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30/11/2012

Un danger public?

Cela commence à faire beaucoup. Deux mois plus tard, le Forum des Halles attend toujours la réouverture de sa grande piscine, une des plus fréquentées de Paris, victime fin septembre de chutes de morceaux de plafond (relire ici). Un dégât collatéral dû au méga-chantier de réaménagement de ce centre commercial, en cours en ce moment? Depuis mercredi, de plus en plus de monde en est persuadé.

Mercredi, jour où un incident du même acabit s'est à nouveau produit, cette fois en bordure de la Place de la rotonde. Deux parpaings se sont écroulés carrément devant l'entrée du cinéma UGC. Par chance, il était 9 heures du matin, et donc il n'y avait pas grand monde à cet endroit. On n'ose imaginer ce que cela aurait donné si cette chute de pierres avait eu lieu un samedi après-midi, à l'heure de la séance. Les travaux de démolition en cours au-dessus de la dalle ont dû être immédiatement interrompus. Ils ne reprendront que «sous le contrôle de l’expert judicaire». Un rapport a été demandé à l’architecte de sécurité de la préfecture.

Si l'on récapitule, ce chantier a donc déjà donné lieu à deux parpaings écroulés devant un cinéma, des bouts de plafond tombés dans une piscine, des «fissures sans gravité» dans un gymnase contigu, sans oublier un faux-plafond effondré dans un magasin H&M, en septembre 2011. Le tout, certes, sans jamais causer la moindre victime. Il n'empêche, comme l'a dit cette semaine le maire du premier arrondissement, «dans la rubrique des déboires, cela fait beaucoup».

Il ne faudra pas s'étonner, si les incidents de ce type continuent de se succéder, que le Parisien moyen en vienne à considérer ce chantier comme un vrai danger public.

29/11/2012

Une accumulation

Transports, Sécurité, PoliceSans du tout vouloir salir une profession – qui contient certainement des tas de gens faisant parfaitement bien et honnêtement leur travail – , cela commence tout de même à faire beaucoup. Le nombre de scandales qui se succèdent concernant les services de bagagerie des aéroports parisiens de Roissy et Orly.

 Ainsi, de nouveau hier mercredi, onze bagagistes et deux agents de maintenance de Roissy ont été interpellés, dans le cadre d'une enquête pour vols en bande organisée commis sur des bagages de voyageurs. C'est le dernier coup de filet fructueux en date signé GTA – non, pas le fameux jeu vidéo «Grand Theft Auto»: la gendarmerie des transports aériens. Ces dernières années, déjà, cette unité spécialisée de la gendarmerie nationale avait débusqué coup sur coup deux affaires similaires, qui avaient pas mal de bruit.

A Roissy, encore lui, une vingtaine de bagagistes avaient été interpellés: pour vol et recel de vols en bande organisée. Leur larcin avait une valeur de 300.000€, et l'enquête pour le retrouver avait découlé du dépôt de... 3000 plaintes, émanant de passagers spoliés. Quant à l'aéroport d'Orly, où manifestement le problème sévit aussi, dix bagagistes avaient été arrêtés après le vol de là carrément 800.000€ d'articles, toujours dans les bagages de voyageurs: flacons de parfum, iPads, bijoux, appareils photos, etc.

Voilà donc à présent, en quelques années seulement, qu'éclate une troisième affaire du même acabit. Comme on le disait: cela commence à faire beaucoup.

28/11/2012

Une vie de fous (suite)

De nombreux hommages ce matin, à Erik Izraelewicz. Il était le directeur des rédactions du «Monde», et est décédé inopinément hier soir. Victime d'une crise cardiaque, après avoir fait un malaise dans les locaux de son journal. Il n'avait que 58 ans.

Nombre de journalistes sont souvent comme les décideurs dont ils sont chargés de couvrir l'actualité: ils mènent, eux aussi, une vie de fous. Avec un rythme et une charge de travail intenses, épuisants si on n'y prend garde.

Sans doute cela fait-il partie de l'exaltation de ce métier.

27/11/2012

Un extrême à l'autre

Paris, Luxe, Art de vivre, SécuritéParis d'un extrême à l'autre, suite. Ce week-end, on le racontait hier, les volontaires de la Banque alimentaire ont dont récolté des vivres dans le supermarchés de la capitale, pour les plus démunis de la région: pauvres au point de n'avoir pas même assez à manger. Au même moment, s'est déroulé un fait divers qui n'a pas fini d'émouvoir, dans les milieux situés à à l'autre extrémité de l'échelle sociale. Un incident qui est d'ailleurs à l'origine du renforcement, aujourd'hui et demain, des mesures de sécurité autour d'un des hôtels de maître les plus chics de la «Ville lumière».

L'hôtel particulier Marcel-Dassault, en l'occurrence. Situé au n°7 du rond-point des Champs-Elysées, et qui abrite Artcurial: la première maison française de ventes aux enchères. Ces deux jours-ci, s'y tient une vente de bijoux et d'horlogerie de grand prestige. Sous forte protection policière, donc, puisque des malandrins ont cambriolé l'édifice ce week-end, et dérobé des bijoux qui devaient faire partie de cette vente aux enchères. Pas du toc, ce butin: sa valeur est estimée à près d'un demi-million d'euros.

Les cambrioleurs n'ont toutefois pas réussi à prendre la poudre d'escampette avec ce qui constitue le clou de la collection: un «exceptionnel» collier Bulgari en or gris et diamant (estimé entre 120.000 et 150.000€), une montre Vacheron Constantin (de 100.000 à 150.000€), et une «bague dôme en or jaune ornée d'un exceptionnel diamant taillé en brillant, la monture spiralée de croisillons sertis de diamants carrés» (de 230.000 à 240.000€). Ces trois merveilles ont miraculeusement échappé aux monte-en-l'air.

Le petit peuple de Paris s'en réjouira certainement.

26/11/2012

Une année de plus

Impossible d'aller dans un supermarché de Paris ce week-end, sans tomber sur les volontaires de la Banque alimentaire. Qui récoltaient des vivres pour les plus démunis. Et Dieu sait s'il y en a, dans la cinquième puissance économique mondiale: selon les dernières statistiques (relire ici): 14,1% de la population, et 440.000 pauvres de plus rien que l'an dernier.

Dans les rayons, on a pas mal hésité sur que donner. Puis, finalement, on a opté pour... du chocolat, des gâteaux, des bonbons, des friandises, et tout cela. Bref, le plus total superflu en termes alimentaires, et pas ce qu'il y a de meilleur d'un point de vue nutritionnel. Mais on s'est dit que c'était sans doute là dessus que les familles en difficultés n'avaient d'autre choix que de faire une croix. Et donc que quelques gosses seraient peut-être ravis de recevoir cela.

Des sucreries, donc. Données sans illusion ni enthousiasme excessifs. Car, le caritatif, on a toujours trouvé cela très louable en termes d'humanité et de générosité, mais politiquement assez nul voire vain, en termes d'efficacité. Cela peut même avoir pour effet pervers de faire perdurer les failles structurelles à l'origine de cet engagement humanitaire. Ainsi, pour rester dans ce cas de figure de la pauvreté, pourquoi les choses changeraient-elles, sur le fond? Puisque, année après année, les décideurs savent bien que, de toute manière, le secteur caritatif sera toujours là pour suppléer aux carences les plus visibles, éviter que les choses ne se détériorent irrémédiablement.

Pour preuve, c'est ce lundi que Les Restos du Coeur lancent leur campagne hivernale annuelle. Une de plus; c'est la 28ème consécutive. Ces cinq dernières années, le nombre de démunis poussant la porte de l'assoc fondée jadis par Coluche a crû de 30%. Pour culminer, l'an dernier, à ce plafond: 115 millions de repas distribués, à 870.000 personnes paupérisées.

Et l'on peut déjà parier sans crainte de perdre que 2012 sera une année de plus où Les Restos vont à nouveau battre tous leurs records. Une année de plus, avant probablement la suivante, la prochaine, et ainsi de suite – jusqu'à quand?

23/11/2012

Une (autre) comparaison?

personnalités,justice,sarkozy,bande dessinéepersonnalités,justice,sarkozy,bande dessinéeNicolas Sarkozy qui donc, hier, pendant plus de douze heures d’affilée, a été entendu par les juges d’instruction chargés de l’«affaire Bettencourt». A l’issue de cette audience-marathon, il s’est vu notifier le statut de témoin assisté – il est parvenu à éviter une mise en examen.

 

Cela signifie que, de l’avis des magistrats, seuls des soupçons pèsent sur l’ex-Président. Et non des indices graves et concordants. Des soupçons d’avoir soutiré des centaines de milliers d’euros à Liliane Bettencourt, en 2007. Pour, possiblement, financer sa campagne électorale présidentielle.

 

Liliane Bettencourt : héritière de l’empire mondial de cosmétiques L’Oréal, femme la plus riche de France,.multi-milliardaire. A ce stade, Gilles Bouleau, dont on parlait hier, notre tintinophile et éminent confrère du 20 Heures de TF1, n’a pas encore comparé l’«affaire Bettencourt» à l’album «Les bijoux de la Castafiore».

22/11/2012

Une comparaison

L'UMP, en ce moment – son effarante saga électorale, pour la désignation de son président –, c'est ... «Tintin et les Picaros». La comparaison, qu'on a trouvée assez farce, a été faite hier soir sur l'antenne de TF1, devant François Fillon et en direct pendant le JT de 20 Heures: par Gilles Bouleau, son présentateur – qu'on n'imaginait pas si comique.

«Tintin et les Picaros», donc. François Fillon en général Alcazar. Jean-François Copé en général Tapioca. A moins que ce ne soit l'inverse. Et tout ce qui caractérise les guérillas entre caudillos de Républiques bananières: des allégations réciproques de tripatouillages électoraux, des accusations mutuelles de putsch, des trahisons à n'en plus finir, et des lieutenants avec le couteau entre les dents.

Pour poursuivre dans la métaphore, l'avenir du grand parti sarkozyste, vu son état désormais si avancé de déréliction, c'est vraiment «L'étoile mystérieuse». Même «Les sept boules de cristal» de la meilleure voyante de France n'y suffiraient pas, pour oser lui présager des lendemains glorieux.

21/11/2012

Un préféré, à Paris en tout cas

Politique, Paris, Partis, Personnalités, FillonIl a été battu dimanche soir, à l'échelle du pays, François Fillon. Dans sa bagarre avec Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. Mais, à Paris au moins, il n'y a pas photo: c'est lui le chouchou, lui le préféré des sarkozystes.

Dans la capitale, en effet, l'ex-Premier ministre a recueilli 58% des suffrages des adhérents UMP, loin devant son rival. C'était assez prévisible: la plupart des barons de la droite parisienne le supportaient. Jean-François Copé ne l'a dépassé que dans trois des vingt arrondissements.

Du coup, les fillonistes les plus optimistes se remettent à rêver à une éventuelle candidature de leur mentor à Paris, aux élections municipales de 2014.

François Fillon, maire de la «Ville lumière»? Dans un premier temps, l'UMP aurait surtout intérêt à y étoffer son réseau de militants, indispensables à toute campagne. Or, le scrutin de dimanche a montré combien le grand parti de droite comptait très peu de forces vives, à Paris: quelque 12.000 adhérents UMP seulement ont participé au vote.

12.000. Sur une population de 2 millions de Parisiens. A moins de deux ans d'une échéance électorale, c'est vraiment un support militant très très maigrichon, sur lequel bâtir une éventuelle campagne.

20/11/2012

Une vie de fous

Chaudes soirées décidément, cette semaine, pour les hommes politiques français. Dont les smartphones, hier soir encore, ont chauffé jusque tard dans la nuit. Ce qui illustre bien, si besoin en était, la vie de fous que mènent ces gens: le rythme de travail infernal qui est le leur.

Ainsi, à l'UMP sarkozyste, après la nuit blanche de dimanche à lundi, on a encore joué les prolongations vespérales, hier. Jean-François Copé n'a été proclamé président que vers 22h30. Et son rival malheureux, François Fillon, a patienté une heure encore avant de réagir. Ce qui n'a pas empêché les lieutenants des deux rivaux, voire les intéressés eux-mêmes, d'être, dès potron minet ce matin, dans les studios de radio et sur les plateaux de télé.

Réactivité et agitation identiques dans le camp du gouvernement, hier soir. A 23h10, une dépêche de l'AFP, labellisée URGENT, annonce que l'agence internationale de notation Moody's, à son tour, dégrade la note souveraine triple AAA de la France. A 23h26 précisément, tombe dans notre boîte électronique la réaction officielle de l'Etat français, par la voix du ministre Moscovici. Puis, quelques secondes plus tard, un court communiqué du même: «Suite à la décision de l’agence de notation Moody’s, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, vous convie à un point presse». Point presse qui s'est tenu dès 8h ce matin, à Bercy.

Une vie de fous.

19/11/2012

Une inquiétante inaptitude

Politique, Partis, Personnalités, Fillon, CopéLes sarkozystes pas vraiment plus fortiches que les socialistes. Hier soir donc, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, l'UMP a vécu une nuit d'anthologie. Le scrutin interne que ce parti a tenu dimanche n'a pas réussi à départager de manière incontestable François Fillon et Jean-François Copé, qui prétendaient tous deux à succéder à Nicolas Sarkozy. Ce matin, chacun revendique la victoire. Et dénonce les fraudes ayant, dans plusieurs fédérations, émaillé le scrutin.

En 2008, pareil pataquès avait été vécu par le Parti socialiste. Un identique résultat très serré et d'analogues suspicions d'irrégularités avaient rendu impossible la proclamation, le soir même, de la victoire de Martine Aubry sur Ségolène Royal. Il avait fallu attendre deux jours avant qu'elle soit officialisée, à la grande fureur des ségolénistes.

Elle est assez inquiétante, cette inaptitude dont ont successivement fait preuve les deux plus grands partis politiques de France à tenir des scrutins internes à la validité incontestable.

Au passage, le fiasco électoral d'hier et son avatar socialiste de 2008 auraient-ils eu lieu non en France mais en Belgique, on imagine déjà les railleries méprisantes qu'on aurait entendues, ici: «une histoire belge», etc.

16/11/2012

Un désir de départ

Paris. Où, ces jours-ci, il fait péniblement froid et gris. Quitter Paris? Année après année, la capitale française a plutôt tendance à gagner (un peu) des habitants. Mais l'idée d'un départ chemine dans l'esprit de nombre de résidents en région parisienne. C'est ce qui ressort d'un sondage récemment publié sur la question.

A l'en croire, plus d'un habitant sur deux (54%) en région parisienne envisage de la quitter. On les retrouve surtout dans la tranche d'âge 25/49 ans. 68% des candidats au départ sont motivés par la volonté de trouver un cadre de vie plus agréable. L'agressivité ambiante est citée comme facteur de motivation dans 30% des cas. Les plus jeunes parmi tous ces volontaires pour quitter Paris invoquent beaucoup plus que les autres, bien sûr, les prix astronomiques du logement.

Les destinations rêvées par les Parisiens? Le Sud et l’Ouest. 25% des habitants de la capitale qui rêvent de s'installer en province choisiraient la Provence, 21% la Bretagne, 19% le Languedoc-Roussillon, et 18% l'Aquitaine.

Le soleil et la mer: décidément un indémodable classique. A fortiori, sans doute, en plein hiver.

15/11/2012

Une condamnation, confirmée

Personnalités, Dati, Médias, Femmes, Justice, Paris, ArtsA propos des choix journalistiques du moment, dont on parlait hier, on n'a pas été emballé par l'avidité dont, dernièrement, les médias ont fait preuve, concernant l'ex-Garde des sceaux Rachida Dati: la procédure en reconnaissance de paternité qu'elle a engagée, relative à sa fille. On ne s'autoriserait pas à faire la leçon à la corporation, mais on se permet de signaler que, tant comme journaliste que comme citoyen, on n'est pas du tout intéressé de savoir qui est le géniteur de cette enfant. On trouve même que cela ne nous regarde pas. La tyrannie du «buzz» en a décidé autrement, donc la presse en a fait ses choux gras. Au passage, on a remarqué (ici, notamment) qu'on n'était pas le seul journaliste à en être un peu gêné.

Sinon, Rachida Dati a eu une autre actualité qui, elle, a été assez peu répercutée par les médias. Moins racoleuse, même très parisienne, elle n'est pas anodine, pour autant. Puisque l'ex-ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy vient... de se faire une deuxième fois condamner par la justice.

Cela concerne une affaire dont on a déjà parlé (relire ici): le "Mur de la Paix" de Clara et Marek Halter, sur le Champ de Mars: dans ce septième arrondissement dont Rachida Dati est la maire. Lors des nombreuses critiques publiques qu'elle fit de cet édifice, l'ex-ministre attribua à ses auteurs des «méthodes et déclarations mensongères», et leur reprocha de «galvauder l'idée de Paix, en l'associant à une structure qui bafoue les lois de la République». L'an dernier à la même époque, cela lui valut une condamnation, pour diffamation. Un jugement que l'intéressée avait alors dénoncé comme «invraisemblable, fondé ni en fait ni en droit». Cette condamnation n'en vient pas moins d'être confirmée: la semaine dernière, par la Cour d'appel de Paris. Qui a donc, elle aussi, mis à l'amende Rachida Dati.

14/11/2012

Un hiver comme un autre

Sinon, en dehors des grands raouts médiatico-politiques sous les ors des palais de la République – 400 journalistes accrédités à la conférence de presse de François Hollande, hier – , dans la rue, l'hécatombe hivernale continue, dans une indifférence journalistique assez générale.

L'autre matin, dans notre onzième arrondissement, boulevard Richard Lenoir, un SDF a succombé. Victime d'un malaise, et n'ayant pu être réanimé par les pompiers. Agé de 62 ans, il vivait dans la rue depuis deux ans. Après avoir été expulsé de son logement pour impayés de loyers, eux-mêmes dus à des factures d'hôpital liées à de gros soucis de santé. Il avait quatre enfants. Et était prénommé Karamo.

Sa mort, quand les médias en ont parlé, n'a fait que quelques secondes à la TV et à la radio, quatre ou cinq lignes dans les journaux.

13/11/2012

Un prix (pour rien?)

Hollande, Sarkozy, Personnalités, Médias, Art de vivreCe mardi en France, c'est donc la «Journée de la gentillesse» – mais oui, cela existe: les autres jours, on a le droit d'être méchant. Le hasard a voulu que ce mardi soit aussi le jour où François Hollande organise la première des conférences de presse semestrielles que, lors de sa campagne présidentielle, il avait promis de tenir, s'il était élu. Pas sûr que cette coïncidence de dates incitera les journalistes du tout-Paris à être aimables avec lui. A n'être pas trop teigneux envers un Président qui, en plus, vient de se voir décerner le premier... «Prix de la Gentillesse en politique» – mais oui, cela existe.

Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas bénéficié de la moindre des voix décernées par les vénérables membres qui composaient le jury de cette distinction (des vedettes du journalisme parisien). Que l'on sache, le prédécesseur de François Hollande à l'Elysée n'a pas prévu, pour autant, d'organiser une conférence de presse ce mardi, pour protester contre ce deuxième échec cuisant essuyé face à son rival de mai 2012. Et pour cause: Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à l'étranger, à Moscou plus précisément, pour y faire un discours probablement très grassement rémunéré.

Sans doute a-t-il parfaitement raison. En matière de gros sous comme de haute politique, la gentillesse, cela n'a jamais rapporté grand-chose. Pour ce qui est de la vie quotidienne, on vous laisse juges.

12/11/2012

Un débat enfiévré

Cela risque de chauffer à l'Hôtel de ville de Paris, ce lundi. En effet, les élus y débattent du plan de lutte anti-pollution automobile proposé par le maire, Bertrand Delanoë, et il est très controversé. Au passage, le sujet de la pollution atmosphérique dans la capitale demeure plus que jamais d'actualité. Vendredi encore, un épisode de pollution aux particules fines a été constaté, ayant déclenché la procédure d'information et d'alerte. Cela avait déjà été le cas à trois reprises pendant la dernière semaine d'octobre, pour le même polluant.

Le plan Delanoë n'y va pas de main morte. Il envisage d'interdire la circulation en ville des véhicules les plus anciens (plus de 10 ans d'âge pour les deux roues, à partir de 17 ans pour les autres véhicules), de réduire la vitesse de circulation sur le périphérique, de multiplier les zones 30, ou d'instaurer un péage sur les autoroutes encerclant la capitale. Les pro-voitures et l'opposition de droite sont, bien sûr, vent debout contre ce plan. Qui, selon eux, confirmerait plus que jamais la transformation de Paris en "boboland": repaire d'urbains aisés et non motorisés – par opposition aux banlieusards n'ayant d'autre choix que de prendre chaque jour le volant.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que se remette à mousser ce débat si enfiévré sur la place de la voiture dans la capitale – un sujet qui a déjà pas mal agité les esprits ici, dernièrement (relire ici ou ).

Cela dit, le plan Delanoë n'est doublement pas exempt de pures postures de com'. D'une part, nombre de mesures qu'il propose ne sont même pas de la compétence de la ville (mais de l'Etat). D'autre part, si d'aventure il est un jour mis en application, en tout ou en partie, le maire lui-même ne sera plus là pour essuyer les plâtres: ce sera après 2014, donc après les prochaines élections municipales, dès lors sans Bertrand Delanoë – puisqu'il a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

09/11/2012

Un jugement

Paris, Sécurité, Justice, Police, Sports, FootballQuatre mois de prison ferme, et l'incarcération immédiate. C'est la peine qu'a infligée le tribunal correctionnel de Paris à trois supporteurs de foot croates qu'il a jugés en comparution immédiate, pour avoir été mêlés au grabuge causé dans le quartier Bastille – dont on parlait en début de semaine. Les condamnés ont aussi écopé de cinq ans d'interdiction de séjour à Paris et en région parisienne. Ils étaient jugés pour participation à un groupement armé, formé en vue de commettre des violences et des dégradations.

Tout au long de leur comparution, les trois Croates ont nié appartenir à un groupe de supporteurs: ont prétendu être venus à Paris pour faire du tourisme. Cela n'a pas marché. Le tribunal a jugé qu'ils se trouvaient dans la capitale «pour en découdre, et uniquement pour cela». A joué en leur défaveur le fait d'avoir été arrêtés, sur les lieux de l'affrontement, en possession d'armes «par destination»: une béquille (sans raison médicale valable) ou une matraque télescopique, par exemple. Du côté des supporteurs du PSG, six ont été jugés. Trois ont été condamnés à de simples amendes (de 800 à 1.000€), les trois autres ont été relaxés.

On imagine d'emblée – parce que la France est un Etat de droit – que la disproportion entre ces sanctions, selon qu'elles frappent des hooligans croates ou français, est basée sur des éléments objectifs du dossier: ne doit rien, bien sûr, à la nationalité des intéressés.

Et on ne peut s'empêcher de trouver assez saisissant l'écart entre le nombre de condamnés (six, donc) et la masse de personnes ayant été interpellées par les policiers, dans ce dossier: une bonne centaine. La plupart de ces trublions présumés, après avoir été placés en garde à vue, en ont été quittes pour un simple et très symbolique rappel à la loi.

Au passage, cela illustre bien un grand classique policier. Quand cela commence vraiment à chauffer, on ne fait pas dans le détail: on embarque à peu près tout le monde, sans trop regarder – quitte à ce que la justice ensuite fasse le tri: sépare le bon grain de l'ivraie, comme on dit.

08/11/2012

Un rappel à l'ordre (linguistique)

Veiller au bon usage de la langue française: on ignorait que cela faisait partie des missions du CSA, le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Mais oui, visiblement. Pour preuve, ce rappel à l'ordre énervé que l'organe régulateur de la radio-télé vient d'adresser aux chaînes, relatif à «deux incorrections fréquentes sur les antennes».

La première concerne un «accord sylleptique» incorrect: celui du mot "personne". «La faute d’accord qui consiste à considérer ce substantif comme un nom masculin se généralise à la télévision». Exemples relevés par le CSA: «Ces personnes aimeraient que le regard sur eux change», «5 000 personnes sont morts», ou «Plus de cent personnes étaient présents». Citant La Bruyère («Les personnes d’esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments»), les lettrés du gendarme de la télé admettent qu'une telle incorrection ne date pas d'hier. Mais la condamnent: «Cet accord ne se fait pas en français contemporain».

Deuxième remarque: «"Près de" ou "prêt": il faut choisir». Le CSA a constaté que, dans les médias français, quand la locution "près de" indique la proximité dans le temps et devient synonyme de "sur le point de", «elle est souvent confondue avec la locution adjectivale "prêt à", qui signifie "disposé à, ayant l’intention de, apprêté pour"». «Non seulement les mots, mais aussi les deux constructions, sont confondus et donnent naissance à une locution hybride, "prêt de", dont il est parfois impossible de saisir le sens». Exemples? «La situation n’est pas prête de changer» (au lieu de «La situation n’est pas près de changer»), ou «La pluie n’est pas prête de s’arrêter» (pour «La pluie n’est pas près de s’arrêter»).

A en croire le CSA, ces deux fautes se retrouvent «plus souvent dans les médias audiovisuels, mais également dans la presse» écrite.  

On en prend bonne note – on promet d'essayer, du moins. 

07/11/2012

Un gros déploiement policier

Police, Sécurité, Football, Sports, ParisGros déploiement policier dans notre quartier du onzième arrondissement, depuis 24 heures. Depuis qu'un spectaculaire coup de filet a été opéré hier à la mi-journée: dans un petit hôtel de la rue Saint-Sébastien – un de ces hôtels 2 étoiles sans façon, à 60€ la nuit, comme on en trouve tant à Paris. En effet, le hasard a voulu que ce soit cet établissement qu'avaient choisi, pour séjourner, les supporteurs de foot croates dont on parlait hier, qui ont commis du grabuge lundi soir dans le quartier Bastille.

Du coup, quelque 80 de ces hooligans ont été cueillis hier midi par les policiers, à leur sortie de l'hôtel. Le coup de filet a été mené conjointement par la préfecture de police de Paris et la division de la police nationale plus spécifiquement chargée de la lutte contre le hooliganisme. Il ne s'est pas passé sans mal. Des hooligans, en effet, ont réussi à prendre la poudre d'escampette dans le quartier, ce qui a donné lieu à deux bonnes heures de jeu du chat et de la souris avec les pandores, dans une ambiance sonore de «pin-pon» qui donnait l'impression d'être dans une sérié télé policière.

Les Croates ont été placés en garde à vue, pour avoir enfreint l'arrêté pris dimanche soir par le ministre de l'Intérieur, qui leur interdisait de circuler dans Paris jusqu'à mardi minuit. Ils ont rejoint leurs collègues supporteurs qui, depuis lundi soir, après les bagarres dans le quartier Bastille, sont poursuivis pour violences volontaires aggravées et participation à un attroupement armé.

Le maire de Paris a condamné les «scènes inacceptables» dont le quartier Bastille a été le théâtre lundi soir. Et a réclamé que soit mené un «travail d'investigation sans concession», pour «sanctionner fermement tous les auteurs et complices des ces débordements». Ce matin encore, de nombreux policiers sont déployés dans le quartier Saint-Sébastien.

06/11/2012

Une bataille rangée

Début de semaine nocturne agité, décidément, dans notre onzième arrondissement. Après l'assaut donné dimanche soir par la police au squat de mal-logés de la rue de Charonne, de violents incidents se sont déroulés hier soir dans les environs immédiats de la place de la Bastille. Cette fois, ce n'était pas le jeu du chat et de la souris entre activistes et forces de l'ordre. Mais un autre jeu: la course-poursuite entre bandes rivales de hooligans.

Protagonistes de cette bataille rangée: les supporteurs des deux équipes de foot qui s'affrontent ce soir au Parc des Princes, pour un match jugé à haut risque (sécuritaire): le Paris St-Germain et le Dinamo Zagreb. Hier soir en ville, des heurts ont opposé les partisans des deux camps. Heurts que la police a décrits comme ayant été très violents. Passages à tabac, jets de pétards et de fumigènes, vitrines cassées et poubelles incendiées: aux alentours de minuit, le quartier Bastille a vraiment eu chaud. Certains passants, cernés par les belligérants déchaînés, n'ont eu d'autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou et de trouver refuge, complètement affolés, dans des cafés qui, heureusement, n'avaient pas encore fermé.

Ces échauffourées ont fait, outre les dégâts matériels, deux blessés dont un grave. Et elles ont donné lieu à 24 interpellations – de supporteurs croates, essentiellement.

Cela promet pour l'ambiance en ville, ce soir: en marge et à l'issue du match.

05/11/2012

Un jeu, de saison

Paris, Logement, Pauvreté, Social, PoliceDimanche soir agité, dans notre onzième arrondissement. C'est que, comme chaque hiver à Paris, se déroule à nouveau le jeu favori de la saison: celui du chat et de la souris.

Jeu qui oppose les militants contre le mal-logement aux forces de l'ordre: les premiers occupant des immeubles vides, les seconds les en délogeant. En ainsi de suite, jusqu'à l'année suivante. En attendant, sur le fond, rien ou pas grand-chose ne change: en dépit de l'alternance politique qu'a vécue au printemps le pays, il y a l'air d'avoir toujours autant, voire davantage, de miséreux dans Paris – dans le métro, par exemple, c'est assez effarant.

Hier, la partie s'est déroulée dans le quartier Charonne, qui jouxte Bastille. Une cinquantaine de mal-logés – dont 10 enfants –, réclamant un logement social, avaient investi et occupaient un immeuble vétuste et vide, voué à la démolition. Rejoints ensuite par des militants et sympathisants, les squatteurs ont grossi en nombre et en visibilité. Jusqu'à hier soir. Plusieurs escouades de CRS ont été envoyées sur place. Vers 23 heures, les policiers ont forcé l'entrée du squat. Ses occupants, réfugiés au deuxième étage, ont entamé un face-à face, tendu, avec les forces de l'ordre, scandant des «Non, non, non aux expulsions!» Vers minuit, l'immeuble a été entièrement évacué, et ses occupants embarqués manu militari au commissariat. Fin de la partie. Jusqu'à la prochaine fois.