrait «environ un gramme de chrome 6, substance classée cancérogène, mutagène et reprotoxique». Dès lors, jeter à la poubelle ces objets après usage «serait une pratique dangereuse pour l’environnement et la santé publique».

Hier, interpellé sur la question, le ministère de l'Ecologie n'a que partiellement démenti ces assertions. Côté pile, «compte tenu de la très faible quantité» de ladite substance dans un éthylotest, «une ingestion accidentelle n'exposerait qu'à une irritation buccale ou des muqueuses». Mais, côté face, le traitement des éthylotests usagés est, en effet, «une question sérieuse». Les autorités vont donc plancher là dessus. Du coup, les fabricants d'éthylotests sont furieux. Selon eux, les quantités de ces substances toxiques sont tellement infinitésimales qu'évoquer des risques pour la santé ou l'environnement est «une arnaque ahurissante» – selon les termes d'un fabricant furibard, qu'on entendait sur une radio, ce matin.

Cette querelle a de quoi effarer. On imagine l'état total de confusion dans lequel doit se trouver l'automobiliste français moyen, en ce moment: face à ces allégations parfaitement contradictoires.

Le moindre du bon sens aurait évidemment commandé que les autorités prennent toutes les assurances (scientifiques, sanitaires et environnementales) avant de rendre ces éthylotests obligatoires. Mais, manifestement, c'était trop demander, au pays du principe de précaution.

Encore bravo.

17/07/2012

Une inertie, inquiétante

Après une première quinzaine de juillet météorologiquement pourrie, comme souvent, le retour à Paris prochainement, paraît-il – on est un peu sceptique, mais bon, acceptons-en l'augure... –, de températures de saison. Et donc le retour aussi, probablement, des épisodes de pollution, qui empoisonnent si régulièrement l'air de la capitale. A cet égard, on est assez estomaqué de la totale inertie des autorités, depuis un mois.

Puisque cela fait un mois maintenant qu'a été rendue publique, en France comme ailleurs, une étude scientifique confirmant le caractère cancérigène des gaz d’échappement des moteurs diesel. Or, la France est le pays le plus diéselisé d'Europe: plus de trois quart des véhicules immatriculés y carburent au gasoil. Et ils circulent notamment en ville, cela va de soi. Au printemps à Paris, pour rappel (relire ici ou), on eut droit tous les trois jours à un pic de pollution aux particules fines. Comme cela avait déjà été le cas à cette saison auparavant (voir ici). A cette heure, cependant, on attend toujours la moindre (ré)action – ou ne serait-ce qu'une communication – du gouvernement, sur la question.

D'autres qu'énerve visiblement cette inertie, ce sont les militants de la fédération d'associations France Nature Environnement. L'autre jour, dans Paris notamment, ils ont apposé sur les murs des pochoirs (propres), sommant les autorités de se bouger. Sans, de nouveau, la moindre réaction, jusqu'à présent.

A part cela, le principe de précaution est une notion cardinale de la politique de santé, en France.

Encore bravo.

16/07/2012

Une remontrance, cinglante

Télévision, Journalisme, Femmes, Santé, ObésitéLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'adresser un rappel à l'ordre à M6. Et sa remontrance est rédigée d'un ton sec, assez peu habituel venant de cet organisme.

La chaîne de télé privée est fustigée pour un programme qu'elle a diffusé cet hiver, en prime time. Intitulée «Zita, dans la peau d’une obèse», cette émission «avait pour objet de suivre une journaliste qui se mettait à la place d’une personne confrontée à l’obésité».

A l'époque déjà, le programme avait fait froncer les sourcils de responsables du ministère de la Santé. Et à raison, estime le CSA. Ce soir-là, juge-t-il, les téléspectateurs ont eu droit à «un amalgame entre obésité et hyperphagie», et à un fatras «d'images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes». La chaîne aurait dû «éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine, ainsi que tout traitement avilissant ou rabaissant l’individu au rang d’objet». En plus, elle a pris des «précautions insuffisantes pour informer les téléspectateurs sur le caractère mis en scène et médicalement encadré de cette expérience». Et elle aurait dû l'assortir d'«un discours pédagogique davantage développé»: «sur l’obésité, notamment sur les facteurs génétiques qui y contribuent».

Mais sans doute ces exigences éthiques pèsent-elles de peu de poids, face au business de l'audimat.

Et, si ça tombe, le soir de sa diffusion, «Zita, dans la peau d’une obèse» a été entrecoupé de pubs très lucratives au profit... de produits exagérément gras ou sucrés, soit ceux-là mêmes qui favorisent l'obésité. La boucle serait ainsi bouclée – assez minablement, nul besoin de le préciser.

Encore bravo.

13/07/2012

Une première, depuis si longtemps

Le premier 14 juillet de François Hollande, demain. Mine de rien, cela faisait vraiment longtemps qu'un socialiste n'avait plus trôné comme le «Président normal» le fera demain  à la place d'honneur de la tribune présidentielle installée sur les Champs-Elysées, devant laquelle passera le traditionnel défilé militaire de fête nationale. Cela faisait exactement... 18 ans. Puisque la dernière fois que cela s'était produit, c'était le 14 juillet 1994: l'ultime défilé qu'avait présidé François Mitterrand.

Beaucoup plus habituel, et même très terre-à-terre: demain, comme chaque 14 juillet et comme ce sera le cas pour tant d'autres Parisiens, on va être prématurément tiré du lit. Par un vacarme. Celui produit dans le ciel par le ballet incessant des avions de chasse, gros transporteurs ou autres hélicoptères de combat cheminant vers les Champs-Elysées et/ou en revenant. Pour ce faire, cette énorme flotte doit survoler une bonne partie de la capitale – dont notre quartier Bastille, en tout cas.

Dans le même registre, anecdotique, cette «kaki pride», vu la foule populaire qu'elle va déplacer, nécessitera le déploiement de plus de 3000 policiers et militaires: pour sécuriser les lieux. Les amateurs de chiffres seront ravis d'apprendre que 12,5 kilomètres de voies de circulation devront, dans la capitale, être neutralisées pour l'occasion. La préfecture de police de Paris l'a précisé, hier: cela nécessitera le déploiement très précisément de 9 130 barrières métalliques, «soit 22,8 kilomètres, représentant en poids quelque 21 tonnes».

12/07/2012

Un espoir, ou pas?

Social, Economie, ParisNO HOPE. C'est ce qu'affirment des pochoirs à l'effigie de François Hollande, qui ont fait leur apparition dans les rues de Paris dès le soir de mai où a été élu le nouveau chef de l'Etat (voir ici).

Le Parti socialiste a-t-il envoyé des escouades de militants dans les quartiers, pour discrètement corriger ces pochoirs politiquement si peu optimistes? Toujours est-il que, dans la capitale, sur la plupart de ces dessins, ce NO très désillusionné a désormais été raturé.

En prime, on a vu cela ce matin sur un de ces pochoirs, apposé dans notre quartier du onzième arrondissement: des lèvres bien rouges, comme une marque de lipstick, ont été dessinées sur la bouche du «Président des bisous» – ainsi que François Hollande s'était rebaptisé le jour où, visitant une école maternelle, il avait été copieusement embrassé par les écoliers.

HOPE, donc. Et des bisous. Aperçu cela ce matin, le jour même où est confirmée la catastrophe socio-économique qui s'abat sur la France, sur son nouveau Président et son gouvernement: entre 8000 et 10.000 emplois supprimés par le groupe PSA Peugeot Citroën. Qui va notamment fermer son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris. Jamais depuis 20 ans – depuis la fermeture de l'usine Renault de Boulogne-Billancourt –, l'industrie en région parisienne n'avait subi un tel coup.

L'espoir est-il malgré tout, et plus que jamais, encore de mise? Chacun jugera.

11:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : social, economie, paris

11/07/2012

Un certain scepticisme

C’est bien de saison, en ces périodes de transhumances vacancières: entre info (alléguée) et pub (gratuite), un fabricant de navigateurs GPS a publié hier une étude sur les villes les plus embouteillées d'Europe. Etude qui a bénéficié d’une large couverture médiatique en France; mais, a-t-on trouvé, sans beaucoup de nuances.

 

Ce classement était présenté comme ayant été élaboré sur la base d’un «indice d’embouteillage». Indice qui serait lui-même issu des temps de trajet réels des automobilistes utilisant les navigateurs de cette marque, temps calculés par ces machines. A en croire ce palmarès, Paris serait moins embouteillé que Marseille ou Bruxelles, Varsovie décrochant la funeste première place.

 

Pour Varsovie, on n’en sait rien: on n’y a jamais vécu. En revanche, les embouteillages à Bruxelles, Marseille ou Paris, on les connaît bien, ou on les a bien connus. Si on n’a pas gardé un agréable souvenir en la matière ni de la capitale belge, ni de la cité provençale, on n’a pas du tout le sentiment qu’à Paris ces dix dernières années, le chaos de la circulation se soit beaucoup amélioré.

Un certain scepticisme, donc, face à ces données.

D’autant qu’il n’y a pas si longtemps, deux études portant sur un sujet identique ont conclu… de manière diamétralement opposée.

Ainsi, une société d'info-trafic américaine, se basant sur les données d’Eurostat (l'office européen des statistiques), a présenté Paris comme étant bel et bien la métropole la plus embouteillée d'Europe. Sur les dix points noirs européens pour les automobilistes, le périph’ arrivait même largement en tête.

 

Une autre étude, menée par un géant de l’informatique auprès de 8.192 conducteurs, avait elle aussi attribué à Paris la plus longue durée d’embouteillage, sur vingt villes européennes analysées.

 

Pas sûr, dès lors et en fin de compte, que l’automobiliste parisien ne soit pas le plus à plaindre, de tous ses congénères européens.

10/07/2012

Un (petit) changement, maintenant

Paris, Transports, Gouvernement, Social, EconomieDeuxième bonne (petite) nouvelle de l'été, pour les usagers des transports publics, à Paris notamment. En ces temps de crise, sans doute est-ce déjà cela de pris: la SNCF a confirmé ce matin (ici) que, le 1er août, la hausse annuelle de ses tarifs serait strictement limitée: à 2%, soit au niveau de l’inflation. Et encore, cette hausse de 2% ne concerne que les trains TER et Intercités. «Tous les autres tarifs demeurent inchangés», promet la compagnie, notamment les TGV.

«Le changement, c'est maintenant», avait promis François Hollande, pendant tout le printemps. En ce début d'été, force est de constater que cela faisait vraiment très longtemps que la société de chemins de fer n'avait pas été aussi raisonnable, dans ses hausses tarifaires estivales. Elle n'a pas eu le choix, à dire vrai. Les tarifs du train étant réglementés, c'est le gouvernement qui, hier, a plafonné leur hausse à 2%. Cette modération tarifaire a également été imposée d'autorité, outre à la SNCF, aux groupes EDG et GDF.

«L'augmentation calée sur l'inflation: on ne peut pas faire plus neutre, en termes de hausse de tarifs», a reconnu, hier, la principale fédération d'usagers de transports. Où certains, toutefois, auraient encore plus apprécié, bien sûr, une... baisse des tarifs – mais sans doute ne faut-il pas rêver.

A Paris déjà, le 1er juillet dernier, les usagers des transports publics avaient échappé à la hausse tarifaire qui, chaque année à cette date, frappe les tarifs des métros, bus et RER. Là aussi, cela faisait longtemps qu'on n'avait plus connu cela.

Paris, Transports, Gouvernement, Social, EconomieEt, jamais deux sans trois, comme on dit, l'autorité gérant les transports publics en région parisienne vote, ce mardi, le «dézonnage», le week-end et à partir du 1er septembre, du passe «Navigo». Les détenteurs d'un abonnement de ce type pourront donc, sans coût supplémentaire, se déplacer dans toute la région même si leur passe est limité à deux ou à trois zones. En revanche, pour le «Navigo» au tarif unique de 64€ pour toute la région, en week-end comme en semaine, on attendra janvier 2013, au plus tôt. La recherche de financements est toujours en cours...

09/07/2012

Une atmosphère «vagabonde et rustique»

«Une nouvelle ambiance végétale», due au recours à des plantes «vagabondes et rustiques». On se croirait dans un épisode de la série télé «La petite maison dans la prairie». Mais non: on est en plein Paris. Du moins, dans le Paris décrit par les grands communicants du maire, Bertrand Delanoë, qui en font toujours des tonnes pour montrer la «Ville lumière» sous un jour mirifique.

Cette nouvelle ambiance bucolique en pleine ville, ce serait celle, bientôt, des contrebas de l'Hôtel de ville, le long des quais de Seine. A l'issue des travaux d'aménagement prévus cet été, comme le long d'une bonne partie de la rive droite. Au programme: création de passages piétons, aménagement d'une piste cyclable, mise en place d'un nouveau mobilier urbain, etc. L'objectif? «Apaiser la circulation», aboutir à «un meilleur partage de la voirie». En clair, et au-delà de, à nouveau, ces grands mots de communicants? Réduire la place de la bagnole: par exemple en rétrécissant les voies de circulation. Le tout, dans la perspective du vaste projet de réaménagement des voies sur berges, qu'a revitalisé l'arrivée au pouvoir des socialistes, en mai (relire ici) – le précédent gouvernement avait mis le projet au frigo .

En attendant, et très prosaïquement, ces travaux auront pour impact de limiter la dimension de l'édition 2012 de Paris Plages. La mairie l'a confirmé, ce matin: cet été, il s'agira d'«une édition un peu particulière, puisque la manifestation devra, sur la voie Georges-Pompidou, céder du terrain devant le chantier». Dès lors, la plage à Paris, cette année, ce sera surtout et avant tout dans la zone entre le pont d’Arcole et les Tuileries.

Si la météo le veut bien. A ce stade, et comme déjà en juillet 2011, cela ne paraît pas donné.

06/07/2012

Un indétrônable trio

paris,tourisme,economie,art de vivre,patrimoineUne note de saison, aujourd’hui: la première vague de départ en vacances débute ce soir. Et un trio décidément indétrônable, concernant le tourisme parisien: Notre-Dame, le Sacré-Coeur, le Louvre.

 

Les derniers chiffres en la matière, relatifs à la saison 2011, confirment à nouveau l’attrait que ces édifices représentent pour les touristes venus du monde entier. 13,6 millions de visiteurs pour la cathédrale, 10,5 millions pour la basilique, 8,9 millions pour le plus grand musée du monde. Ces trois lieux continuent d’occuper une place dominante, dans le palmarès des visites effectuées par les 28,2 millions de touristes dénombrés à Paris l’an dernier.

 

28,2 millions, cela fait encore 3% de plus que l’année auparavant. A l’échelle de la France, la croissance du tourisme est au rendez-vous également: 72,6 millions de visiteurs, au total (+2,5%).

 

Ces chiffres sont tout sauf anodins, dans le contexte économique très déprimé du moment. Représentant 7,1% du PIB de l’Hexagone, le tourisme y emploie 975.000 personnes. Rien que dans la capitale, ses 160.000 travailleurs constituent 13% de l’activité professionnelle totale.

 

Reste un petit problème, toutefois, que Paris, année après année, ne parvient pas à régler. La «Ville lumière» demeure plus que jamais la première destination touristique mondiale? Certes. Mais les montants qu’y dépensent les touristes restent proportionnellement moindres que ceux dont bénéficient plusieurs de ses grandes concurrentes internationales: Londres, New York ou Barcelone, par exemple.

05/07/2012

Une ambiance de potaches

Ces cinq prochaines années à l'Assemblée nationale, la droite sera aussi pugnace, frondeuse voire chahuteuse que l'a été la gauche entre 2002 et 2012: ces dix années pendant lesquelles ses députés siégèrent sur les bancs de l'opposition. On a eu un aperçu de cet état d'esprit vindicatif dès mardi, à l'occasion de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le spectacle fut bien plus souvent dans l'hémicycle qu'à la tribune – la sobriété de Jean-Marc Ayrault ayant rendu son discours passablement terne. Le compte-rendu officiel de cette séance (ici), plutôt drôle, dépeint assez bien cette ambiance de potaches.

«Bla-bla-bla!», «C’est pathétique!», «Lamentable!», «On rêve!», «Quelle honte!», «Baratin!» Dès les premières phrases prononcées par le chef du gouvernement, ces interpellations fusèrent, des bancs de la droite. Elles furent suivies d'une kyrielle d'autres, tout au long de la bonne heure et demie que dura l'allocution du Premier ministre. «C’est creux!», «N’importe quoi!», «Ben voyons!», «Démago!», et ainsi de suite. On eut même droit à un «Irresponsables!», à un «C’est pitoyable!», et à un «Ça suffit! C’est minable!»

Si l'ensemble de session parlementaire est de cet acabit, au moins l'ambiance sera au rendez-vous au Palais Bourbon, jusqu'en 2017.

04/07/2012

Une «contrefaçon»

paris,justice,transports,communication«What's in a name?», interrogeait Shakespeare. «Pas mal d'embrouilles», doit lui répondre, en ce moment, le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Qui, en effet, pourrait bien devoir rebaptiser «Autolib»: le service public de location de voitures électriques en libre service. D'où, des dizaines de milliers de logos à changer: sur lesdits véhicules, les stations de location, les aires de stationnement, les badges de tous les abonnés, etc. Plus, sans doute, d'innombrables dépliants publicitaires à mettre au pilon. Et toute une communication à refaire.

C'est le loueur de voitures Europcar qui a traîné la mairie en justice. Il estime que l'appellation de ce service relève de la contrefaçon par rapport à «Autoliberté», sa propre marque.

Vendredi dernier, la mairie – qui avait obtenu gain de cause en première instance – a été condamnée par la Cour d'appel de Paris. Elle lui a infligé une amende de 50.000€, et l'a contrainte à arrêter dans le mois d'utiliser une telle marque. Mais, à l'Hôtel de ville, on n'en démord pas: pas question de changer d'appellation, le contentieux est porté en Cassation. Convaincue qu'il n'y a aucune confusion possible entre les deux marques, la mairie se dit déterminée (ici) à ce que «le service public d'Autolib'ne subisse pas d'entraves majeures». Toujours est-il que le groupe privé Bolloré, concessionnaire du service, n'apprécie pas le pataquès. Il a sèchement rappelé que «c'est la Ville de Paris qui a choisi cette marque, et en est donc responsable contractuellement». Elle sera responsable aussi «des conséquences financières pouvant résulter du changement de celle-ci».

«What's in a name?» Pas mal de soucis donc, à Paris ces jours-ci. Que la mairie aurait pu éviter, cela dit. Si, à l'époque, ses grands communicants avaient mieux fait leur travail: s'ils avaient fait preuve d'un peu plus de prudence et/ou de clairvoyance. La marque «Autoliberté» ayant été déposée il y a plus de dix ans déjà, ils auraient pu s'apercevoir de son existence et entrevoir les problèmes qu'était susceptible de poser l'utilisation par eux d'une marque aussi voisine.

03/07/2012

Un accord bilatéral

Aujourd'hui, une note à l'attention plus particulière des lecteurs français qui se rendraient en Belgique cet été. Ou, inversement, des Belges qui ont prévu de passer leurs vacances dans l'Hexagone. Si vous êtes dans ce cas, si vous êtes automobiliste, et si vous commettez cet été une infraction routière dans ce pays frontalier, vous risquez de ne pas échapper au paiement de l'amende.

Le 30 juin dernier, en effet, est entré en vigueur l'accord passé entre les gouvernements belge et français, relatif à la répression de l'insécurité routière imputable aux ressortissants de ces deux Etats (voir notamment ici ou ). Du coup, un automobiliste belge qui, par exemple, serait flashé par un radar automatique en France devra payer l'amende. Idem pour un automobiliste français qui brûlerait un feu rouge en Belgique. C'est rendu techniquement possible par le fait que, côté français, l'Agence nationale du traitement automatisé des infractions a désormais accès aussi aux fichiers d'immatriculation belges. Elle est donc dorénavant en mesure d'adresser des PV aux automobilistes de ce pays. Sous peine, pour ceux-ci, s'ils ne les paient pas, d'être poursuivis en justice.

De tels accords existent déjà entre la France et la Suisse ainsi que le Luxembourg. Ils ont permis de recouvrer les deux tiers des amendes. Des négociations sont en cours pour étendre ce régime à l'Espagne et l'Allemagne.

En France, selon les statistiques officielles, les conducteurs étrangers représentent environ 5% du trafic automobile. Mais ils sont impliqués dans 9% des accidents mortels. Et ils occasionnent 20 à 25% des flashs de radars automatiques pour excès de vitesse.

02/07/2012

Un chiffre, une ouverture, une allégresse

Hollande, Gouvernement, Folklore, Institutions, Langue françaiseUne allégresse très perceptible samedi, dans Paris. Parmi les dizaines de milliers de participants à la Pride – la «Marche des fiertés», dit-on désormais. Or, par contraste, ces dernières années particulièrement, dans ce cortège, l'humeur dominante n'était pas rarement à la rancoeur et à l'acrimonie: à l'égard du pouvoir en place. Cet été, en revanche, nombre de participants affichaient – en sticker, en badge, etc. – le chiffre à l'origine de leur contentement.

31. Comme le 31ème des 60 engagements de l'ex-candidat devenu Président, François Hollande. Cette 31ème promesse prévoit l'ouverture à tous les couples du mariage et de la parentalité. L'égalité des droits, donc. Le «mariage homosexuel», autrement dit, pour employer une expression usuelle, mais si incongrue –lire ici.

C'était assez drôle à voir: cette allégresse collective a plus énervé que jamais la poignée de militants d'extrême droite qui, chaque année, tentent de perturber la Marche: barricadés derrière les grilles de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, la paroisse des traditionalistes catholiques, dans le cinquième arrondissement, devant laquelle passent chaque année les marcheurs. Cet été, sous la protection d'innombrables CRS, ils ont vociféré de plus belle leurs quolibets homophobes. Mais sont passés largement inaperçus, dans la liesse ambiante. Et ne sont jamais parvenus à gâcher l'ambiance.