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31/10/2012

Un cache-misère

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeAprès les fins de mois difficiles qu'on évoquait hier, passons d'un extrême à l'autre, et évoquons aujourd'hui l'hôtellerie parisienne de grand luxe. Pour revenir sur ce conflit social qui agite le «Ritz» depuis un petit temps, dont on avait parlé le mois dernier (ici). Il porte sur les modalités d'indemnisation des travailleurs, pendant la fermeture (pour rénovation) du palace de la place Vendôme. Hier, la justice a tranché, et le syndicat CGT a été débouté.

Tant qu'on y est, signalons cet autre différend dont on n'avait pas encore eu l'occasion de parler, concernant lui aussi un hôtel parisien de luxe. Il s'agit cette fois du «Concorde Opéra»: un 4 étoiles situé non loin de la gare Saint-Lazare. Là, le climat est tel qu’il a donné lieu à une manifestation, tendue, des employés.

 

En cause, un incident ayant troublé la quiétude des lieux, cet été. Le jour de juillet où une jeune Ethiopienne de 24 ans, employée de maison d’une famille émiratie qui séjournait dans une suite de l'hôtel, a réussi à fausser compagnie à ses employeurs. Puis à les dénoncer à la police, comme des esclavagistes modernes (confiscation de son passeport, mauvais traitements, etc.). Ce fut notamment possible grâce à quatre membres du personnel de l'établissement, qui organisèrent cette opération de sauvetage. Mal leur en a pris. Selon la CGT (ici), ils ont ensuite été «sanctionnés» par leur direction, pour s'être mêlés d'un peu trop près de la vie privée de clients aussi fortunés. D'où la manifestation des membres du personnel devant l'hôtel, aux cris de «Non à l’esclavage, Non à la répression syndicale!»

 

La direction du «Concorde Opéra» a démenti tout «acharnement» envers les syndicalistes. Et a justifié le blâme qu'elle leur a infligé par le fait qu'ils n'avaient pas respecté la procédure interne: n'avaient pas averti leur direction avant d'appeler la police. Le litige pourrait se régler devant les juridictions du travail.

 

paris,luxe,social,pauvreté,femmes,etrangers,tourismeEn attendant, une des principales associations de lutte contre l'esclavage moderne a salué () l'action des employés du «Concorde Opéra». Et, de manière plus générale, a rappelé que l'information donnée par le personnel des palaces lui est «indispensable» pour pouvoir remplir sa mission d'aide aux victimes. Car «ce n'est pas la première fois que nous sommes avertis ainsi de situations d'esclavage domestique dans de grands hôtels» de la capitale française.

 

Comme quoi, à Paris aussi, parfois, le luxe et le raffinement peuvent servir de cache-misère, indigne, aux réalités les plus glauques.

30/10/2012

Une «expérience unique», jusqu'au «désastre»?

Piquante coïncidence. L'armée française, en ce moment, se débat, comme l'an dernier, avec un énorme problème de logiciel informatique. Il entraîne des retards et des erreurs dans le paiement des soldes, qui plongent d'innombrables militaires et leurs familles dans de grandes difficultés financières. Ce matin encore, sur une radio, on entendait le ministre de la Défense pester contre ce bug «invraisemblable» et «stupéfiant». De son propre aveu, «le désastre est grand». C'est néanmoins ce moment qu'a choisi l'armée pour, ce mardi, lancer... une grande campagne nationale de recrutement.

Sans doute les hauts gradés se disent-ils que, de toute manière, les 15-24 ans, «cœur de cible de cette campagne», ne suivent pas trop les infos dans les médias, et ne sont donc pas au courant de cette pénible actualité – qui ne doit pas vraiment donner envie de s'engager.

Ce recrutement 2012 est moins tapageur que celui de 2010, qui avait fait grand bruit (relire notamment ici). Il promet toutefois de faire vivre «une expérience interactive et unique» aux jeunes. En participant à un jeu vidéo baptisé «À l'épreuve de l'air», ils pourront «passer à l'action»: prendre part «à une série de missions aériennes virtuelles directement inspirées de la réalité des militaires de l'Armée de l'air».

Jeudi, sera lancée aussi une websérie, dont les ses six épisodes seront diffusés pendant tout le mois de novembre sur la chaîne MSN Divertissement. Et l'armée, qui, mais oui, est branchée, précise qu'il s'agira d'un «dispositif relayé par un plan média sur MSN®, Windows Live® et Xbox LIVE®».

Les protagonistes de cette télé-réalité kaki? Deux internautes, recrutés par casting. «Amandine et Paul ont été sélectionnés pour vivre les métiers des aviateurs en immersion totale sur une base aérienne de l’armée de l’air. Les deux candidats incarnent tour à tour un contrôleur aérien, un pompier de l’air, un mécanicien armurier ou encore un commando de l’air dans leur vie quotidienne».

On ne sait si les concepteurs de cette campagne ont poussé le souci du réalisme jusqu'à faire vivre aux participants «l'expérience unique»... des fin de mois difficiles, dues au «désastre» de l'informatique militaire: les comptes bancaires en découvert, les crédits qu'on ne peut plus rembourser, les coups de fil énervés du banquier, les coûteux agios que, bien entendu, il ne manque pas de prélever, etc.

Encore bravo.

29/10/2012

Une invasion «agressive» et «irrespectueuse»

Paris, Transports, Métro, Publicité, ActivismeDans le métro de Paris, depuis plusieurs années déjà, sévissent «Les Déboulonneurs». Ces militants anti-pub mènent des opérations coup de poing, lors desquelles ils barbouillent les panneaux publicitaires. Ils ont déjà été plusieurs fois condamnés en justice, mais cela n'a pas empêché un nouveau collectif anti-pub, plus soft, de voir le jour dernièrement, dans la capitale.

Baptisé «Les Reposeurs», il milite tout autant contre l'invasion de la voie publique par la réclame. Mais il privilégie, lui, un mode d'expression moins susceptible de lui valoir des procès. Il colle «gentiment» des petits messages sur les panneaux publicitaires, avec de l'adhésif ou des autocollants repositionnables. Des messages avec des slogans comme «Publicité=pollution visuelle et mentale», «La pub fait dé-penser», ou «Faites l'amour, pas les magasins».

En ce moment à Paris, dans le réseau de la RATP, on voit un peu partout les petits papiers colorés des «Reposeurs». Les usagers du métro ne se pressent pas pour enlever ces slogans activistes des panneaux sur lesquels ils sont apposés. Pas étonnant, au vu du dernier sondage en date concernant la pub et les Français.

L'institut CSA, qui l'a réalisé, en tire comme principal enseignement la «légère amélioration de l’image de la publicité», dans l'opinion. Témoignerait notamment de cette «légère décrispation», la diminution de cinq points, en un an, du nombre de gens se disant publiphobes (32%). Une telle lecture de ce sondage est vraiment très lénifiante. Ce qui y est frappant, surtout, c'est la confirmation de l'ampleur du désamour des Français pour la pub. Ainsi, deux sondés sur trois la trouvent «banale» (66%), «envahissante» (76%), et «irrespectueuse des consommateurs» (64%). Et un Français sur deux la juge «agressive» (54%), voire «dangereuse» (50%).

Les militants anti-pub, «Déboulonneurs», «Reposeurs» ou autres, jouent donc sur du velours.

26/10/2012

Un progrès encore à faire

Les chauffeurs de taxi, à Paris. Comme les garçons de café, ils traînent depuis des lustres une réputation assez peu flatteuse, en termes d'amabilité notamment. A en croire un classement international publié cette semaine, ils ont, en effet, encore pas mal de des progrès à faire.

Les critères pour édifier ce palmarès étaient la propreté du véhicule, la gentillesse du chauffeur, sa connaissance de la ville, sa sociabilité, la qualité et la sécurité de sa conduite, la disponibilité du taxi, ainsi que ses tarifs. Au total, les chauffeurs de taxi parisiens ne sont arrivés qu'en 17ème position. En chute de sept places en deux ans. Et très loin derrière leurs homologues londoniens, qui ont remporté la palme pour la cinquième année consécutive. Les taxis de New York, de Tokyo, de Shanghaï ou de Bangkok seraient donc meilleurs que ceux de Paris.

On aurait été bien en peine de donner un avis pertinent, si on avait été invité à participer à cette enquête. Les taxis de Paris, en effet – hormis peut-être, de temps à autres, pour des trajets jusqu'à Roissy –, cela fait des années qu'on ne les prend plus. Après, pendant des années, les avoir cherchés mais le plus souvent en vain, quand on en avait besoin.

10:58 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paris, transports

25/10/2012

Une inscription

Paris, SocialCette inscription, de taille énorme, vue sur un mur de notre quartier du onzième arrondissement: peinturlurée par un quidam manifestement désorienté, ne sachant que faire. «Too proud to beg, too dub to steal». Ou, en français, «Trop fier pour mendier, trop maladroit pour voler».

On ne sait si, prochainement, sur un autre mur de notre arrondissement, on trouvera une suite à ce message.

Vu les derniers chiffres mensuels du chômage en France, tombés hier et une nouvelle fois catastrophiques, on ne serait pas trop étonné de croiser, un de ces jours, en lettres capitales désespérées, un «Trop âgé», «Trop jeune», ou «Trop peu formé» «pour travailler».

13:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, social

24/10/2012

Une autorisation, bucolique

Puisqu'on évoquait l'Assemblée nationale dans ce blog hier, cette autorisation qu'a donnée son nouveau président, le socialiste Claude Bartolone. Un feu vert certes infiniment anecdotique, mais néanmoins joliment bucolique. L'accord que, sur le toit du Parlement, l'on installe... des ruches.

La demande avait été faite par un député UMP, dont le suppléant est lui-même apiculteur. Pour ce parlementaire, ce faisant, «la représentation nationale, montrant comme il se doit l’exemple, participerait concrètement à la protection d’une espèce en difficulté et pourtant essentielle à la conservation de la biodiversité»: les abeilles. Ce sera donc chose faite.

L'histoire ne dit pas si ce miel provenant d'un Parlement désormais majoritairement à gauche sera, ou non, accessible à toutes les bourses. S'il sera, par exemple, plus abordable qu'un autre nectar issu lui aussi de toits parisiens fameux: le miel de l'Opéra Garnier.

Qui, à 15€ les 125 grammes, doit être le miel le plus cher et le plus chic du monde. A ce prix-là, il peut bien être bon.

23/10/2012

Un avantage maintenu

Presse, Médias, Journalisme, Parlement, EconomieLe volet recettes du projet de budget 2013 en cours d'adoption, aujourd'hui, par les députés. Avec 20 milliards d'impôts et de charges imposés aux particuliers et aux entreprises. Dans le cadre de cet effort général d'austérité, le gouvernement a sabré dans nombre de «niches fiscales» – ainsi que l'on appelle, en France, les exonérations fiscales, abattements, etc. Mais la «niche» bénéficiant aux journalistes, elle, cette année encore (relire ici), a été épargnée. Ils pourront donc continuer à déduire 7650€ de leurs revenus, au titre de l'«allocation pour frais d'emploi».

Au Parlement, une vingtaine de députés sarkozystes ont tenté de faire supprimer cette «niche», ou, au minimum, de réduire de 10% son montant. En vain. Le budget «soumet les Français à une hausse d'impôt sans précédent. Tous les Français doivent contribuer à cet effort», a-t-on justifié, sur les bancs de l'UMP. En pure perte. La gauche a refusé de toucher à cette «niche» médiatique. Argumentant que son montant n'avait pas été revalorisé depuis treize ans, et qu'il s'agissait «moins d'une aide à une catégorie professionnelle qu'à un secteur professionnel, la presse écrite: en situation très délicate, et indispensable à la démocratie», dixit le ministre du Budget. «Beaucoup de secteurs en difficulté pourraient vous dire: "Pourquoi pas nous?"», lui a répondu un député centriste.

Sur le fond de cet avantage accordé aux journalistes, on a déjà écrit (ici) ce qu'on en pensait, on ne va donc pas se répéter.

Sur l'opportunité de son maintien, on notera juste que cela a de nouveau permis à la droite d'ironiser sur les cadeaux faits par un pouvoir de gauche à une corporation journalistique présentée par l'UMP comme étant globalement de gauche – les journalistes de droite apprécieront. Au risque d'alimenter une fois de plus l'éternel soupçon, pénible, de connivence entre pouvoir et médias.

«Dans chaque niche fiscale, se cache un chien», a-t-on coutume de dire en France. A propos de ces «niches» qui, année après année, sont invariablement maintenues, le pouvoir redoutant les aboiements de leurs bénéficiaires censés féroces. «Je ne compare pas les journalistes aux chiens, mais je remarque qu'ils peuvent être, par leur plume, extrêmement mordants...», a raillé une députée UMP...

22/10/2012

Un prix à payer

Un nouveau cinéma ouvrira ses portes ce mercredi, à Paris: Porte des Lilas. A cette occasion, une étude interne vient d'être remise à la mairie, consacrée aux évolutions du paysage cinématographique dans la capitale, de 2000 à 2015. Elle gratifie la «Ville lumière» d'«un tissu de salles unique au monde», qui ferait de cette ville la «capitale mondiale du cinéma».

Concrètement, dans les trois ans à venir, «si tous les projets annoncés (d'ouverture de salles) voient le jour», Paris comptera 431 écrans de cinéma. Soit un pour 6000 habitants, et 62 de plus qu'en 2000. Pour autant, le nombre de cinémas parisiens ne s'est pas envolé: 88 en 2015, contre 89 il y a douze ans. Explication? Les nombreuses salles qui ont fermé dans la capitale ces dix dernières années ne comportaient le plus souvent qu'un seul et unique écran – jamais plus de trois, en tout cas. En revanche, les établissements ouverts pendant la même période, eux, sont des multiplexes: cumulant plusieurs écrans.

Qui dit multiplexes dit souvent gestion par de grands groupes, et pas rarement programmation standardisée, voire commerciale. La mairie ne nie pas ces «phénomènes de concentration liés au développement des multiplexes». Mais les juge inévitables. Les onze fermetures de salles ces deux dernières années dans la capitale ont été dues à des «facteurs économiques (augmentation très importante dans certains quartiers des baux commerciaux) et architecturaux (impossibilité de rénover ces salles dans de bonnes conditions). Vu l’importance des investissements nécessaires à la création de nouvelles salles il est logique de retrouver, comme porteurs de ces projets, les trois grands circuits de l’exploitation parisienne»: les groupes UGC, Pathé-Gaumont, et MK2.

Pour autant, assurent les autorités, «les salles de cinéma art et essai indépendantes résistent bien». Paris en compte aujourd'hui 38. Et le prochain «Louxor» (vieux cinéma Art déco du quartier Barbès, restauré) sera confié à un exploitant indépendant. Son inauguration, au printemps, sera un événement: la dernière ouverture de salle de ciné parisienne indépendante remonte à... 1996.

Cela dit, le «maintien d’une exploitation art et essai indépendante, véritable spécificité parisienne et gage d’une diversité de l’offre cinématographique», n'est rendu possible que grâce aux aides et subventions de fonctionnement que les pouvoirs publics accordent à ces salles. Sans cela, le circuit indépendant ne survivrait pas, face au gros business du ciné commercial. Et soutenir ce secteur à bout de bras a un coût, non négligeable, pour les finances municipales: près de 950.000€ chaque année.

Le prix à payer, sans doute. Pour, à Paris, conserver une certaine diversité dans le monde du ciné.

19/10/2012

Un air de pissotière

paris,propreté,police,art de vivreVision fréquente s'il en est, dans Paris: des gens en train de se soulager en pleine rue, au vu et au su de tout le monde. Ce matin encore, boulevard Richard Lenoir, dans notre onzième arrondissement, un petit vieux urinait, l'air à peine gêné, contre la haie séparant le trottoir de l'espace vert occupant le terre-plein central. Et, évidemment, passée une certaine heure – en fin de soirée, quand les bistrots viennent de fermer –, le phénomène prend encore plus d'ampleur. Derrière un arbre (au mieux), entre deux voitures (souvent), dans l'anfractuosité d'une porte cochère (pas rarement), ils (et elles) sont alors innombrables à donner l'impression de considérer Paris comme une pissotière à ciel ouvert. Cela commence visiblement à énerver les autorités.

Depuis janvier, très précisément 627 personnes ont été verbalisées pour avoir uriné en rue à Paris. C'est le chiffre qu'a pris la peine de communiquer la préfecture de police de la capitale, l'autre jour.

Ces contrevenants ont dû s'aquitter d'une amende forfaitaire de 35€: le montant de la contravention de deuxième classe qui punit «les mictions sur la voie publique», comme l'on appelle cela en jargon administratif. Elles relèvent, en effet, de l’article R632-1 du Code pénal. Qui punit «le fait de déposer, d'abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé, à l'exception des emplacements désignés à cet effet par l'autorité administrative compétente, des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu'il soit, y compris en urinant sur la voie publique, si ces faits ne sont pas accomplis par la personne ayant la jouissance du lieu ou avec son autorisation».

L'an dernier, dans la capitale française, plus d'un millier (1 015) d'auteurs de ces mictions ont été verbalisés.

Au vu de la puanteur qui continue d'émaner de tant de recoins de la «Ville lumière» (sans parler des odeurs régnant dans certains couloirs et quais de stations de métro...), les pandores ont encore, devant eux, une marge de progression possible.

18/10/2012

«Un saccage», selon le Front national

Le Front national s'est trouvé un nouveau cheval de bataille, dans la capitale. Où, au passage, il a toujours réalisé des scores électoraux lilliputiens. La formation de Marine Le Pen est partie en guerre, hier, contre un projet d'intervention artistique spectaculaire: visiblement trop audacieux pour l'extrême droite.

Cette installation consisterait à encadrer l'Arc de Triomphe d'une monumentale structure de tubes en inox. Cet écrin d'acier, d'une cinquantaine de mètres de hauteur et de largeur, servirait de support à la projection sur le monument, la nuit tombée, des drapeaux de tous les pays ayant participé à la Première Guerre mondiale, dont on célébrera le centenaire dans deux ans. L'installation demeurerait pendant quatre ans. Son coût (entre 14 et 23 millions d'euros) serait pris en charge par des mécènes publics et privés. Selon son concepteur, le sculpteur Vincent Treu, elle pourrait attirer quelque 18 millions de curieux à Paris, et donc rapporter des rentrées économiques considérables à la capitale. Si vous voulez avoir une idée de ce que cela donnerait, une photo ici  et une vidéo .

Pour Wallerand de Saint-Just, le patron du FN de Paris, il n'est pas question de donner «un sou d’argent public pour ce projet qui enlaidira un des monuments les plus beaux et les plus symboliques de Paris». Ce projet relèverait même du «saccage». Le FN exige que le centenaire de la Grande guerre «soit célébré plus dignement, et de façon plus économe des deniers du contribuable».

Chacun est, bien sûr, parfaitement en droit d'apprécier, ou non, ce projet d'installation.

On notera juste que si, il y a un quart de siècle, on avait écouté les arguments comme ceux du FN, Paris n'aurait jamais autorisé le sculpteur Christo à empaqueter le Pont Neuf. Or, en 1985, les images de cette spectaculaire installation firent le tour de la planète. L'intervention fut assez unanimement considérée comme étant à la fois une prouesse technique impressionnante, et un geste artistique majeur, qui renouvela le regard porté par le grand public sur le plus vieux pont de Paris. Et, pendant ses trois semaines d'existence, ce Pont Neuf empaqueté de rose attira dans la «Ville lumière» d'innombrables visiteurs, venus du monde entier pour l'admirer.

17/10/2012

Un menu appétissant (suite)

Santé, Art de vivre, Gastronomie, Institutions, Histoire, Personnalités, Mitterrand, Giscard, Chirac, Hollande, Sarkozy7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.

Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.

En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.

Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).

santé,art de vivre,gastronomie,institutions,histoire,personnalités,mitterrand,giscard,chirac,hollande,sarkozyD'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».

La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.

16/10/2012

Un symbole de saleté

C'est un sondage réalisé par l'institut BVA qui nous l'a appris hier: lundi qui était, paraît-il, la «Journée mondiale du lavage des mains» – mais oui, cela existe. De l'avis des Français, l'endroit le plus sale par excellence, ce n'est pas la cuvette des toilettes, mais... la barre fixe, la main courante, du bus ou du métro. Ils sont plus d'un Français sur deux (54%) à voir dans cette barre un véritable nid à microbes.

Transports, Métro, Paris, Propreté, Art de vivre, SantéCe sont surtout les habitants de la région parisienne qui en sont convaincus. D'où, sans doute, le fait que près de six Parisiens ou banlieusards sur dix ont l'habitude de se laver les mains après avoir pris les transports en commun. Un usage que n'a pas, en revanche, la majorité (55%) de la population française dans son ensemble – qui, en moyenne, est moins contrainte de prendre autant les transports publics que les Parisiens.

Au rayon hygiène toujours, plus de 20% des Français ne se lavent pas systématiquement les mains avant de passer à table. Et 12,5% ne le font pas même après un passage aux toilettes. 20% des Français ne prennent pas non plus de douche chaque jour, une proportion qui grimpe à 40% pour les plus de 65 ans.

On repensera à ces chiffres la prochaine fois qu'on se retrouvera compressé dans le métro aux heures de pointe: collé-serré, dans une atmosphère, c'est vrai, pas rarement malodorante.

Paris, ville glamour? Pas vraiment tous les jours.

15/10/2012

Une prononciation hésitante

On s'est dit cela ce week-end et ce matin encore, en suivant la couverture, par les médias français, des élections communales en Belgique. Les journalistes, ici, hésitent visiblement sur la manière de prononcer le nom de la ville d'Anvers. Souligner le S final, comme on le fait en français de Belgique? Ou l'omettre – la ville flamande étant alors prononcée comme dans l'expression «envers et contre tout»?

Traditionnellement, c'était plutôt cette dernière prononciation qui avait cours, en France. Mais les choses ont l'air d'évoluer. En effet, on a souvent entendu, ces dernières heures, Anvers prononcé «à la belge». Et, a-t-on pu remarquer, cette prononciation était surtout le fait (outre, bien sûr, de journalistes français basés en Belgique) de confrères plutôt jeunes – l'ancienne génération de journalistes semblant, elle, en rester à Anvers sans S.

«Comment prononcer Anvers», «Anvers prononciation»: Google-France référence des centaines de pages sur cette question – comme quoi, on n'est pas le seul à se la poser. Le même débat a longtemps concerné l'appellation de la capitale belge, selon que le X central de Bruxelles était, ou non, prononcé. Mais là, l'usage nous semble s'être plus rapidement stabilisé: le X prononcé est devenu assez rare en France.

Anvers, sans le S final: chaque fois que, ce week-end, on a entendu ce nom dit de la sorte, on s'est dit que c'était peut-être assez logique, finalement: prononcer Anvers comme on dit Nevers – au passage, une pensée pour le, de mémoire, «Il n'y a rien à Nevers» dit par Emmanuelle Riva, sublime, dans l'inoubliable «Hiroshima mon amour» adapté de Duras par Alain Resnais; un S final aurait tant écorché les oreilles.

12/10/2012

Un portrait, si classique

Femmes, Art de vivrePuisqu'on évoquait hier l'anatomie masculine telle que mise en valeur par la pub en ce moment à Paris, dressons aujourd'hui le portrait de «l'homme idéal»: du mâle tel qu'il est rêvé par les Françaises âgées de 18 à 50 ans. S'il faut en croire un sondage de l'institut Sofres – on fait décidément des sondages sur tout, en France.

Rien de bien nouveau sous le soleil, trouve-t-on. Physiquement, Monsieur doit être classiquement grand («entre 1m75 et 1m80»), «plutôt musclé», et sexy du visage, du torse et des fesses. Il ne doit pas avoir du ventre – seulement, et à la limite, des poignées d'amour. Point de vue capillaire, il est préférable qu'il ait les cheveux courts; «naturels», surtout: «ni teints, ni gominés». En termes de pilosité, d'accord pour la barbe de trois jours, mais guère plus. 41% des femmes (soit trois fois plus qu'il y a dix ans) se disent même prêtes à prendre rendez-vous pour leur homme chez l'esthéticienne, afin qu'il y subisse le supplice de l'épilation. Car le mâle idéal est prié de prendre soin de son corps. Mais sans en faire trop: proscrire les UV et les autobronzants.

Tout aussi stéréotypé: «Si les femmes pouvaient s'approprier deux caractéristiques physiques masculines, elles choisiraient en priorité ce qui différencie le plus les deux sexes: la force (41%) et la carrure (35% contre 28% en 2001), la taille leur semblant aujourd'hui moins enviable (25% contre 32% en 2001)».

Plus signifiant, peut-être: les Françaises ont l'air de s'apprécier mieux dans leur genre. Plus d'une sur trois (37%) dit ne rien envier aux hommes. C'est un gain de dix points en une dizaine d'années.

11/10/2012

Une campagne, fleurie

L'autre soir, station "Gare d'Austerlitz". On avait l'impression d'être... à un show des Chippendales. Non pas qu'on avait tombé la veste: on attendait sagement notre métro. Mais, de tous côtés sur les murs de la station, on était entouré de mâles effeuillés. Galbés à faire peur: le nez sur des pectos, abdos et biscottos affichés en format 4 mètres sur 3, on ne fait pas le malin.

C'est la dernière campagne publicitaire en date qui fait parler d'elle, à Paris ces jours-ci. Elle met en scène de beaux mâles torses nus, offrant des fleurs aux dames. C'est l'Office (hollandais!) des fleurs qui est derrière tout cela. Le grand public est invité à aller sur le site web «La joie des fleurs» , pour y indiquer sa fleur préférée et pour, peut-être, la gagner. L'y aident les mannequins de la pub – qui, dans les vidéos sur ce site, parlent assez cocassement le français avec un accent hollandais à couper au couteau.

Publicité, Métro, ParisObjectif de ce gros buzz publicitaire? «Que chacun évoque le sujet de sa fleur préférée avec ses amis proches et moins proches, en utilisant notamment les réseaux sociaux, de manière à répandre le sujet le plus largement possible parmi le grand public. Ainsi, les fleurs seront-elles quelques instants au centre des sujets de conversation. L’objectif étant de faire vendre des fleurs, car, de la conversation amusée à la boutique de fleurs, il n’y a plus qu’un petit pas». Pour donner encore plus de visibilité à cette opération de marketing, un «Flower Truck» parcourt paraît-il la «Ville lumière», en ce moment. Et offre leur bouquet préféré aux passants.

On ne sait si, par cette météo automnale, de beaux mâles torses nus sont juchés sur ce camion. Ce ne serait que justice, finalement: dans ce monde publicitaire qui ne cesse d'exhiber et d'exploiter la plastique féminine, la masculinité peut bien, de temps à autre, être mise à contribution.

Une masculinité dont, cela dit, les publicitaires bataves semblent avoir une vision très étriquée. Leur campagne, en effet, ne propose d'offrir des fleurs qu'aux dames, toute sa communication étant exclusivement ciblée sur elles. Les hommes sont donc sans doute priés de ne s'intéresser qu'aux bagnoles, au foot, et au bricolage.

Pas chouette.

10/10/2012

Une fermeture «jusqu'à nouvel ordre»

Après la piscine des Halles, qu'on évoquait l'autre jour, un deuxième site très fréquenté de Paris vient d'être fermé pour une raison technique et pour une durée indéterminée. Un site cette fois historique: les Catacombes. «Un arrêt du système de ventilation» rend ces anciennes carrières de la capitale inaccessibles depuis jeudi dernier. Manifestement, les techniciens peinent à remédier à la panne. Lorsqu'ils y seront parvenus, il faudra encore procéder à des analyses de l'air circulant dans les galeries souterraines, afin de s'assurer qu'il est de parfaite qualité, tant pour les ossements entreposés que pour les visiteurs. La direction du Musée Carnavalet, qui gère l'ossuaire municipal, ne s'avance guère sur la durée de cette fermeture: «jusqu'à nouvel ordre».

Assez curieusement, le site web «Les catacombes de Paris» n'a pas l'air de faire état de cette fermeture. On peut donc imaginer que, ces jours-ci, pas mal de visiteurs (de touristes étrangers, singulièrement) ont découvert sur place seulement qu'ils ne pourraient avoir accès au site. Au rythme de 300.000 visiteurs à l'année, cela doit faire pas mal de déçus à la journée.

Sinon, pour l'anecdote, les Catacombes de Paris attirent parfois de sacrés hurluberlus. L'a illustré l'agitation qui y a régné, cet été. Par la faute de trois fêtards, âgés d'une vingtaine d'années.

Qui, un soir de la fin juillet, passablement éméchés, n'ont rien trouvé de mieux que de pimenter leur fin de soirée en s'offrant une petite balade clandestine dans ces galeries souterraines. Evidemment, ils s'y sont complètement perdus. Six groupes de recherche, totalisant 35 policiers, ont dû être mobilisés pour les retrouver. Ce qui a pris... deux jours entiers. Le troisième jour, les trois olibrius ont fini par être localisés. Et ont pu être remontés à la surface: indemnes, mais en état de choc, et passablement penauds. Chacun a écopé de 135 euros d'amende.

09/10/2012

Une «boutade volontaire»

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesSégolène Royal a obtenu hier soir un prix spécial, décerné par le jury du Prix Humour & Politique 2012. Prix dont on parlait l'autre jour (relire ici), et qui a désigné grand gagnant l'ex-ministre et député UMP François Goulard («Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas»).

La socialiste, elle, a été primée pour une petite phrase qu'elle avait lancée lorsqu'elle briguait l'investiture du PS pour la présidentielle de 2012: «Ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage».

Petite phrase en apparence assez effarante de sexisme primaire, mais que l'intéressée, présente à la cérémonie hier soir, a recadrée. Car, oui, oui, a-t-elle certifié aux membres du jury (*), cette sortie était une «boutade» au «caractère volontaire». Et ne relevait donc pas de ces «perles involontaires» que commettent souvent les politiques. «J'avoue avoir aggravé mon cas, en appelant de mes vœux "un bon coup de balai", ustensile dont les femmes, sorcières ou ménagères, sont réputées avoir un maniement expert», a plaisanté Ségolène Royal, dans un discours qu'on trouve plutôt pas mal troussé. Citant Camus («L'humour est une disposition d'esprit qui fait qu'on exprime avec gravité des choses frivoles et avec légèreté des choses sérieuses»), elle a pris pour preuve de son propre second degré le fait que les «mouvements d'émancipation (féminins) ont (toujours) su mettre les rieuses non pas du côté du manche, mais du côté du balai moqueur».

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesLa socialiste a dédié son prix «à tous ces hommes qu'un étrange plafond de verre retient d'investir plus hardiment un champ domestique»: «Bricoler, c'est bien. Sortir le chien, c’est pas mal. Descendre la poubelle, c’est un travail musculaire. Mais un horizon plus vaste n'attend que vos talents: osez le ménage! Bravez les traditions dépassées! Traquez en vous le machisme inconscient qui inhibe votre potentiel domestique! Risquez un vrai partage des tâches à la maison!»

Ségolène Royal aurait fait preuve d'une pareille éloquence dans la défense de son projet pour la France, aux présidentielles de 2007 puis de 2012, qu'à coup sûr, elle aurait été élue.

 

(*) Jury composé de vedettes du journalisme parisien, et – tiens donc – constitué à 80% de mâles. On ne rit plus.

08/10/2012

Un éloge très appuyé

C'était dimanche. Sur une des radios les plus écoutées de France. Sans que l'on ait encore trop compris quelle était l'accroche d'actu de cette chronique (podcastable ici), c'était un éloge vraiment très appuyé à la Belgique. Eloge qui se terminait même, en apothéose, de la sorte: «Je ne connais de ce pays que des génies».

Un éloge fait par un Français, et non des moindres: par Michel Serres. En quelques minutes, le philosophe et Académicien encensa le plat pays. Et s'extasia du si grand nombre d'hommes de valeur qu'il engendra: des surréalistes jusqu'au dessinateur Hergé, en passant par le Prix Nobel Ilya Prigogine ou l'abbé Georges Lemaître, l'inventeur de la théorie du «big bang».

En entendant cela, on était assez surpris: un éloge aussi appuyé, prononcé dans un pays où l'imaginaire collectif en est toujours, en gros, à réduire la Belgique aux histoires belges de Coluche, c'était vraiment une très notable différence de ton.

05/10/2012

Une fermeture pour une durée indéterminée

Paris, Sports, PatrimoineCela n'a curieusement fait que peu de bruit dans les médias parisiens, mais... le ciel est tombé sur la tête d'usagers d'un des lieux les plus fréquentés de la capitale, cette semaine. Et il s'en est fallu d'un cheveu, si l'on ose dire, qu'il y ait des blessés. Cela s'est passé à la piscine des Halles. L'autre jour, des morceaux de béton du plafond sont carrément tombés dans l'eau – par miracle, aucun baigneur n'a été touché.

L'âge vénérable de l'établissement serait en cause. Construite (par l’architecte Paul Chemetov) dans les années 80, dans le cadre de l’aménagement du Forum des Halles, cette piscine semble vieillir assez mal. Il y a quelques années, déjà, elle avait dû être fermée pendant neuf mois: le décollement partiel de la chape et de son carrelage avait imposé la réfection complète du fond du bassin. D’autres dysfonctionnements frappèrent ensuite l’évacuation des eaux usées et les consommations électriques.

Cette fois, c'est l'atmosphère ultra-chlorée des lieux qui aurait été à l'origine de cet effondrement de morceaux du plafond: année après année, les vapeurs de chlore auraient corrodé les fers du béton armé en constituant l'ossature.

Résultat des courses, la piscine a été fermée illico, et sine die. Plusieurs longs mois de travaux risquent d'être nécessaires, pour la remettre en état. Aucune date n'a d'ailleurs été fixée pour sa réouverture.

Paris, Sports, PatrimoineVoilà qui va mettre pas mal de sportifs dans l'embarras. En effet, le bassin de 50 mètres sur 20 de la piscine des Halles était le seul de cette dimension disponible dans les arrondissements centraux de Paris, les cinq autres piscines parisiennes ayant un bassin 50 mètres étant, elles, plutôt excentrées. Cela assurait l'incroyable succès de la piscine des Halles. Qui, malgré des tarifs d'entrée plus élevés que ceux des piscines municipales (elle a été concédée par la mairie au secteur privé) ne désemplissait pas. Plus d'un millier de nageurs (hors public scolaire) s'y rendaient chaque jour.

04/10/2012

Un rappel si bienvenu

«Un campement de gens du voyage, en bordure de Paris: porte de Choisy». Ce sont les premiers mots de la journée qu'on a entendus: au radio-réveil, ce matin. Pas bien réveillé, on en a déduit qu'une fois de plus, un camp de Roms avait été évacué à l'aube par les autorités, en banlieue parisienne. Et bien non: pas du tout.

Cela rappelait ce que furent les conditions de vie d'un gamin, qui, néanmoins, devint un des plus grands noms de la musique française du siècle dernier.

Django Reinhardt, en l'occurrence. Qui, dans les années 20, après sa naissance à l’arrière de la roulotte familiale, dans la campagne belge, passa son enfance dans un bidonville de «La Zone», ainsi qu'étaient dénommés, à l'époque, les taudis squattant l'aire des anciennes fortifications de Paris, avant qu'on y construise le périph'. La (décidément épatante) Cité de la Musique consacre une expo à ce grand musicien. Outre qu'elle a l'air passionnante, elle tombe à merveille, se disait-on ce matin.

Car, honorer la mémoire de celui qui joua sur scène avec Duke Ellington ou Dizzy Gillespie, c'est rappeler aux Français, de manière si bienvenue, que la culture et le monde des gens du voyage, cela ne peut se résumer à l'image, si stigmatisante et dégradante, qu'en donne l'actualité dans ce pays, ces dernières années: la misère, la délinquance, la crasse.