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28/09/2012

Un vacarme assourdissant

paris,banlieues,transports,santéLimiter la vitesse sur le périph', non à 70km/h (au lieu de 80km/h, aujourd'hui), mais... à 50km/h! La nuit, tout au moins. C'est la proposition assourdissante qui a été faite hier, et elle risque de mettre les automobilistes en fureur.

Elle émane de Bruitparif, l'organisme qui surveille les nuisances sonores en région parisienne. Selon ses relevés, «les niveaux sonores autour du boulevard périphérique sont particulièrement élevés, et excèdent systématiquement les valeurs limites réglementaires, de jour comme de nuit, lorsqu’aucune protection acoustique n’a été mise en place». Concrètement, sur les quelque 100.000 habitants vivant le long du périph', près de la moitié subissent des nuisances sonores exagérées. Dans la bande de 150m autour du boulevard, 41.000 personnes sont exposées à un niveau de bruit excédant la valeur limite journalière moyenne (68 décibels).

En plus, ce vacarme dû au trafic routier ne cesse jamais. «Les mesures ont montré des valeurs importantes dès 5 heures du matin, et jusqu’à minuit. En coeur de nuit, le bruit diminue un peu, mais il reste tout de même élevé. Les niveaux enregistrés sur la période allant de 2 à 4 heures du matin ne sont, ainsi, réduits que de 6 dB(A) en moyenne par rapport à l’heure la plus bruyante (créneau 6-7 heure)». Du coup, de nuit, 37.000 personnes subissent des nuisances sonores excédant la valeur limite (62 dB). En outre, il y a peu de variations en fonction du jour de la semaine («les niveaux nocturnes pouvant même être plus chargés le week-end»), ni même pendant les vacances scolaires («durant lesquelles nous n’avons enregistré qu’une diminution de 1 dB(A) en moyenne»).

Plusieurs pistes sont suggérées, pour que les riverains du périph' puissent enfin vivre, ou au moins dormir, tranquilles. Installer des panneaux anti-bruits, qui fonctionnent bien («deux sites sur trois bénéficiant d’un écran acoustique sont légèrement en dessous des seuils»). Mieux isoler accoustiquement les façades des immeubles jouxtant le boulevard. Ou opter pour des revêtements de chaussée répercutant moins le bruit du trafic.

Reste qu'il faudrait aussi «diminuer le bruit à la source», en premier lieu le bruit nocturne. «Ce pourrait être fait en diminuant la vitesse autorisée, ou en encourageant les conducteurs à ne pas dépasser 50 km/h la nuit». Cela «permettrait de diminuer de 26% environ le nombre de personnes exposées à des niveaux sonores nocturnes qui excèdent la valeur limite». Autre suggestion, mais guère plus consensuelle: «diminuer le taux de poids lourds» autorisés sur le périph'. Car «un poids lourd moyen équivaut, d’un point de vue acoustique, à environ 7 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 80 km/h, 10 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 50 km/h».

Les syndicats de transporteurs routiers vont apprécier.

27/09/2012

Une délinquance routière croissante

Paris, Transports, Sécurité, ¨PolicePuisqu'on évoquait le périph' hier, cet été encore, les policiers n'y ont pas chômé. Car certains des usagers de la rocade parisienne y ont été particulièrement pressés.

Ainsi, au cours de la seule nuit du 31 juillet au 1er août, un contrôle fixe installé porte d’Aubervilliers a permis de verbaliser 30 véhicules pour excès de vitesse, dont huit pour grand excès (+ de 50km/h de la vitesse autorisée). Les pointes constatées ont été jusqu'à 167km/h pour une voiture, et 185km/h pour une moto. Une saisie judiciaire de ces véhicules a été immédiatement opérée, en vue de leur confiscation en audience.

185 km/h: plus du double de la vitesse maximale autorisée. Il faut être soit inconscient, soit suicidaire pour se risquer à une telle allure; imagine-t-on les dégâts humains et matériels qu'à pareille vitesse, la moindre fraction de seconde d'inattention peut provoquer?

Mais encore n'est-ce rien par rapport au record de vitesse qui, depuis janvier, a été verbalisé sur le périph' parisien: 197 km/h.

Paris, Transports, Sécurité, ¨PolicePendant les six premiers mois de 2012, 408 permis de conduire d'usagers du périph' roulant trop vite ont été retenus. C'est une hausse de... 155% par rapport à la même période de 2011. De même, s'est envolé le nombre de constatations d'infractions dites de grande vitesse (176, sur la même période).

Malgré cette délinquance routière croissante sur le périph', et assez paradoxalement, a baissé le nombre d'accidents corporels qui y ont été déplorés. La moyenne pour 2012 se monte, à ce stade, à 52 accidents de ce type chaque mois, sur ce boulevard. Ce n'est pas rien. Cela a entraîné des heures d'embouteillages pour les automobilistes et motocyclistes eux respectueux du Code de la route. Mais c'est moins qu'en 2011 (68).

26/09/2012

Un gros débat, assez théorique

Grosse agitation des Parisiens, ces jours-ci. Ils ont l'air de ne parler que de cela, en ce moment. Du projet de réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique.

C'est la mairie de Paris qui, l'autre jour (ici), a relancé ce vieux serpent de mer, dont on parle depuis des années. A la différence que, cette fois, le dossier pourrait aboutir: vu l'alternance politique qui, au printemps, s'est jouée au gouvernement – à qui il revient de prendre une telle décision. En attendant, les pro et anti 70km/h sur le périph' débattent passionnément.

Les premiers invoquent «une urgence sanitaire». A les en croire, une telle réduction de la vitesse maximale autorisée «permettra d'améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore autour du périphérique». Pas un luxe pour les riverains immédiats de la rocade, qui vivent dans des zones où les niveaux de pollution atmosphérique, «selon l'OMS, dépassent de quatre fois les normes mondiales de qualité de l'air». Les seconds dénoncent «une mesure démagogique et sans efficacité». Qui, «une fois de plus, va pénaliser ceux qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur voiture». Et qui «ne va que congestionner encore un peu plus» ce boulevard.

Le gouvernement décidera. Dans un sens ou dans un autre.

De toute façon, si, dans ce débat passionné, l'on peut se permettre de le noter, cela ne changera pas forcément énormément de choses, concrètement, pour les 1,3 million d'usagers quotidiens de ce boulevard. En effet, la vitesse moyenne de circulation y est de... 38km/h. Rares, dès lors, sont les occasions où l'on peut y appuyer sur le champignon, jusqu'à 70 ou 80 km/h...

25/09/2012

Une tradition de... «pigallerie»

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue françaiseContinuons sur le sujet de l'insécurité, qu'on évoquait hier. Sans, du tout, vouloir noircir le tableau – dix ans qu'on habite à Paris, et on n'y a jamais eu le moindre problème de cet ordre. Continuons, mais dans un registre de délinquance cette fois moins sanglant, même s'il doit être, évidemment, pénible pour les gens qui en sont victimes.

On avait parlé d'eux, avant les vacances d'été (relire ici): parlé de ces détrousseurs du métro, qui sévissent au petit matin sur le réseau de la RATP. Manifestement, le phénomène prend de l'ampleur. Pour preuve, la préfecture de police de Paris vient de lui consacrer (là) une bonne part de son dernier bulletin d'information.

Au passage, cela a renseigné sur la manière dont les pandores dénomment ce genre d'agissements. En jargon policier, on les appelle... des «pigalleries». Car «ce phénomène des détrousseurs du métro est ancien: il a toujours existé autour du monde de la fête et des quartiers animés nocturnes de la capitale (quartier de Pigalle, Grands Boulevards, République, Bastille…)».

Rien que le week-end dernier, cinq détrousseurs du métro ont successivement été interpellés par les policiers. Raconté par la préfécture, cela donne ceci.

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue française«Samedi, 7 heures 35, quai du RER A à "Châtelet-les-Halles", les policiers stoppent un homme de 24 ans qui, profitant du sommeil d’un passager endormi sur un banc, s’apprêtait à lui voler son téléphone. Dimanche, 7 heures 20, station "Nation", un voleur malhabile est surpris par sa victime qui ne dormait que d’un œil. Alors qu’il tente de prendre la fuite, l’homme de 20 ans est interpellé par des policiers en surveillance. Même jour, même heure, station "Père Lachaise", les policiers arrêtent un trio de détrousseurs, âgés de 22, 23 et 25 ans, commettant des vols au préjudice d’usagers en état d’ébriété».

Moralité: apprécier très sobrement et peu tardivement la «nightlife» de la «Ville lumière», si l'on veut ne pas avoir à faire aux «pigalleurs». Trop chouette, comme perspective.

24/09/2012

Une scène hallucinante

A Paris ce lundi, dans notre onzième arrondissement, les gens n'en sont toujours pas revenus. Deux jours plus tard: deux jours après la scène hallucinante qui s'est déroulée dans le quartier populaire de Belleville, samedi soir.

Une fusillade en pleine rue. Alors qu'il n'était même pas minuit. Au vu et au su de toute une population qui vaquait à ses occupations. Dans une rue très passante, à quelques mètres à la fois d'une sortie de métro et... d'un commissariat de quartier. Deux jeunes en direction desquels ont été tirées une vingtaine de balles de fusil automatique, manifestement dans le cadre d'un règlement de comptes entre malfrats. Au vu du nombre de projectiles ayant abouti dans des voitures en stationnement, c'est un vrai miracle si aucun riverain ou passant ne s'est pris une balle perdue.

Un tel déchaînement de violence, au coeur d'une ville globalement assez tranquille, c'est «extrêmement grave» et absolument «exceptionnel», s'est effaré le maire du onzième, ce week-end. Un renforcement des mesures de sécurité est envisagé par les autorités. Qui ne voudraient pas en arriver à une situation similaire à celle des quartiers Nord de Marseille – théâtre d'une série de règlements de comptes entre gangs rivaux, qui ont déjà fait une une bonne quinzaine de morts depuis le début de l'année.

21/09/2012

Un encouragement

Paris, ArtsOn ne voit vraiment que cette inscription, dans les rues de notre onzième arrondissement, en ce moment. Depuis cet été, on la retrouve absolument partout. Sur tous les supports possibles et imaginables: murs, containers, pallissades de chantier, panneaux de signalisation, macadam, et on en passe. Une belle écriture, ronde et vive. Peinturlurée chaque fois dans une couleur différente. Visiblement, le ou la quidam à son origine a passé l’essentiel de ses journées, ces dernières semaines, à diffuser son message dans toute la ville. Pour qu’il soit vu par le plus grand nombre possible de gens.

 

Un message qui se résume à un mot, ponctué d’un point d’exclamation: «vis!»

 

On ne sait si l’auteur de ce mot est motivé par la gravité de la crise ambiante. Et par son  cortège de difficultés qu’elle entraîne, dans l’existence quotidienne de tant de gens – de Parisiens, notamment. Mais tous ces derniers, qui sait, en apercevant son exhortation, y verront un encouragement anonyme à tenir le coup, à relever la tête, et à s’accrocher – vaille que vaille sans doute, mais coûte que coûte.

 

Il n’est pas rare de voir, dans les rues de Paris, des messages anonymes de ce type (cfr ici, par exemple). On les aime plutôt bien. On leur trouve, comment dire, une dimension altruiste, voire affectueuse, bienvenue, en ces temps pas faciles.

14:00 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, arts

20/09/2012

Un air de nostalgie

Paris, Arts, Personnalités, Histoire, ChiracOn parlait hier de Jacques Chirac. On aperçoit son portrait de temps à autres, en ce moment, dans les rues de Paris. Et dans celles de notre onzième arrondissement, notamment. Visiblement, l'ex-Président inspire les artistes urbains. Qui, dans ce pochoir, le représentent affublé d'une de ses mimiques les plus mémorables.

On a été assez surpris, en tombant nez à nez avec la bobine de l'ex-chef d'Etat, au hasard de nos pérégrinations dans la capitale. Car, finalement, il y a dix ans, qui aurait osé parier que Jacques Chirac deviendrait un sujet d'art populaire? Lui qu'il était de si bon ton de railler. Lui, «Supermenteur» moqué par Les Guignols et pourchassé par les juges. Lui, le candidat sortant historiquement si impopulaire, au bilan présidentiel si maigre. Lui qui, en 2002, ne dut sa réélection qu'à la configuration si inhabituellement fracassante du second tour de la présidentielle: l'extrême droite ou moi.

Dix ans plus tard, l'image publique de Jacques Chirac semble s'être réduite à celle d'un vieillard bonhomme, incorrigiblement dragueur, cocassement étourdi par l'âge et la maladie – une figure au fond sympathique, qui a l'air d'inspirer une certaine nostalgie.

Les peuples, décidément, ont la mémoire courte. Et les humeurs changeantes.

19/09/2012

Une visite particulière

La présentation cette semaine – aux autorités et aux médias – du nouveau département du musée du Louvre. Consacré aux Arts de l'Islam, il ouvrira samedi au grand public. Pour ne s'attacher qu'au contenant, il est marqué par un spectaculaire geste architectural. Ces collections, en effet, sont abritées sous une vaste verrière ondulante, qui surplombe la Cour Visconti: «voile doré de verre et de métal, qui respecte les façades historiques tout en ornant le bâtiment d'un élément d'une grande originalité». Pour la direction du Louvre, ces 2800 m2 de nouveaux espaces d'exposition et la manière dont on les a agencés représentent «une étape décisive dans l'histoire architecturale du palais et dans le développement du musée, plus de vingt ans après la création de la Grande pyramide» de Ieoh Ming Pei.

C'est l'aboutissement d'un projet vieux de plus de dix ans. Projet que Jacques Chirac, quand il était aux affaires, avait toujours appuyé.

Aujourd'hui, cependant, les médecins et l'entourage de l'ancien Président (1995-2007) l'ont jugé trop affaibli pour qu'il participe aux cérémonies et autres mondanités d'inauguration du nouveau lieu. Aussi, très discrètement, à la fin de la semaine dernière, une visite guidée particulière a été organisée rien qu'à son attention. Il a donc eu tout le loisir de découvrir les lieux à son rythme, en compagnie du grand patron du Louvre ainsi que de la ministre de la Culture. Et loin des caméras.

18/09/2012

Un menu appétissant

Culture, Cinéma, Radio, Gastronomie, Art de vivre, Institutions, Mitterrand Sortie en salles dans l'Hexagone, demain mercredi, du film «Les saveurs du Palais», qui s'annonce assez appétissant. Avec Catherine Frot, qu'on a toujours adorée. Et l'ineffable Jean D'Ormesson, qui débute sa carrière cinématographique en campant rien de moins qu'un Président de la République inspiré de François Mitterrand. Le film raconte l'histoire d'une dénommée Hortense Laborie: Périgourdine au caractère bien trempé, qui, du jour au lendemain, est bombardée cuisinière particulière du chef de l'Etat.

Son personnage est directement inspiré de celui de Danièle Mazet-Delpeuch, qui fut la cuisinière personnelle de François Mitterrand de 1988 à 1990. L'autre jour, elle racontait son expérience à la radio, et sa description des coulisses de l'Elysée côté cuisines était passionnante. Si vous avez une heure de libre et voulez entendre cela, c'est podcastable ici.

C'est l'occasion d'évoquer «On va déguster»: l'émission gastronomique dominicale de France Inter. L'impeccable François-Régis Gaudry, l'épatante chroniqueuse Elvira Masson, le malicieux oenophile Dominique Hutin: le dimanche matin, on ne raterait pour rien au monde leur exploration du monde de la cuisine. Ici, pas de nappe blanche ni de chichis, pas non plus de ton cocardier énervé à la Jean-Pierre Coffe, ni parisianisme ni provincialisme: semaine après semaine, on trouve décidément impeccable le ton de cette émission. A découvrir, donc, si vous ne la connaissez pas: c'est une exquise mise en bouche, pour un beau début de dimanche.

17/09/2012

Une année pas très drôle

Perdrait-on notre humour, avec l'âge? Ou la vie politique française deviendrait-elle de moins en moins drôle, année après année? Ou était-ce simplement l'année 2012, électorale, qui n'a pas été spécialement comique?

Toujours est-il qu'on s'est moins esclaffé que d'habitude en prenant connaissance, dernièrement, des petites phrases nominées pour la distinction annuelle «Humour & Politique». Palmarès qui, pourtant, dans le passé, nous a déjà bien fait sourire (relire ici, ou encore ).

Par exemple, on n'est pas amusé mais effaré par cette sortie de l'ex-ministre sarkozyste Nadine Morano, qui lui vaut d'être nominée: «Me faire passer pour quelqu'un de raciste, je trouve cela choquant... Ma meilleure amie est tchadienne, donc plus noire qu'une arabe». De même, on trouve consternante et non comique l'étourderie langagière de son ex-collègue Nora Berra: «Je recommande aux personnes les plus vulnérables (sans-abri, nourrissons et personnes âgées) d‘éviter de sortir». On ne trouve pas davantage malin de la part de la socialiste Ségolène Royal d'avoir lancé à la cantonade, à la veille des primaires socialistes, «Ce n‘est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage». Quant à la saillie du sénateur UMP Pierre Charon sur Eva Joly («C'est un pour tous, tous pour un, et deux pour cent»), on a dû mal à ne pas la ranger parmi la cohorte de remarques péniblement sexistes voire racistes que dut endurer, pendant sa campagne, la candidate écologiste à l'Elysée.

A tout prendre, sur le même sujet et concernant la même personne, on trouve Daniel Cohn-Bendit (un peu) plus drôle: «Si tu te retires, ça crée un vide. Si tu continues, tu tombes dans le vide». On aime assez également, sans pour autant s'en extasier, la remarque très douce-amère de l'ex-député et ministre villepiniste François Goulard: «Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas». Ou cet aveu du sarkozyste Thierry Mariani: «C‘est plus facile de pacifier la Libye que l‘UMP». Mais cela ne vaut tout de même pas, selon nous, les phrases les plus cultes qui firent jadis la réputation de ce prix décerné par le Press Club.

Vivement l'an prochain, donc. Pour, espérons-le, une année politique un peu plus drôle, et dès lors une distinction annuelle plus cocasse.

14/09/2012

Une disparition

Radio, Culture, Musique, PersonnalitésJean Garretto est décédé, a-t-on appris ce midi. Il était âgé de 80 ans. Ce nom ne dira sans doute rien aux lecteurs les plus jeunes, mais c’était vraiment une personnalité très marquante du monde français de la radio.

 

Avec son complice de toujours, Pierre Codou, il avait découvert un très grand nombre de jeunes talents, qui, depuis, sont devenus de grandes voix des ondes. L’émission mythique qu’il créa, «L’Oreille en coin», sur France Inter, qui n’a jamais été vraiment remplacée, fut un espace de liberté et de créativité très innovant, pour l’époque. Et l’on doit à ce duo la station FIP Radio, qu’il créa il y a quarante ans – et dont on a déjà eu l’occasion (ici) de dire tout le bien qu’on en pense.

 

Pendant toute la journée, cette radio musicale rendra sans doute de nombreux hommages à son co-fondateur. Une occasion de plus d’y aller laisser traîner ses oreilles.

13/09/2012

Un engagement jamais tenu

Puisqu'on évoquait les berges de la Seine hier, intéressons-nous au fleuve proprement dit, aujourd'hui. Pour signaler, au cas où cela vous aurait échappé, qu'un vieil engagement le concernant n'a jamais été tenu.

Il avait été pris à l'époque par Jacques Chirac. Lorsqu'il était maire de Paris (1977-1995), il avait promis aux Parisiens qu'à la fin de son mandat, ils pourraient à nouveau se baigner dans la Seine, comme ils le firent jadis. On en est encore loin. L'a rappelé un différend, début septembre.

A l'invitation d'une association sportive, plus de 3000 personnes s'étaient inscrites pour ce qui s'annonçait un événement: la traversée de la capitale à la nage. Elle aurait dû se dérouler dimanche dernier; les concurrents les plus sportifs auraient nagé dix kilomètres, jusqu'au jardin André-Citroën. Mais la préfecture de police a catégoriquement interdit la manifestation. Les pandores ont notamment invoqué la qualité sanitaire insuffisante des eaux du fleuve – dans lequel, pourtant, début juillet, ont nagé les 4500 participants au triathlon de Paris...

Les organisateurs de la course ne l'ont pas entendu de cette oreille. Contestant cette décision, ils ont brandi les résultats d'analyses bactériologiques effectuées à leur demande par un laboratoire agréé, portant sur des échantillons d'eaux du fleuve qu'ils avaient prélevés début août. Analyses montrant, selon eux, la parfaite conformité de ces eaux avec les directives européennes relatives aux eaux de baignade en milieu naturel.

Rien n'y a fait: les autorités ont campé sur leur refus. Et la manifestation, qui se voulait «la plus importante épreuve de natation en eau libre de France», a dû être purement et simplement annulée, au débotté.

Jacques Chirac n'a pas réagi.

12/09/2012

Un mauvais timing

Paris, Environnement, Santé, Transports, Urbanisme, ActivismeLe long de la Seine, depuis la rentrée, les Parisiens disposent d'une nouvelle promenade piétonne: entre le square de l’Hôtel de Ville et le bout du quai Henri IV. C'est la première réalisation concrète du vaste projet municipal de restructuration des voies sur berges. Et cela énerve visiblement beaucoup le lobby des automobilistes.

Ainsi, hier, l'association «40 millions d'automobilistes» a renforcé sa mobilisation contre ce projet, qu'elle juge inepte d'un point de vue tant économique qu'écologique ou social. Selon elle, face un «réseau de transports en communs hypersaturé, il est tout à fait utopique de croire en la réduction du nombre d'automobilistes». «40 millions d'automobilistes » a donc lancé une vaste pétition pour s'opposer à ce grand projet urbain.

Pourquoi pas; c'est parfaitement son droit. Et tous les arguments de ces automobilistes ne sont pas d'office à rejeter. Ainsi, «augmenter les temps de parcours en automobile signifie en parallèle l’acceptation du renforcement d’un clivage entre habitants de Paris intra‐muros et ceux des zones urbaines limitrophes, plus accessibles financièrement en termes de logement».

Juste, sur la forme, en termes de timing de communication, «40 millions d'automobilistes» aurait pu/dû mieux choisir le jour de son ramdam médiatique.

Car il a coïncidé avec la publication d'une étude scientifique, portant sur l'impact de la pollution atmosphérique (et donc, en partie, automobile) sur la santé des habitants des grandes villes. Confirmation: cette pollution coûte cher, à la fois en vies humaines et en argent public. Un seul chiffre, frappant, pour illustrer cela: si, à Paris, les normes annuelles européennes en matière de pollution étaient parfaitement et en permanence respectées, le Parisien moyen bénéficierait d'un gain d'espérance de vie de près de 6 mois (*).

Paris, Environnement, Santé, Transports, Urbanisme, Activisme6 mois d'existence en plus. Voilà qui, peut-être, relativise quelques dizaines de minutes supplémentaires passées dans les embouteillages.

 

(*) Dans les neuf villes françaises étudiées par les chercheurs, le gain annuel total représenterait... 91.000 années de vie. Ce qui n'est pas rien, tout le monde en conviendra.

11/09/2012

Une ambiance pas si feutrée

Restons dans l'univers feutré du grand luxe, que l'on évoquait hier. Un univers feutré mais où, à l'occasion, l'on peut néanmoins fameusement batailler. Et sur des questions très bassement financières, qui plus est.

On en a une illustration aujourd'hui, à Paris. Cela concerne un des fleurons du grand luxe parisien. Le «Ritz», en l'occurrence: le célébrissime palace de la place Vendôme. Cet après-midi, la direction de l'établissement comparaît devant le tribunal de grande instance, à la demande du syndicat CGT.

L'hôtel a fermé, cet été. Pour de gros travaux de rénovation, qui vont durer deux ans. La direction du palace avait songé licencier ses 470 employés pendant la durée du chantier, tout en garantissant leur réembauche à la fin des travaux. Elle a finalement conclu un plan social, en vertu duquel les salariés ont eu à choisir entre un congé sans solde, un départ volontaire, ou un licenciement. Devant le tribunal, cet après-midi, la CGT va plaider la nullité de ce plan. Selon ce syndicat, le «Ritz» aurait dû proposer aux salariés une mesure de chômage pendant une période totale de 224 jours, sans rupture du contrat de travail, puis les indemniser. Le dispositif actuel reviendrait à «faire payer (par et) à la collectivité» les conséquences sociales de travaux menés par un groupe privé. Un groupe qui, pourtant, ne manque pas de moyens: le palace parisien est détenu par le milliardaire égyptien Mohammed Al Fayed.

10/09/2012

Une pénible collision

Paris, Banlieues, Logement, Pauvreté, Social, Luxe, Economie, GouvernementPénible collision d'actualités ce week-end en France, décidément. C'est ce qu'on s'est dit hier dimanche, pendant toute la journée, en bossant sur l'«affaire Arnault» – si vous avez vécu sur une autre planète, ces deux derniers jours: l'homme le plus riche de France, qui a demandé la nationalité belge et est accusé par ses détracteurs de vouloir s'exiler fiscalement dans le plat pays.

Collision de deux actualités qui n'ont pas le moindre rapport l'une avec l'autre, mais qui, survenant au même moment, ont de quoi gêner.

Côté pile, donc, l'extrême richesse. L'homme le plus fortuné de France et d'Europe, patron de l'empire du grand luxe LVMH. Son patrimoine personnel dépasse les 30 milliards d'euros. Soit, comparait le journal «Le Parisien» dimanche, «la moitié du budget de l'Education nationale, les recettes de l'impôt sur les sociétés en 2010, deux fois le déficit de la Sécurité sociale, le PIB de la Lituanie, ou deux fois celui du Portugal». L'extrême richesse, donc.

Côté face, l'extrême pauvreté. Cet incendie d'un immeuble d'habitations à Saint-Denis, dans la proche banlieue Nord de Paris, et dont le bilan, annoncé dimanche, est lourd: deux morts, quatre blessés graves, onze blessés légers, une cinquantaine de rescapés à reloger. Des scènes d'horreur: des gens se défenestrant pour échapper aux flammes. Un bâtiment qui était insalubre et reconnu comme tel depuis des années. Et dans lequel il n'avait ni l'eau, ni l'électricité. En 2012, donc, aux portes de Paris, capitale de la cinquième puissance économique mondiale, des gens vivent sans eau ni électricité. Selon la mairie, à Saint-Denis ces dix dernières années, une trentaine de personnes sont mortes à cause de leur habitat indigne: dans des incendies ou des fuites de gaz ayant dévasté leur logement. L'extrême pauvreté, donc.

L'extrême richesse, l'extrême pauvreté. La collision de deux actualités. Qui, on le répète, hormis leur simultanéité fortuite, n'ont rien à voir entre elles, et n'ont donc probablement pas à être mises en relation.

Mais qui, tout de même, en disent long, trouve-t-on. Sur une certaine cohabitation quotidienne, dans ce pays: entre deux extrêmes.

07/09/2012

Une capitale pas si pauvre que cela (?)

De plus en plus de pauvres en France, selon les dernières statistiques officielles, publiées ce vendredi. Avec 440.000 pauvres de plus en un an – dont de plus en plus de jeunes – , l'Hexagone affiche désormais un taux moyen de pauvreté de 14,1%.

On n'a pas du tout été étonné, en entendant ces chiffres au saut du lit, ce matin. En revanche, on a été plus surpris en tombant, cet été, sur une étude relative à la pauvreté dans les grandes villes françaises. Il en ressort que Paris est loin d'être la plus mal lotie en la matière. Ce n'est pas du tout l'impression qu'on en a, en y vivant quotidiennement. Comme quoi, le ressenti ne colle pas toujours forcément avec les statistiques.

A en croire donc cette étude, avec 169.900 ménages recensés comme vivant sous le seuil de pauvreté, la capitale française se situe dans la moyenne nationale (15% de taux de pauvreté). Proportionnellement, la misère est bien moins grande à Paris que dans d'innombrables métropoles d'outre-mer ainsi que dans plusieurs villes du Midi, du Nord et de l'Est du pays.

Pas sûr, toutefois, que cela consolera la multitude des miséreux de Paname.

 

PS: Au passage, notons que ces données confirment – mais était-ce bien nécessaire? – le caractère extrêmement dual, socialement, de la région parisienne. D'une part, plusieurs grosses communes de la proche banlieue de Paris (comme Saint-Denis, Sarcelles, Bondy, Montreuil ou Aulnay-sous-Bois) figurent dans le peloton de tête des villes les plus pauvres de France. Mais, d'autre part, dans les dix villes où l'on recense le moins grand nombre de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, ... neuf sont situées en région parisienne: dans sa banlieue verte et aisée. Neuilly décrochant, bien sûr, la première place de ce podium national des villes cossues.

06/09/2012

Une situation (un peu) moins pire

Paris, SocialSur le plan social, tout ne va tout de même pas si mal, à Paris. Ainsi, en termes de chômage. Cette semaine, la France entière a frémi en réalisant qu'elle venait de franchir le cap symbolique des 3 millions de chômeurs – ce qui n'avait plus été le cas depuis la fin des années 90. A Paris, en revanche, les chiffres du chômage sont un peu moins mauvais que dans le reste du pays.

En effet, en juillet (le dernier mois en date qui est comptabilisé par les statistiques), l'augmentation du chômage a été moindre dans la capitale que la moyenne nationale. De même, ces douze derniers mois, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi a progressé de 4% à Paris, contre 8,5% dans l'ensemble du pays.

On compte néanmoins encore 180.000 demandeurs d'emploi dans la «Ville lumière». Ce qui, sur quelque 2 millions d'habitants, n'est tout de même pas rien. Et la proportion de chômeurs jeunes (+3,9% en juillet) comme la part de demandeurs d'emplois âgés (+10% en un an, carrément) y demeurent à des niveaux affolants.

Pas de quoi pavoiser, donc.

11:16 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, social

05/09/2012

Un dispositif à nouveau défaillant

A propos des familles contraintes de survivre dans la misère à Paris – ce dont on parlait hier –, il semble que les structures d'accueil n'aient de nouveau pas été à la hauteur du problème, ici ces dernières semaines. Pour preuve, ce cri d'alarme qu'ont lancé (ici) les intervenants sociaux, dernièrement: «L'hébergement et l’accueil des sans-abris s'est révélé une nouvelle fois défaillant cet été, plus encore qu’en hiver».

Concrètement, le numéro de téléphone 115, mis à la disposition des SDF, a très souvent sonné dans le vide. «Pris entre une demande qui ne cesse de croître et des moyens en berne (la plupart des places hivernales sont désormais fermées)», les écoutants du 115 n'ont répondu positivement «qu’une fois sur trois aux demandes d’hébergement». Selon le Secours catholique, parmi les demandeurs d'hébergement, ce sont les familles qui, en été, sont les plus nombreuses à solliciter le 115. Mais «les réponses pour les familles continuent de faire défaut», vu l'absence d'hébergements d'urgence disponibles. D'habitude, dans ces cas, l'on se rabat sur les hôtels de transit. Mais, cet été, «la baisse drastique des places d’hôtel depuis l’année dernière a conduit de nombreuses familles dans la rue».

En banlieue parisienne aussi, ces dysfonctionnements ont eu des conséquences humaines pénibles. Selon cette même association, «dans l’Essonne, une famille de quatre enfants s’est vu proposer par le 115 un hébergement pour le père dans le sud du département, et un autre dans le nord pour la mère et les enfants». Tandis que, dans le Val-de-Marne «dernièrement, une famille composée d’une femme enceinte, de son mari et de leurs deux enfants a été contrainte de passer plusieurs nuits dans leur voiture».

En la matière, donc, le changement, visiblement, ce n'est pas maintenant.

04/09/2012

Une indifférence générale

paris,social,pauvreté,médias,gouvernement,etrangersAu cours de cet été, donc – comme on l'écrivait hier, dans ce blog –, des sommes folles ont été dépensées dans les boutiques de Paris, par des touristes étrangers de passage ici. Dans le même temps, et à l'autre bout de l'échelle, est devenu de plus en plus visible le sort, lui très peu enviable, qui est celui d'autres visiteurs étrangers, dans la capitale.

On veut parler des Roms. En banlieue et en province, les démantèlement de camps, sur ordre du gouvernement, ont occupé l'actualité pendant tout l'été. En revanche, ni les médias, ni les autorités n'ont prêté la moindre attention à la multiplication des campements de fortune de ces immigrants, à Paris même. Depuis la mi-juillet, pourtant, la progression de cette misère, en plein coeur de la «Ville lumière», est particulièrement frappante. C'est notamment le cas dans notre onzième arrondissement. Alors que, jusqu'au printemps, seuls les alentours immédiats de la place de la Bastille étaient concernés.

Ainsi, à plusieurs endroits du boulevard Richard Lenoir, désormais, des familles entières, avec femmes et enfants (et même des bébés, a-t-on vu l'autre jour), squattent le trottoir. Y mendient. Y dorment sur des vieux matelas. Y cuisinent comme elles le peuvent. Y font sécher le linge lavé aux fontaines du coin. Y survivent, en somme.

Et ce, dans une indifférence parfaitement générale.

03/09/2012

Une nouvelle progression

De retour dans ce blog, et à Paris. Capitale qui, météorologiquement, a connu un été mi-figue, mi-raisin: le plus souvent radieux en août, assez pourri en juillet. Mais ce contraste n'a visiblement pas dissuadé les touristes du monde entier à, cet été encore, affluer en masse dans la «Ville lumière».

Au point qu'en cette rentrée, on se montre assez optimiste à l'office du tourisme de la capitale. Paris devrait finir l’année avec une nouvelle progression de la fréquentation touristique: de l'ordre de 1,5%. «Dans un contexte économique crispé, Paris demeure un bastion de résistance, en termes de fréquentation touristique», s'y félicite-t-on. Au premier semestre 2012, déjà, avec 7,8 millions d’arrivées hôtelières, la fréquentation touristique étrangère avait battu des records à Paris (+6% par rapport au 1er semestre 2011), alors qu'elle avait reculé sur l'ensemble de la France (-3%).

Ce sont les touristes des Proche et Moyen-Orients qui marquent la plus forte croissance (+19%). Ils sont suivis par les touristes américains (+14%) et asiatiques (+11%). Parmi ces derniers: les Chinois. Cet été, ils devraient confirmer leur position de nouveaux rois du shopping parisien. Selon les statistiques, le panier moyen du touriste chinois faisant les boutiques dans cette ville frise les 1500€ par jour. C'est moins que ce qu'y dépensent les grandes fortunes saoudiennes ou émiraties de passage dans la capitale, mais c'est beaucoup plus que le panier moyen du touriste brésilien, russe ou indien.

Ces excellents chiffres touristiques doivent, toutefois, être relativisés. En effet, le nouvel afflux de visiteurs ayant bénéficié à Paris cet été a découlé aussi, pour partie, de la dégringolade de l'euro sur le marché international des changes, due à la crise économique profonde qui frappe le vieux continent. Dans l'offre touristique internationale, cela rend les destinations européennes particulièrement compétitives pour les étrangers, et cela bénéficie bien sûr au premier chef à Paris, qui occupe traditionnellement le peloton de tête de ces destinations.