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31/10/2012

Un cache-misère

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeAprès les fins de mois difficiles qu'on évoquait hier, passons d'un extrême à l'autre, et évoquons aujourd'hui l'hôtellerie parisienne de grand luxe. Pour revenir sur ce conflit social qui agite le «Ritz» depuis un petit temps, dont on avait parlé le mois dernier (ici). Il porte sur les modalités d'indemnisation des travailleurs, pendant la fermeture (pour rénovation) du palace de la place Vendôme. Hier, la justice a tranché, et le syndicat CGT a été débouté.

Tant qu'on y est, signalons cet autre différend dont on n'avait pas encore eu l'occasion de parler, concernant lui aussi un hôtel parisien de luxe. Il s'agit cette fois du «Concorde Opéra»: un 4 étoiles situé non loin de la gare Saint-Lazare. Là, le climat est tel qu’il a donné lieu à une manifestation, tendue, des employés.

 

En cause, un incident ayant troublé la quiétude des lieux, cet été. Le jour de juillet où une jeune Ethiopienne de 24 ans, employée de maison d’une famille émiratie qui séjournait dans une suite de l'hôtel, a réussi à fausser compagnie à ses employeurs. Puis à les dénoncer à la police, comme des esclavagistes modernes (confiscation de son passeport, mauvais traitements, etc.). Ce fut notamment possible grâce à quatre membres du personnel de l'établissement, qui organisèrent cette opération de sauvetage. Mal leur en a pris. Selon la CGT (ici), ils ont ensuite été «sanctionnés» par leur direction, pour s'être mêlés d'un peu trop près de la vie privée de clients aussi fortunés. D'où la manifestation des membres du personnel devant l'hôtel, aux cris de «Non à l’esclavage, Non à la répression syndicale!»

 

La direction du «Concorde Opéra» a démenti tout «acharnement» envers les syndicalistes. Et a justifié le blâme qu'elle leur a infligé par le fait qu'ils n'avaient pas respecté la procédure interne: n'avaient pas averti leur direction avant d'appeler la police. Le litige pourrait se régler devant les juridictions du travail.

 

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeEn attendant, une des principales associations de lutte contre l'esclavage moderne a salué () l'action des employés du «Concorde Opéra». Et, de manière plus générale, a rappelé que l'information donnée par le personnel des palaces lui est «indispensable» pour pouvoir remplir sa mission d'aide aux victimes. Car «ce n'est pas la première fois que nous sommes avertis ainsi de situations d'esclavage domestique dans de grands hôtels» de la capitale française.

 

Comme quoi, à Paris aussi, parfois, le luxe et le raffinement peuvent servir de cache-misère, indigne, aux réalités les plus glauques.

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